07 juillet 2009
LA COLONNE MEDICIS
Allons découvrir ensemble la colonne, la plus mystérieuse de Paris et sans doute protégée de toute destruction par des forces occultes ! .... Elle est tellement bien intégrée au paysage du 1er arrondissement, que la Colonne Médicis passe totalement inaperçue pour beaucoup de parisiens et de passants occasionnels qui se promènent dans le jardin des Halles .
Adossée à la Bourse du Commerce (ancienne Halle aux blés), cette colonne ressemble de loin à un pilier antique. La Colonne Médicis faisait partie d’une somptueuse demeure : l’hôtel de la Reine ou hôtel de Soissons , construit par Bullant pour Catherine de Médicis . L'hôtel de la Reine est construit à l'emplacement de l'ancien l'hôtel d'Orléans appartenant au frère de Charles VI , Louis , duc de Touraine et d'Orléans . Dans une partie de l'hôtel d'Orléans , le confesseur du roi Charles VIII , Jean Tisseran , créa en 1498 le "couvent des filles repenties" . La Reine achète en outre l'hôtel d'Albret , constitué de vieilles demeures qui voisinaient le couvent à l'est , A partir de 1572 , Catherine de Médicis abandonne subitement le palais des Tuileries qu'elle faisait édifier pour s'installer dans son somptueux hôtel de la rue de Grenelle.
Passionnée d’astrologie , Catherine de Médicis demande à Bullant d'édifier une colonne astronomique lui permettant d’observer les astres avec l’aide de son astrologue et mage le florentin Cosimo Ruggieri .
Cosimo Ruggieri Catherine de Médicis
Bullant édifie en 1574 dans un des angles de la cour sud de son hôtel donnant sur la rue des Deux-Ecus une colonne, de
Cosme Ruggieri sera chassé par la
souveraine, non sans lui avoir prédit : ̋ Vous mourrez près de
Saint-Germain ̋. On pense que c'est une des raisons pour laquelle la reine à quitté subitement Le Louvre et le palais des Tuileries car tous deux dépendaient de la paroisse Saint-Germain l'Auxerrois !!! Elle meurt à Blois en 1589 des suites d'une pleurésie et reçoit l’extrême-onction des
mains d’un certain … Julien de Saint Germain ! Elle repose avec son mari le roi Henri II dans le mausolée qu'elle avait commandé à la mort du Roi à Germain Pilon et au Primatice.
Le quartier des halles change, l’hôtel est démoli en 1748 pour payer les dettes de son dernier propriétaire Amédée de Savoie. Acheté par Mr Bachaumont, la colonne échappe de peu à la démolition.
Mr Bachaumont
Offerte à la ville de Paris, Pingré chanoine de Sainte-GenevièveSainte-Geneviève y installe un cadran solaire cylindrique. Le cadran solaire finira par disparaître et de la colonne Médicis il ne reste plus qu’une carcasse métallique tombé dans l’oubli et ouverte à tous les vents! Souhaitons que sa réhabilitation demandée à l’occasion de la rénovation du jardin des Halles voie le jour.
08 juin 2009
LES JARDINS OUVRIERS
Comme je vous l'avais promis en début d'année , nous allons faire une petite incursion en banlieue , précisément à Aubervilliers , afin de découvrir ensemble la passionnante histoire des Jardins Ouvriers et tout particulièrement celui d'Aubervilliers- les- Vertus .
Les jardins ouvriers sont étroitement liés à la révolution industrielle et à l'urbanisation qui en découle . La révolution industrielle , initialement britannique , s'est étendue à la France à partir de 1815 pour connaitre une croissance continue jusqu'en 1860 . Fortement agricole la France à besoin de main-d'œuvre dès 1840 pour les usines et fabriques en plein développement . Cela implique une migration de la main-d'œuvre traditionnellement agricole des zones rurales vers les zones urbaines nouvellement constituée . A l'initiative des patrons alsaciens à la fin du XIXème siècle , les premiers jardins sont uniquement potager et apparaissent comme un moyen de fournir un apport alimentaire à des ouvriers qui vivent entassés dans des logements souvent insalubres et qui de ce fait avaient du renoncer à leur ancien mode de vie rural .
Les jardins ouvriers dans leur conception de la fin du XIXème siècle , sont des lotissements collectifs regroupant des parcelles dissociées de la maison d'habitation et destinées aux habitants d'immeubles collectifs des zones urbaines . Le catholique conservateur Frédéric Le Play ( 1806-1882 ) évoque en 1855 dans son ouvrage " Les Ouvriers Européens et en 1864 dans " La Réforme Sociale " , les vertus de l'accession à la propriété et de l'attachement au sol , vertus auxquels étaient profondément attachés ces hommes et ses femmes venus de nos campagnes .
Frédéric Le Play
C'est le Britannique Ebenezer Howard ( 1850-1928 ) qui eu, le premier , l'idée de mettre " les villes à la campagne " en imaginant les " Cités Jardins " avec en leur centre dispensaire , commerce , salle de spectacle etc. En France des patrons industriels construisirent pour leurs employés des " Cités Ouvrières " associant maison et petit jardin ( les cités minières du Nord en sont un parfait exemple ) . On peut encore voir aujourd'hui deux Cités Jardins qui ont été restaurées en région parisienne aux Lilas et à Stains .
Cité Jardin de Stains
En 1870 la proclamation de la IIIème République , soutenue par le Pape Pie IX , participe au développement d'un courant catholique proche du prolétariat à travers un groupe " d'abbés démocrates " ; tels l'abbé Trochu qui crée l'Ouest-Eclair , l'abbé Dabry fondateur de la Vie Catholique ou bien encore l'abbé Lemire député Hazebrouck qui sera le " Père " fondateur des Jardins Ouvriers . Il fonde en 1896 afin de voir triompher ses idées la " Ligue du Coin de Terre et du Foyer " , outil de pression pour défendre son projet législatif : " La garantie pour chaque famille de la propriété d'une terre et d'une maison " . Les jardins ouvriers sont crées afin de répondre aux besoins immédiats des familles les plus démunies en attendant que la loi aboutisse. C'est aussi un moyen pour montrer le rôle essentiel et bienfaiteur que ces jardins ont sur l'homme , tant sur le plan économique hygiéniste et moral en le détournant des fléaux sociaux et tout particulièrement de l'alcoolisme !!! Il faut néanmoins rappeler que , bien que l'abbé Lemire soit à l'origine du développement des jardins ouvriers , avant lui , Mme Hervieu Félicie , dame d'œuvre à Sedan , avait eu l'idée de mettre gratuitement des lopins de terre à la disposition des pauvres . Elle met en place en 1891 les premiers jardins ouvriers qu'elle structure en 1893 au sein d'une organisation officiellement nommée " Œuvre de reconstitution de la famille " . C'est un succès immédiat , on passe de 27 familles avec 145 membres en 1893 , pour atteindre en 1898 125 familles avec 530 personnes !!!
L'Abbé Lemire Maison natale de l'abbé Lemire à Hazebrouck
L'abbé Lemire reste toutefois le " Père " des jardins ouvriers grâce aux actions qu'il met en œuvre pour les développer et encourager les créations déjà existantes . Au vu des résultats dérisoires de ses projets sur la propriété ouvrière , la Ligue de Coin de Terre ne se consacre plus désormais exclusivement qu'aux jardins ouvriers . Le fonctionnement des jardins repose sur plusieurs principes : - un groupe de gestion est crée sous l'égide des comités locaux , - les jardons sont ensuite concédés à des familles modestes , - il existe un système de location ( ou de propriétés ) collective avec jouissance divise des parcelles . Sous l'impulsion de l'abbé Lemire et des comités locaux , les œuvres et les jardins se multiplient . En 1907 , la ligue est implanté dans 73 départements , en 1909 , Le Nord fief électoral de l'abbé Lemire , compte 6709 jardins répartis en 109 œuvres . Après un timide développement au début du siècle , La première Guerre Mondiale est l'élément déclencheur de leur croissance pour répondre à un réel besoin de subsistance , surtout dans les zones occupées . En région parisienne , bon nombre de jardins ouvriers sont créés sur les glacis des forts , concédés par la ville de Paris et le Génie Militaire ; comme à Aubervilliers , Saint-Denis , Saint-Ouen , Pantin et Ivry-sur-Seine .
Durant l'entre-deux guerres , l'accroissement des jardins ouvriers est sans précédent !!! En 1912 la Ligue gère 17 825 jardins , 47 000 en 1920 et 56 700 en 1927 . Palliant les difficultés d'approvisionnement en fruits et légumes et la misère des familles ouvrières , ils fleurissent tout particulièrement dans le Nord de la France . A la fin de la Deuxième Guerre mondiale on en dénombre près de 250 000 , c'est l'apogée des jardins ouvriers . On peut dire que : " Le jardin ouvrier , c'est la campagne du travailleur , l'équivalent populaire de la villa où son riche patron va se reposer le dimanche " . L'activité rurale du jardinage est associé au loisir en opposition avec l'activité urbaine industrielle associée au travail . Le jardin devient un lieu de repos le dimanche où on y organise des fêtes . La fonction alimentaire première n'est plus exclusive , les lotissements de jardins deviennent ainsi un lieu de sociabilité où se développe une culture propre mêlée d'individualisme et de collectif . Pendant la Seconde Guerre , sous le régime de Vichy , les jardins ouvriers sont bénéficiaires de subventions de l'État , cela s'explique en grande partie par le contexte de pénurie alimentaire dans lequel se trouve la France . C'est aussi l'héritage de l'idéologie pétainiste " Travail-Famille-Patrie " . C'est l'époque où la moindre parcelle est cultivée 600 000 jardins sont recensés dans toute la France .
Au lendemain de la guerre , les œuvres d'assistance se désintéressent des jardins ouvriers et leur nombre commence à décroître sérieusement . D'une part , les priorités de la reconstruction sont ailleurs , d'autre part l'appropriation des jardins ouvriers par l'idéologie pétainiste reste ancrée dans la mémoire collective . En 1950 on ne recense plus que 200 000 parcelles en France . Le jardin devient " familial " et non plus " ouvrier " pour enlever la connotation prolétaire qui s'y rapportait . La vocation alimentaire est est un peu éludée avec une condition de vie un peu meilleure . Les jardins sont alors considérés comme un apport d'agrément . Ces jardins avec leur aspect hétéroclite sont parfois remis en cause comme des éléments de désordre , de bricolage , voire de " pollution visuelle " . Souvent associés à des périodes de misères révolues ou à l'idéologie pétainiste , ils trouvent peu de défenseurs et tombent en déclin . L'heure est à la réalisation d'espaces verts bénéficiant auprès des habitants d'une meilleure image et accompagnant les grands ensembles nouvellement construits . Depuis les années 1980 et la notion d'écologie faisant jours ils redeviennent à la mode et sont diversifiés en terme d'objectifs :jardins ouvriers , familiaux ( terme que l'on préfère ) , pédagogiques , d'insertion partagés etc. Depuis 2003 ils sont regroupés sous le terme officiel de Jardins Collectifs . Les nouveaux jardins collectifs ont perdus tout leur charme d'antan , ce sont désormais des parcelles toutes identiques avec le même petit cabanon pour chacun des sociétaires. L'abbé Lemire serait heureux de voir que " ses " jardins ont aujourd'hui reconquis une légitimité et une place dans l'espace urbain . Je suis sur qu'avec l'évolution croissante de l'écologie et le désir de manger des produits cultivés biologiquement les jardins collectifs ont encore un bel avenir devant eux .
JARDINS OUVRIERS DES VERTUS D'AUBERVILLIERS
Depuis 1906 les glacis du fort d'Aubervilliers sont occupés par des jardins ouvriers . Le Fort d'Aubervilliers d'une superficie de 33.5 hectares , est construit de 1843 à 1847 sur le territoire de Pantin . Il fait partie des ouvrages décidés en 1840 par Thiers afin de protéger Paris et le cas échéant mater les rébellions . En 1851 il est annexé à Aubervilliers , Il sera en partie détruit par les bombardements de l'armée prussienne en 1870 et les combats de la Commune l'année suivante . Ce fort a abrité Pierre et Marie Curie et ses recherches sur le radium dans les années vingt , puis celles du Ministère des Armées , en marge des essais nucléaires menés dans le désert algérien . Aujourd'hui désaffecté , il est l'objet de nombreuses convoitises . Des projets de réaménagement , sans doute freinés par le coût que nécessite une décontamination complète du site , sont en cours d'étude par la municipalité d'Aubervilliers , au sein desquels les jardins ouvriers sont l'objet d'enjeux à la fois économiques , sociaux et environnementaux . Que va-t-il advenir alors des ces territoires chargés d'histoires et de cultures ?
La Société des Jardins Ouvriers des Vertus a été crée en 1935 . Ce nom évoque le passé maraîcher d'Aubervilliers à l'époque où l'on cultivait sur la plaine des Vertus des variétés légumières connues et très appréciées aux Halles Centrales de Paris . Ils figurent encore aujourd'hui dans les catalogues de pépiniéristes renommés ( Chou "Milan des Vertus "- Oignon "jaune paille es Vertus " et Navet "pointu des Vertus" ) .
