6-copie-27

                                                                   LA PRISON MAZAS 

    Partons ensemble à la découverte de l'ancienne Prison Mazas aujourd'hui disparue . La prison Mazas , couramment appelé Maison d'arrêt cellulaire , tire son nom  du colonel Mazas mort à la bataille d’Austerlitz  . C'était une ancienne prison de Paris, construite par l'architecte Émile Gilbert entre 1845 et 1850 pour remplacer le dépôt des condamnés de la Force . Elle était située en face de la gare de Lyon, et était utilisée de 1850 à 1898 essentiellement à l'internement des prisonniers de droit commun . Elle reçut à son ouverture les 840 prisonniers de La Force . La prison occupe l'emplacement du pentagone d'une superficie de 130 hectares limité aujourd'hui par le boulevard Diderot (anciennement le boulevard Mazas ) , la rue de Lyon, la rue Traversière, l'avenue Daumesnil et la rue Legraverend . Cette « maison d'arrêt cellulaire » s'inspire des modèles du régime carcéral américain en vogue dans le milieu du siècle, le système cellulaire, dans l'esprit de la prison de la Petite Roquette construite en 1836 . Il est à noté qu'acun prisonnier ne s'est échappé de la prison Mazas . 

       1851g032       MAISON~1        mazas2

          walks-of-the-mazas-prison-paris-c-1900       Maison_D'Arrét_Cellulaire_-_Galerie_Cellulaire

                                                        La prison Mazas 

       Les travaux d’appropriation furent achevés en mars 1853 pour un coût de 5 437 000 francs . Le bâtiment d’entrée en pierre meulière était de forme presque carrée. Les détenus arrivaient dans une première cour, pour pénétrer ensuite dans le bâtiment administratif et avancer jusqu’au guichet central situé sous une rotonde vitrée de 45 mètres de large. Au greffe du rez-de-chaussée, avaient lieu les formalités d’écrou, au premier étage était situé l’autel sur lequel l’aumônier de la prison célébrait la messe chaque dimanche. Cinq promenoirs panoptiques, disposés au centre des cours, étaient séparés par six galeries de 80 mètres chacune comportant 200 cellules sur trois étages convergeant vers un minaret central . L’air chaud, en hiver, était distribué par ventilation, de même en été avec de l’air frais . 

          pz_mazas004      pz_mazas005     pz_mazas006

          pz_mazas007      pz_mazas011     images

           Les dessins de Cochard, Migron et Fanfan par Louis Cocula prisonniers à Mazas

    La prison Mazas était surnommée  " l'hôtel des 1 200 couverts " . De nombreuses personnalités célèbres furent incarcérées à Mazas après le coup d'état de 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte ( Victor Hugo , Rasapail , Rochefort  , Jules Vallès , Arago , Clémenceau pour ne citer que les plus célèbres .  Un rapport du conseil général de la Seine en date du 30 novembre 1894 présenta des projets « relatifs aux lotissements des terrains occupés par les prisons Mazas, la Grande Roquette et Sainte-Pélagie prochainement désaffectées » . Ainsi programmée pour des raisons sanitaires, et aussi parce que la vue de la prison gâchait la perspective de la gare de Lyon au moment de l'exposition universelle de 1900 à Paris, la démolition de la prison Mazas débuta en octobre 1897 et fut achevée deux ans plus tard. Les pierres de Mazas servirent à la reconstruction des égouts de la rue de Rivoli, déviés par le passage du métropolitain. À l’emplacement de la prison dont les matériaux de démolition furent vendus dès août 1898, une fête foraine fut tenue en février 1899 : « Ici l’on danse. » Les prisonniers de Mazas furent transférés à la nouvelle prison construite à  Fresnes en région parisienne et ouverte en 1898 . 

         

Destruction_de_Mazas   godefroy

                                            Démolition de la prison Mazas en 1898

                         

                                      imagesCAVSPU5J

 

      Aristide Bruant immortalisa la prison Mazas dans une de ses chanson intitulée  " A Mazas " , tout comme il le fit pour la prison de La Roquette dans sa chanson " A la Roquette " . 

                                                                             À Mazas

Pendant qu't’étais, à la campagne

En train d'te fair' cautériser,

Au lieur cd' rester dans mon Pagne, Moi, j'm'ai mis à dévaliser,

Mais un jour, dans la ru' d'Provence,

J'me suis fait fair' marron su' l'tas,

Et maint'nant j'tire d'la prévence,

A Mazas

C’est en dévalisant la case

D’un' gerce, un' gironde à rupins,

Qu'on m'a fait avec Nib de naze,

Un monte en l'air de mes copain.

Faut y passer, quoi ! c’est not’ rente

Aussi, bon Dieu l j'me plaindrais Pas

Si j'avais d'quoi m'boucher la fente,

A Mazas