LE PIETON DE PARIS

09 mai 2012

PARIS EN CHANSONS

  Amoureux de Paris ne manquez surtout pas de vous rendre à la magnifique exposition " Paris en chansons " , qui se tient jusqu'au 29 juillet 2012 à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris . Cette rétrospective des chansons dédiées à Paris sont un enchantement . C'est Juliette Greco qui est la marraine de cette exposition .

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                                                   Exposition  " Paris en Chansons " 

  Depuis le 16e siècle, des milliers de chansons ont été composées sur Paris . L'exposition vous invite à les retrouver, mais aussi à vous éclairer : quelles images de Paris ces chansons nous renvoient-elles , quelle réalité, quel imaginaire , quelle vision poétique de la Ville véhiculent-elles ? Réponse à la Galerie des bibliothèques jusqu'au 29 juillet . Si le thème parisien s’exprime déjà dans la chanson de Clément Janequin , Les cris de Paris (vers 1520) , il connaît un essor considérable et multiforme à partir du XIXe siècle et demeure, encore aujourd’hui, un sujet de prédilection pour des artistes très divers . Certaines chansons se font l’expression de l’amour porté à la ville ou de la nostalgie d’un Paris perdu – On célèbre le ciel de Paris, ses saisons, ses heures, de l’aube à la nuit. Paris est d’évidence la ville des amours, naissantes, meurtries ou défuntes . La Seine, les quais et les ponts sont chantés pour leur beauté, leur histoire, leur romantisme , tour à tour lieux sentimentaux par excellence et lieux de la misère humaine .

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       Clément Jannequin                           Les Cris de Paris 

  Il n’est pas un quartier de Paris qui ne soit le sujet ou le cadre d’une chanson, selon une tradition mise en place à la fin du  XIXe siècle par Aristide Bruant – À Grenelle, À Batignolles, À la Bastille, etc. Les chansons dressent une véritable cartographie des rues de la capitale, qu’il s’agisse d’exprimer l’esprit d’un lieu ou simplement de localiser une aventure. L’omniprésence des quartiers à forte identité culturelle ou sociale, Montmartre, Pigalle, la Bastille, Saint-Germain-des-Prés, n’exclut pas les rues moins typiques, du cœur de la cité à sa périphérie. Et parfois, par une imprégnation durable de la mémoire collective, la chanson contribue à entretenir l’image mythique de certains quartiers de Paris, rue de Lappe ou Pigalle par exemple, en décalage avec leurs évolutions actuelles . 

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  On ne pourra qu’être frappé par la permanence ou la récurrence de certains de ces thèmes, comme par exemple la filiation qui relie  " Paris à cinq heures " , écrit par Marc-Antoine Désaugiers en 1802, à " Il est cinq heures, Paris s’éveille " chanté par Jacques Dutronc en 1968. La variété des types de chansons – romances sentimentales, chansons réalistes, poétiques, engagées ou chansons comiques, parfois très drôles -, comme leurs qualités littéraires et mélodiques, sont à la mesure de ce thème parisien qui a inspiré, à toutes les époques, les plus grandes personnalités . 

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  Pour la première fois , une exposition, conçue par deux bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, la Médiathèque musicale de Paris et la Bibliothèque historique, traite ce sujet , associant documents sonores, iconographiques et audiovisuels : photographies, affiches, partitions ou « petits formats », disques, livres, revues et manuscrits , etc. Ces documents , réunis pour la première fois, établissent des correspondances entre l’histoire de Paris et sa perception, réaliste , mythique ou imaginaire, par la chanson française .

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                                               Les chanteurs de rues 

 Crée en partenariat avec Deezer, le site www.chansons.paris.fr permet de prolonger la visite grâce à une véritable cartographie sonore de Paris avec près de 200 chansons à écouter, mais aussi un jeu pour tester vos connaissances, une sélection de plus de 2 000 chansons sur Paris et tous les événements liés à l'exposition .

  Ref. Site officiel de l'exposition .

    

                                Yves Montand - " A Paris "

        

           

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20 avril 2012

LE PARC DES BUTTES-CHAUMONT

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                                                Parc des Buttes-Chaumont

  Sa dénomination proviendrait de la contraction de « Monts Chauves » , appellation qui caractérisait les hauteurs dénudées formant le promontoire le plus occidental des collines de Belleville . occupé par des monticules accidentés , hauts de 80 à 100 mères , surmontés de moulins et percés de deux larges baies servant d'entrée . L'une au chemin de fer de ceinture , l'autre aux plâtrières , dites " d'Amérique " qu'entouraient des fours à plâtre , refuge ordinaire des vagabonds et des mauvais garçons . Ces carrières de gypses creusées après la Révolution s'élevaient à une hauteur de 45 mètres et étaient divisées en en trois galeries superposées d'environ 15 mètres de hauteur . Non loin du parc se trouve la rue des Chaufourniers qui rapelle l'emplacement des fours où était chauffé le gypse afin de le transformer en plâtre .      Ce plâtre d'une qualité exceptionnelle était acheminé jusqu'aux Etats-Unis , ce qui a valu le nom " d'Amérique " à un quartier du XIXème .  Ce sol miné était parfaitement impropre à toute utilisation , même une fois nivelé . 

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                                         Carrières des Buttes-Chaumont

   Décharge publique où s'élevait jadis le sinistre gibet de Montfaucon que François Villon immortalisa dans sa " Ballade des pendus " , les Buttes-Chaumont servaient depuis le XVIIIe siècle à l'extraction du gypse et à l'abattage des chevaux . C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la consommation de viande de cheval avait si mauvaise réputation , car l'abattage des chevaux par les équarrisseurs se trouvait dans un quartier de bien mauvaise réputation de la capitale . En 1851, l'ouverture de la rue de Crimée et les terrassements pour les chemins de fer freinèrent considérablement le développement des carrières . Toutefois, en 1863, on y dénombrait encore huit cents ouvriers travaillant à la production du plâtre . Ces siècles d'exploitation avaient conféré à un paysage déjà tourmenté un aspect presque lunaire, entièrement minéral dont les gigantesques anfractuosités rocheuses servaient d'abris aux plus misérables d'entre les misérables . Ce lieu escarpé et inculte servait aussi de bassin d'épuration , où l'on faisait sécher les résidus d'équarissage utilisés pour la fabrication d'engrais . Cet endroit servait également de décharge à ciel ouvert tant pour les cadavres des chevaux que pour toutes sortes d'ordures !!! Certaine parties de ces carrières recélait d'autres richesses moins connues , comme celle de la culuture du champignon de couche et la " barbe de capuçin " ou endive sauvage amère , qu'on culivait encore en 1840 . Les carrières servirent également de sépulture aux cadavres des quelques huit cents fédérés tués au combat ou fusillés pendant la semaine sanglante de la Commune en mai 1871 . 

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   Gibet de Montfaucon                            Buttes - Chaumont  

  C'est sur un immense terrain vague de 25 hectares situé entre Belleville et la Villette que le baron Haussmann , préfet de la Seine , et l'architecte paysager Jean-Charles Alphand choisirent de réaliser le plus surprenant des parcs parisiens du Second Empire , celui des Buttes-Chaumont

   Jean-Charles Alphand ( 1817 - 1891 )

  Jean-Charles-Adolphe Alphand, né à Grenoble le 26 octobre 1817 et mort à Paris le 6 décembre 1891 , est un ingénieur des ponts et chaussées connu pour son travail d'embellissement de Paris . Après avoir commencé des études au petit séminaire du Rondeau à Grenoble, Alphand s'installe à Paris pour étudier au lycée Charlemagne. Il entre ensuite à l'École polytechnique, puis à l'École des ponts et chaussées . Sous Napoléon III, il participe à la rénovation de Paris dirigée par le baron Haussmann entre 1852 et 1870, en compagnie de son confrère Eugène Belgrand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps . Jean-Charles Alphand a notamment aménagé : le bois de Vincennes entre 1860 et 1865 , le parc Monceau en 1861 , le parc Montsouris  entre 1865 et 1878 , parc créé pour servir de pendant symétrique à celui des Buttes-Chaumont qu'il crée de 1864 à 1867 . On lui doit aussi quelques 24 squares de la capitale ( squares d'Anvers , du Temple , des Batignolles , Camille Chautemps ) . Sous sa direction officie un jardinier paysagiste , Jean-Pierre Barillet-Deschamps ( 1824-1873 ) qui deviendra le premier titulaire de " Jardinier en chef des Promenades et Plantations de Paris " de renommé internationale il intervient dans l'aménagement du Prater à Vienne et des espaces verts d'Alexandrie en Egypte . Il est accompagné d'Édouard André  ( 1840-1911 ) jardinier-paysagiste-botaniste .

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        Parc Monceau                    Parc Montsouris               Square des Batignolles 

   Après le renvoi d'Haussmann , son successeur , Léon Say confie à Alphand la direction de nombreux travaux importants dans la capitale . Il poursuit à ce titre l'œuvre d'Haussmann et  dirige même le service des Eaux à la mort d'Eugène Belgrand en 1878 . Il s'occupe en particulier : des fortifications de Paris et des forts avancés , des Jardins du Trocadéro , réalisés pour l'Exposition universelle de 1878 , il est un des principaux auteurs du règlement d'urbanisme parisien de 1884 , de la préparation de l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris  à la 66ème division . 