La terminologie "des Vertus " provient du nom de l'église d'Aubervilliers : Notre-Dame des Vertus , construite au XVème siècle en témoignage de reconnaissance à la Vierge pour le " miracle de la pluie " qui se serait produit en 1336 . On raconte que cette année connue une sécheresse telle que les légumes et les fruits grillaient sur le sol avant d'avoir atteint leur maturité . Les prières et les processions n'avaient pu conjurer cette calamité . La fille d'un maraîcher adressa une prière fervente à une statue de la Vierge qu'abritait la petite chapelle Saint-Christophe d'Aubervilliers . Elle vit soudain la statue se couvrir d'une sueur abondante pareille à la rosée qu'en se retirant la nuit laisse sur les fleurs . Quand la jeune fille sortit , la pluie bienfaisante , l'averse tant désirée crépitait sur la plaine et une grande partie des récoltes fut sauvée
Ces jardins ouvriers occupent 84 parcelles (dont la superficie varie de 170 m² à 500 m² ) sur des terrains gérés par l'Agence Foncière et Technique de la région Parisienne . L'association est composée de 84 adhérents jardiniers . Chaque début d'année, en fonction de la liste d'attente , de nouveaux jardiniers intègrent l'association lorsque des parcelles se libèrent .Trois sur quatre habitent Aubervilliers ou Pantin , les autres proviennent des communes limitrophes . 80% appartiennent aux classes populaires , ils sont ou étaient des ouvriers ou des employés , dont une petite moitié est encore en activité . Les femmes représentent 15% de l'ensemble des sociétaires . La plupart des jardiniers ont connu la vie à la campagne ou à la montagne aussi bien en France qu'à l'étranger . Beaucoup y ont vécu leur enfance ou une partie de leur jeunesse et ont déjà travaillé la terre . C'est pour eux une façon de renouer avec leur racines paysannes .
Au 84 parcelles individuelles s'ajoute une parcelle collective ( 63 sur le plan ) comprenant un bureau de l'association , une pelouse permettant d'installer une table et des chaises pour des événements spécifiques set un petit terrain de boules . Six points d'eaux sont répartis sur l'ensemble du territoire et sont utilisés par les jardiniers lorsqu'ils ont épuisés leur réserves personnelle . C'est la municipalité d'Aubervilliers qui prend en charge le coût de l'eau .
Le charme de ces petits jardins ouvrier tient au fait qu'aucun principe de standardisation est imposé , comme il l'est aujourd'hui dans les nouveaux jardins collectifs avec une cabane identique sur toutes les parcelles . Aucune cabane ne se ressemble . Elle est de construction précaire , souvent à partir de matériau de récupération ( planches , tôles , plastiques divers ) . Elle est indispensable pour ranger les outils et le matériel nécessaire au jardinage , mais elle a aussi la fonction de constituer un " petit chez soi " et constitue un cadre personnel qui confère à ce site un caractère pittoresque à aucun autre pareil et qui en fait son charme et sa richesse . Seuls quelques directives sont à respecter : les jardins sont destinés à la culture de légumes , d'arbres fruitiers et de fleurs uniquement pour une consommation familiale . La commercialisation des produits est interdite . Les cabanes doivent être de petite construction légères et de dimensions réduites . La récupération de l'eau de pluie dans des bidons ou des cuves et la confection de compost sont des usages auxquels les jardiniers sont très attachés !!!
Chaque parcelle comprend plusieurs arbres fruitiers ( en moyenne 4 ou 5 ) souvent greffés par les soins des jardiniers eux-mêmes : cerisiers , abricotiers , pruniers , pommiers poiriers , pêchers , figuiers , vignes et autres néfliers et actinidias ( arbres produisant les kiwis ) participent à l'agrément des jardins . Les arbustes à petits fruits comme les framboisiers , groseilliers et cassissiers ont également leur place . De nombreux jardiniers agrémentent leurs parcelles avec des fleurs , de magnifiques rosiers s'y épanouissent !!! On y autorise également l'élevage de petits animaux comme les poules , les pigeons , les lapins et les canards .
Nombre d'entrées sont prolongées par des tonnelles parfois couvertes de plantes grimpantes telle la vigne vierge ou la passiflore ; elles permettent d'ombrager un entrée ou de protéger de la pluie . Des fleurs agréablement disposées donnent des notes de couleurs au jardin . Un coin pelouse avec des tables et des chaises sans oublier le barbecue sont les compléments indispensables de la convivialité entre voisins , amis ou la famille .
Chaque année vous pouvez visiter ces Jardins ouvriers lors de la Fête du Patrimoine organisé par la Direction Générale des Affaires Culturelles . De plus des " journées portes ouvertes " sont régulièrement organisées par la ville d'Aubervilliers . Ne manquez pas de vous y rendre !!! C'est à l'occasion de l'une d'elles que j'ai pu les redécouvrir . Un accueil chaleureux vous y attends !!! Je tiens à remercier tout particulièrement Mme Françoise et Mme Eliane qui m'ont accueilli avec une rare gentillesse . Elles m'ont permis grâce à toutes leurs explications de mieux connaître l'histoire de ces Jardins Ouvriers des Vertus . Ces jardins ouvriers offrent un paysage avec des spécificités historiques , sociales et environnementales , qui lui confère une place toute particulière dans le patrimoine de notre département . Ils sont une passerelle entre le passé et l'avenir . J'espère qu'ils continueront longtemps encore à faire la joie et le bonheur à de nombreuses générations de jardiniers .
Bibliographie : Patrimoine en Seine-Saint-Denis " Les Jardins Ouvriers " .
07 juin 2009
LE JOURNAL " LE BONBON "
Lors de mes promenades dans Paris , j'ai eu l'agréable surprise de découvrir un petit mensuel gratuit de proximité véritablement exceptionnel tant à sa qualité de présentation qu'à son contenu , ce qui est rare pour ce genre de publication souvent insipide et qui finit rapidement à la poubelle !!! . Attention vous ne le trouverez en ce moment que dans les 2ème , 9ème , 17ème et 18ème arrondissements de Paris , il doit également paraitre en septembre dans le 1er arrondissement . Je me propose en quelques lignes de vous le faire découvrir .
Ce n'est pas , comme vous pourriez le penser , un journal vantant les bienfaits d'une sucrerie !!! L'explication de ce titre vous le trouverez à l'intérieur du journal . En effet on découvre avec plaisir , des petits bons détachables qui vous permettent d'obtenir des réductions de prix non négligeables dans certains magasins de votre quartier , d'où le choix du titre de Bon bon !!!
Ce qui m'a séduit dans ce petit mensuel c'est d'abord la qualité de sa présentation . Un petit format pratique , une qualité de papier qui en font déjà un journal hors du commun . Mais c'est aussi la qualité et la diversité de ses articles ainsi que leur iconographie qui en font véritablement un magasine d'exception !!! Bravo à Mr Jacques de la Chaise , fondateur du " Bonbon " et à tous ces collaborateurs .
Dans chaque numéro du " Bonbon " vous découvrez avec plaisir la vie de votre arrondissement . Pêle-mêle on découvre , des personnalités , des commerçants ou de simples habitants , qui se dévoilent et nous livrent leur attachement pour leur quartier . On découvre également un monument , une boutique ou bien encore un restaurant de l'arrondissement . Une petite rubrique historique permet , chaque mois , de connaitre , une rue , un homme célèbre , un édifice ou un monument dont l'histoire fait partie intégrante de notre quartier . Il ne serait pas complet sans son petit agenda local et ses petites annonces le tout présenté dans un patchwork fort agréable . Bravo également pour avoir songé à mettre sur la dernière page du magasine la plan de l'arrondissement et la localisation des commerces mentionnés dans les différents articles . L'objectif de ce journal est aussi de retisser des liens avec des habitants d'un même quartier , de recréer le ciment et la cohésion qui caractérisait autrefois un arrondissement et qui faisait un " Paris au cent villages " . C'est , je crois , essentiel à une époque où l'on ignore même jusqu'à son propre voisin de palier !!!
J'espère vous avoir donner l'envie de lire " Le Bonbon " . Souhaitons lui une longue vie et espérons qu'il couvre rapidement tous les arrondissements de la capitale et pourquoi pas qu'il s'étende dans les proches banlieues . Une bonne nouvelle , Le Bonbon est maintenant disponible sur internet sur le site : http://www.lebonbon.fr/ .
Procurez vous le bien vite et faites le connaitre autour de vous , il le mérite amplement , tous à vos Bonbons , à déguster sans modération !!!
20 mai 2009
ÉGLISE NOTRE-DAME- DU-TRAVAIL
Aujourd'hui je me propose de vous faire découvrir une église très particulière et que bien peu de parisiens connaissent . Il s'agit de Notre-Dame du Travail située 35 rue Guilleminot dans le 14ème arrondissement pas très loin de la Place de Catalogne .
Dans le petit hameau de Plaisance situé dans le village de Vaugirard ( commune rattachée à Paris en 1860 ) se trouvait alors une modeste chapelle , construite en 1835 , située au 8 de la rue Texel connue sous le vocable de Saint -Médard et qui dépendait de Saint-Lambert-de-Vaugirard . Devenue trop petite pour le besoin des habitants du hameau de Plaisance elle fut reconstruite en 1844 . On l'érigera en paroisse le 25 Mars 1848 et pris le nom de Notre-Dame de l'Assomption . C'était la plus petite et la plus humble église de Paris ; elle mesurait 18 m de long sur 8 m de large et ne comportait que trois travées , une datant de sa construction , une qui lui fut adjointe en 1858 et une autre en 1865 . Toutes ces travées étaient en bois et en plâtre et ne recevait de la lumière que par des châssis ouverts dans le toit . Elle possédait dans sa cour d'entrée sur un bâti de bois , une cloche prise à Sébastopol en 1855 , pendant la guerre de Crimée et offerte par Napoléon III . En Cette cloche sera bénite le 14 juin 1866 par l'archevêque de Paris Mgr Darbois en présence de l'Empereur , du Prince impérial et de l'Impératrice . Dans l'intervalle , en 1860 , elle avait reçue le titre de Notre-Dame de Plaisance .
Cloche prise à Sébastopol
Cette petite église fut dévalisée et convertie en club pendant la commune et son curé arrêté. En 1884 arrive un nouveau vicaire l'abbé Soulange-Bodin qui de distinguera par ses multiples initiatives ( il commence par fonder un " patro " ) . En 1896 il est nommé curé de Notre-Dame de Plaisance et il décide la construction d'une nouvelle église qui sera dédiée aux travailleurs de toute les classes et qui portera le nom de Notre-Dame du Travail . Cet ecclésiastique sera attentif au monde ouvrier . Il a œuvré pour les enfants déshérités, leur trouvant du travail , tout comme il a trouvé des emplois à la maison pour les femmes d’ouvriers .
Cette nouvelle église fut bâtie par Jules Astruc , séduit par les nouvelles techniques de la tour de Mr Eiffel , pour les très nombreux ouvriers logeant dans le 14ème arrondissement et qui avait la charge de monter et démonter les expositions universelles de Paris . Jules Godefroy Astruc est né en 1862 à Avignon d'un père architecte . Il était le descendant d'une vieille famille juive comtadine installée depuis le XVII ème siècle dans le Comtat Venaissin . Il a été l'élève de Victor Laloux , auteur de la gare de Tours et de la gare d'Orsay qui savait se servir du fer . On doit en outre à Jules Astruc la construction dans le XIII ème de l'église Saint-Hippolyte avenue de Choisy .
La Gare d'Orsay
Notre-Dame-du-Travail rend hommage à la condition ouvrière et aux sens que donne le mot travail . L'abbé Soulange-Bodin se plaisait à dire " L'église doit rappeler à l'ouvrier son usine afin qu'il se sente chez lui , dans son milieu habituel , entouré de matériaux de fer et de bois que sa main transforme tous les jours " . Rien de son extérieur , ni de sa façade en pierre de taille de style roman , ne laisse apparaitre la légèreté et la clarté de son intérieur . Légèreté et clarté obtenues par l'utilisation d'arceaux métalliques et de colonnes de fer . Ces arceaux proviendraient de Palais de l'Industrie construit par l'architecte Victor Viel et l'ingénieur Alexis Barrault pour l'Exposition Universelle de 1855 et qui sera démolie en 1899 pour faire place aux Grand et Petit Palais .
Le Palais de l'Industrie
Les murs latéraux , les contreforts ainsi que les murs du presbytère proviennent en grande partie de la démolition de l'abattoir de Grenelle ( en bordure de la place de Breteuil où se trouvait le fameux puits artésien ) . Les murs élevés de la grande nef sont en brique de Bourgogne portées par un pan de fer . Entre les montants verticaux de cette structure métallique , on a encastré les vitraux . Notre-Dame du Travail ayant été terminée peu après l'Exposition Universelle de 1900, les murs des façades furent construites avec des pierres de taille et des moellons récupérés dans divers palais éphémères du Champ-de-Mars. Pour corriger l'accent un peu raide et froid des 135 tonnes d'acier et de fer de la structure métallique nue , toute les chapelles latérales furent ornées de grandes peintures murales du plus pur style " Art déco ou Art nouveau " qui provoquent un effet de fraicheur et de gaîté originale .
