LE PIETON DE PARIS

01 mars 2014

CITÉ GRISET

   

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                                                                            La Cité Griset 

 

  Découvrons ensemble la passionnante histoire de la Cité Griset , vestige du patrimoine industriel de Paris , remarquablement bien restauré , se trouvant situé ente le 125 rue Oberkampf et la rue Moret dans le XIème arrondissement . 

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                                          Usine Griset vue de la Rue Oberkamf

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                            Usine Griset vue de la rue Moret

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                                                 Usine Griset 

      La Rue Oberkampf 

   C'était uncien chemin raide et escarpé , conduisant au village de " Mesnil-Maudan " appelé aujourd'hui Ménilmontant  , dont la pente ne fut adoucie qu'en 1782 . Cette rue s'appelait au milieu du XVIIème siècle , chemin de Mesnil-Maudant ou de Ménil-Mautemps entre le boulevard des Filles du Calvaire et de la rue de la Folie-Méricourt  . Elle portait le nom d'un échevin nommé Chapus entre les rues Amelot et de la Folie-Méricourt . Elle se prolongeait entre la rue de Saint-Maur et la rue de la Folie-Méricourt par la rue de la Roulette , nom donné car un bureau de l'Octroi monté sur roues qui était situé au carrefour de la rue de la rue de la Folie-Méricourt . Puis , de la rue Saint-Maur au boulevard de Ménilmontant , par la rue de la Haute-Borne . Ces trois rues fusionnèrent pour donner le nom de Ménilmontant en 1806 . En 1864 elle prit le nom de rue Oberkampf , du nom du manufacturier Guillaume Oberkampf ( 1738-1815 ) qui créa la célèbre " Toile de Jouy " ( étoffe de coton dite "  indienne " sur laquelle sont représentés des personnages avec décors ou des paysages ) dans sa manufacture de Jouy-en-Josas près de Paris  . 

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  Manufacture de Jouy en Josas        Guillaume Oberkampf                  Toile de Jouy 

       La Cité Griset  

   En 1760, Antoine Griset insatlle dans une impasse située 125 rue Oberkampf un atelier de fonderie de métaux précieux pour l’orfèvrerie . Dès la fin du XVIIIème siècle, son fils, Antoine Alexandre, met en service les premiers laminoirs à bandes mus soit à bras d’homme soit au moyen d’un manège que fait tourner un cheval. Commence alors une saga familiale de 8 générations marquant l’histoire industrielle du laminage . Début du XIXème siècle , la socité Griset lamine la plaque de platine dont fut tiré le mètre-étalon que l'on peut encore voir de nos au musée des Arts-et-Métiers à Paris . Au milieu du XIXième siècle, l'entreprise Griset dispose de 17 laminoirs actionnés par une machine à vapeur . Monsieur Griset obtient la médaille d’or à l’exposition universelle de 1878, à la fin du XIXème siècle , l'entreprise Griset est la première à laminer de l’aluminium . 

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      Antoine Griset                   Laminoir à  main                  Mètre Etalon - Musée des Arts-et-Métiers

 Trop à l'étroit rue Oberkampf , la société Griset qui employait 150 personnes , décide de s'implanter à Aubervilliers , rue Réchossière de 1919 à 1920, dans le but d'augmenter le potentiel productif de son site . L'usine d'Aubervilliers est dès son origine dotée d'un puissant matériel nouveau de laminage et elle est équipée également d'un atelier de fonderie de cuivre et d'aluminium qui assurera la fabrication des ébauches jusqu'en 1953. Elle emploie 240 personnes dans son site d'Aubervilliers . La société Griset créé "Griset Engineering " qui développe , construit, installe et met en service laminoirs, cisailles, fours,... dans le monde entier . En 1985 , la société Griset développe un nouveau procédé d'obtention de bandes double épaisseur, par estampage-laminage , pour le marché de l'électronique .