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      Jean-Charles Alphand    Tombe d'Alphand - Cimetière du Père Lachaise 

  En choisissant ce lieu pour répondre au désir de Napoléon III d'offrir aux classes laborieuses des poumons de verdure, Haussmann fir appel à Jean-Charles Alphand et Jean-Pierre Barillet  pour réaliser des travaux qui allaient durer pendant trois ans, de 1864 à 1867. Ils prirent une telle ampleur qu'il fallut installer une voie ferrée de 39 km de rails , deux machines à vapeur et pas moins de 450 wagonnets pour mener à bien les déblais et les remblais destinés à assainir les lieux et à les transformer en une agréable promenade publique . Cette prouesse nécessita l'aide de 1.000 ouvriers , une centaine de chevaux . On utilisa de la dynamite pour faire sauter la roche . 200.000 m3 de terre végétale et 800.000 m3 de terrassement furent utilisés .  Au centre du parc fut creusé un lac de deux hectares , alimenté par trois ruisseaux au milieu duquel s'élance à une hauteur de 30 mètres une masse de rochers escarpés couronnée d'un petit temple . Au milieu de ce lac se trouve une île rocheuse dotée d’une falaise d’environ trente mètres de hauteur, surplombée par le Temple de la Sybille qui domine tout le parc. Cette rotonde de pierre est une réplique d’un temple gréco-romain situé à Tivoli, réalisée par Gabriel Davioud en 1869. On peut y accéder par une petite passerelle suspendue ou un pont de briques et elle offre une vue imprenable sur Montmartre et Saint Denis. 

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                                             Lac des Buttes-Chaumont 

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                                                Temple de la Sybille 

  On accède à cette île par deux ponts , l'un en maçonnerie d'une hauteur de 22 mètres pour une portée de 12 mètres , plus connu sous le nom du " Pont des suicidés " et l'aute suspendu d'une porté de 65 mètres , ou bien par bateaux puis , il faut emprunter le chemin des Aiguilles, escalier de 173 marches taillées dans la roche, pour parvenir au sommet du temple de la Sybille ( réplique du temple de Tivoli à Rome ) construit en pierre du Jura . 

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                                                Pont des " suicidés "                         

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                                                  Le Pont suspendu

  L'un des deux ruisseaux artificiels conduisant au lac forme une cascade haute de 30 mètres et tombe dans une grotte de 14 mètres de large et de 20 mètres de haut , à la voûte ornée de stalactites artificiels dont les plus grandes atteignent 8 mètres . Paysage de falaises et de rocailles planté d'essence diverses et rares pour l'époque . Pour alimenter la cascade et les deux ruisseaux, on pompe l'eau dans le canal de l'Ourcq en contrebas .

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                                 Grotte du Parc des Buttes-Chaumont

  Asséché, le lac des Buttes Chaumont sert de réserve de pétroles et d'essence en vue du siège de Paris . Le 27 septembre 1870  , un terrassier employé à l'enfouissement des fûts provoque un gigantesque incendie en allumant sa pipe .

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                     Parc des Buttes-Chaumont                               Incendie de 1870

  L'inauguration le 1er mai 1867 lors de l'Exposition Universelle  fut un réel succès qui valut à Alphand le surnom « d'ingénieur-artiste ». Mais, une fois passé l'attrait de la nouveauté, le parc des Buttes-Chaumont fut délaissé par la population bourgeoise effrayée de la proximité des baraques et des usines de la Villette. Les ouvriers, en revanche, adoptèrent vite ce nouveau lieu réalisé pour eux, sans pourtant respecter les règles élémentaires régissant la vie d'un parc public : les fleurs furent cueillies, les arbustes et les pelouses saccagés tandis que les sapins bourgeonnants étaient dévastés par les amateurs de tisanes pectorales !!! On trouve dans le parc 6 pavillons aux entrées principales . Les constructions des pavillons des gardes et des bâtiments de loisirs ont été confiées à l'architecte de la ville Gabriel Davioud ( 1823-1881 ) déjà auteur de celles du Bois de Boulogne à qui l'on doit en outre l'ancien Palais du Trocadero . 

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                     Pavillons des gardes                             Parc des Buttes-Chaumont

   La Petite Ceinture

  La mise en service de la ligne de Petite Ceinture précéda de quelques années l’aménagement du parc des Buttes-Chaumont. À l’époque de la construction de la Petite Ceinture , cette zone était une vaste zone de carrières de gypse . La construction du tunnel de Belleville, qui relie le parc des Buttes-Chaumont à l’actuel parc de Belleville, nécessita donc de difficiles travaux de consolidation du sous-sol. Aujourd’hui encore , ce tunnel est surveillé et peut servir de base pour des injections de béton destinées à consolider le sous-sol (comme ce fut le cas en 2003) .

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                             La Petite Ceinture - Tranchée des Buttes-Chaumont 

  Un kiosque à musique provisoire en toile , sur le Belvédère proche de la grotte , en attendant les travaux de restructuration du parc et la remise en place d'un kiosque semblable à celui d'origine . On trouvé également dans ce parc trois restaurants . Le restaurant " Rosa Bonheur " est installé dans un ancien pavillon réhabilité qui fut un temps l'une des gares de la petite ceinture . Le restaurant le " Pavillon du Lac " ouvert en 1868 a été récemment restauré . Le " Pavillon Puebla " installé dans une ancienne guiguette 1900 , ressuscité par Vincent Cozzoli , nous offre une cuisine inspirée de ses racines italiennes  . 

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   Pavillon Rosa Bonheur               Chalet du Lac                      Pavillon Puebla 

   Dès sa création  le parc des Buttes-Chaumont rencontra de nombreux problèmes en raison de la nature de son sous-sol . Des travaux seront constamment effectués afin de la consolider et le restaurer . Après un audit en 1999 il s'avéra que globalement le parc était dans un très mauvais état !!! Des travaux auraient du être entrepris en 2001 . Mais en 2005 on constatait que 4/5 du budget de rénovation avait été consacré à d'autres aménagements de parcs et jardins de la capitale !!! Aujourd'hui un vaste programme de restauration est en cours par la Mairie de Paris . La première phase des travaux concerne le réseau hydraulique et les chemins . Des fuites d'eau sont apparues et cette dernière s'infiltredans le sol constitué de gypse . Ce dernier se dissous et peu à peu provoque des affaissements .

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                                         Parc des Buttes-Chaumont

 Le fonctionnement des cascades et des ruisseaux du lac datant du XIXème siècle possède l'inconvénient majeur de rejeter de grandes quantités d'eau dans les égouts . Cela ne correspond plus aux normes actuelles et il est nécessaire de réadapter ce système tout en gardant les effets d'eau caractéristiques des Buttes-Chaumont . Il est nécessaire de revoir également le système d'arrosage , la réfection des chaussées , des deux ponts , des trottoirs et de leurs abords immédiats , ainsi que le mobilier et sa disposition . Des travaux qui vont s'échelonner pendant plusieurs années ont été entrepris par la Mairie de Paris pour moderniser ce magnifique parc de  l'est parisien tout en lui gardant son âme . De nouvelles aires de jeu pour les enfants ont été mises en services , et l'on trouve toujours les manèges , les balançoires , les chevaux à bascules et les deux théâtres de Guignol . ( Ref . Histoire du parc des Buttes Chaumont - Françoise Hamon ) . Je me souviens très bien , il y a une vingtaine d'années , de l'antique char à bancs , que possédait un charmant vieux monsieur , tiré par un cheval tellement placide qu'il ne bougeait pas même une oreille lorsque les enfants venaient le caresser !!! Qu'est'il devenu .... Peut-être l'apprendrai-je par un de mes lecteurs !!! 

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                                     Guignols des Buttes-Chaumont

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     Théatre de Guignol                Kiosque à Musique                    Char à Bancs 

  Au cours de mes recherches sur l'histoire du Parc des Buttes-Chaumont j'ai découvert qu'un audacieux pilote parachutiste nommé Grandveaux à réussi un saut depuis le Pont des " suicidés " en 1925 !!! 

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  Ne manquez pas de profiter du printemps pour aller découvrir ce magnifique parc de l'est Parisien , il a su garder toute son âme et son charme désuet d'autrefois , malgré les outrages du temps . Vous serez enchantés de votre promenade !!! 

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10 avril 2012

LE PONT LEVANT DES ABATTOIRS DE LA VILLETTE

  Tous  les habitants du XIXème connaissent le pont levant de la rue de Crimée qui enjambe le canal de l'ourcq au niveau de bassin de La Villette , mais saviez vous qu'il existait un second pont levant , aujourd'hui totalement inconnu , sur le canal de l'Oucq !!! Partons ensemble à la découverte de son histoire . 

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                                    Le pont levant des abattoirs de La Viltette

   Ce pont levant permettait aux trains provenant de la gare " Paris-Bestiaux " , située dans l'enceinte du marché aux bestiaux de La Villette de rejoindre les abattoirs de La Villette . La gare de " Paris-Abattoirs " , située à la hauteur de la Cité des Sciences , était le lieu de terminus de la bifurcation de la petite ceinture . Afin de desservir les abattoirs et de marché aux bestiaux de La Villette un embranchement à double voie fut mis en service depuis la Petite Ceinture au moyen d’un double raccordement (Nord et Sud), située à la hauteur de la station " Belleville-Villette " ( gare construite en 1862 et détruite dans les années 80 ) . Cet embranchement fut utilisé  quotidiennement jusqu’au début des années Soixante-Dix date à laquelle cette ligne de la petite ceinture ( fermée au trafic voyageurs en 1936 ) , ferma définitivement en même temps que les abattoirs en 1974 . En effet les bestiaux destinés au marché aux bestiaux de La Villette ou entrant directement dans les abattoirs étaient désormais majoritairement transportés en camions par des sociétés spécialisées dans le transport d'animaux vivants , tels les sociétés Petit ( qui possédait le monopole des transports des animaux dans les abattoirs ) , Forestier , Porthault ( spécialisé dans le transport des chevaux )  . Coursimault , Joulia frères etc.