Autre signe bien particulier , les deux tribunes latérales , couvrant toute la longueur de la nef de chaque coté des chapelles latérales . Ceci n'est pas sans rappeler les églises du Pays basque , d'où est originaire l'abbé Soulange-Bodin . Personne ne parle jamais de la décoration intérieure des murs de Notre-Dame du Travail, et pourtant elle ne ressemble à aucune autre, si on excepte Saint-Jean de Montmartre, que l'on considère un peu comme sa sœur. Or ces guirlandes, si bien restaurées aujourd'hui, appartiennent à l'Art Nouveau, ce mouvement qui bat son plein justement à cette période et qui verra le triomphe de l'architecte Guimard avec ses édicules du Métro. L'Art Nouveau, très marqué par l'influence de Viollet-Le-Duc , se propose, entre autres visées, de réconcilier l'art avec la nature dans l'esprit gothique. Cette invasion de fleurs de notre pays , rien à voir avec les lauriers et les feuilles d'acanthe de l'Antiquité, que nous voyons ici , reflète un idéal esthétique voulant faire bon ménage avec les matériaux nouveaux .
Eglise Saint-Jean de Montmartre
L'aménagement intérieur de l'église se veut résolument moderne et s'intègre parfaitement avec cette architecture métallique . En 1944 un Chemin de Croix est en bois sculpté à été installé dans l'église , commandé par la Père de La Morandais , il est l'œuvre de Christine Audin , jeune sculpteur sur bois . On peut également admirer une magnifique Pieta et une audacieuse sculpture " la main créatrice " . Ces deux sculptures sont l'œuvre de Michel Serraz ( son père Georges Serraz avait un atelier de sculpture dans le quartier de Plaisance ). Le thème de la main de Dieu portant Adam et Eve a été développé aussi par Rodin .
La statue de Notre Dame du Travail est l'œuvre de Jules Lefèbre , elle fut offerte par les exposants de l'exposition de 1900 . Les vitraux ont été réalisés en 1901 par la Société artistique de peinture sur verre . Seul le vitrail central de la Vierge Marie portant son enfant provient de l'ancienne église de Plaisance qui se situait dans l'actuelle rue de Texel , enfin l'orgue construit par Haerpfer Théodore et mis en service le 24 décembre 1990 , il remplace un orgue Cavaillé-Coll installé à la fin de la première guerre mondiale et dont le coût de restauration dépassait la valeur de l'instrument .
Ne manquez pas d'aller vous promener dans cet agréable quartier de Paris et de visiter cette église unique dans la capitale .
Bibliographie : Evariste Leufeuvre dont l'exceptionnel documentation de son site internet m'a beaucoup aidé dans la réalisation de cet article , qu'il en soit grandement remercié .
04 mai 2009
LE BASSIN DE LA VILLETTE
A l'occasion de son 200 ème anniversaire de sa construction , je vous invite à découvrir l'histoire du Bassin de La Villette .
Bien que né sous le signe de l'eau , Paris en a cruellement manqué jusqu'aux aménagements du XIX ème siècle . Si l'Empereur Julien peut écrire en 358 que l'eau de la Seine est " très pure et très riante à la vue " , en 1351 une ordonnance interdit aux parisiens de balayer les rues par temps de pluie afin de ne pas souiller davantage la rivière . L'eau du fleuve , malgré les pollutions innombrables , est toujours utilisée faute de mieux , pour la vie quotidienne des parisiens . La pompe dite de la Samaritaine est installée en 1605 et ne disparaîtra qu'en 1813 !!! En 1169 , Paris dispose de 35 fontaines réparties sur les deux rives ; 15 alimentées par les eaux de Rungis; 9 par celles de Belleville et 11 par celles du Pré-Saint-Gervais. En 1789 chaque parisien ne dispose que de 14 litres d'eau par jour et par personne , consommation qui tombera en 1832 , avec l'augmentation de la population ( environ 600.000 personnes ) à 7 litres d'eau par jour . ( Paris en 1832 - Ange-Pierre Leca ) contre 307 litres d'eau par jour aujourd'hui . On comprends mieux pourquoi cette ville est sale , nauséabonde et en proie à de fréquentes épidémies , dont la dernière importante sera celle du Choléra en 1832 .
La pompe de la Samaritaine sur le pont Notre-Dame
L'Ourcq et les Canaux
Dès le XVème siècle le prévôt des marchands est autorisé à capter les eaux de l'Ourcq . Les premiers travaux pour rendre la rivière Ourcq navigable commencèrent en 1632 . Il faut attendre 1676 pour que l'ingénieur Pierre Paul Riquet , le célèbre créateur du canal du Midi , se voit confier par lettres patentes , l'étude des travaux de construction d'un canal amenant l'eau de l'Ourcq à Paris , après un trajet navigable de 107 kilomètres , jalonné de 15 écluses dans le bassin de La Villette. Sa mort en 1680 et celle de Colbert en 1683 en interdisent toute réalisation. Un siècle plus tard , l'ingénieur Jean-Pierre Brullée reprend l'étude de Riquet et met sur pied le tracé définitif de l'ensemble des trois canaux , Ourcq , Saint-Denis et Saint-Martin . C'est le " Y " que nous voyons aujourd'hui dont le nœud central est la gare d'eau encore appelée bassin de partage ou " rond-point des canaux " ( situé après le pont de l'Ourcq ) où convergent le bassin de la Villette, le canal de l'Ourcq (qui amène, de plus de 100 km, l'eau de la rivière Ourcq), et le canal Saint-Denis ( qui, avec une longueur de 6.647,50 m et une pente de 28,45 m, rejoint la Seine à Saint-Denis ) . L'ingénieur adresse un mémoire aux députés de la Révolution . Le but de l'opération est triple : abréger la navigation en évitant les méandres de la Seine , aménager une voir de navigation vers Bondy et Villers-Cotteret et enfin amener de l'eau à Paris par le basin de l'Arsenal . Sur sa lancée et pour plaire aux citoyens Brullée propose en 1790 la construction d'une place sur les ruines de l'ancienne forteresse de la Bastille ; malheureusement une fois encore les travaux seront ajournés , les évènements entraînent d'autres priorités .
Bonaparte et le Canal de l'Ourcq
Bonaparte demandant un jour au préfet Chaptal ce qu'il pourrait faire pour être agréable aux Parisiens ce dernier lui répondit : " Donner leur de l'eau " . Il décide donc de mener à bien le projet de Riquet en construisant un canal amenant à Paris les eaux de l'Ourcq . Il demande à l'ingénieur Emiland Gauthey ( concepteur du canal du Centre ) de se rendre sur le terrain et de lui faire un rapport précis sur l'acheminement des eaux de l'Ourcq à Paris . Le décret du 19 mai 1802 règle définitivement le sort de canaux parisiens après l'étude de ce rapport . On tergiverse encore pour savoir si les travaux limiteront la captation de l'eau de l'Ourcq à une simple rigole d'adduction ou prendront en compte une voie navigable . Là encore , Napoléon tranchera lui-même la question par la loi du 29 floréal an X , en optant pour un canal-aqueduc et prendra partie pour l'ingénieur Pierre-Simon Girard ( 1765-1835 ) contre ses confrères , pour la création des canaux Saint-Martin , Saint-Denis et de l'Ourcq . Le canal Saint-Martin à pour rôle de relier le bief aval du canal de l'Ourcq , dit aujourd'hui bassin de la Villette à la Seine . Les premières eaux arrivent au bassin de la Villette en 1808 , mais il ne s'agit encore que des eaux de la Beuvronne . Le canal Saint-Denis est inauguré en 1821 , le canal de l'Ourcq est mise en eau l'année suivante et le canal Saint-Martin en 1825 .
Canal Saint-Martin Canal Saint-Denis Canal de l'Ourq
" Chômage " du Canal Saint-Marin
Le bassin de La Villette alimente les deux canaux Saint-Denis et Saint-Martin et fournit fontaines et réservoirs parisiens en eau potable . Le volume d'eau arrivant à Paris passe de 4.000 à 80.000 mètres cubes !!! . A l'arrivée d'Hausmann et de Belgrand sous le second Empire le réseau de distribution de l'eau de l'Ourcq est largement développé . En 50 ans ans , la notion d hygiène s'est considérablement developpée . La médiocre qualité de l'eau de l'Ourcq , sa température variable suivant les saisons et l'altitude peu élevée du bassin de La Villette ne permettant pas une distribution dans les étages élevés condamna les eaux de l'Ourcq à un usage subalterne . Paris partit alors à la conquête de sources lointaines , dont les eaux furent introduites dans un nouveau réseau de distribution parallèle à celui de l'Ourcq . Paris développa une particularité unique au monde : un double réseau de distribution d'eau potable et d'eau non potable . Aujourd'hui les eaux de l'Ourcq alimente le réseau d'eau non potable .
Pierre-Simon Girard Écluse de Lizy-sur-Ourcq Canal de l'Ourcq
Les travaux commencent en 1806 et sont si rapidement menés que , trois ans plus tard , pour la Fête de l'Empereur , les Parisiens voient l'eau de l'Ourcq jaillir à la fontaine des Innocents aux Halles . Les eaux du bassin de La Villette se déversent dans deux canalisations en fonte de fer . L'une dite " galerie Saint-Antoine " , suit le canal pour aboutir à l'Arsenal , elle sera prolongée sous le pont d'Austerlitz jusqu'aux réservoirs Saint-Victor . L'autre appelée aqueduc de ceinture , rejoint le réservoir de Monceau après un parcours de 4.350 mètres . Trois galeries lui sont annexées , Saint-Laurent , des Martyrs et de Monceau , d'où partent les dérivations qui alimentent les différents quartiers de Paris .
La Fontaine des Innocents
Le Bassin de La Villette
Ecluse du Canal Saint-Martin et du Bassin de La Villette
Comme nous l'avons vu précédemment le bassin de La Villette est un vaste canal de dérivation alimenté par l'Ourcq , qui prend sa source , non loin de Fère-en-Tardenois dans l'Aisne . A partir du petit village de Silly-la-Poterie , au lieu dit du Port-aux-Perches au bord de la forêt de Retz , commence la partie canalisée de la rivière . Elle se jette dans la Marne après un cours d'environ 87 km à Mary-sur-Marne , près de Lizy-sur-Ourcq . Les travaux de canalisation ont détournés la rivière à partie de Mareuil . La majeure partie de son eau se dirige alors vers Paris en site propre , c'est le canal de l'Ourcq proprement dit , d'une longueur de 96.6 km , construit par Pierre-Simon Girard partir de 1802 . Pour remédier à la baisse des apports d'eau du canal de l'Ourcq , Girard construira également deux usines élévatrices à Villers-les-Rigaux et à Trilbardou en pompant l'eau de la marne située en contre-bas de son canal . Celle de Villers-les-Rigaux regorge d'innovations techniques : deux roues en fonte de 10 mètres de diamètre , fonctionnant par siphon, sous une chute d'eau de 2 mètres , actionnent un ensemble de quatre pompes volumétriques qui refoulent 38 000 m² d'eau par jour . L'eau est relevée de 12 mètres environ , dénivellation séparant la Marne du canal de l'Ourcq . Celle de Trilbardou est mue par une roue à aubes en sapin de lorraine , construite par Alphonse Sagebien ( ingénieur hydraulicien ) de 11 mètres de diamètre et comportant 70 aubes actionnée sous une chute d'eau de 1.30 mètres . Elle tourne à une vitesse de 1.5 tours /minute . Elle entraine un arbre en fer forgé de 11.50 mètres de long possédant un poids de 17 tonnes . En bout de cet axe , un système d'engrenage permet d'actionner 4 pompes .
USINE ÉLÉVATRICE DE TRILBARDOU
USINE ÉLÉVATRICE DE VILLERS-LES-RIGAUT
Le canal de l'Ourcq sera inauguré le 2 décembre 1808 par Napoléon Ier . Les berges , alors baptisées " petite Venise parisienne ou encore Champs-Élysées de l'Est , attireront les parisiens , les riches bourgeois et les notables de l'Empire , avides d'air pur qui en feront un lieu de promenade à la mode . Durant les rudes hivers 1810 , 1816 , 1820 et 1827 ont y patine !!! Le " Journal des Dames " de 1827 mentionne le bassin de La Villette comme rendez-vous chic des parisiens en vue . Le bassin de La Villette est constitué de deux plans d'eau distincts et de largeurs différentes .