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               Usine Griset rue Réchossière à Aubervilers         Vestiges de l'usine Griset en 2011

   Je remercie Monsieur Claude Fath , historien d'Aubervillers , qui  m'a gentiment envoyé ces deux anciennes photos de l'usine Griset implantée à Aubervilliers . Ne manquez de vous rendre sur son remarquable site concernant les plaques commémoratives . Cette usine fermera en 1997 afin de regrouper toutes ses activités à Villers-Saint-Paul , une commune industrielle de l'Oise. La société Griset effectue désormais toutes les étapes de la transformation du cuivre, du laiton et du bronze , de la fonderie jusqu'au laminage et à la finition . En 1997, le groupe allemand Diehl achète la société Griset . En 2012 , " Bavaria Industriekapital AG " devient l'unique actionnaire et partenaire de Griset .

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                                               Usine Griset à Villiers-Saint-Paul 

    Ne manquez pas de venir découvrir , à l'occasion de l'une de vos prochaines promenades , cette étonnante Cité Griset vestige du patrimoine industriel de Paris encore visible de nos jours . 

     

                                                                                                 

 

 

 

 

 

 

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14 février 2014

MAGASINS DES DÉCORS DE L'OPÉRA

 

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                                        Magasins des décors de l'Opéra boulevard Berthier 

 

  Découvrons ensemble la passionnante histtoire des magasins des décors de l'Opéra de Paris qui de trouve au 35 du boulevard Berthier , non loin de porte de Clichy . Bien peu de parisiens qui utilisent régulièrement les " boulevards des Maréchaux " connaissent l'utilisation de ces imposants bâtiments austères qu'ils longent chaque jour sans vraiment les voir ! 

      Les anciens magasins des décors de l'Opéra 

   A l'origine ces magasins se trouvaient rue Richier dans le IXème arrondissement . Le 6 janvier 1894 un terrible incendie ravage les entrepôts où étaient entreposés les décors de l'Opéra et de l'Opéra Comique de Paris . Ces entrepôts avaient déjà connu un incendie de moindre importance . Situé au cœur d'un quartier densément peuplé , ces entrepôts constituent un réel danger pour les tous habitants du quartier . Charles Garnier s'était plaint plusieurs du manque de place pour entreposer les décors de l'opéra . 

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                       Incendie des entrepôts des décors de l'Opéra rue Richier 

  L'opinion et les médias accusent un manque de professionnalisme des pompiers. Ce manque de professionnalisme n'est pas de leur faute, mais plutôt de la faute de l'état, qui en réduisant la durée du service à dix huit mois, se privent des pompiers expérimentés et les remplacent par des conscrits d'une grande inexpérience. Malgré leur bon vouloir, ceux-ci ne sont pas formés pour affronter les incendies et s'exposent inutilement à de graves dangers en essayant de sauver les autres . Dès le 25 janvier 1894 le déplacement des ateliers et des entrepôts est décidé . 

     Le nouveau magasins des décors de l'Opéra 

   Le Ministère de la Guerre met à la disposition de l'Opéra deux terrains appartenant à la défense de Paris afin d'y entreposer leurs décors , les bastions 44 et 45 des anciennes fortifications de Thiers . Le bastion 44  est alloué à l'opéra et le bastion 45  celui de l'opéra comique . C'est à Charles Garnier , l'architecte de l'opéra , qu'est confié la tâche de construire ces deux nouveaux entrepôts . Choix judicieux car d'une part il ne coûte rien et le lieu est loin de toute habitation et réduit les risques d'incendies . La construction s'étalera de 1895 à 1898 . L'endroit convient bien au personnel de ces entrepôts car il est desservi par le tramway d'Asnières qui a son terminus à l'Opéra . Seul problème , et pas des moindres , il faut compter deux heures pour acheminer les décors d'un sens comme dans l'autre . Les travaux de clôture seront terminés en 1901 . De l'ancien bastion de l'enciente fortifiée il ne restera que qu'un mur et un talus herbeux . C'est avec  " Poterne des Peupliers " près de la porte de Gentilly et la porte d'Italie et le bastion n°1 est situé en contrebas du boulevard Poniatowski près de la porte de Bercy les derniers vestiges de l'enceinte de Thiers encore visible de nos jours . Ils sont tous trois inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques .