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      La petite ceinture                              La Gare de Belleville-Villette 

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     Gare Belleville-Villette         Petite ceinture        Gare Belleville-Villette aujourd'hui   

       La Gare de Paris-Bestaiux    

    Dès 1900, la gare de « Paris-Bestiaux » se révèle être trop petite : les deux quais sont insuffisants pour recevoir environ 48 trains par jour (1100-1200 wagons) . Les bêtes qui ne peuvent être expédiées directement à La Villette descendent aux gares de Pantin et de La Chapelle. Si, au niveau national, les animaux de boucherie sont minoritairement transportés par le chemin de fer, la situation est différente à Paris où le recours au transport ferroviaire est très important . Le marché aux bestiaux de La Villette n’est pas simplement la destination finale des bêtes de boucherie, il est aussi une plaque tournante du négoce national du bétail car les marchands de bestiaux parisiens réexpédient une partie de leurs achats vers la province (les régions de l’Est notamment). Ainsi, avant 1914, environ 200 wagons de bestiaux sont réexpédiés vers la province après chaque marché, c’est-à-dire deux fois par semaine (le lundi et le jeudi). La rénovation de la gare « Paris-Bestiaux » est décidée en 1906 mais il faut attendre 1934 pour que la gare soit reconstruite . Cette gare fonctionnera jusqu’en 1974, date de fermeture des abattoirs de la Villette ( Ref. Sylvain Leteux  . ) 

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                                      Gare de Paris-Bestiaux à La Villette 

      Le Pont levant des Abattoirs de La Villette 

   La petite ceinture qui se dirigeait vers l'est de Paris en direction de  la gare de Belleville-La Villette franchissait une première fois le Bassin de La Villette pour se rendre à la Gare de Belleville-La Villette grâce à un pont en fer qui avait été été construit en 1852 au " PK 28 " de la ligne de ceinture . Le 25 février 1891 une déchirure se produisit sur le tablier de ce pont , nécessitant sa démolition . Le régiment du 5ème Génie construisit un pont en bois provisoire en attendant sa reconstruction . En 1892 un nouveau fut construit , c'est le pont cage que nous connaissons aujourd'hui . On lui donna le surnom de pont " craqueur  " en raison des bruits qu'il faisait lorsque les trains le franchissait . 

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                                       Pont " Craqueur " de la petite ceinture 

  Arrivée en gare de Belleville-La Villette , les trains utilisaient un embranchement qui les dirigeait vers les gares de Paris-Bestiaux et Paris-Abattoir . Ils franchissaient une nouvelle fois le canal de l'Ourcq grâce à un pont levant aujourd'hui démoli . Ce pont levant inauguré en 1868 a été construit par monsieur François Mantion alors ingénieur en chef du chemin de fer de ceinture . Le terminus de cet embranchement se trouvait dans les abattoirs de la Villette non des porcheries situées près de l'entrée des abattoirs . Ref. Site internet " Sauvegarde le la Petite Ceinture " . 

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      Embranchement de la Petite Ceinture             Pont levant des abattoirs de La Villette 

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                                              Pont levant des abattoirs de La Villette 

       François Mantion 

   Né en 1825 à Montchauvet dans les Yvelines , François Hypollite Désiré Mantion est un ancien élève de Polytechnique (X 1843) , ingénieur des Ponts et Chaussées (1848) , et délégué général du conseil d’administration de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) . Il le 24 août 1897 . Il collabora tout d’abord à la construction de la ligne de Paris à Strasbourg. Il construisit ensuite, pour le compte de la Compagnie du Nord, la ligne de Saint-Denis à Creil qui comporte de remarquables ouvrages d’art, notamment le célèbre viaduc de Commelles, près de Chantilly , il dirigea ensuite des travaux de chemins de fer en Italie , puis occupa successivement les fonctions de directeurs des Chemins de fer algériens et de directeur du chemin de fer de Ceinture de Paris. Revenu de nouveau à la Compagnie du Nord comme Ingénieur en chef des travaux, il prit une part active à la préparation de la convention conclue avec l’État en 1883 . Il décède le 24 août 1897 . Il est enterré au cimetière de Passy . 

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27 mars 2012

LE PARIS DE CÉLINE

   Beaucoup d'amoureux de Paris se souviennent d'avoir lu le passionnant livre de Lorant Deutsch  "Métronome " , qui nous a fait découvrir l'histoire de France à travers les stations de métro . Je viens vous présenter un nouveau DVD qui sera mis à la vente le 2 mai 2012  , avec la participation de Laurent Deutsch intitulé " Paris Céline " . Ce film est réalisé par Patrick Buisson et réalisé par Guillaume Laidet . Du passage Choiseul à Clichy , de Montmartre à Meudon , c'est un voyage dans le Paris populaire , cher à Céline , où Lorant Deutsch , fin connaisseur de l'histoire parisienne , nous entraîne avec sa fougue et son talent de conteur . 

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    " Paris Céline " a pour guide les grands textes que Louis-Ferdinand Céline a consacré à ce Paris aujourd'hui presque disparu . C'est également une visite commentée où l'on découvre que la magie du verbe célinien aura plus fait pour la mémoire des lieux que leur édification muselé en lieux de mémoire . C'est enfin un hommage au petit peuple de Paris , à ses figures devenues mythiques , à ce parler argotique , a la vie foisonnante de la rue et de ses multiples annexes " bistrotières " !!! Amoureux de Paris , le parler naturel et la gouaille de Lorant Deutsch épousent à la perfection le phrasé de Louis Destouches , fils de la dentellière de Courbevoie , médecin et écrivain plus connu sous le nom de Louis Céline . " Céline , c'est comme un passager clandestin , pour retrouver sa trace , il faut sortir des sentiers battus " dira de lui Lorant Deutsch . 

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                                                       Vieux Paris 

   Louis- Ferdinand Céline ( 1894-1961 )

   Louis Ferdinand Auguste Destouches , Céline ( prénom de sa grand-mère ) , est né le 27 mai 1894 à Courbevoie . Il est l'un des écrivains français les plus traduits et diffusés dans le monde , après Marcel Proust . Son œuvre est toutefois l'objet régulier de polémiques violentes en raison de son antisémitisme . Céline est issu d'une famille de petits commerçants et d'artisans. Ses parents s'installent dans le quartier de l'Opéra, à Paris , que Céline décrira comme « sa cloche à gaz », en raison de l'éclairage de la galerie par des becs à gaz. Son enfance lui inspirera des éléments de Mort à crédit. Adolescent, il occupe quelques petits emplois, avant de s'engager en 1912 dans l'armée française à l'âge de 18 ans , par devancement d'appel . Ses blessures au combat et les opérations spécifiques de son régiment lui valent la Croix de guerre et la Médaille militaire. Ses expériences serviront à l'écriture de Casse-pipe . Mais la guerre le marque et il développe son penchant pacifiste et pessimiste . Après la guerre , Céline épouse Edith Follet (ils ont une fille ensemble) , puis il passe le baccalauréat en 1919 et fait des études de médecine jusqu'en 1924 . En tant que médecin, il voyage à plusieurs reprises en Afrique et en Amérique, et mène aussi une lutte contre la tuberculose .

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                       Louis-Ferdinand Céline                      Sépulture de Céline à Meudon 

   En 1926 , Céline rencontre la danseuse américaine Elizabeth Craig, l'amour de sa vie , à qui il dédiera Voyage au bout de la nuit (1932) . Mais leur histoire tourne court . Céline a créé ou entretenu de nombreux mythes et légendes à son propos (par exemple , il aurait été trépané pendant la guerre) . Son Voyage au bout de la nui t, qui paraît en 1932, lui vaut le prix Renaudot . Sa notoriété est fulgurante . Céline , malgré la qualité littéraire d'une grande partie de son œuvre , est l'objet de terribles divisions . En effet, vers la fin des années 30 , Céline n'hésite pas à prôner la haine raciale et l’antisémitisme . Céline est mis au ban des personnalités respectables à partir de cette période et de la Libération , Céline s'exile en Allemagne puis au Danemark , avant de revenir en France . Il faut attendre l'année 1957 pour que D'un château l'autre le fasse revenir dans l'actualité littéraire. Il décède en 1961 d'une rupture d'anévrisme laissant veuve Lucette Destouches . Il est enterré au cimetière des Longs Réages , à Meudon , le pavillon qu'il occupait brûlera en mai 1968, détruisant alors ses lettres et manuscrits . 

   Le DVD " Paris Céline " 

   50 ans après sa mort , " Paris Céline " propose pour la première fois de voyager dans le Paris de Louis-Ferdinand Céline . Un voyage en compagnie de Lorant Deutsch au cœur des lieux céliniens les plus emblématiques comme le passage Choiseul dans le second arrondissement où il passe son enfance . Sa " cloche à gaz " comme il se plaît à le définir . Sa mère y tient un petit commerce en dentelles dans une petite boutique . C'est un " petit théâtre " pour Céline ou il croise des personnages incroyables qui lui inspireront " Mort à Crédit " , l'un se ses chefs-d'œuvres . Puis au 36 de la rue d'Alsace à Clichy , lieu de brassage populaire , " une banlieue paillasson aux portes de Paris " , comme il le définit où le docteur Ferdinand Destouches , alias Céline , exercera en tant que jeune médecin au fond d'une cour . On le retrouve à Montmartre en 1937 au 98 rue Lepic  , le " Haut Lepic " , le Montmartre de bohême ou il se fera témoin du vice des cabarets en compagnie du peintre Gen Paul , Henri Mahé . Il y rencontre aussi Marcel Aimé et Michel Simon . Et puis la maison de Meudon , sa dernière demeure avec Lucette au milieu des pinces à linge , de ses chiens et de Toto le perroquet !!! 