La rivière Ourcq Le canal de l'Ourcq
Le Grand bassin
Le plus important , appelé à l'époque " grand bassin" ou " bassin fermé " à cause des grilles ceinturant ses berges mesure 700 mères de long et 70 mètres de large , prend naissance , après la double écluse du canal Saint-Martin , face à la Rotonde de La Villette , ancien pavillon des gardes d'octroi de l'enceinte des Fermiers Généraux construit par Ledoux en 1784 . Cette barrière a servi de caserne de gendarmerie de 1830 à 1860 , puis entrepôts pour le sel , restaurée elle abrite aujourd'hui la Commission du Vieux Paris . Au début du quai de Seine on peut voir un magnifique pavillon édifié pour abriter le Service Central des Canaux et les bureaux de perception des droits des canaux . Un projet à l'étude envisage de libérer ce pavillon afin de lui attribuer un nouveau rôle dans la vie de quartier . La restructuration d'un vaste entrepôt situé sur la darse du fond de Rouvray , situé à l'extrémité du petit bassin , à proximité du Parc de La Villette permettra d'accueillir les Services des Canaux dans un ensemble plus fonctionnel .
La darse du fond du Rouvray - Le dépotoir de la Villette
Ce grand bassin est bordé de part et d'autre de deux entrepôts identiques provenant de l'Exposition Universelle de 1878 , construits en charpente métallique . Ils ont été récemment transformés tous deux en complexes cinématographique accompagnés de cafés , l'un d'entre eux possède en outre une gare et l' embarcadère d'une société effectuant des croisières sur les canaux parisiens . Les piétons ne sont pas oubliés puisqu’une passerelle, dite de la Moselle, est jetée pour permettre aux piétons de traverser le bassin en son centre. C’est un pont métallique qui enjambe le bassin et remplace la passerelle en cuivre réalisée par Gustave Eiffel en 1882. Construite en 1885 par l’architecte Armand Moisant, la passerelle, haute de 13 mètres, a une portée de 85 mètres. Devenue vétuste, elle a été remplacée en 1966. Récemment, une halte nautique pour bateaux de plaisance a été aménagée sur la rive droite du grand bassin . Le long du grand bassin sont amarrées des péniches désaffectées qui offrent aux promeneurs des spectacles de théâtre et d'opéra , ainsi que des expositions diverses .
Le pont-levant de la rue de Crimée
C'est le pont-levant de la rue de Crimée qui sépare les deux bassins . C'est le dernier ouvrage de ce genre à Paris Jusqu’en 1885, le canal de l’Ourcq, qui présente une largeur de onze mètres dans la partie séparant les deux bassins, est bordé des ruines de deux entrepôts incendiés en 1870. L’ancien pont tournant en bois a été remplacé, en 1871, par un pont tournant métallique. Encombrant, il ne laisse, une fois tourné, que 7,80 mètres de largeur pour la navigation. L’intensité du trafic oblige à l’ouvrir 25 fois par jour. Chaque ouverture interrompt la circulation terrestre durant quinze minutes pour le passage d’un bateau à vapeur et une heure pour le passage d’un convoi plus important. Ce goulot d’étranglement devient un véritable problème. Il est décidé de remplacer le pont tournant par un pont levant qui permettra une meilleure circulation terrestre mais aussi fournira l’opportunité d’élargir la passe navigable à quinze mètres. Le problème esthétique a été un aspect important à traiter. En effet, les techniques de l’époque imposaient des superstructures imposantes et, le plus souvent, inesthétiques. C’est le projet de la société « Fives Lille » qui est retenu.
Le Petit bassin
La seconde partie du bassin , plus petit , ne fait que 600 mètres de long et trente mètre de large , rejoint le rond-point des canaux qui réunissant ceux de l'Ourcq et de Saint-Denis . À l’autre extrémité du bassin, près du pont de Crimée, les entrepôts des Magasins Généraux construits le premier en 1845, le second en 1853, sont réservés au stockage des grains, des graines et des farines. Le premier à être construit est celui de la rive gauche. Mais ses six étages s’avèrent vite insuffisants. Le second est édifié sur la rive droite et relié au premier par une passerelle située à la hauteur du troisième étage. Les deux bâtiments sont rigoureusement identiques, formant un rectangle de 35,80 mètres de large sur 59 mètres en bordure du canal, soit une superficie au sol de plus de 2 000 mètres carrés. Les deux entrepôts sont incendiés en 1871 pendant la Commune de Paris. Ils sont reconstruits en 1884, après les travaux d’élargissement du goulet de communication ouvrant le passage vers le canal de l’Ourcq. Les nouveaux bâtiments n’ont plus que cinq étages au lieu des six des premiers entrepôts. En revanche, la Compagnie des Entrepôts obtient le droit de stationnement contre ses quais des bateaux à destination de ses magasins, transformant cette enclave en port privé . En 1868, la Ville de Paris rachète la concession des canaux de L’Ourcq et de Saint-Denis . L’ancienne compagnie qui en avait la propriété n’a effectué aucun travaux d’entretien et le bassin de La Villette, devenu l’un des principaux ports de fret de France se trouve dans un état de délabrement inquiétant. En 1876, la Ville de Paris entre également en possession de la concession du bassin de La Villette sur lequel elle va devoir effectuer des travaux importants.
Avec le déplacement des activités portuaires et industrielles du canal Saint-Martin autour du bassin de La Villette entre 1863 et 1866, celui-ci devient un important centre de transit fluvial. Le port de La Villette occupe, en 1882, la quatrième place des ports français, juste derrière ceux de Marseille, du Havre et de Bordeaux. Le trafic de chargement et déchargement s’élève à 1 300 000 tonnes et celui du transit à 610 000 tonnes. Le ré aménagement du port et de ses quais s’impose !!! Le bassin , relié à un réseau de plus de 100 km de canaux très actifs jusqu'au lendemain de la première guerre mondiale , deviendra un important centre de transit fluviual . Les marchandises seront déchargées dans de nombreux entrepôts et dans les deux grands magasins généraux dont nous avons parlé précédemment . Les ingénieurs Buffet et Durand-Claye superviseront l'élargissement du bassin et la construction de nouveau quais en 1880 . Emile Pereire , puis le banquier Dehavin , dirigeront successivement la Compagnie des entrepôts et magasins généraux . Ces magasins assureront le stockage du bois , du charbon , du fourrage , des matériaux de construction et autres produits pondéreux destinés à l'économie de la capitale . Le mise en service des abattoirs et du marché aux bestiaux de La Villette , à la fin des années 1860 , contribuera à la diversification et au développement des entrepôts .
L'activité périclitera progressivement à partir des années 1920 . La disparitions des abattoirs de la Villette en 1973 sonnera le glas des activités portuaires du bassin . Les entrepôts du pont de Crimée fonctionnent jusqu’en 1974 même si, à cette date, seuls les rez-de-chaussée sont encore utilisés pour le stockage du charbon, le sucre et les grains . Les bâtiments sont investis par des artistes qui y installent leurs ateliers jusqu’à ce qu’un nouvel incendie ravage celui de la rive droite en 1990. Aujourd’hui, l’entrepôt de la rive gauche a été réhabilitée et abrite la base d’initiation au canoë-Kayak et à l’aviron de la Ville de Paris. Celui de la rive droite a été reconstruit par les architectes Chaix et Morel qui y ont créé un hôtel et une auberge de jeunesse . Mais la belle harmonie du bassin est hélas rompue à tout jamais .
Bien avant que les canaux de Saint-Denis et de Saint-Martin ne soient achevés, le bassin de la Villette était un lieu à la mode : les guinguettes y rencontraient alors un vif succès. Durant les beaux jours, les Parisiens s'adonnaient au canotage, aux naumachies (joutes navales), à des concours de pêche . Le bassin de La Villette va retrouver aujourd'hui sa destination première à la grande joie des parisiens .
25 avril 2009
LA RUE CRÉMIEUX
Proche de la Gare de Lyon , cette pittoresque rue piétonne du XIIème arrondissement qui relie la rue de Bercy à la rue de Lyon , présente l'aspect pittoresque d'une petite cité ouvrière du XIXème siècle . Ouverte en 1865 par Mr Millaud , la rue à porté jusqu'en 1897 le nom d'avenue Millaud. Elle passe sur un lieu de divertissement appelé : " les Arènes Impériales " qui au début du second Empire , se trouvait en bordure des rues des Terres Fortes reliant le boulevard de la Contrescarpe ( aujourd'hui boulevard de la Bastille ) à la rue Traversière. Son nom actuel renvoie à Isaac Moïse dit Adolphe Crémieux ( 1796-1880 ) avocat et homme politique français , président du Consistoire central et de l'Alliance israélite universelle .
Cette rue fut tracée en 1857 et construite presque d'un bloc . Chacun des 35 pavillons qui furent édifiés comportait au plus 2 étages . Un journal de l'époque vantait l'agrément de cet habitat indépendant : " Chacune de ses maisons se composait d'un sous-sol où se trouvait la cuisine , et de 3 étages contenant ensemble 6 pièces à feu . Pas de concierge ni de voisins !!! Chacun est maître chez soi , moyennant un loyer annuel de 700 francs " .
Depuis 1993 la rue est réservée à la circulation piétonne . Certaines façades ont été rafraîchies et le sol pavé de frais . Des réverbères à l'ancienne accentuent l'aspect pittoresque de cette modeste ruelle . Au n°8 une petite plaque de faïence indique le niveau de l'inondation de la rue Crémieux les 28 et 29 janvier 1910. Ce jour d'hiver , la crue de la seine y culmina à 1 mètre 75 !!!
08 mars 2009
LES CIRQUES A PARIS
Paris possédait encore dans les années 1960 deux cirques ; le Cirque Médrano boulevard de Rochechouart et le Cirque d'Hiver rue Amelot . Seul subsiste aujourd'hui le Cirque d'Hiver ( Le Cirque Médrano ayant été démoli en 1973 ). Mais nous allons voir qu'au XIXème siècle Paris possédait plusieurs autres cirques tous disparus aujourd'hui .
Notre conception du cirque s'inspire des Jeux antiques romains ainsi que des bateleurs et troubadours du Moyen-Age (Le mot cirque sera utilisé pour la première fois par Charles Hugues en 1870 lorsqu'il crée son amphithéâtre équestre à Londres qu'il nomme " The Royal Circus " )
C'est en 1767 qu'un certain Beates , un anglais , donna à Paris une représentation hippique sur un simple terrain entouré de palissades, la piste n'était séparée du public que par une corde . en 1774 un compatriote de Beates , nommé Hyam , parut avec sa famille et présenta des divertissements du même genre jusqu'en 1778 où revint Beates . L'année suivante , Balph , écuyer français et sa femme écuyère espagnole continuèrent le spectacle
La première représentation de cirque moderne date du 9 janvier 1768 et a été présenté à Londres par Philip Astley vêtu de rouge sang , c'est alors un jeune soldat de 26 ans excellent cavalier qui naquit à Newcastle en 1742 .Après avoir organisé plusieurs cirques en Angleterre il vint à Paris en 1782 et ouvrit le 16 octobre 1783 " l'Amphithéâtre Anglois , Faubourg du Temple , une salle ronde comportant deux rangées de loges éclairées par 2000 bougies!!! On pouvait y assister à des exercices de manège ainsi que des tours surprenants de force et de souplesse tant sérieux que comiques . Ainsi naquit le mariage du monde militaire et de celui des forains . L’année suivante, ce manège ferma, rouvrit en 1785 pour refermer encore et rouvrir le 29 septembre 1788 avec son fils pour directeur, John Asltey . Le 30 novembre suivant, il s’adjoignit Franconi père et sa troupe et ils donnèrent des représentations jusqu’au 3 février 1789 . Philip Atsley dut fuir la France en 1792 à cause de sa nationalité anglaise , il laisse son cirque à son associé Antonio Franconi . Revenu après la Paix d'Amiens en 1802 Astley retrouve son cirque du faubourg du Temple . Il mourut à Paris en 1814 et fut inhumé au Père-Lachaise . John le rejoignit en 1821. Il semble que leur tombe ait disparu . La véritable histoire du cirque peut désormais commencer . C'est seulement au XIXe siècle lors des vagues de colonisation que furent introduits en France et en Allemagne les premiers animaux sauvages.
Au XIXème siècle , le cirque équestre s'est développé dans les cirques " en dur " construits dans différentes villes de France à Paris tout d'abord puis également en province comme à Amiens , Lyon , Rouen , Troyes , Le Havre , Chalons- sur- Marne et Boulogne- sur- Mer , Limoges , Épernay .
Cirque d'Amiens Cirque de Chalons-sur-Marne Cirque de Rouen
Cirque de Limoges Cirque de Troyes Cirque de Reims
LE CIRQUE OLYMPIQUE
En 1788 Astley fils décide de réouvrir le Cirque fermé en 1785 , situé Rue du Faubourg du Temple ( actuellement aux n°16 à 18 ) . Il s'associe avec Antoine Franconi . Antonio Franconi est un écuyer italien né à Udine en 1738 et mort à Paris en 1836 . Arrivé en France en 1760 il commença à être bateleur et physicien ambulant . Il organise à Lyon et à Bordeaux des combats de taureaux avant de s'associer en 1783 à l'écuyer anglais Philip Astley . Il fonde à Rouen le premier cirque de conception circulaire , repris en 1820 par François Baucher . Le diamètre de la piste circulaire du cirque est fixé à 13 mètres , correspondant à la longueur de la chambrière des écuyers . En 1791, Franconi prend la direction de l'établissement et lui donne le nom de Cirque Franconi ou Cirque Olympique . Avec sa famille composée d'écuyers et d'écuyères il donne une grande pantomime .