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                                 Bastion 44 de l'enceinte fortifiée de Thiers 

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                  Bastion 44                                Bastion n°1               " Poterne des Peupliers "

             Les magasins des décors de l'Opéra

   Le bâtiment central comprend une menuiserie et deux ateliers de peinture et au fond une plate-forme surélevée destinée aux tapisseries à laquelle est adjointe deux ateliers fermés et chauffés pour les couturières . Les deux bâtiments sont réservés au stockages des décors remarquablement protégés par d'éventuels départ de feu . Le bâtiment de droite abrite les des râteliers servant à accueillir les grandes toiles de fond de l'Opéra . Des bâtiments en ciment ont été rajouter en 1958 à l'arrière des bâtiments latéraux . Les ateliers construits par Charles Garnier ont été inscrits en 1990 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques . Le bâtiment central abrite toujours les ateliers de décors de l'Opéra , démonstration de sa parfaite adaptation à sa fonction , même de nos jours .

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                                              Les magasins des décors de l'Opéra de Paris 

 

        Le deuxième théâtre de l'Odéon 

  En 1999 le ministère de la Culture à autoriser L'Odéon-Théâtre de l'Europe à installer ses propres ateliers et une salle de répétition dans les bâtiments de gauche qui n'étaient plus utilisés . En 2003 en raison des travaux que connaissait le théâtre de L'Odéon situé dans le VIème , l'Odéon s'est installé dans les bâtiments de droite . En 2005 naissait officiellement l'Odéon-Théâtre de l'Europe . Cette transformation, qui devait donc être temporaire , a été opérée par les soins de l'architecte Jean-Loup Roubert . L'extérieur du bâtiment, mis à part la vitre d'entrée sertie d'acier, l'auvent métallique et le néon rouge qui signale la salle, n'a pas été touché. Sans perdre le caractère industriel du lieu, l'accueil a été installé dans l'extension des années 50, la salle dans le bâtiment Garnier.

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                                                L'Odéon-Théâtre de l'Europe 

     Le décor de l'accueil est un mobilier simple , en contre plaqué, glissé avec douceur entre les voiles de béton de 10m de hauteur qui séparent les cases de stockage . Des dais, en contre plaqué également, dessinent des niches chaleureuses au pied des cases . Luminaires et systèmes de chauffe ont été suspendus, pour un démontage facile . Des sas ont été créés entre accueil et salle , dans les embrasures des accès décors . La salle constitue un seul volume , les cases à décor ayant été démolies pour libérer l'espace . De grandes poutres métalliques reprennent l'effort des porteurs centraux supprimés . La verrière est occultée par des panneaux aisément démontables. Sols et murs ont été laissés en l'état et gardent l'empreinte de leur utilisation passée . La mobilité des gradins autorise toutes les configurations scène/salle possibles . Les loges sont installées dans une boite accrochée en hauteur, seul relief créé dans le volume de la salle . 

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    La salle a été inaugurée en janvier 2003 avec Phèdre de Jean Racine, mis en scène par Patrice Chéreau . L'entrée du théâtre se trouve à l'angle du boulevard Berthier et du numéro 1 de la rue André Suares . De nombreux spectacles sont à l'affiche avec une programmation très très éclectique . Ne manquez pas d'aller découvrir cette nouvelle salle de spectacle et de passer une bonne soirée au théâtre .

  ( Ref. Odéon-Magazine.

 

 

    

 

 

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10 février 2014

MARTYRIUM DE MONTMARTRE

 

                                                        

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                                                         Rue Yvonne Le Tac

 

   Loin du Montmartre traditionnel pour touriste , avec son Sacré-Cœur et sa place du Tertre , je vous propose de découvrir l'histoire du Martyrium  de Montmartre situé au 9 de la rue Yvonne Le Tac ( anciennement rue Antoinette ) près de la place des Abbesses . C'est un lieu méconnu qui est pourtant intimement lié à l'histoire de Montmartre.