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   Cabinet du Dr Destouches      Lucette et Céline à Meudon           Céline à Meudon 

  Pour faire revivre ce Paris aujourd'hui presque entièrement disparu , le comédien et auteur Lorant Deutsch , passionné âr l'histoire de la capitale se fait tour à tour lecteur des grands textes de Céline se rapportant à chaque lieu , et guide , dévoilant à l'aide de nombreuses anecdotes de qu'y fut la vie de l'écrivain et de ceux qui le côtoyèrent . " Paris Céline " es aussi un " bestiaire de Paris " , un hommage à son petit peuple , à ses figures devenues mythiques , à la culture populaire et à ce parler argotique qu'empruntent allègrement l'auteur du " Métronome " . Grâce à une riche iconographie mêlant des reproductions de dessins de Tardi et des grands peintres montmartrois , des gouaches de Gen Paul , des phoos et des extraits de film d'époque ainsi que des archives audiovisuelles parfois inédites de Gaumont & Pathé , Loran Deutsch nous entraîne au cœur du Paris de Céline .

    Références : les dossiers de presse des Editions Montparnasse qui m'ont été gentiment envoyés . 

   Si Vous êtes un amoureux du Paris ancien , ne manquez surtout pas vous procurer ce DVD " Paris Céline " aux Editions Montparnasse au prix de 15 euros au 12 Villa cœur de Vey dans le XIV ème arrondissement à partir du 2 mai 2012 , vous ne le regretterez pas !!!  

 

                        

 

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23 mars 2012

LA DERNIÈRE VESPASIENNE

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  Saviez vous qu'il existe encore à Paris une ancienne vespasienne . Elle se trouve Boulevard Arago face au mur d'enceinte de la prison de la Santé . Je me propose de vous faire découvrir l'histoire des ces édicules publics , nombreux au siècle passé , et qui  ont été remplacés par souci d'hygienne par les " Sanisettes "  que nous connaissons aujourd'hui ! 

  La vespasienne doit son nom à l'empereur romain Vespasien . Vespasianus Augustus) (17 novembre 9 – † 23 juin 79) est empereur romain de 69 à 79. Il est le fondateur de la dynastie des Flaviens qui règnent sur l'Empire de 69 à 96. Ses fils Titus, puis Domitien lui succèdent . Il participera à la réorganisation et au rétablissement de l'ordre et de la paix au sein de l'Empire romain . Dans de nombreuses villes romaines, il y avait des toilettes publiques à l'air libre avec un degré minimal de respect de la vie privée , c'est le moins que l'on puisse dire !!! Ces installations étaient généralement un peu rectangulaires en forme de chambres (quelques sièges jusqu'à 100 personnes) . Disposés le long de plusieurs des parois de ces chambres étaient des bancs de pierre longues . Sous ces sièges perçés coulait de l'eau qui dirigeait les excréments vers des citernes  ou des égouts . Une éponge au bout d'un long bâton servait de papier hygiénique. L'empereur Vespasien avait également fait disséminer dans Rome de grandes urnes d’argile dont le public pouvait faire usage pour effectuer leurs besoins naturels . 

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   Empereur Vespasien            Aureus Vespasien               Toilettes commiunes à Rome 

  L'empereur Vespasien , étendit le " Chrysargyre " , qui était un impôt spécial atteignant l'industrie et le commerce , au produit des urinoirs de la ville  , qui était décanté et stocké dans des citernes afin d'être vendu à la guilde des foulons . Les foulons étaient les " nettoyeurs à sec " de Rome , ils avaient découvert que l'ammoniaque présente dans l'urine avait des propriétés de nettoyage . Le travail des foulons consistait aussi bien à apprêter la laine vierge pour en faire du drap qu'à nettoyer les vêtements déjà portés . La laine était foulée aux pieds avant le filage et après le tissage dans de l'eau salée, dans de l'eau additionnée de carbonate de soude ou de potasse voire dans de l'urine animale ou humaine . Le chrysargyre était payable tous les quatre ans par tous les chefs de famille, au prorata des personnes vivants sous leur toit , même des animaux (chiens, ânes, bêtes de trait, etc.…) qui pourtant n’utilisaient pas les dites urnes !!! Titus le fils de l'empereur protestat contre cette nouvelle taxe et en poussant une pièce de monnaie sous son nez , Vespasien lui a rappelé que  " l'or n'a pas d'odeur " . Phrase proverbiale , légèrement modifié au cours du temps , et qui nous est parvenue sous la forme de : " l'argent n'a pas d'odeur " !!! L'empire romain a toujours été très soucieux de l'hygiène ( Thermes , vespasiennes , crémation des corps etc. )

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                                    " Fullonica " romain - Cuve des foulons 

   A Paris , comme dans toutes les grandes villes du royaume , par édit royal il était interdit de satisfaires à ses besoins naturels n'importe où dans les rues . Inutile de vous dire que cet édit restera lettre morte et que les rues de Paris restent toujours jonchées d'excréments nauséabonds de toutes sortes !!! Vers1763 , M. Gontran Peaupot, industriel dans le textile, avait soumis à Monsieur François de Laverdy , lieutenant de police, un projet sans doute emprunté à Swift qui , proposait de faire bâtir et entretenir des latrines publiques dans la cité de Londres . Le Français aussi voulait établir «des brouettes à demeure, à différents coins de rues, où il y aurait des lunettes qui se trouveraient prêtes à recevoir ceux que des besoins urgents presseraient tout à coup . Cette idée ne reçut pas l’accueil bienveillant auquel elle avait droit . Il faut attendre 1770 date à laquelle le lieutenant général de Police , monsieur Antoine de Sartine ( 1729-1801 ) , pris la décision de faire disposer des " barils d'aisances " à tous les coins de rue .  Les barils de M. de Sartines obtinrent un succès mérité; mais on trouva, non sans raison, qu’il n’avait pas songé à tout, et que sa pensée demandait à être complétée .Elle le fut vers 1780 .

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          Antoine de Sartine               Rue Brisemiche              Porteur d'eau 

    Un certain Gontran Peupot , industriel dans le textile , imagina une garde-robe ployante , sous laquelle se dissimulait un seau de bois sur lequel on pouvait s'asseoir et faire ses besoin en toute intimité . Il se promenait dans les rues en robe de chambre, tenant sous son bras sa garde-robe; de temps en temps il criait: «Chacun sait ce qu’il a à faire!» et il faisait payer quatre sous par séance !!! C’est un procédé à peu près analogue dont M. de Cadet de Gassicourt fut témoin à Vienne et qu'il décrit en ces termes : " Un usage fort bizarre consistait à entretenir la propreté dans les rues de Vienne. Quelques spéculateurs philanthropes avaient imaginé de se tenir près des places et des édifices publics , dans des lieux écartés, avec des seaux de bois couverts et un grand manteau. Le seau servait de siège, et le manteau, cerclé dans sa partie inférieure, s’éloignait assez du corps de celui qui le portrait, pour permettre au client de se débarrasser sans être vu des vêtements particuliers qu’il devait écarter. Deux kreutzers étaient le prix de cette location momentanée  " .

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            Rambuteau              Sépulture de Rambuteau        Edicule Rambuteau    

   Ensuite des édIcules publics furent introduits à Paris par le préfet de la Seine Claude-Philibert Barthelot , comte de Rambuteau ( 1781-1869 ) en 1834 . Claude-Philibert Barthelot, comte de Rambuteau, né à Mâcon (Saône-et-Loire) le 9 novembre 1781, mort à Charnay-lès-Mâcon (Saône-et-Loire), le 11 avril 1869, est un haut fonctionnaire de la première moitié du XIXe siècle. Il a été conseiller d’État, pair de France et surtout préfet de la Seine de 1833 à 1848. C’est à ce titre qu’il a mis en place les premiers éléments de la transformation de Paris qu'allait achever le préfet Haussmann sous le Second Empire. Il en fait installer quatre cent soixante-dix-huit sur les trottoirs de la ville . Raillé par l’opposition, qui a bien vite baptisé l’édicule « colonne Rambuteau », ce dernier lance l’expression « colonne vespasienne », en mémoire de l’empereur Vespasien, à qui l’on avait attribué l’établissement d’urinoirs publics , à Rome . Les sobriquets se multiplient . Philibert de Rambuteau repose au cimetière du Père Lachaise . A cette époque, l’affichage publique n’est pas réglementé et l’affichage de toute sorte de publicité à lieu sur des urinoirs dotés d’un panneau d’affichage à l’extérieur mais aussi sur les murs et les arbres. Cela sent mauvais,  et il faut donc régler ce problème d’hygiène: les « colonnes urinoirs » sont remplacées en 1868 par les colonnes Morris pour l’affichage et par les vespasiennes pour les lieux d’aisances.

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           Urinoir kiosque à six stalles, place du Théatre Français entre 1858 et 1876        vespasienne chaussée de la Muette        bpiss75010      

                                              Edicules Rambuteau 

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                                                 Colonne Morris 

   Les sobriquets se multiplient , les "édicules Rambuteau” s’appelaient des pistières. Sans doute dans son enfance n’avait-il pas entendu l’o, et cela lui était resté. Il prononçait donc ce mot incorrectement mais perpétuellement » (Marcel Proust, Le Temps retrouvé, p. 749). Contemporains de Proust, des homosexuels du 16e arrondissement utilisaient le terme codé de baies, plus chic que l’argotique "tasses" . Le terme de " soupeur de tasse " désigne ainsi tout d'abord des individus qui éprouvent du plaisir à manger de la nourriture imbibée de l'urine d'autrui, notamment du pain abandonné volontairement dans des urinoirs publics puis récupéré pour être consommé (il était parfois attaché par une ficelle) !!! D'autres, plus populaires, les avaient baptisées Ginette. Celui de pissotière, en référence au « trou dans la muraille d’un navire pour laisser s’écouler l’eau de surface », est resté . Ces édicules étaient très souvent malodorante , d'une saleté répugnante et souvent un lieu de fréquentation pour le moins douteux !!! Ne manquez pas de visiter le remarquable site de Mariane Blidon sur l'histoire des Vespasiennes . 