En 1800 , le cirque s'installe dans l'ancien couvent des Capucins ( rue neuve Saint-Augustin ), sous le nom de Cirque Thabor , puis il change de place lors du percement de la rue de la Paix et s'installe entre la rue la rue Saint-Honoré et la rue du Mont-Thabor et baptise leur cirque du nom de cirque Olympique. Franconi céda alors la direction du cirque à ses deux fils Laurent ( 1776-1849 ) et Henri dit Minette ( 1779-1849) tous deux furent emportés par la terrible épidémie de choléra de 1849 ( Ils reposent ainsi que leur père au cimetière du Père-Lachaise à Paris ) . Laurent Franconi fut instructeur d'équitation , il eut parmi ses élèves Eugène de Beauharnais et durant la Restauration il enseigna l'équitation aux fils de Louis-Philippe , il s'associa avec le grand écuyer François Baucher. Henri quand à lui fut un dresseur d'animaux émerite . Les frères Franconi eurent l'idée d'alterner les exercices de voltige et d'équitation avec la représentation de pantomimes dont la mise en scène dépassait tout ce que l'on avait vu dans le genre . En 1809 la construction du Ministère des Finances rue de Rivoli contraint une fois encore les Franconi à déménager . Le cirque retourne à son emplacement initial et ils rachètent l'établissement d'Astley , rue du Faubourg du Temple , et inaugure leur second cirque Olympique le 8 février 1817 . Mais leur nouveau théâtre construit à grands frais est ravagé par un incendie en 1826 . En 1829 , le cirque rénové ouvre Boulevard du Temple sur un terrain antérieurement occupé par les Cafés Chinois , du Périgord et le théâtre des Troubadours . Les frères Franconi produisent de beaux travaux équestres auxquels ils joignent des pièces militaires dont les sujets étaient fournis par les grandes victoires de la République et de l'Empire . Mais en 1849 devant les charges écrasantes qui pèsent , le cirque est transformé par un de ses directeurs , le compositeur Alfred Adam en théâtre et prend le nom de Troisième Théâtre Lyrique . Il sera finalement détruit en 1862 lors de la transformation du Boulevard du Temple .Il sera remplacé par le théâtre du Chatelet .
A la fin du XIXème siècle , Paris possédait plusieurs cirques sédentaires en activité
Le Cirque des Champs-Élysées ( 1841-1898 )
Le fils d'Henri Franconi , Adolphe s'associa avec Louis Dejean en 1835 et ils ouvrirent leur chapiteau sur les Champs-Elysées au carré Marigny . Le Cirque d'été , d'abord appelé Cirque National ( 1841-1853 ) puis Cirque National ( 1853-1870 ) puis Cirque de l'Impératrice ( 1853-1870 ) , pendant du Cirque d'Hiver , était une attraction édifiée en 1841 au carré Marigny de l'avenue des Champs-Élysées par l'architecte Jacques Hittorff . Simple cirque de planches et de toile de 1835 à 1841 , le Cirque d'Été est remplacé en 1841 par un vaste édifice en meulière pouvant accueillir 6000 spectateurs , construit dur les plans de Jacques Hittorff et magnifiquement décoré par Bosio , Duret et Pradier . Pendant du Cirque d'hiver , construit par la même architecte boulevard du Temple , il fonctionnait du 1er mai au 1er septembre . L'acoustique y était si bonne que Berlioz y donna des Concerts . Cirque National en 1841 , il connut son apogée sous le Second Empire sous le nom de Cirque de l'Impératrice . Sa grande attraction fut longtemps le clown Jean-Baptiste Auriol ; Caroline Otéro et Émilienne d'Alençon y firent leus débuts . On pouvait également y applaudir le grand écuyer François Baucher , grand rival du Comte d'Aure . Les écuyères de grand style ne manquaient pas de s'y produires comme Caroline Loyau , Mme Lejars et plus tard , Bradbury , Loiset , Elvira Guerra et Adèle Drouin Son succès se prolongea jusqu'en 1880 . Le tout Paris chic s'y précipitait le samedi soir . Petit à petit il fut délaissé par le public après l'exposition universelle de 1889 . Il fut démoli en 1900 donnant son nom à la rue du Cirque .
Hector Berlioz François Baucher
Sépulture de la Famille Franconi au cimetière du Père-Lachaise
Le Cirque Napoléon ( 1852 ) , actuel Cirque d'hiver acquis par les Bouglione séniors en 1934 .
Le cirque d'hiver fut édifié en 1852 à l'emplacement d'un immense réservoir , alimenté par les eaux de Belleville , rue Amelot dans le XIème arrondissement de Paris pour Louis Dejean ( propriétaire du cirque d'Été bâti dans les jardins des Champs-Élysées ) par l'architecte Hittorf en huit mois . Son plan est un polygone à vingt cotés , d'un diamètre de 41 mètres , avec une charpente en bois sans point intermédiaire . Conçu à l'origine pour accueillir 4000 personnes , sa capacité actuelle est de 1650 personnes suivant les normes de sécurité incendie contemporaines en vigueur aujourd'hui . Sa riche décoration extérieure à été confiée à plusiseurs sculpteurs de renoms . L'Amazone en bronze est de Pradier , les deux guerriers également en bronze sont de Bosio et Duret , les peintures de Gosse et Barrias et les bas-reliefs de Guillaume , Lesquenne , Husson et Dantan . Il est inauguré par l'Empereur Napoléon III le 11 décembre 1852 . Il servit aussi à partir de 1861 de salle de concert à Pasdeloup , qui donnait des concerts populaires les dimanches après midi d'hiver à des prix très modiques .
Après la Commune en 1870 , Victor Franconi ( 1810-1897 ) le fils de Laurent Franconi reprend l'admistration du cirque d'hiver et d'été, suivi par son fils Charles( 1844-1910) écuyer et professeur de 1897 à 1907 . Ce sont eux qui vont véritablement révolutionner le cirque et faire la gloire du Cirque d'hiver . Mais la période de gloire était terminée pour la dynastie des Franconi .
En 1907 le Cirque d'hiver devient un cinéma . En 1923 Gaston Desprez le rend à sa destination première . Sous sa direction , les Fratellini deviennent directeurs artistiques .
C'est au Cirque d'hiver qu'apparut un personnage aujourd'hui indissociable du cirque Monsieur Loyal . Isuu d'une autre dynastie circassienne Pierre Loyal ( 1753-1826 ) ancien sellier et artificier entre chez Franconi . Il créera un cirque avec ses quatre fils . Le nom de " Loyal " devient célèbre dans le monde de l'équitation et du cirque , il s'impose réellement comme " emblème " du présentateur-régisseur . Le " Monsieur Loyal " devient un " générique " . La génération suivante de la Famille Loyal : Théodore , Léopold et Arsène se succèderont au poste de régisseur-présentateur attitrés des Cirques d'Eté , d'Hiver et du Nouveau Cirque de Paris jusqu'au début du XXème siècle . La tradition perdure encore dans tout les ciques du monde aujourd'hui .
La Famille Fratellini
Le fondateur de cette dynastie du cirque est Gustavo Fratellini ( Enrico Gaspero Henri Fratellini ) . Il naquit le 18 juin 1842 à Florence , marié à une blanchisseuse Pillori Giovanna ( 1842-1906 ), Il devint trapéziste et acrobate . Il fonda une petite troupe vers 1868 . Patriote italien rebelle , il fut un compagnon de Garibaldi et prit part avec lui à l'unification de l'Italie . Il partira avec sa famille s'intaller en France . Il décède à Paris le 29 décembre 1902. Louis Fratellini ( Luigi ) naquit à Florence en 1868 . Il se marira avec Proserpi Alexendrine ( 1877-1966 ) Il aura un fils Maximilien qui sera également clown . Il est le fils aîné de Gustavo , il devient clown avec Paul 1877 à Catane -1940 ; son frère . A la mort de Louis à Varsovie en 1909 , Paul forma avec ses deux autres frères François 1879 à Paris-1951 et Albert 1885 à Moscou-1961 le mythique trio des Fratellini . Au début les aînés travaillèrent ensemble . Louis comme clown et Paul comme auguste ; ils exécutaient ce que l'on appelle en terme de métier des " reprises " , c'est à dire desintermèdes comiques entre les numéros . François , qui fut d'abord écuyer , avait monté avec Albert un numéro acrobatique burlesque en gentleman 1900 . A la mort de Louis , Paul , François et Albert décidèrent de former un trio . Ils avaient tant de possibilités acrobatiques , équestres , musicales , de danse , de mime etc qu'ils trouvèrent rapidement leur voie . On peut considérer , sans se tromper , qu'ils furent dans l'art clownesque les premiers à instaurer un trio parfaitement équilibré . Les trois frères ont tourné ensemble pendant près de 31 ans partout en Europe !!! Les frères Fratellini reposent au cimetière du Perreux , Gustavo Fratellini repose avec sa belle fille Proserpi Alexendrine , la femme de Louis au cimetière de Pantin-Parisien . Annie Fratellini la petite fille de de Paul Fratellini par son père , Victor Fratellini , voit le jour à Alger le 14 novembre 1932 . Elle sera la première femme clown à jouer l'Auguste . Elle fit ses débuts en 1948 au Cirque Médrano . Mariée avec l'acteur Pierre Etaix , avec qui elle fonda en 1974 l'Ecole Nationale du Cirque Annie Fratellini installé aujourd'hui non loin du Stade France près de Paris . Elle décédera le 30 juin 1997 et repose au cimetière de Montmatre .
Cimetière de Pantin-Parisien Cimetière de Montmartre
En 1934 le Cirque d'hiver passe sous la direction des Frères Bouglione , ils en sont encore aujourd'hui les propriétaires .C'est au cirque d'Hiver que s'est imposé un personnage indissociable du cirque " Mr Loyal " , devenu le générique du présentateur-regisseur du spectacle . Issu d'une dynastie circassienne Anselme Pierre Loyal 1753-1826 entra au cirque Franconi . Il créera avec ses quatre fils un cirque . Ses petits enfants Théodore , Léopold , Arsène et Désiré se succèdent au poste de présentateur-régisseur au cirque d'Eté et d'Hiver puis du Nouveau cirque à Paris .
La Famille Bouglione
En 1820 , le fils d'un marchand de textile , Scipion Boglioni épouse une gitane , d'origine pakistananise , Sonia , la " maîtresse des fauves ". Le couple dirige et fait circuler , non un cirque , mais une ménagerie foraine . L'un de leur petits-enfants , Sampion rebaptisé en France Sampion Bouglione , donna naissance aux quatre frères qui allaient asseoir la dynastie des Bouglione .
La ménagerie se mue en cirque sous l’appellation Cirque des quatre
frères Bouglione. Le modeste chapiteau des débuts s’agrandit suite à un
magistral coup de bluff ; Ayant trouvé au fond d’une imprimerie tout un stock
d’affiches du show européen de Buffalo Bill, Sampion qui manque d’affiches en
fait l’acquisition et a l’inspiration de placer son spectacle sous l’égide du
cow-boy américain : La Stade Circus Ménagerie Buffalo Bill. En 1928, à Paris, le
Wild West Show est un succès. On a déguisé un vieux gitan en Buffalo Bill ... et
le public oublie que ce dernier est bel et bien mort en 1917. Le Cirque part à
la conquête de Paris où en octobre 1934, à l’exploitation du chapiteau, les
Bouglione, sous l’impulsion de son nouveau directeur Joseph Bouglione, ajoutent
celle du Cirque d’Hiver. De 1931 à 1958 , le Cirque d'hiver présente
périodiquement des spectacles narratifs reprenant la tradition de la
pantomime , oubliée depuis la Première Guerre Mondiale . Un certain Yul
Brinner y fait ses débuts en tant que trapéziste . En 1933 la
direction artistique du Cirque fait construire une piste nautique
spécialement pources spectacles . La partie clownesque de ces
spectacles réunissait les plus grands clowns de l'époque : les frères
Fratellini de 1933 à 1934 , Antonet et Beby en 1935 et surtout Achille Zavatta qui
y fit ses débuts et y connut ses premiers succès . Il forma un duo avec
Despards . La télévision choisit naturellement pour la réalisation de
sa célèbre émission " La Piste aux étoiles " de Gilles Margaritis le
Cirque d'Hiver !!! Outre le cirque proprement dit , le Cirque
d'hiver accueille , à l'occasion , des meetings politiques de tous
bords et des spectacles variés ( Comédies musicales )
Joseph a quatre fils, ce sont les Bouglione Juniors : Firmin II,
Emilien, SampionIII et JosephII. A ces quatre garçons viennent s’ajouter trois
filles, Odette, Josette et Sandrine (qui épousa un Gruss), formant ainsi la
cinquième génération. En 1962, l’ancien cirque Médrano rouvre ses portes sous
l’appellation de Bouglione Juniors puis de Cirque de Montmartre. On a vu qu’il
fut finalement démoli en 1973. Le chapiteau continue sa tournée en France et en
Belgique. Sampion meurt en 1987. La dynastie continue, et le cirque avec elle.