        La rue Yvonne Le Tac ( ancienne rue Antoinette ) 

   La rue Antoinette , ouverte en 1840 , sur une partie de l'emplacement de l'abbaye des Dames de Montmartre, dont l'entrée se trouvait au numéro 23  , s'est appelée jusqu'en 1879 rue Marie-Antoinette , prénom de la femme de l'un des propriétaires du lieu . Cette rue relie la rue des Trois-Frères à la place des Abbesses et à la rue La Vieuville . Un arrêté du 27 février 1968 la renomma rue Yvonne Le Tac  pour honorer la mémoire d'Yvonne Le Tac (1882-1957) résistante et déportée à Ravensbrück et Auschwitz-Birkenau . Yvonne Le Tac était institutrice et directrice de l'école des filles située au n° 7 de la rue qui porte désormais son nom  .

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                                      Rue Yvonne Le Tac                                         Entrée du Martyrium 

 

      Le Martyrium de Montmartre

   La Butte Montmartre, longtemps considérée comme la " Butte Sacrée " est une colline s'élevant à 100 mètres au dessus du niveau de la Seine et à 127 m d'altitude . Selon certains historiens , comme Pillement, elle était autrefois occupée par un temple du Dieu Mars (Mons Martis) et était, étymologiquement le "Mont Martial de Paris". . D'autres , plus tard , en ont fait le théâtre du martyre de Saint-Denis , premier évêque de Paris, vers 250, et son nom a été transformé, sous l'influence de l'église chrétienne, en Mons Martyrum, le "Mont du Martyre". Un temple dédié au Dieu Mercure avait également été construit sur la butte Montmartre . 

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                                       Butte Montamrtre - Temples de Mars et de Mercure 

   La Chapelle des Martyrs ou Sanctum Martyrium, située à mi hauteur de la butte sur l'emplacement d'un ancien "champ des morts", un cimetière de chrétiens persécutés . Ce lieu accueillit d'abord  les ossements de martyrs chrétiens, déposés dans une carrière de gypse désaffectée. Au IXe siècle , une chapelle fut adjointe à ce cimetière au IXème siècle , elle devint des siècles durant un lieu de pèlerinage , refaite en 1134 elle comportait une crypte à laquelle on accédait par un escalier de quinze marches puis un autre escalier de 45 marches, à l'époque déjà effondré, qui menait, disait-on , à un temple romain dédié à Mercure devant lequel Saint Denis fut décapité . En 1133 le Roi Louis VI sous l'influence de sa femme , Adélaïde de Savoie , décida de faire construire à l'emplacement du Sanctum Martyrium un monastère de femmes qui fut occupé jusqu'à la Révolution par l'Ordre des Bénédictines .

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                                                      Abbaye de Montmartre                                              

    C’est dans cette chapelle que Ignace de Loyola (1491-1556) et ses compagnons posèrent le premier acte de constitution de la Compagnie de Jésus le 15 août 1534 fondement de l'ordre des Jésuites dont le Pape actuel , François fait parti . Loyola avec ses ses compagnons : le savoyard Pierre Favre , le gentilhomme navarrais François Xavier qu'il avait connu au Collège Sainte-Barbe , Simon Rodriguez , deux anciens étudiants d'Alcala Jacques Laynez et Alphonse Salmeron, un autre Espagnol Nicolas Alonso de Bobadilla, se rend dans la petite chapelle des Martyrs et, après que Pierre Favre , le seule prêtre du groupe ait célébré la messe décide de prêter serment et de fonder l'ordre de la Société de Jésus 

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             Ignace de Loyola              Création de la Société de Jésus                   François Xavier 

     Voici les vœux qu'ils promulguèrent : " Voeu de pauvreté, de chasteté et de s'embarquer pour Jérusalem ou en quelque pays du monde que ce soit , chez les fidèles et les infidèles et au retour de se consacrer, avec l'aide de Dieu au salut des infidèles non moins qu'à celui des fidèles par la prédication, l'éducation, la confession et l'administration de l'Eucharistie sans recevoir aucune rémunération " . Le Pape Paul III reconnut en 1540, par une Bulle, cet ordre sous le nom de Compagnie de Jésus . Saint Ignace fut canonisé par Grégoire XV le 12 mars 1622. Une église, bâtie en 1855, dans le VIème arrondissement, lui est dédiée , dans l'enceinte d'Etudes des Pères Jésuites . 