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           La dernière vespasienne  Bd Arago         " Cimetière " des vespasiennes 

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                                 Vespasienne rue de l'Ourcq en 1960 

  Après plus d'un siècle d'exploitation, leur suppression a été votée au conseil municipal de Paris, en 1961. Les Parisiens se plaignaient, non pas du bruit ou de l'odeur mais des mauvaises fréquentations de l'endroit !!! Elles furent remplacées par les Sanisettes que nous connaissons aujourd'hui . Enfin la gente féminine pouvait satisfaire à ses besoins naturels !!! Les sanisettes sont des toilettes publiques désormais gratuites à entretien automatique installées pour la première fois à Paris dans les années 1980 par la société J.C. Decaux . La première sanisette a été ouverte le 10 novembre 19811. « Sanisette » est une marque commerciale déposée par la société J.C. Decaux . La première sanisette a été ouverte le 10 novembre 1981. En décembre 1981, il y en avait 59 en service .Le prix d'entrée des sanisettes avait été originellement fixé par délibération du Conseil de Paris du 20 octobre 1981 à un franc . Depuis le 15 février 2006, elles sont gratuite.La première sanisette de seconde génération a été posée au 1, avenue Stéphane-Mallarmé3. En 2010, il y a près de 400 sanisettes à Paris . 

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                                                     Sanisettes Decaux 

  Que de progrès depuis les toilettes communes de Rome !!! Ne manquez pas d'aller dire un petit adieu à la dernière vespasienne parisienne , si vos pas vous conduisent boulevard Arago , car je pense que ses derniers jours sont comptés !!! 

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10 mars 2012

LE PALAIS DU COMMERCE

  Je vous propose aujourd'hui de découvrir la passionnante histoire du " Palais du Commerce " , que certainement , vous n'avez pas manqué de remarquer au 105 de la rue du Faubourg-du-Temple . 

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                                              Le Palais du Commerce 

    La rue du Faubourg-du-Temple

  Ce très ancien chemin conduisant à Belleville , avait été ouvert d'un clos appelé au XIIème siècle , Malevart , propriété en 1175 du chapitre Saint-Merri . Il devint rapidement la principale rue du faubourg de Paris . Il commença à se former sous Henri IV et Louis XII , au-delà de la porte du Temple , de l'enceinte de Charles V , situé à l'angle actuel de nos rues du Temple et de Meslay . Construite vers 1380 , protégée par un large fossé et un bastion extérieur , cette porte fut démolie à partir de 1678 , lorsque commença la construction du boulevard du Temple . La création de la place du Château-d'Eau au début du XIXème siècle  puis de celle de  la République à partir de 1856 l'a amputé de son commencement . 

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       Plan du XIVème siècle           Plan de 1780                     La Porte du Temple  

   L'îlot compris entre les rues du Faubourg-du-Temple , Saint-Maur et de la Fontaine-au-Roi , aux environs de notre rue Goncourt , une petite agglomération de cabarets très fréquentés au début de la Régence . On l'appelait la " Basse-Courtille " ou Courtille du Temple du nom d'un vieux mot picard  " courti " , signifiant un jardin champêtre . La " Haue-Courtille " quant à elle ,  se trouvait à Belleville . Elle était située au-delà du mur des Fermiers généraux de 1788 . 

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           La Basse-Courtille               Le cabaret Ramponeau       La descente de la courtille 


    Le Palais du Commerce 

  Ce " Palais  "de style Art déco  est une Galerie Marchande à un seul accès construit de 1923 à 1924 par l'architecte Ferdinand Bauguil  pour Théo Cremnitz, promoteur de cet ensemble de "magasins d'exposition" . Au fond d'un couloir central se trouvait deux escaliers pour atteindre les étages à doubles balcons , reliés à deux endroits sur chaque étage . L'édifice en béton armé est  constitué d'un rez-de-chaussée et de deux niveaux ouverts sur des coursives et éclairé par ses planchers et plafonds pavés de verre et par une verrière colorée en fond de galerie pour éclairer l"intérieur du bâtiment .

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      2594783003_a7d141cbd0_o       DSC_3788_bis      Palais du Commerce, 105 rue du Fbg du Temple (5)X° [750]     

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                                               Le Palais du Commerce                                                                    

   Il abrite en 1925 une cinquantaine de magasins, d’ateliers , le syndicat des coiffeurs parisiens et le célèbre bal-musette La Java   Maurice Chevalier , Piaf , Fréhel , Jean Gabin , etc . feront leurs débuts contre un plat de lentille et quelques sous . Le vin n’y est pas cher et la scène , sur roulettes , recule au fur et à mesure de l’arrivée des danseurs . Aujourd'hui le Palais abrite dans les deux étages une dizaine de bureaux de différentes sociétés privées et d'ateliers de peintres . Au sous-sol se trouve toujours l'ancienne salle de bal musette "La Java" , transformée aujourd'hui  en club parisien " branché " jouissant d'une programmation riche et très éclectique . Le bâtiment est inscrit dans les répertoires supplémentaires des Monuments Historiques . Le Palais du Commerce est une propriété privée de la Société Civile Immoblilère " Galerie du 105 faubourg du Temple " . 

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           Frehel                    Maurice Chevalier                Edith Piaf

  

         

       La Java

  La java est la danse la plus typique du répertoire du musette. Elle est d'origine populaire apparue dans les années 1930 à Paris chez les accordéonistes de la rue de Lappe . Le mot est dérivé du nom de l'île de Java . En revanche , dans le Dictionnaire culturel en langue française  de 1922 , on mentionne seulement l'argot  "faire la java" : danser en remuant les épaules . L'origine du mot Java est inconnu . Sans rapport avec l'île de Java , il est peut-être une corruption supposée auvergnate de ça va en cha va, java .... 

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    Django Reinhardt aussi fréquente La Java , on dit même que c’est là qu’il rencontra le jazz et l’accordéon et que le manouche musette fit son apparition . Mais, comme bon nombre de lieux , ce dancing réputé des faubourgs, haut lieu des canailles et des bourgeois de la capitale , qui viennent y trouver ensemble l’amour et la joie , ce temple d’un Musette trop léger pour la saison, doit fermer le 19 mai 1940 et Mme Gondal (Léontine-Charlotte) , l’antique gérante , cède son fond de commerce en 1943 . La salle ré-ouvre alors et son histoire jusqu’en 1968 est plutôt méconnue , toujours salle de danse , de jeux, de rencontres… On dit même que Jacques Mesrine fréquentait assidûment La Java .Sa programmation semble toujours et encore axée sur une musique populaire, bon enfant, dédiée en particulier aux fanatiques de la valse en mineur et de la java .

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                                                      " LA JAVA "

  En mai 1968 Jacques Morino reprend ce rendez-vous des « toupilleurs » (qui tournent, qui tournent, qui tournent,…), et en change le nom La Java (de prestigieuse mémoire…) prend pour un temps le nom d’un non moins prestigieux accordéoniste, qui en devient le chef d’orchestre : Augusto Baldi. Les amplificateurs font leur entrée sur scène et avec eux le rock’n’roll . Des travaux d’insonorisation sont effectués , et dans les années 80 La Java ,toujours en gardant sont esprit musette de quartier, devient un haut lieu des soirées "underground" avec les mythiques "Acid Rendez Vous" et "La Sardine" . C’est au tour des années 90 de faire entrer la world music par la grande porte : La Java deviendra pendant 10 ans le temple de la salsa . En mai 2006, la nouvelle équipe reprend les rênes de l’établissement .Tout en s’attachant à garder l’âme du lieu, elle en fait une salle typiquement parisienne appréciée des clubbers et des fans de musiques urbaines .

 

            

                               La Java de Cezigue 

 

 

 

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29 février 2012

ANCIENNE USINE MECCANO

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                                               Ancienne usine Meccano ( photo de Mr Denis Cosnard )

  Quel petit garçon n'a pas eu autrefois le désir de posséder un coffret de  Meccano !!! Ce que l'on sait beaucoup moins c'est que les ateliers de l'usine Mecanno étaient installés  à Paris , au 78 de la rue Rébeval dans le quartier de Belleville . Je vous propose de découvrir la passionnante histoire de cette firme hélas aujourd'hui disparue et dont les productions ont fait le bonheur de générations de garçons et ... de leurs papas !!! 

  Joseph Boyer, comte de Rébeval (1768-1822) est un colonel commandant du 2e régiment des chasseurs à pied de la garde impériale, baron de Rébeval par lettres patentes du 15 janvier 1809 . Il fut nommé général d'Empire , blessé lors du passage du Tagliamento, le 16 mars 1797 , il s'illustra  à la bataille d'Essling en 1809  où il fut fait commandant de la Légion d'honneur . En en 1813 il participa aux batailles de Wurschen et de Dresde où il fut blessé au ventre . Le général Boyer de Rébeval se battit héroïquement à la bataille de Waterloo en 1815 . Il quitta l'armée pour se retirer dans sa terre de Rébeval où il mourut  en 1822 . Il est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris . 

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      Général Boyer                   Armoirie familiale         Sépulture Boyer au Père Lachaise 

          La rue Rébeval 

    La rue Rébeval est l'ancien chemin Saint-Laurent de 1672, qui conduisait de Belleville vers le quartier parisien de Saint-Laurent par le chemin de la Chopinette qui lui faisait suite de l'autre côté du boulevard . Appelé Saint-Laurent de 1837 à 1864 , cette rue à reçu à cette date le nom du lieutenant Général Boyer de Rébeval ( 1768-1822) . Toutes les anciennes rues qui débouchent dans la rue Rébeval du côté de ses numéros impairs sont d'anciennes ruelles qui se heurtaient à le Buttte de Chaumont et par lesquelles on pouvait atteindre , soit les carrières situées au pied de la butte soit les moulins édifiés à son sommet . Au numéro trois de la rue de Rébeval se trouvait l'abattoir de la commune de Belleville , édifié à l'angle de la rue de l'Atlas vers 1852 .