Il existe plusieurs liens généalogiques entre les Gruss et les Bouglione. Les
Bouglione possèdent leur tombeau de famille au cimetière de Lizy-sur-Ourq (77)
Sépulture de la Famille Bouglione à Lizy-sur-Ourq
Le Cirque Fernando ( 1875-1972 ) qui deviendra le Cirque Médrano en 1897 .
Les cirques présentés jusqu'ici étaient fondées sur les traditions équestre et de dressage : le cirque Médrano fut le grand cirque des clowns . Tout commence avec l'écuyer belge Fernando Beert ( 1835-1902 ) qui ouvre en 1872 son propre cirque à Vierzon . En 1873 , il installe son chapiteau à Paris et crée le cirque Fernando , qui fut d'abord ambulant , puis reconstruit en dur au 63 Boulevard Rochechouart , à l'angle de la rue des Martyrs . Dès 1874 il engage l'acrobate aérien Geronimo Medrano ( francisé en Jérome Médrano 1849-1912 ) en tant que clown . Il crée le personnage très populaire de " Boum Boum " en référence à sa célèbre exclamation " Boum Boum " adressé au chef-d'orchestre à la fin de son numéro ( Berthe Sylva l'immortalise dans une de ses chansons mélodramatique : Le Clown et l'enfant ). Lorsque le cirque Fernando connut des déboires financiers en 1897 , Médrano le racheta , lui donna son nom et en devint le directeur .
Sépulture de la Famille Médrano
Le cirque médrano fut une source d'inspiration pour nombres d'artistes en partie grâce à sa proximité de Montmartre . Suzanne Valadon y fut écuyère jusqu'à un accident qui interrompit sa carrière . De nombreux peintres s'inspirèrent de cet endroit mythique , parmi eux citons , Renoir , Degas , Seurat , Toulouse- Lautrec , Derain , Van Dongen . Vers 1905 Picasso accompagné de Max Jacob et de Fernande Olivier fréquentait Médrano 3 à 4 fois par semaine . Les jours de relâche , la salle était louée pour des conférences ou des réunions électorales . On put y entendre Victor Schoelcher , Maria Deraisme qui tenaient là des meetings anti-cléricaux . Georges Clémenceau y tenait des réunions électorales .
Toulouse-Lautrec Edgar Degas
Auguste Renoir Victor Delpy Georges Seurat
Parmi les clowns célèbres qui se produirent à Médrano il faut citer Footit ( George Tudor Hall 1864-1921 qui était anglais ) et Chocolat ( Rafael Padilla 1868-1917 , noir , d'origine cubaine ) . De 1886 à 1910 , ils formèrent un duo qui connut un énorme succès !!! ( l'expression " Je suis chocolat " , signifiant " Je suis berné " à été popularisée par les dialogues de leur numéro . Toulouse-Lautrec , fervent amateur de cirque , les " croqua " à plusieurs reprises. Le célèbre clown suisse Grock ( Adrian Wettach 1880-1959 ) fit aussi les beaux jours de Médrano de 1904 à 1907 ( Il parlait 6 langues et jouait 25 instruments !!! )Les Fratellini intégrèrent le cirque Médrano en 1915 , ils connurent eux aussi un énorme succès qui ne se démentit jamais pendant plus de 25 ans !!! . Annie Fratellini fit ses débuts de clown en 1948 sur la piste du cique Médrano. Le clown belge Pipo ( Gustave Sosman 1901-1970 ) rencontra également un grand succès . Les clowns italiens Dario Meschi 1880-1962 et Enrico Meschi dit Bario 1888-1974 jouèrent à plusieurs reprises à Médrano . A leur suite apparurent les enfants de Bario , Freddy et Nello accompagnés de Henny Bario ( épouse de Freddy et nièce du clown Pipo ) . Elle était magicienne , claquettiste et reine des marteaux musicaux . Ils animèrent un certains nombre d'émissions de télévision comme la Piste aux Etoiles et le Club Dorothée . Freddy Bario repose au cimetère du Pré-Saint-Gervais . D'autres Clown célèbres continuèrent de se produire à Médrano , le Clown Blanc Alex ( Alexandre Bugny de Brailly 1897-1983 ) et le grand Achille Zavatta 1915-1993 qui fit lui aussi les heures de gloire du cirque de la rue des Martyrs ( il est inhumé au columbarium du Père-Lachaise ) . Des artistes de passages s'y produisirent aussi comme Buster Keaton en 1947 , et Fernand Raynaud en 1956 . Jérôme Médrano fils et son épouse Violette se distinguent par des tecniques modernes et innovantes ( cirque sur l'eau , cavalcade sur glace , piste fluorescente pour plaire à un public toujours à la recherche de sensations nouvelles et de plus en plus difficile .
Footit et Chocolat
Malgré des affiches aussi prestigieuses , Jérôme Médrano fils 1907-1998 non propriétaire du bail dut cesser ses activités le 7 janvier 1963 à l'échéance de ce dernier . Le bail fut racheté par les Frères Bouglione juniors et le cirque rouvrit ses portes sous l'appellation de " Cirque de Montmartre " . Le succès escompté ne fut pas au rendez vous . Le cirque fut même transformé peu avant sa démolition en Taverne Bavaroise !!! Mais rien n'y fit et le cirque fut démoli en 1973 , quelques semaines avant son classement par les monuments historiques . Aujourd'hui au 72 de la rue des Martyrs un immeuble moderne occupe son emplacement et ironie du sort porte le nom de " Résidence Bouglione " !!! Hélas aujourd'hui rien ne rappelle la présence pendant près d'un siècle du Cirque Médrano à cet emplacement !!!
Résidence Bouglione
Le Nouveau Cirque C'est un cirque-piscine construit rue Saint-Honoré ( doté d'une piste transformable en piscine pour les spectacles nautiques ) .
Le Nouveau Cirque à été crée par Joseph Oller ( 1839-1922 ) Il naquit en Catalogne à Terrassa . Homme de spectacle Il possède à son actif une carrière hors du commun !!! On lui doit en plus de la création du Nouveau Cirque qui portera un temps le nom de Cirque Oller , la co-fondation du Moulin Rouge avec Charles Zidler . Avec Charles de Morny il invente le Pari-Mutuel et aménage le Champs de course de Maisons-Laffitte . Il installe Boulevard des Capucines des " Montagnes russes " . Il est aussi à l'origine de la Promenade du Bœuf Gras avec la création de la " Vachalcade " cortège carnavalesque montmartrois . Il acquiert également le Bal Mabille , crée l'Hippodrome de la rue de L'Alma , crée le Théâtre des Nouveautés . A la place des Montagnes russes boulevard des Capucines il fait construire l'Olympia . Cette salle mythique est inaugurée le 12 avril 1893 par La Goulue . Le Nouveau Cirque fermera en 1927 et laissera place à la Salle Pleyel , salle de concert et temple mythique de la Musique Classique . Il repose au Cimetière du Père-Lachaise non loin de Gilles Margaritis , fondateur de " La Piste aux Étoiles " !!!
JOSEPH OLLER
Le Cirque Métropole ou Cirque de Paris
Situé près de l'École Militaire à l'angle de la rue Duvivier et de l'avenue de La Motte-Picquet le Cirque Métroplole sera le dernier cirque stable à ouvrir ses portes dans la capitale , il s'était spécialisé dans les numéros de dressage de fauves très à la mode à l'époque de notre empire colonial . Il disparaitra en 1930 .
LES HIPPODROMES DE PARIS
<p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p><p>Les Hippodromes de Paris</p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p></p>
De 1845 à 1907 il y aura cinq hippodromes successifs à Paris. Ce n'était pas comme le nom l'indique aujourd'hui un champs de courses , mais une sorte de cirque qui proposait des spectacles équestres dont on raffolait à cette époque où le cheval était roi .
Le premier, l'Hippodrome de l'Etoile, est inauguré le 4 juillet 1845. Mais comme l'Hippodrome est bâti entièrement en bois, le 27 juillet 1846, à 3 heures du matin, un incendie le détruit partiellement. Trois semaines plus tard l'Hippodrome est de nouveau en état de reprendre ses spectacles ; mais il devra fermer ses portes en septembre 1855, à la fin de la saison, le décret du 13 août 1854, portant aménagement de la place de l'Etoile, imposant la destruction de toutes les constructions de la Barrière, cafés, bals, guinguettes et hippodrome.
Le succès de l'Hippodrome étant très grand, un autre est bientôt élevé, non loin de là, sur ce qui est aujourd'hui la rue de Sontay. Appelé Hippodrome de la Porte Dauphine ou Hippodrome de la Plaine de Passy, le bâtiment est l'oeuvre de Davioud, qui réalisera le Palais du Trocadéro, et est inauguré le 10 juin 1856 avec une grande pantomime chevaleresque : "Ivanhoé". Pierre Larousse précise que cet hippodrome était de forme ovale et bâti entièrement en bois ; il offrait une arène gazonnée d'une longueur de 108 mètres et d'une largeur de 104 mètres, les gradins pouvaient contenir 15 000 personnes. Hélas, construit lui aussi en bois, cet hippodrome brûla dans la nuit du 28 septembre 1869, vers onze heures du soir. Tout est détruit. De plus les événements de 1870 arrivent. Pendant le siège de Paris l'emplacement est utilisé pour faire un dépôt de boues et immondices.
Il faut attendre 1875 pour construire un nouvel hippodrome ( le troisième), au bas de l'avenue Marceau, sur des terrains appartenant au marquis de Pommereu d'Aligre. Mais pour des raisons de sécurité aucune représentation n'y est autorisée. Il faut le détruire et le reconstruire. Il est inauguré le 9 juin 1877 sous le nom d'Hippodrome de l'Alma ou Hippodrome de Paris. C'est un immense bâtiment de pierre et de fer, capable d'accueillir 6.000 spectateurs. Hélas, en 1892, l'Hippodrome doit fermer ses portes car le propriétaire du terrain, sur lequel il a été construit, refuse de renouveler le bail.
Les actionnaires de l'Hippodrome, société en commandite créée par acte du 17 mai 1856 passé devant maître Massion, notaire à Paris, s'intéressent alors aux vestiges du Palais des Beaux-arts de l'Exposition de 1889. En juillet 1894 l'Hippodrome du Champ-de-Mars ouvre ses portes avenue Rapp. Sa piste est circulaire, comme celle d'un cirque, entourée de gradins. Mais ce quatrième hippodrome, malgré le succès, est fermé pour permettre les travaux de l'Exposition de 1900.
Dans le but de profiter des visiteurs de l'Exposition les commanditaires cherchent un nouveau lieu où bâtir un nouvel hippodrome. Ils trouvent un terrain près de la place Clichy à l'angle de la rue Caulaincourt et de la rue Forest. Construit sous la direction des architectes Cambon , Galeron et Duray plus somptueux des hippodromes voit le jour entre le Boulevard de Clichy et la rue Forest . Sous une immense charpente métallique , il peut recevoir 8.000 personnes. Il possède une écurie pouvant contenir 200 chevaux et une piste de 84 mètres sur 48 mètres . L'inauguration a lieu le 18 mai 1900. Il était ouvert de Mars à Septembre . Les artistes entraient dans l'arène dans l'ancien carosse du Duc de Brunswick .
Mais peu à peu l'Hippodrome perd de son attrait ; on y tente des rencontres de football, de boxes, de cyclisme sans succès. En 1903 l'américain Franck C Bostock le loue pour y présenter ses fauves, des fakirs, un nain, un géant, un veau à deux têtes, un mangeur de couleuvres, etc. Il accueille des 1907 des projections cinématographiques . La clientèle fait défaut et le 10 mars 1907 l'Hippodrome de la Place Clichy ferme ses portes. Racheté par Léon Gaumont il est entièrement reconstruit et laisse place à un nouveau bâtiment , lui même détruit en 1930 . Sur ce terrain Henri Belloc construit en un an de 1930 à 1931 ce qui deviendra pour l'époque le plus grand cinéma du monde le Gaumont-Palace , sa façade fut réhabilité en 1955 au moyen de plaques de verre ondulé avec un effet de cascade la nuit .Ce cinéma prestigieux possédait un orgue , qui par chance fut sauvé . Classé monument historique , il fut acheté par la municipalité de Nogent-sur-Marne et remonté au Pavillon Baltard , l'unique pavillon des anciennes Halles de Paris sauvé !!! Le Gaumont-Palace sera à son tour détruit en 1972 et remplacé par un groupe immeubles . ( Hubert Demory )
25 février 2009
LES MARCHÉS AUX CHEVAUX DE PARIS
LES CHEVAUX A PARIS
On peut difficilement imaginer aujourd'hui ce qu'était le paysage Parisien à l'époque où le cheval était omniprésent , seules les peinture , les gravures anciennes et les vieilles cartes postales nous en donne une impression fidèle .