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               Pape  Paul III                                        Eglise Saint - François Xavier 

    La chapelle, endommagée lors du siège de Paris par Henri IV en 1590 fut rebâtie en 1611 , et au cours des travaux on retrouva un caveau attribué à la tombe de Saint Denis . La Révolution de 1789 entraîna la vente de tous les biens religieux , et la chapelle fut rasée. La plupart des pierres de l'Abbaye de Montmartre et de la chapelle , servirent pour consolider les maisons de la Butte . En 1824, on rechercha en vain l'emplacement de la chapelle du Martyrium. A l'endroit présumé fut élevé en 1869 un oratoire en bois puis en 1887 on édifia une nouvelle chapelle voûtée d'ogives au-dessus d'une crypte . En 1824, on rechercha en vain l'emplacement de la chapelle du Martyrium. A l'endroit présumé fut élevé en 1869 un oratoire en bois puis en 1887 on édifia une nouvelle chapelle voûtée d'ogives au-dessus d'une crypte .

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                                                          Crypte du Martyrium 

   En 1840, l’abbé Le Rebours, curé de la Madeleine et le jésuite Tournesac, s’aidant de plans anciens, retrouvèrent l’emplacement de la crypte . A l'endroit présumé fut élevé en 1869 un oratoire en bois puis en 1887 on édifia une nouvelle chapelle voûtée d'ogives au-dessus d'une crypte . le pèlerinage fut relancé et deux ans plus tard , les soeurs auxiliatrices s’installèrent sur les lieux . Finalement, en 1982, lorsque leurs anciens locaux furent achetés par la ville et annexés au collège Yvonne Le Tac, l’animation de la crypte fut confiée à une Association du Martyrium, créée à cet effet .

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    Si vous désirez visiter la la chapelle et la crypte du Martyrum de Saint-Denis , sachez qu'elle n'est ouverte que le vendredi de 15 à 18 heures et les premiers samedi et dimanche du mois aux même horaires . Pour plus de renseignements je vous conseille de téléphoner au 01 42 23 48 94 . A l'occasion  de Saint Ignace ( 31 juillet ) et de Saint Denis ( 9 octobre ) une messe est dite dans la crypte du Martyrium . Ne manquez pas , lors de l'une de vos prochaine promenade à Montmartre d'aller visiter cette crypte , elle en , vaut largement la peine ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

                              

                                               

 

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21 janvier 2014

LES RUES DU XIXème ARRONDISSEMENT

 

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                                                 LES VOIES DU XIXème ARRONDISSEMENT 

                                

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                                             Le Pont-Levant de la rue de Crimée

 

 

          Les voies du XIXème arrondissement 

   Le dictionnaire des rues du XIXe a été réalisé par Jeannine et Alain Vedovato , membres du Conservatoire Historique du XIXe arrondissement ( C.H.E.R 19 ) . Pendant que madame Jeannine Vedovato rassemblait photos documentaires et l’historique des voies, Monsieur Alain Vedovato arpentait et photographiait l’ensemble des 400 rues afin d’y ajouter une iconographie actualisée en le complétant avec les voies nouvelles des quartiers de l’arrondissement en pleine transformation. Rues , impasses , cours, Villas, avenues et Boulevards, l’ouvrage fait un inventaire complet et actualisé en images et dans le texte de l’incroyable diversité des voies du 19e, cet arrondissement à la topographie si contrastée.

   Le dictionnaire est complété par plusieurs chapitres racontant l’histoire et les lieux d’intérêts des différents quartiers. Un travail au long cours qui en font un ouvrage passionnant et abouti . Vous trouverez les modalités d'achat et de paiement de cet ouvrage sur le site de " La Ville des Gens " ( ouvrir le lien ci-contre ) . 

  Que vous soyez ou non habitant de cet arrondissement , bien mal connu et aux mille facettes , Je vous encourage à vous procurez ce remarquable ouvrage , fruit de plusieurs années de travail . 

