Toujours à la recherche de lieux insolites dans Paris , j'ai découvert au 39 de la rue de Chateaudun dans le IXème arrondissement les vestiges des " Bains Chantereine " . Je vous propose de partir à la découverte de leur surprenante histoire . 

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   La rue de Chateaudun 

  La section la plus ancienne de cette rue est celle qui a été ouverte , sous le nom de rue d'Ollivier (conseiller général de la Seine) entre la rue du Faubourg Montmartre et la rue Saint-Georges , suite à l'ordonnance de 1824 relative à l'aménagement des abords de l'église Notre-Dame de Lorette . Elle sera prolongée en 1862 , d'une part jusqu'à la rue de la Chaussée d'Antin sous le nom de Cardinal-Fesch et , de l'autre jusqu'à la rue Buffault et La Fayette . Le premier de ces prolongement fit disparaître le pavillon que Joséphine de Beauharnais possédait rue Chantereine , aujourd'hui rue de la Victoire . Cette rue pris en 1870 le nom de Chateaudun qui venait de se signaler par sa défense le 18 octobre de cette année . 

  Les Bains Chantereine

   C'est le barbier étuviste Poitevin qui créa le premier bain chaud flottant, près des Tuileries, en 1761. Un second, amarré près du quai d'Anjou à la pointe de l'Ile Saint-Louis quelques mois plus tard, confirmera le succès de l'initiative. Le prix de tous ces bains sera de 3 livres12 sols . Tandis que les installations privées de bains au sein de la bourgeoisie se développent, les bains publics deviennent des établissements populaires voués aux bains de propreté , se développent dans Paris . Les considérables travaux d'assainissement et d'adjonction d'eau réalisé à Paris par Napoléon, notamment le projet du canal de l'Ourcq qui permettait l'arrivée d'une eau plus saine que celle de la Seine et de la Bièvre, avait lancé une grande mode des bains . C'est sous le second Empire et surtout sous la très longue IIIe République que le bain public va entrer dans une ère aux allures de campagne de salubrité, rayant toute idée de loisir et de plaisir, pour ne garder que l’apprentissage des gestes élémentaires de l’hygiène à une époque où les maisons ne possédaient pas encore l'eau courante et où il fallait faire appel au porteur d'eau !!! En 1879 il y avait à Paris 700 porteurs d'eau . 

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                                              Porteurs d'eau 

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               Bains Vigier                                       Bains de la Samaritaine 

  L'entrée des Bains Chantereine se situait à l'emplacement de l'actuel 40 rue de la Victoire ( ancienne rue Chantereine )  et traversait tout le bloc de maisons pour ressortir au niveau du 39 rue Chateaudun , ce n'est que de ce côté-ci que subsiste la trace de cette ancienne institution avec cette large grille forgée . C'est dans cette rue que s'installa Joséphine de Beauharnais puis, après son mariage, Napoléon Bonaparte. Au retour de l'expédition d'Egypte, on donna à la rue Chantereine le nom de  " Rue de la Victoire " . En 1815, on la débaptisa à nouveau pour lui rendre son nom de Chantereine, puis en 1830, retour à la rue de la Victoire, nom qu'elle gardât depuis.

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  L'établissement de bains fut créé au début du XIXème (1831?) à la place du Théâtre Olympique construit en 1796 sur les dessins du sieur Dumène offre une construction très gracieuse  . L'Opéra Buffa et diverses troupes l'occupent pendant quelques années . Ce théâtre est interdit en 1807 , il n'y accueille plus que quelques rares concerts avant d'être fermé et transformé en établissement de bains .On peut encore voir dans la cour de cet immeuble des colonnes provenant vraisemblablement de l'ancien théâtre Olympique . 

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  Ne manquez pas d'aller visiter ce lieu tout droit sorti d'un roman de Balzac et miraculeusement épargné !!! Vous aurez l'impression d'être plongé dans le vieux Paris du XIXème siècle !!!