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        Moulins de Belleville              Butte de Chaumont                Carrière de gypse   

   De ces anciennes ruelles qui s'échappaient de la rue Rébeval pour rejoindre la butte de Chaumont , ses carrières et ses moulins  , on peut encore découvrir , au 55 de la rue Rébeval , la cité Jandelle qui est sans doute un vestige de l'un de ces chemins . Cette impasse au sol de ciment défoncé n'est pas très engageant à parcourir mais vous serez récompensé en découvrant au fond de ce passage des maisons de campagnes du vieux Belleville , joliment restaurées , peintes de couleurs vives et noyées dans la verdure . Surtout ne manquez d'y venir flâner !!! Vous retrouverez toute l'âme de ce qu'était Belleville avant l'appartion de ces hideuses constructions modernes !!! Hélas ces petits passages sont tous voués dans un avenir proche à une démolition afin de satisfaire l'avidié toujours plus grandes des promoteurs immobiliers !!! 

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                                                        La Cité Jandelle 

      

     Les ateliers de l'usine Meccano

  Étrange façade en briques et en pierre de taille que celle de l'ancienne usine Meccano située au 78 de la rue Rébéval , aujourd'hui en cours de restructuration . Construite en 1921 puis surélevée en 1925 elle est l'œuvre de l'architecte d'origine belge Arthur Vye-Parminter ( on lui doit également le lotissement de la Villa Pasteur à Neuilly-sur-Seine ) . On y reconnaît une influence industrielle des manufactures du Nord . Cette façade ondulée et crénelée est encadrée par de courtes ailes aux allures de tours carrés . Le Choix des matériaux , la variété de ouvertures ( cintrées ou en forme de meurtrières ) apportent au bâtiment beaucoup de fantaisie sans jamais l'alourdir . Cette partie était occupée par les locaux administratifs de la fabrique Meccano . L'usine de production était située juste derrière dans des bâtiments sur cour . C'est là que furent fabriqués , pendant une dizaine d'années les célèbre jeux de constructions " Meccano " et tous les jouets  de cette marque vendus en France . Les ateliers fonctionnent bien même si, un matin d'avril 1930,  l'explosion de quelques bonbonnes d'acide nitrique provoque un incendie et des dégâts matériels. Mais, au bout de dix ans à peine, les cinq étages, la cour, la nef centrale se révèlent déjà trop petits . En 1930, les dirigeants de Meccano décident d'installer en France une plus grande usine  "   Ref. Denis Cosnard - Des usines à Paris 

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                       Usine Meccano rue Rébeval           Photo de Monsieur Denis Cosnard  Des usines à Paris 

   Elle est construite en banlieue, à Bobigny, et opérationnelle à partir de 1934. Rue Rébeval ne restent alors que l'administration et l'expédition . Pendant l'occupation les allemands imposent à Meccano de produire des jouets pour le compte de Märklin . En 1951, Meccano abandonne finalement la rue Rébeval, et regroupe tous ses services à Bobigny , avenue Henri Barbusse . L'immeuble de Belleville est vendu . Après une fusion en 1950 avec la société Miro , spécialiste des jeux de société, l’entreprise Meccano connaît bien des vicissitudes . Elle a été rachetée en 2000 par le groupe japonais Nikko. Aujourd’hui, seule l’usine de Calais continue à produire des jeux Meccano, avec deux gammes, en plastique et en métal . Le Secours mutuel agricole s'y installe au milieu des années 1950 . Le centre d'études supérieures de la Sécurité sociale y a également son siège à titre transitoire dans les années 1960 . 

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    Célèbre jeu de Meccano            Usine de Bobigny                    Usine de Calais 

    Puis, à partir de 1985, les lieux, assez inchangés depuis l'époque Meccano, sont récupérés par l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville, qui y demeure jusqu'à l'été 2009 où elle s'installe dans l'ancien lycée Diderot, boulevard de La Villette . Des travaux sont actuellement en cours afin d'adapter l'immeuble pour qu'il accueille l'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris .

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                            Restructuration de l'ancienne usine Meccano

     

        Histoire de la fabrique de jouets  Meccano 

  Natif de Liverpool. Frank Hornby ( 1863-1936 ) a trois enfants pour lesquels il invente des jouets . C'est à cette occasion qu'il va réaliser un petit jeu qui consiste à assembler des pièces en métal . Il a 38 ans lorsqu'il dépose en 1901 le brevet du jeu de construction . Le nom de Meccano (qui aurait pour origine "Make and Know") ne sera trouvé qu'en 1907. En 1908 , Franck Hornby ouvre son entreprise .

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                                Frank Hornby                                   Sépulture de F. Hornby

  En quelques années seulement, la firme deviendra un petit empire constitué de plusieurs usines à Liverpool à Duke Street , la plus ancienne ou à Binns Road . Les pièces du jeu de construction sont alors fabriquées en nickel et ne sont pas peintes. La couleur ne viendra que plus tard à l'occasion du 25ème anniversaire de la création du jeu. En 1912, Frank Hornby affiche ses ambitions internationales. Il fonde Meccano France . En 1920, il ouvre sa première usine à Paris rue Réveval , la grande usine à Bobigny n'ouvrira qu'en 1930 . Toujours en 1920 , la firme de Liverpool crée la marque Hornby destinée aux trains . En 1934, elle crée sa première voiture miniature Dinky Toys . Les Dinky Toys n'ont pas été inventées par Meccano, ce sont des copies des Tootsietoys fabriquées à Chicago depuis le début des années 1920 . 

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                            Boites de Meccano                                         Train 00 Hornby

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                              Jeu de Meccano                                   Timbre poste britanique

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                                                 Voitures Dinky Toys

   Frank Hornby décède le 21 septembre1936 .  Il repose dans le parc de l'église St Andrews à Maghull . C'est Roland, son fils ainé, qui prend la tête de l'entreprise et crée en 1938 la marque Hornby Dublo Le 30 novembre 1979, l'usine de Liverpool, qui avait été la plus grande usine de jouets au monde où travaillaient plus de trois mille employés, est fermée et mise en vente. Occupée pendant quatre mois, l’usine ne sera pas vendue, elle sera finalement rasée. Les différentes marques de Meccano sont vendues : Triang-Hornby est racheté par Dunbee Combex Marx et la marque Dinky , sans toys , par Universal Holdings de Hong-Kong qui possède Matchbox 

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                                                Voitures Matchbox

  En 1986 Meccano France est cédé à Airfix , puis en 2000 au groupe japonais Nikko , où dans son usine de Calais on continue , pour le plus grand plaisir des petits et des grands , à fabriquer des coffrets de  " Meccano " . 

                              

  Si vous êtes intéressé sur l'histoire du patrimoine industriel de Paris je vous recommande le remarquable blog de Monsieur Denis Cosnard : " Des usines à Paris " . Vous découvrirez un Paris inconnu que vous ne soupçonnez pas , celui des fabriques et des usines aujourd'hui disparu .  

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10 février 2012

LE SOLDAT INCONNU

 Tout le monde connaît  l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris , mais bien peu connaissent la véritable histoire de ce Soldat Inconnu qui repose sous sa dalle , c'est cette passionnante histoire que je me propose vous faire  découvrir . 

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                                   La dalle où repose le Soldat Inconnu 

   L'Arc de Triomphe de l'Etoile 

   La Place de l'Etoile coiffe l'ancienne colline du Roule dont l'écrêtement proposée par l'inspecteur des bâtiments du Roi Ange Gabriel , fut effectuée de 1768 à 1774 par Perronet . Cette butte portait déjà le nom de l'Etoile en 1730 : c'était " l'Etoile de Chaillot " . Le mur des Fermiers Généraux la contourna par l'est et la barrière de l'octroi , anciennement située dans l'avenue des Champs-Elysées à hauteur de la rue de Chaillot , y fut transférée à la porte de Neuilly . Douze avenues rayonnèrent dès lors d'une façon rigoureusement géométrique de cette place de 240 mètre de diamètre . Le nom actuel de cette place date de 1863 .  

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       Barrière de l'Etoile                                  Arc de Triomphe de l'Etoile 

    Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d'Austerlitz déclare aux soldats: « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe » et par un décret impérial en date du 18 février 1806 ordonne la construction cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises . Son projet initial était d'en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille . Pour la conception du monument, l'architecte Chalgrin Jean-François ( 1739-1811 ) fut en concurrence avec son confrère Raymond, chargé de collaborer avec lui . Le premier souhaitait orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les voulait engagées, l'incompatibilité de ces deux conceptions rendant impossible toute collaboration entre les deux architectes . Un arbitrage rendu par Champagny, ministre de l'intérieur, força Raymond à se retirer honorablement . Il s’est inspiré de l’arc romain de Titus  à arche unique, mais s’en est émancipé par des dimensions exceptionnelles et l’abandon des colonnes .

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                                            Arc de Triomphe de l'Étoile 

 L'Arc de triomphe de l'Étoile a été élevé sur un terrain qui appartenait au petit village des Ternes ; le petit village est devenu, depuis le commencement de la construction de ce vaste édifice, un sorte de ville, qui s'étend d'un côté jusqu'aux Batignolles, et de l'autre jusqu'à Neuilly . Depuis dix ans une ville nouvelle s'est également formée autour de l'Arc de triomphe. Sur le rond-point jadis désert on a bâti des maisons qui ont appelé d'autres maisons, et à l'heure présente des rues sont tracées, bordées d'habitations élégantes, là ou naguère on ne voyait que des terrains vagues . A Paris il ne faut que quelques années pour transformer en une ville un marécage . Le voyageur qui pénètre pour la première fois dans Paris par cette entrée monumentale reste un instant ébahi à l'aspect de tant de magnificence de la grille de la barrière il aperçoit de chaque côté de la grande avenue cette forêt d'arbres séculaires qui abritent de leur ombre les Champs-Élysées ; en face de lui, la place de la Concorde avec ses statues, ses fontaines, ses chevaux de marbre et son aiguille de granit, puis, dans le lointain, le palais des Tuileries, dont le pavillon principal se détache au milieu de son cadre de verdure . 