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MEILLEURS VŒUX

 

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                                               BONNE ANNÉE 2014

             

  Chers lecteurs et lectrices du " Piéton de Paris " je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année nouvelle et je vous remercie de votre fidélité . Que 2014 vous apporte à tous joies , bonheur et surtout la santé , le bien le plus précieux sans qui rien n'est possible . J'espère vous faire découvrir , cette année encore , des lieux insolites et plein de charmes comme Paris en recèle encore et qui , hélas , se font de plus en plus rares . J'espère surtout vous donner l'envie à votre tour de devenir des "piétons de Paris" !!!

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11 décembre 2013

LE PASSAGE SAINTE-FOY

  

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                                                                 Passage Sainte-Foy  

   C'est un bien curieux passage situé près de la Porte Saint-Denis que je me propose de vous faire découvrir . Ce passage d'une longueur de 78 m. et d'une largeur de 1.45 m. commence au 263 de la rue Saint-Denis et il finit au 14 de la rue Sainte-Foy . Cette voie privée , ex-passage Sainte-Marguerite , a été reconstruit en 1813 , par un sieur Aubert dont elle porta le nom jusqu'en 1873 , date à laquelle il reçut son nom actuel . Il débute dans les deux cas par des portes d'immeubles. Il traverse les immeubles de façon rectiligne, sauf au débouché de la rue Sainte-Foy où il oblique légèrement vers le nord . La particularité de ce passage est la présence d'un escalier étroit de 13 marches qui correspond à la dénivellation entre le chemin de ronde intérieur et la levée de terre du rempart de l'ancienne enceinte de Charles V érigé en 1367 , dont la rue Sainte-Foy occupait le sommet avant sa démolition .

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                                                                Passage Sainte-Foy

 L'enceinte de Charles V , construite de 1356 à 1383 , est une des sept grandes enceintes ayant chronologiquement entouré Paris . Elle remplace sur la rive droite celle de Philippe Auguste . Dans les années 1640 , sa partie occidentale fut élargie à l'enceinte de Louis XIII , les restes intégrés furent démolis . Cette nouvelle enceinte fut à son tour détruite à partir des années 1670 , laissant la place aux Grands Boulevards . Il n'en demeure aujourd'hui que peu de vestiges .

                                            

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                                                                 Enceinte de Charles V

 Ne manquez pas d'aller visiter ce curieux passage lors de l'une vos prochaines promenades . Toutefois si vous avez l'intention de prendre quelques photos soyez prudents car ce passage est un lieu de prostitution et les " petites dames " n'aiment guère les photographes !!! 

   Sainte-Foy

    La vie de Sainte Foy est contée dans un poème occitan du XIIe siècle , la Chanson de Sainte Foy . Pendant l’occupation romaine , les persécutions contre les chrétiens sont particulièrement importantes à la fin du IIIème siècle. A Agen, c’est à cette période que naît Foy (Fides) qui appartenait à une très riche famille gallo-romaine . Elle avait été instruite des vérités de la foi par sa nourrice qui lui inspire l’amour de Jésus-Christ . Elle reçoit le baptême, puis mène une vie exemplaire, aidant les plus pauvres. La légende veut que ce soit son père qui la dénonça à Dacien, proconsul romain, qui la fit paraître à son tribunal qui l'a condamna à mort . Après avoir vainement essayé de la brûler vive, on la décapita à l'âge de 13 ans le 6 octobre 303.

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      Martyre de Sainte-Foy                  Abbaye de Conques                        Sainte-Foy

    Le nom de Foy est associé à celui de Caprais et bien d’autres jeunes chrétiens qui , proclamant leur foi en Dieu en opposition aux croyances des occupants romain s, sont mis à mort . Le corps de sainte Foy fut enseveli à Agen dans la petite église du Martrou (lieu du martyre en langue d’oc) puis au XIème siècle ses reliques furent transférées à Conques où les miracles se multiplièrent . Agen conserve une partie des ossements de la sainte , toujours vénérée par les fidèles, en France et dans le monde entier.