Jusqu'en 1914 , le cheval était partout dans Paris . Il agrémente les équipages des riches familles aristocratiques qui circulent dans les quartiers chics de Paris . On peut encore voir de nos jours dans les cours des hôtels particuliers et des riches demeures parisiennes les anciennes écuries et remises , transformées souvent en garage pour les automobiles. Il distingue le dandy de l'élégant suivant les montures utilisées , participe aussi à la passion naissante du sport et de la vitesse . Les allées du Bois de Boulogne et le Cours de la Reine sont empruntées le dimanche par toute l'aristocratie parisienne , véritable rituel où l'on vient tout autant pour voir que pour être vu !!! Le cheval est véritable un art de vivre !!! Quelle maîtrise et quel effort pour guider l'animal , comme l'apprirent à des générations de cavaliers et d'écuyers des maîtres comme le Comte d'Aure , Baucher et autres disciples de Pluvinel dans les nombreux manèges de la capitale ( voir l'article que j'ai consacré au Manège de la rue Duphot ) .
Mais le cheval appartient aussi à l'univers des plus humbles . Tous les jours des milliers de voyageurs fréquentent les voitures de la Compagnie Générale des Omnibus et les plus pressés hèlent un fiacre de passage . Le cheval est utilisé dans presque toutes les professions pour assurer les déplacements , depuis les simple charrettes des maraîchers qui se rendent aux halles , les voitures de livraisons diverses , les voitures de pompiers etc... jusqu'aux lourds charrois de pierres , de terre , de pièces de vin , de meubles etc. où il n'est pas rare de voir des attelages en flèche de quatre à cinq chevaux . C'est lui aussi qui nous accompagne à notre dernière demeure attelé au corbillard !!!
A la fin du XIX ème siècle Paris comptait plus de 80 000 chevaux qui nécessitaient bon nombre de maréchaux-ferrants , de bourreliers , de selliers , de charrons , maquignons , équarrisseurs , sans oublier , malgré la réticence des parisiens , l'apparition des premières boucheries chevalines ( La première boucherie chevaline à Paris date de 1866 ) On construisit des édifices qui ont marqué l'architecture de la capitale pour abriter les chevaux et leurs voitures . Ce sont d'abord les grandes écuries du Roi et des princes , à l'image du merveilleux assemblage de boxes , de stalles , d'abreuvoirs , de bassin , de remises et de manèges que le Comte d'Artois fit bâtir rue du Faubourg-Saint-Honoré. Au XIX ème siècle la bourgeoisie commerçante prend le relais , édifiant pour ses affaires de grandes écuries et leurs dépendances à proximité des grands magasins , rue du Bac pour le Bon Marché ou dans l'île de la Cité pour le Bazar de l'hôtel de Ville. Les cours des hôtels particuliers disposèrent plus modestement de ces édifices . Beaucoup de maisons parisiennes possédaient des écuries et des remises plus où moins importantes .
Les chevaux parisiens seront réquisitionnés pendant la guerre 14-18 , où ils paieront un lourd tribu !!! Petit à petit l'automobile fera son apparition dans le paysage parisien . Les chevaux disparaîtront presque complètement de Paris après la guerre de 39-40 . Reste aujourd'hui de ce monde disparu les chevaux de la Garde Républicaine qui accompagnent toujours les grandes solennités parisiennes sans oublier leurs missions de surveillance , ainsi que quelques lieux privilégiés qui perpétuent une tradition d'excellence cavalière , comme le Centre Équestre du Bois de Boulogne . Mais c'est surtout dans ses trois hippodromes parisiens : Longchamp , Auteuil et Vincennes que la foule des parieurs peut encore communiquer dans la passion de la plus noble conquête de l'homme .
Réquisition des Chevaux Hippodrome d'Auteuil Garde Républicaine
LES MARCHÉS AUX CHEVAUX DE PARIS
Le marché aux chevaux était très important à une époque où le cheval et la mule étaient le principal moyen de locomotion de qui n'allait pas à pied . Comme vous allez le voir ses emplacements successifs furent nombreux à travers Paris . La profession de marchand de chevaux ( maquignons ) a toujours été libre à Paris , si le livre de la taille de 1292 n'en dénombre que trois , ils seront une centaine à la veille de la Révolution . Peu à peu ils déclineront : 118 en 1900 , 83 en 1914 et le chiffre ne cessera de baisser . Le riche VIII ème arrondissement est le plus gros acheteur , , le reste se concentrant dans le XII ème et le XIII éme , à proximité du marché aux chevaux .
Le premier marché aux chevaux semble avoir été crée vers 1475 au " Pré Crotté " , entre les rues Garancière et et de Tournon .
De 1565 à 1605
Il occupe celui de l'Hôtel des Tournelles ( près de la Porte Saint-Honoré ) qui deviendra la future place des Vosges . En 1388 le Chancelier de France , Pierre d'Orgemont , fit bâtir sur le côté nord de l'actuelle place des Vosges une vaste et belle maison dont les jardins étaient entourés d'un mur garni de nombreuses petites tours ; d'où le nom d'Hôtel des Tournelles . Son fils Pierre ; évêque de Paris le vendit en 1402 au duc de Berry , frère de Charles V , qui l'échangea en 1404 contre un Hôtel que Louis d'Orléans , frère de Charles VI possédait rue Saint-Antoine . Après l'assassinat en 1407 du Duc d'Orléans par son cousin germain Jean sans Peur l'hôtel rebâti et agrandi , fut acheté par la Couronne et devint la Maison Royale des Tournelles . Le roi Charles V vint parfois habiter cette demeure . Après lui le duc de Bedford , régent de France finit de l'aménager et de l'embellir . Cet ensemble construit sur le modèle de l'hôtel de Saint-Pol . Il comprenait plusieurs demeures distinctes , des chapelles , des étuves , des communs ... réunies par douze galeries de cloître et des préaux découpant deux parcs , six jardins , des petits bois des prés ( dont le nom de la rue du Foin rappelle le souvenir ) des ménageries et un labyrinthe . Après le duc de Bedford cet Hôtel fut habité , lorsqu'ils résidaient à Paris par Charles VII , Louis XI , Charles VIII , Louis XII qui y mourut en 1515 , François Ier et , enfin Henri II qui y décéda aussi , le 10 juillet 1559 après avoir été mortellement blessé dans un tournoi , par Gabriel de Montmorency . Après sa mort tragique , sa veuve , la reine Catherine de Médicis prit ce séjour en horreur . Elle le quitta en faveur du Louvre et , en 1653 ordonna sa démolition . Il n'en reste aucune traces aujourd'hui .
HÔTEL DES TOURNELLES
On ouvrit sur l'emplacement de la grande cour , une fois les bâtiments démolis , les jardins détruits , les clôtures abattues et les fossés comblés un important marché aux chevaux . Chaque samedi 1000 à 2000 chevaux changeait de propriétaires . Ce lieu était devenu l'endroit privilégié de duels sanglants , comme celui qui eut lieu en 1578 , entre trois mignons d'Henri III contre trois partisans d'Henri de Guise qui se solda par autant de morts ou de blessés graves que de participants . Devenu une véritable cour des miracles car le vieux parc à moitié abandonné , servait de repaire aux vagabonds et escarpes installés à proximité des fossés de l'enceinte de Paris ( enceinte de Charles V ) d'où ils pouvaient aisément gagner la campagne !!! Henri IV décida de fermer le marché aux chevaux en 1605 . Dans un premier temps il souhaitait y installer une une manufacture de luxe , mais comme Paris n'avait ni place , ni carrefour important qui puisse servir de lieu de fête et de promenade , Henri IV décide de transformer la place du marché aux chevaux en Place Royale . Sa construction , dont le plan semble devoir être attribué à Androuet du Cerceau et à Claude Chastillon , s'étalera de 1605 à 1612 date à laquelle elle sera inaugurée à l'occasion des fiançailles de Louis XIII et Anne d'Autriche par un grand carrousel dirigé par Pluvinel . Des cavalcades , des carrousels , des tournois , des jeux de bagues et même des duels s'y déroulaient
La Place Royale fut rebaptisée Place des Vosges en 1848 en l'honneur du département des Vosges , le premier à s'être acquitté de l'impôt sous la Révolution Française . Cette magnifique place nous est parvenue , miraculeusement , presque dans son état d'origine !!!
DE 1605 à 1633
Le marché aux chevaux occupe désormais le revers oriental de la butte Saint-Roch ( carrefour des rues Molière et de l'Echelle , rues qui se trouvaient sur l'ancien chemin de ronde extérieur à l'enceinte de Charles V ) . Ces rues se situent non loin de la rue Saint-Honoré et de l'avenue de l'Opéra .
DE 1633 à 1687
Le marché aux chevaux déménage pour aller s'installer dans un bastion de l'enceinte de Louis XIII ( dite des Fossés Jaunes ) situé approximativement entre les rues Louis-le-Grand et le boulevard des Capucines .
ENCEINTE DE LOUIS XIII
DE 1687 à 1857
Le marché aux chevaux quitte alors le centre de Paris pour aller se fixer dans le faubourg Saint-Victor (entre la rue Duméril et le Boulevard de l'Hôpital ) , au lieu-dit la Folie-Eschalard , où se trouvait déjà un marché aux porcs . Il occupait à cet endroit une longue place rectangulaire de 250 mètres de long et 50 de large s'étendant de l'extrémité nord de la rue du Marché-aux-Chevaux jusqu'au boulevard de l'Hôpital actuel . Il comportait une allée principale et deux contre-allées formées par quatre rangées d'arbres . Des poteaux placés de distance en distance servaient à attacher les chevaux . Une partie était affectée au marché proprement dit , une seconde , à l'essai des chevaux , et une troisième à la vente à l'encan , soit sans garantie des chevaux et des voitures . On y accédait par la rue Copeau ( actuelle rue Geoffroy Saint-Hilaire ) , la Croix-Clamart et la rue du Marché-aux-Chevaux , mais l'entrée des voitures fut reportée sur le boulevard de l'Hôpital , après le percement de celui-ci en 1760 . On édifia cette année là un pavillon toujours existant pour le bureau et le logement de l'inspecteur de ce marché . Celui-ci avait lieu tous les mercredis et samedis , le matin pour les porcs et l'après midi après 15 heures pour les chevaux , les mules et les ânes , le dimanche pour les voitures et aussi les chiens . C'est dans ce marché que l'on donnait le supplice de l'estrapade après qu'il eut cessé de l'être en 1687 sur la place de ce nom . Ce supplice sera supprimé par Louis XVI en 1776 .
Pavillon de Police
DE 1857 à 1907
Lorsqu'on ouvrit en 1857 le boulevard Saint-Marcel , son tracé recouvrit entièrement l'emplacement du marché aux chevaux . On le déplaça un peu vers le sud . Cela entraîna le 5 mai 1868 son transfert provisoire dans l'enceinte du marché aux fourrages du boulevard d'Enfer ( boulevard Raspail ) . Le nouveau marché aux chevaux fut ouvert en 1877 . Il occupait une grande partie du du triangle délimité par le boulevard de l'Hôpital et de Saint-Marcel et de la rue Jeanne d'Arc ; avec une entrée principale sur le boulevard de l'Hôpital . Il fut construit par Magne , qui dut faire de grands travaux de soutènement pour l'îlot escarpé compris dans ce triangle . Il ne faut pas oublier que sous le XIV et XV éme arrondissement se trouve encore les traces de très nombreuses carrières qui furent exploitées depuis le XVI éme siècle pour extraire du calcaire. Ce dernier d'une grande qualité le " Liais Fran " servait pour la construction d'édifices parisiens . Les rues Jules-Breton , des Wallons et René-Panhard passent maintenant sur son emplacement .
Un lecteur m'a très gentiment écrit pour me faire part que sur cette carte postale figure son grand-père !!! ( voir les commentaires ) . Cette carte postale provient de son remarquable blog sur les cartes postales de Paris . Visitez le et vous y découvrirez de remarquables cartes postales avec une petite explication détaillée pour chacune d'entre elles . Il s'agit du site " Bastille 91 " . De bonnes heures de découvertes assurées en perspective ...
Un second marché aux chevaux , dit de La Villette ( à ne pas confondre avec les Abattoirs de la Villette ) , avait été ouvert en 1878 sur l'emplacement des anciennes carrières d'Amérique , mais il n'y resta que peu de temps .