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                                         Barrière de l'Étoile

  Lors des premières défaites napoléoniennes , et des évènements de 1814 l'arc de triomphe élevé jusqu'au voûtes, la construction est interrompue, puis abandonnée sous la Restauration. Louis XVIII ne reprit la construction qu'en 1824 sous la direction des architectes Goult et Huyot .En 1830, Louis-Philippe reprit la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792-1815. C’est Louis-Philippe et Thiers qui ont décidé du choix des thèmes et des sculptures . Etaix , Rude et Cortot reçurent la commande des groupes allégoriques qui devaient commémorer les faits militaires de la Révolution et de l'Empire . Les quatre plus importants groupes sculptés sont : Le Départ des volontaires de 1792 (dit La Marseillaise), par François Rude ,  Le Triomphe de 1810 , par Jean-Pierre Cortot , La Résistance  et  La Paix , par Antoine Étex .

 

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          La Marseillaise                Le triomphe de 1810               La Paix 

   Thiers confia également à Feuchères , Gechter , Marochetti , Chaponnière , Lemaire , Seurre ainé les sculptures des six bas-reliefs et à Pradier des celles des " Renommés " des tympans des grands arcs . La frise du grand entablement , composition dont les images sont hautes de 2 mètres ont été confiés à Brun , Jacquot , Laitié , Rude , Caillouette , et Seurre ainé . Pour éviter un trop grand contraste entre la nudité de certaines surfaces et la richesse de ces sculptures , on décida le 20févier 1836 de graver sur ces surfaces le nom des Généraux et les batailles de l'Empire . 

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        La bataille d'Arcole               Les " Renommées "              La bataille d'Aboukir 

    C’est en 1835 que l’architecte Blouet, chargé d’achever la construction de l’Arc, obtint ’Adolphe Thiers, ministre de l’Intérieur, l’autorisation d’inscrire sur les murs du monument les grands noms de la Révolution et de l’Empire. Il décida de faire figurer les noms des batailles sur les faces internes de la grande arche et sur les boucliers de l’attique, en concordance avec les points cardinaux, tandis que ceux des généraux (notamment Dumouriez, Marceau, Cambronne et Daumesnil) orneront les quatre faces internes de la petite arche, répartis selon les zones géographiques où ces officiers ont combattu . L'Arc de triomphe de l'Étoile est inauguré le 29 juillet 1836 pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, avait été prévue une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe. Mais, alors que celui-ci venait d'être visé par un nouvel attentat le 25 juin, le président du Conseil, Adolphe Thiers, convainc le roi de s'abstenir. La revue militaire est décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à 300 invités, tandis que le monument est inauguré en catimini par Thiers, à sept heures du matin . 

  Histoire du " soldat inconnu "

    Evoquée en 1916, l'idée d'honorer un soldat inconnu est proposée par le président du Souvenir Français de Rennes , Monsieur Simon , puis reprise par Monsieur Maunoury député d'Eure-et-Loire et par Monsieur Crescitz , président de la Société Française de Berne . Il faut attendre 1919 pour voir le principe adopté par la Chambre des Députés , sans qu'aucun lieu spécifique fut déterminé fut adoptée en 1918. Le 12 novembre 1919, on décida du Panthéon comme lieu de sépulture. Mais en 1920, une campagne menée par des écrivains est à l'origine du choix définitif de l'Arc de Triomphe. Il faut attendre 1919 pour voir le principe adopté par la Chambre des Députés , sans qu'aucun lieu spécifique fut déterminé . Sous l'impulsion énergique de l'écrivain Binat-Valner , les anciens combattants se mobilisèrent  pour que le soldat inconnu repose sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile . Le 8 novembre 1820 le président Georges Leygues obtint à l'unanimité des députés le vote de la loi officialisant la tombe du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe . Article premier : " Les honneurs du Panthéon seront rendus aux restes d'un des soldats non identifiés tombés au champ d'honneur pendant la guerre de 1914-1918 . La translation des restes de ce soldat sera faite solennellement le 11 novembre 1920 . Article second : " Le même jour les restes du soldat inconnu seront inhumé sous l'Arc de Triomphe " . Il restait à choisir la dépouille du soldat inconnu . C'est au ministre des Beaux-Arts , Monsieur Honnorat , qu'incomba la tâche de coordonner l'emsemble de ce processus avec le souci d'une constante simplicité .

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                          La tombe du soldat inconnu                    Inhumation du soldat inconnu

    Désignation du Soldat inconnu     

  Le ministre de la Guerre et des Pension, André Maginot, ancien sergent du 44ème RIT, blessé au combat, ordonne aussitôt aux neuf commandants de Région de faire exhumer «dans un point de chaque région pris au hasard et qui devra rester secret, le corps d'un soldat identifié comme Français, mais dont l'identité n'aura pu être établie» . On sait aujourd'hui que l'on avait choisi huit sites du front où les batailles furent les plus meurtrières : Flandres , Artois , Somme , Ile-de-France , Chemin des Dames , Champagne , Verdun et la Lorraine . 

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    Le Chemin des Dames         Verdun-la Voie sacrée         Bataille de la Somme 

   Le 9 novembre , les restes de ces soldats , placés dans huit cercueils de chêne sont acheminés vers une chapelle ardente dressée à la Citadelle de Verdun . Les cercueils seront plusieurs fois changés de place dans cette casemate pour en préserver l'anonymat et la provenance  . Le 10 novembre les cercueils sont rangés en deux colonnes de quatre dans l'écoute ( galerie souterraine ) n°1 de la citadelle basse . Les murs ont été , pour cette occasion , drapés de toile blanche et blanchis à la chaux . Les cercueils sont ornés de drapeau français sur lesquels des palmes ont été déposées . Des lampes électriques voilées de mauve et des cierges placés dans des douilles d'obus éclaire cette chapelle ardente improvisée . La garde d'honneur est assurée par une  compagnie du 132ème régiment d'infanterie , impeccablement habillée , l'arme au pied . 

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  La citadelle de Verdun          Une  "écoute"        Désignation du soldat inconnu        

   A 15 heures en ce  9 novembre 1920 , Mr André Maginot , ministre des Pensions , s'avance vers les jeunes soldats présents et choisi au hasard , en lui tendant un bouquet d'œillets blancs et rouges  , celui qui aura l'honneur de désigner , parmi les huit cercueils exposés , celui du " soldat inconnu " qui reposera sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris . L'homme auquel échoit cet honneur est la soldat Auguste Thin agé de 21 ans . Très ému il chercha rapidement comment choisir parmi les huit cercueil présents . Il racontera bien des années après le cheminement de son raisonnement Il me vint une pensée simple ; "J'appartiens au 6ecorps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132 , c'est également le chiffre 6 que je retiens . Ma désision est prise ce sera le 6ème cercueil que je désignerai " . Le soldat Thin , accompagné du ministre monsieur André Maginot , de Mgr Ginisty évêque de Verdun , de Monsieur Thoumyre , du commandant-major Lespinasse , du maire de Verdun monsieur Robin et de sa suie s'avance devant les cercueuils  . Parrant de la droite , le cortège fait un tour puis longe les quatre cercueils de droite , tourne à gauche , passe le cinquième puis s'arrête devant le sixième . Auguste Thin pose son bouquet et se fige au garde à vous . Le Soldat Iconnu est désigneé !!! La bière en chêne est alors chargée sur une prolonge d'artillerie pour être conduite à la gare de Verdun d'où elle sera convoyée jusqu'à Paris . Les sept autres cercueils partent pour la nécropole du " Faubourg Pavé " qui se trouve à l'entrée de Verdun afin d'y être inhumés en présence d'Auguste Thin .

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                    Départ du cercueil de Verdun                    Auguste Thin et André Maginot

   Avant de gagner sa dernière demeure , sous l'Arc de Triomphe , le cercueil du Soldat Inconnu arrivé à la nuit dans la capitale , sera déposé place Denfert-Rochereau dans une chapelle ardente . Le lendemain 10 novembre 1920 , le cercueil part en direction du Panthéon où le président de la République monsieur Raymond Poincaré prononce une allocution . C'est ce même jour que la chasse contenant le cœur de Gambetta sera placée dans la crypte du Panthéon . Placé sur l'affût d'un canon de 155 , il est acheminé vers l'Arc de Triomphe de l'Etoile où il est béni par Mgr Louis-Ernest Dubois , ancien évêque de Verdun , nommé par le pape Benoit XV cardinal puis archevêque de Paris en 1920 . Le cercueil est déposé dans une chapelle ardente dans le pilier gauche de de l'Arc de Triomphe gardé où il est gardé nuit et jour par un piquet d'honneur . Le cercueil du Soldat Inconnu ne sera finalement inhumé que le 28 janvier 1921 sous l'Arc de Triomphe . Un enterrement qui a fait l'objet d'une course contre la montre avec un autre soldat inconnu, britannique, inhumé le même jour à l'abbaye de Westminster , à Londres .  

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                       Arrivée du cercueil du Soldat Inconnu                 Mgr  Dubois

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         Chapelle ardente              Inhumation du Soldat Inconnu sous l'Arc de Triomphe

    Le 11 novembre 1923, en présence de nombreuses associations d'anciens combattants, André Maginot , ministre de la guerre et des pensions, allume pour la première fois une flamme du souvenir. Le foyer de la flamme est réalisé par le ferronnier Brandt . Le Comité de la Flamme aura désormais la tâche de la faire raviver chaque jour au crépuscule à 18h30 . Au fil des années, la Flamme est ravivée par les associations d'anciens combattants et le Livre d'or du Souvenir est signé par de nombreux hôtes de la France. En quatre années seulement, un cérémonial annuel est né et il deviendra vite une tradition . Parallèlement, on a assisté à l'érection d'un monument aux morts dans chaque commune de France, autour duquel chaque municipalité organise la cérémonie du 11 novembre : cortège des autorités, des associations patriotiques, des enfants des écoles, de la population . D’autres pays suivront l’exemple français : les Etats-Unis, la Belgique, la Roumanie et, près de quatre-vingts ans plus tard, le Canada qui, en 2000, enterre son soldat inconnu exhumé dans le Pas-de-Calais, aux environs de la crête de Vimy .

