Cette modeste église , cachée dans ce vieux coin du Marais , à l'angle de la Rue Charlot et de la Rue du Perche est aujourd'hui la Cathédrale Arménienne de Paris . Elle possède une histoire très intéressante que je me propose de vous raconter

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     Avant 1623 , dans la moitié ouest de l'îlot délimité par nos rues des Quatre-Fils , Charlot , du Perche et Vieille-du-Temple , dans le quartier du Marais , se trouvait un ancien jeu de paume . Les Capucins , qui avaient pour particularité d'être sapeurs-pompiers de Paris , fondèrent à cet emplacement un couvent de leur ordre . Ce couvent était connu sous le nom de " Capucins du Marais " . La chapelle de ce couvent était connue sous le vocable de l'Immaculée Conception .
     Le Père Capucin Athanase Molé , frère de Mathieu Molé , depuis Premier Président au Parlement de Paris en 1656 , contribua fortement à son établissement  ainsi que de financer Charlot et un Duc d'Elboeuf . Ce monastère fut reconstruit de 1695 à 1704 , grâce à la protection de Marc-René d'Argenson lieutenant général de Police en 1697 , puis Garde des Sceaux . Madame de Sévigné fut une des fidèles de sa chapelle pendant le temps où elle habitait Rue de Thorigny .

     A la Révolution ce couvent fut supprimé et loti , sauf sa chapelle ( terminée en 1715 ) qui devient en 1791 , église paroissiale sous le titre de Saint-François-d'Assise . Elle jouera un rôle dans l'histoire de la Révolution Française .

     Le 19 janvier 1793 , Louis XVI est condamné à mort , par seulement cinq voix de majorité  dont celle de son Cousin Philippe-Egalité !!! , par le tribunal révolutionnaire , malgré tout les efforts de ses avocats : Lamoignon de Malesherbes , De Sèze et Tronchet . Le lendemain de sa condamnation , le ministre de la Justice se présente à la prison du Temple , pour signifier au Roi le décret qui le condamne à la peine capitale . Louis XVI l'écoute sans un mot et demande l'autorisation d'appeler auprès de lui un prêtre de son choix . On accédât , après délibérations , à cette ultime requête . Ce sera l'abbé Edgeworth de Firmont qui aura la tâche d'accompagner le Roi jusqu'à l'échafaud . A six heures du soir le confesseur du Roi pénètre au Temple et ne le quittera que passé minuit . L'abbé parti le Roi s'endort . Pendant ce temps , l'abbé demande l'autorisation de se procurer les objets du culte afin de pouvoir célébrer la dernière messe de Louis XVI . Les commissaires délibèrent et acceptent , mais à une seule condition , il ne doit pas se les procurer lui même , on les lui portera . On se met donc en quête d'ornements sacerdotaux . Les deux églises paroissiales les plus proches , l'église du Temple et l'église Sainte-Elisabeth étant fermée , on va donc à la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise ,  qui deviendra l'église Saint-Jean-Saint-François en 1803 , située Rue Charlot . Entre autre objets de culte , on emporte une superbe chasuble de drap d'or brodée de bouquets multicolores . Longtemps conservée dans le trésor de Saint-Jean-Saint-François cette chasuble inestimable et ô combien symbolique fait partie aujourd'hui du trésor de l'église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle , située Rue du Beauregard dans le 2ème , où elle demeure visible sur rendez-vous . Le 21 Janvier 1793 le Roi est réveillé à cinq heures du matin . Cléry son fidèle serviteur , transporte une commode au milieu de la pièce pour servir d'autel . Revêtu de la chasuble d'or l'abbé Edgeworth commence la messe que sert Cléry . Le Roi l'entend à genoux et reçoit la communion . A huit heures par ce froid matin d'hiver , le Roi accompagné de l'abbé monte dans la voiture qui le conduira à l'échafaud Place de la Révolution  ( actuelle place de le Concorde ) . Avant que le Roi soit livré à ses bourreaux , l'abbé Edgeworth de Firmont , présent sur l'échafaud , prononce alors la fameuse apostrophe : " Fils de Saint-Louis montez au ciel .

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  Cette église fermée en 1793 , fut mise en vente et achetée en 1798 , par la ville pou 60 000 francs . Rendue au culte après le Concordat de 1803 , elle fut administrée par le clergé de l'église Saint-Jean-en-Grève d'où son nouveau nom de Saint-Jean-Saint-François . On y transporta , en 1828 , lors de la reconstruction du choeur , les riches boiseries du XVIIIème siècle revêtues d'or , provenant de l'ancienne église des Billettes . L'église Saint-Jean-Saint-François à été agrandie en 1828 , son porche à été refait par Baltard , en 1855 . Elle détient deux orgues conçus par Cavaillé-Coll . Le grand orgue qui est magnifique domine la tribune . De célèbres musiciens ont joué depuis 1850 , dont César Franck , Léo Delibes et Jules Massenet . Le petit orgue se cache dans le choeur , surplombé de quatre tableaux de de Frère Luc ( XVII éme ) qui retracent la création de l'ordre Franciscain , deux tableaux de Natoire ( 1777 ) et un d'Ary Scheffer ( 1822 ) . On peut également y admirer une statue en pierre de Saint-François d'Assise par Germain Pilon . La chaire a été dessinée par Baltard . La crypte de cette église renferme encore les sépultures d'un certain nombre de capucins .

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  Aux environs de 1965 , l'église a été fermée . Or la communauté arménienne se trouvait à l'étroit dans sa chapelle du 5e arrondissement ( aujourd'hui transformée en Centre culturel Arménien ) . En 1970 Saint Jean-Saint-FrançoisJean-Saint-François lui est affecté par la Ville de Paris , propriétaire de l'église . Elle sera alors rebaptisée par le clergé arménien Cathédrale Sainte Croix des Arméniens . Chaque dimanche résonne dans cette église les magnifiques chants liturgiques traditionnels , hérités des rites orientaux et orthodoxes , célèbres par leur beauté . Pour être accessibles au plus grand nombre les lectures et les homélies sont en français mais le reste de la liturgie et notamment les chants sont en arménien classique .

  L'Église catholique arménienne ou Église arménienne catholique est une des Églises catholiques orientales . Le primat de l'Église porte le titre de : Catholicos-Patriarche de Cilicie des Arméniens  avec résidence à Beyrouth au Liban . Le Patriarche actuel est depuis le 7 octobre 1999 Boutros Taza né au Caire le 17 janvier 1940 . Il est le 19éme Primat de l'Église catholique arménienne sous le nom de Sa Béatitude Nersès Bédros XIX Tarmouni .

 

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  Je vous encourage à assister un dimanche matin à la messe en la Cathédrale Arménienne Sainte-Croix ; vous serez transportés par la beauté de la célébration de l'office .

  Savez vous que des concerts de tiennent régulièrement les dimanches après midi dans cette cathédrale . Ne manquez pas de vous y rendre !!! Vous trouvrez les dates de ces concerts à cette adresse : http://www.facebook.com/pages/Au-Coeur-du-Marais/124053857705567?sk=wall . 

   Je vous joins en réponse à un commentaire judicieux d'un lecteur le site de la cathédrale arménienne de Paris où vous pourrez trouver les horaires des messes dominicales .

   http://www.acam-france.org/contacts/contact_eglise.php?cle=187