On peut encore voir , aujourd'hui , des traces de ce marché aux chevaux , comme par exemple, rue Goeffroy-Saint-Hilaire , l'impasse du Marché-aux-Chevaux situé à côté du pavillon de surveillance de ce marché , édifié en 1760 par le Lieutenant de Police Sartine ainsi qu'un immeuble ayant appartenu à un marchand de chevaux . A proximité se trouve la rue de l'Essai . Cette rue reliait la rue Poliveau au marché aux chevaux dont elle était contemporaine ( 1687 ) appelée aussi rue Maquignonne , elle porte depuis 1806 son nom actuel ,dû au voisinage de l'endroit où l'on essayait les chevaux .
Rue du Marché aux Chevaux Marché aux Chevaux Rue de l'Essai
Ces photos remarquables ont été prises par Charles Marville entre 1850 et 1880 . On a du mal à imaginer aujourd'hui ce qu'était ce Paris du XIXème siècle . Les photos de Charles Marville sont un trésor inestimable pour les historiens et les amoureux du vieux Paris .
DE 1907 à 1976
En 1907 le marché aux chevaux est transféré rue de Brancion à côté des abattoirs hippophagique de Vaugirard . Un embranchement de la Petite Ceinture permettait l'acheminement des chevaux . Ce marché aux chevaux déclinera après les années 1960 et finira par fermer en 1976 en même temps que les abattoirs de Vaugirard ( hippophagique et généraux ) Voir l'article que j'ai consacré aux abattoirs de Vaugirard sur ce blog .
Cours du 22 Décembre 1958
Le Marché aux Chevaux à été conservée , et sous ses halles se tient le samedi et le dimanche un marché aux livres anciens et aux vieux papiers très fréquenté par les bibliophiles .
Références : " Dictionnaire Historique des Rues de Paris " de Jacques Hillairet ; " Histoire et Dictionnaire de Paris " Alfred Fierro
12 février 2009
LE NOUVEL AN CHINOIS
Comme chaque année je n'aurai manqué pour rien au monde le défilé qui se tient dans les rues du XIIIème arrondissement pour fêter le Nouvel An chinois . Le Nouvel An chinois est la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier . Pour les vietnamien cette célébration porte le nom de Fête du Têt . Fête des morts , de la famille , de l'espérance , du printemps , tradition nationale , mélange de culte religieux et de rites païens , le Têt est tout cela et autre chose encore : l'essence même de la civilisation vietnamienne ou , du moins , sa manifestation la plus typique .
Cette journée de défilé débute pour les catholiques des communautés chinoises par une messe dite en l'église Saint-Hippolyte Rue de Choisy . Cette année la messe d'actions de grâce était concélébrée par Mgr Rambaud vicaire épiscopal auprès des communautés étrangères avec tout le clergé de la paroisse . La messe était accompagnée musicalement par l'orgue de Saint-Hippolyte , une flûte , une cithare chinoise et un chœur vietnamien . Une cérémonie des offrandes à lieu au début de l'office , à son terme les défunts sont honorés par le dépôt d'un bâton d'encens devant les offrandes .
En Chine, chaque étape ou événement important, religieux ou naturel est une invitation à la fête, et à l’instar de nombreuses civilisations, le passage d’une année à une autre n’échappe pas à la tradition. L’avènement du nouvel An est l’occasion d’une longue période de réjouissance pleine de faste, qui apparaît comme l’une des plus importantes. Le déroulement des festivités, commandité par le calendrier lunaire, se situe dans une période charnière saisonnière. Elles débutent toujours avec la fin de l’hiver, période de mortification, ou mille choses sont à terme (l’ancien caractère chinois qui désignait l’hiver « dong » signifiait « l’achèvement, la fin ») et s’achèvent au cours du printemps, période de renaissance (l’ancienne calligraphie du mot printemps « chun » a pour sens « se tortiller, avoir hâte de passer à l’action »).
Dans le passé, de nombreuses légendes et histoires édifiantes se sont constituées autour des douze animaux et, de nos jours, dans les affaires, au jeu ou pour un mariage, il est courant de prendre en considération les vertus augurales prêtées aux différents animaux. Dans le calendrier traditionnel chinois étaient clairement indiqués la succession des 24 périodes de 15 jours qui rythmaient les activités agricoles, mais aussi les jours propices où pouvaient être organisés mariages, fêtes ou funérailles. Il suffisait qu’une date retenue ne soit pas en harmonie avec l’animal patronnant l’année en cours pour que s’ensuive une année, voire une vie entière de malheur ! Il s’agit certes là de superstitions, mais de superstitions qui, durant cinq mille ans, ont alimenté l’imaginaire chinois.
Le Nouvel An chinois correspond en terme d’activité économique, à notre long week-end du 15 août. C’est à dire au calme plat pour le business. La Chine vit alors au ralenti, repliée sur elle-même. Les Chinois sont en famille et en liesse. Ce sont un peu leurs « grandes vacances annuelles ». Autrement dit, les voyages d’affaires à quelques heures du réveillon ou dans les trois ou quatre jours qui suivent la célébration du Nouvel An, sont à proscrire - à moins d’avoir envie de faire la fête à la mode chinoise !
Cette année 2009 est placée sous le signe
du Buffle associé à la Terre. Le Buffle succède au Rat et précède le Tigre. A
chacun des douze signes du zodiaque chinois correspond un animal.
Selon la tradition, ce sont les douze animaux qui se rendirent au chevet du Bouddha mourant et qui sont, dans l´ordre: le rat, le bœuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre (ou bouc), le singe, le coq, le chien et le cochon (ou sanglier). Mais il semble avoir aussi une autre légende… Une nuit de Nouvel An, l’Empereur de Jade invita tous les animaux de la terre à lui rendre visite. Seuls douze d’entre eux obéirent. L’énergique Buffle (ou bœuf) ouvrit la marche tout le long du chemin, mais il ne s’était pas aperçu que le Rat, rusé, s’était perché sur lui. Au moment d’arriver devant l’empereur, le rat sauta devant le buffle et l’empereur le vit en premier. Arrivèrent ensuite le Tigre souriant, le Chat prudent, l’étincelant Dragon, le sage Serpent, le Cheval talentueux, la Chèvre sensible, le malin Singe, le Coq fier, le Chien fidèle et, pour finir, le Cochon scrupuleux. C’est en guise de remerciement que Bouddha instaura une année symbolique en l’honneur de chacun de ses visiteurs et il décréta que chaque nouveau-né hériterait désormais des caractéristiques de l’animal de son année de naissance. L’année du Buffle 1913, 1925, 1937, 1949, 1961, 1973, 1985, 1997, 2009.
Selon l´astrologie chinoise, le Buffle est ambitieux, prudent, patient, déterminé, voire têtu. Le Buffle est un être puissant, et destiné à diriger. Son approche est souvent lente, mais le Buffle est capable de grandes réalisations. Il a également beaucoup d’endurance. Introverti et sérieux.
Les mois du calendrier chinois débutent à
chaque nouvelle lune . Ils ne portent pas de nom , mais sont désignés
numériquement . L'ensemble des des douze mois ne totalisant que 354 jours , il
a fallu intercaler un mois supplémentaire , ce qui explique que le premier jour
de l'année est chaque fois différent .
Dans les rues pavoisées on peut rencontrer des petits orchestres de tambours
mobiles , les inévitables danses du dragon ( le dragon apporte la chance dans les maisons visitées ) , sans oublier le bruit assourdissant des
chapelets de pétards !!! ( le bruit des pétards chasse les démons et implore la paix et le bonheur ) le tout dans une ambiance bon enfant .
20 janvier 2009
LA GALERIE VÉRO-DODAT
Si les parisiens connaissent bien les passages couverts des Grands Boulevards comme , la Galerie Vivienne , la Galerie Colbert , le Passage des Panoramas , le Passage Brady etc. , peu connaissent la Galerie Véro-Dodat , qui semble tout droit sortir d'un roman de Balzac . Il est la caractéristique même des opérations immobilières spéculatives de la Restauration .
Le passage Véro-Dodat , voie privée , a été ouvert en 1826 . Il occupe l'emplacement des dépendances de l'hôtel Quatremer . Dreux d'Aubray y fit construire son hôtel particulier . Dreux d'Aubay ( Messire Dreux d'Aubray , conseiller du Roi et lieutenant civil de la ville , prévôté et vicomté de Paris , sous la régence d'Anne d'Autriche ) . Il fut empoisonné en 1666 ( ainsi que ses deux fils en 1670 ) par sa fille , la célèbre Marquise de Brinvilliers , exécutée en 1676 après un long procès au cours duquel elle se refuse , même sous la torture , à tout aveu . L'Hôtel fut vendu en 1671 au trésorier Jean Dalliez qui le vendit à son tour en 1675 au secrétaire du Roi Antoine Pélissier . Après la mort de celui-ci en1696 il appartint à la femme du riche trafiquant Paul Poisson . Puis il appartiendra successivement à Piager de La Brosse en 1709 , à son petit- fils le Marqui de Vérac en 1750 , au Fermier Général du Haudry en 1755 et enfin au notaire de Quatremer en 1774 et à sa fille en 1800 .
LA MARQUISE DE BRINVILLIERS
Benoît Véro charcutier rue Montesquieu achète l'hôtel en 1823 . Il le fait raser pour édifier avec son associé Dodat , charcutier rue du Faubourg Saint-Denis , la maison et le passage actuel qui relie la rue du Bouloi à la rue Jean-Jacques Rousseau entre le Palais-Royal et les Halles. Ils firent construire une galerie néo-classique . Les devantures de ce passage en grande partie vitrée associent le bois sombre avec des ornements en cuivre et fonte qui forment des arcades en plein-cintre avec des miroirs , des peinture , des colonnes . Un sol pavé d'un damier de marbre noir et blanc avec un plafond de faible hauteur ( décoré de peintures de paysages ou de déesses antiques ) donne une illusion de profondeur , le tout étant éclairé avec des globes de lumière . Ce passage sera un des premiers endroits de la capitale éclairé au gaz . Il offrait un raccourci plaisant entre ces lieux alors très fréquentés et fut rapidement adopté par les parisiens ( la rue du Colonel-Driant ne fut percée qu'en 1915 ) . Cette galerie doit aussi son succès à la boutique des " Messageries Lafitte et Gaillard , située face à l'entrée de la galerie Véro-Dodat rue Jean-Jacques Rousseau . Les voyageurs qui attendent leur diligence ( qui desservent la France entière ) , vont flâner parmi les magasins à la mode . Les messageries Lafitte et Gaillard concurrencèrent très sévèrement les messageries Royales qui possédaient le monopole du transport des passagers pour toute la France . Ce quartier était devenu l'un des principaux lieux d'où l'on quittait Paris . L'animation créée par les voyageurs était présente dès cinq heures du matin !!! Les boutiques s'ouvraient attirant la clientèle des voyageurs en instance de départ . Parmi elles , la boutique de Mr Bontoux , célèbre traiteur parisien , dont la renommée se fit dans le passage grâce à la beauté de sa caissière . Mais aussi l'imprimeur Aubert qui vendait les célèbres journaux " Le Charivari " et la " Caricature " . Les dessins de Daumier , Gavarni , Cham ou Grandville attiraient une double haie de curieux à la devanture du magasin surtout pendant les premiers moments du gouvernement de 1830 .
A l'entrée de la galerie se trouvait le pittoresque " Café de l'Époque " qui fut fréquenté jusqu'en 1855 par le poète Gérard de Nerval . La jeune comédienne Rachel habitera au n°23 de la galerie en 1836 . Le second Empire et la disparition des Messageries Lafitte et Gaillard ( due en grande partie à l'apparition du chemin de fer puis de l'automobile ) marquèrent le déclin de la Galerie . l'imprimeur Aubert disparut et fut remplacé par un marchand de malle
Le galerie fut restaurée dans les années 1980 , ce passage continue à fasciner les promeneurs . Aujourd'hui parmi les nombreuses boutiques très élégantes d'ameublement , de décoration , de galerie d'art et de livres anciens on peut citer :au n°19 l'excellent restaurant " Le Véro-Dodat " où l'on déguste pour un prix modique une cuisine d'excellence que j'ai tout particulièrement apprécié , au n°23 celle de Robert Capia spécialiste de poupées anciennes au désordre savamment agencé , au n° 35 une brasserie , au n° 36 l'atelier de Christian Laboutin créateur de souliers . Offrez vous une petit retour dans le temps passé , allez flâner dans cette galerie d'une autre âge !!!




































































































































































































































































