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                                Ravivage de la flamme du Soldat Inconnu

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             Canada                           Etats-Unis                          Grande-Bretagne 


      Auguste Thin 

   Auguste Thin ( né à Saint-Vaast-la-Hougue en 1899, mort le 10 avril 1982 à Paris ) est commis-épicier . Il s’engagea à Lisieux le 3 janvier 1918, à l’âge de 19 ans . Il était sergent dans les rangs du 274e R.I., régiment de réserve du 74e Il participa dans les rangs du 243e régiment d’infanterie à la contre-attaque en Champagne où il fut gazé . Quelques mois après, il se retrouva à l’Hartmannswillerkopf dans les Vosges, puis au moment de l’Armistice, non loin de là, à Guebwiller où il au 132e régiment d'infanterie de ligne. En novembre 1920 , il était à Verdun à la caserne Niel  . Pupille de la Nation , son père Louis Jules Adolphe Thin, né 21/08/1876 à Port en Bessin (Calvados) , soldat au 274e RI, mort pour la France, disparu aux combats du Fort de Vaux, il était domicilié à Port en Bessin . Auguste Thin a été décoré de la croix de la légion d’Honneur un peu avant sa mort à l’Arc de Triomphe par François Mitterrand . Il repose au cimetière d'Asnières .

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         Auguste Thin             Acte de décès de son père     Tombe d'Auguste Thin 


   Saviez vous que le le 7 août 1919 , trois semaines après le défilé de la Victoire  l'adjudant Charles Godefroy  à réussi l'exploit de passer sous l'Arc de Triomphe aux commandes d’un biplan Nieuport XVII de 120 CV (15 m2de surface portante pour environ 9 mètres d’envergure) , à plus de 140 kilomètres heure et à 10 mètresd’altitude . Un vol nécessitant une grande précision, la voûte ne faisant que 14,62 mde largueur pour 29,42 mde hauteur !!! Pendant plus de 60 ans, il est le seul qui à avoir osé le passage spectaculaire sous l'Arc de Triomphe, jusqu'à ce qu'en 1981 Alain Marchand reproduise cet exploit .

 

                         

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08 février 2012

LE PASSAGE DU DÉSIR

 C'est encore un petit passage méconnu que je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir . Il s'agit du Passage du désir qui se trouve non loin de la gare de l'Est dans le Xème arrondissement de Paris .

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                                                       Le Passage du désir 

   Le passage du Désir est une ancienne voie privée de 210 mètres de long et de 5 mètres de large fermée par des grilles débute au 89 rue du Faubourg-Saint-Martin et se termine au 84 rue du Faubourg-Saint-Denis . Il été coupé en deux par le percement en 1852 du boulevard de Strasbourg . Précédemment Allée du Puits (les trois puits connus sont tous aujourd'hui comblés et ils se situent   dans les caves , respectivement : au 84 rue du faubourg-Saint-Denis (grand puits maçonné en plâtrerie et crépi), au 40 et 36 passage du Désir . Cette voie a été appelée passage du Désir par les habitants du quartier en 1789 sans que l'on ne sache exactement la raison... D'après certaines sources ce passage aurait hébergé d'anciennes maisons closes destinées aux officiers de Napoléon  . À partir de 1853, l'ouverture de l'actuel boulevard de Strasbourg, a prolongé et élargi la première coupure en deux du passage qui avait été faite par l'ouverture de la rue Neuve de la Fidélité , elle-même ayant été la transformation de l'impasse de la Fidélité qui débouchait à peu près au milieu du passage du Désir, sans le diviser . 

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      Passage du désir plan       Passage du désir en 1920    Passage du désir aujourd'hui

  La partie ouest présente une architecture composite contrastant avec l'aspect ordonnancé de la partie est. Les immeubles en fort recul par rapport au passage, datant du XVIIIe et du XIXe siècle, sont devancés de boutiques et ateliers à rez-de-chaussée ; la finesse des détails constructifs, fonctionnels et décoratifs retient l'attention. L’accès sous porche côté rue du faubourg Saint-Denis traverse un remarquable immeuble de rapport de la seconde moitié du 18e siècle conservant de beaux appuis en fer forgé . le passage du Désir se situait alors dans le 5e arrondissement de l'époque .

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                                            Le Passage du désir 

   Même si le boulevard de Strasbourg a hélas perdu tout son charme d'antan ne le boudez pas et allez tout de même découvrir ce petit passage , sans oublier bien sur le passage Brady tout proche , tous deux vous enchanteront , j'en suis sûr !!! 

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31 janvier 2012

LE PASSAGE DELANOS

  Aujourd'hui je me propose de vous faire découvrir l'histoire du passage Delanos , totalement méconnu de la plupart de parisien , qui va nous entraîner à une époque pas si lointaine où la "campagne était à Paris" !!! 

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  Le Passage Delanos ( du nom du propriétaire du lieu ) est situé dans le Xème arrondissement de Paris . D'une longueur de 118 m et d'une largeur de 2.5 m , il débute au 148 rue du faubourg-Saint-Denis et se termine au 25 rue d'Alsace . La porte cochère qui marque son entrée rue du faubourg-Saint-Denis est surmonté d'une tête de vache , souvenir de la présence dans ce passage d'une  "vacherie " où les habitants du quartier venaient s"approvisionner en lait frais . 

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                                              Passage Delanos 

   Ce curieux passage est constitué d'une enfilade de trois cours successives de forme rectangulaire . Les deux premières sont perpendiculaires à la rue du faubourg-Saint-Denis et la troisième est positionnée en T . Cette dernière cour disposait , jusqu'à ces dernières année d'une sortie rue d'Alsace par un escalier aboutissant tout près des escaliers reliant à la gare de l'Est toute proche . Ce passage malgré sa rénovation récente a gardé tous son charme désuet !!! Lorsque l'on traverse ces trois cours on retrouve l'ame de ce Paris d'autrefois , aujourd'hui à tout jamais  disparu ... 

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           Première cour                    Deuxième cour                    Troisième cour 

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                                               Le Passage Delanos 

   Les vacheries parisiennes 

  Au XIXe siècle, et même encore au XXe siècle , Paris et sa banlieue abritaient un grand nombre de vacheries dont les propriétaires n'étaient jamais bien riches . Ces vacheries étaient encadrées par la réglementation sur les établissements classés insalubres , au même titre que les abattoirs , les clos d'équarissage et les industries chimiques etc. En 1886, on dénombrait 464 établissements laitiers, ou “vacheries” dans la capitale française, et 612 dans les faubourgs . En 1887 on dénombrait 6850 vaches  reparties dans quelques 490 vacheries dans Paris qui fournissaient pas moins de 575.000 litres de lait frais aux parisiens !!! "La demande de lait a commencé à se développer au début du XIXe siècle, grâce à la mode du café au lait" précise Pierre Boisard dans "Mémoires lactées", mais le problème est que le lait ne pouvant être transporté de la campagne à Paris sans tourner, il a fallu créer, à Paris, des vacheries où étaient nourries des vaches à lait. Ainsi la traite du matin pouvait rapidement être distribuée alentour. Il va s'en dire que cette vente de lait cru , n'était pas sans danger pour le consommateur surtout lorsque l'on sait qu'à cette époque 10 à 50% du cheptel bovin était tuberculeux , à cela s'ajoutait la malpropreté des étables , et le manque total d'hygiène total lors de la traite et du stockage du lait !!! Ces pauvres vaches ne quittaient leurs étables que pour être conduites aux abattoirs . Ces vaches de réformes ne servaient guère que pour la confections de saucisse (nom donné par les bouchers à une vache maigre) et de saucisson .  

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 Vacherie Cour de la Métairie   Vacherie rue Mouffetard   Vacherie rue Saint-Jacques 

  La spéculation foncière conduit les vacheries à être toutes rachetées par des promoteurs lorsque les propriétaires décèdent. De surcroît, les mauvais salaires versés aux garçons vachers entraînent une pénurie de personnel dans le secteur qui empêche une production régulière . En 1905 il ne restait plus que 278 vacheries à Paris . Avec l'arrivée des transports rapides à la fin du XIXe siècle, il a été possible de faire entrer à Paris du lait venant de la campagne environnante (15 à 20 kilomètres) , le lait " voyageur " comme on le dénommait à Paris . Ainsi, peu à peu, les "laiteries en grand" prirent le relais des vacheries . En 1907, on compte déjà 41 laiteries en grand à Paris. Peu à peu le lait devient un aliment reconnu et jusque dans les années 50, le lait est principalement vendu en vrac .

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     Vacherie rue de Torcy             "Réclame" - 1900              Laitière à Paris - Atget 

    Un décret du 23 février 1950 impose, à partir du 1er janvier 1953, la vente de lait pasteurisé en bouteilles cachetées dans les villes de plus de 20.000 habitants . C'est la fin des boîtes à lait en aluminium. Et bientôt, vers 1977, le traitement UHT (ultra haute température) permet de conserver trois mois le lait, à température ambiante, contre quelques jours, au froid, pour le lait pasteurisé. L'industrialisation a eu définitivement raison des vacheries ( Réf. Hubert Demory ) .

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                                          Exposition " Vache art " à Paris 

   Voici de quoi vous donner quelques idées de promenades dans Paris , partez à la recherche d'ancienne vacheries , vous en en trouvez des traces notamment passage d'Enfer dans le XIVème et dans le petit jardin potager du marché des "Enfants Rouges" rue de Bretagne  par exemple !!! 

 

 

 

 

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