 

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29 novembre 2013

RÉPONSE DE LA PHOTO MYSTÈRE

    

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                                                        La photo " mystère " 

      Cette photo a été prise à l'entrée du Parc Georges Brassens qui se trouve à coté de l'ancienne halle du marché aux chevaux de Vaugirard qui abrite chaque fin de semaine un marché aux livres d'occasion  . Il s'agit vraisemblablement du vestige d'une ancienne écurie de l'abattoir hippophagique de Vaugirard situé rue Brancion comme vous pouvez le voir sur la photos ci-dessous tout au fond . 

                  

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                                     Abattoirs hippophagique de Vaugirard    

   Je remercie grandement tous les lecteurs et lectrices de mon blog qui ont eu la gentillesse de se prêter à ce petit jeu .                                 

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26 novembre 2013

LA MAISON FANTÔME

 

                                           

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                                               Maison " fantôme " du 145 rue Lafayette 

   Je me propose aujourd'hui de découvrir une " maison fantôme " qui se trouve au 145 rue Lafayette . Bien peu de personnes passant devant cet immeuble , située à deux pas de la gare du Nord , se rendent compte qu'il s'agit en fait d'une maison factice !!! En vérité cet immeuble en pierre de taille , d'allure hausmanienne , n'en n'est pas une !!! La porte d'entrée ne possède aucun dispositif d'ouverture . Pas  de sonnette , ni de boîtes à lettres et aucun rideaux aux fenêtres . On croirait presque une maison hantée tout droit sortie d'un roman d'épouvante !!! Il s’agit en vérité d’une vraie fausse façade dont la RATP sert pour camoufler une grande cheminée servant à aérer et évacuer les émanation du RER B .

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                                           Cheminée d'aération du RER B

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                                                 Maison du  145 rue Lafayette 

   Construit peu après 1850 , cet immeuble de six étages a été habité pendant près d’un siècle . Son destin a basculé au début des années 1980, avec le prolongement du RER B de Châtelet-Les Halles à la gare du Nord . Le système de ventilation du tunnel de la ligne devant s’intégrer à l’architecture environnante on a donc décidé de ne conserver que la façade du bâtiment, ses balcons et ses balustrades . Les planchers séparant les étages ont été remplacés par de simples grilles que l'on peut apercevoir  au travers des vitres . la façade est noire et lézardée , des carreaux manquent à certaines fenêtres , tandis que d'autres sont troublées par la poussière. La pollution a déposé une épaisse couche noire .  Cet immeuble a d’ailleurs été squatté et la RATP a fini par verrouiller les fausses portes . Les seuls habitants de cette demeure sont les pigeons qui ne manquent pas de laisser les traces de leurs déjections !!! 

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                                                  Maison du 145 rue Lafayette 

     A l'occasion de votre passage dans ce quartier ne manquez pas d'aller voir cette curieuse maison !!! 

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24 octobre 2013

MA PHOTO MYSTÈRE

           

 

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      Pouvez vous me dire à quel endroit cette photo à été prise et que représente t'elle ? Bon courage à toutes et à tous ! Je suis sur que connaissant votre sagacité vous allez bien vite trouver la réponse ! 

 

 

 

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16 octobre 2013

PASSAGE DAUPHINE

     

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                                                  Passage Dauphine 

   Nous allons partir ensemble à la découverte du passage Dauphine . Ce petit passage est très certainement un des moins connus de Paris . Ce passage ouvert en 1825 est une sorte de petit jardin pavé et orné de quelques arbres , dont un olivier et un figuier . C’est un endroit très agréable où l’on se sent hors du temps et loin de l'agitation de la ville .

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                                          Passage Dauphine

   Ce passage du VIème arrondissement commence au 30 de la rue Dauphine et finit au 27 de la rue Mazarine , rebaptisée rue de Thionville entre 1792 et 1814 après la Révolution française. Il est d'une longueur de 90 m et d'une largeur de 3.50 m .  Cette voie privée fut ouverte en 1825 sur l'emplacement d'un tripot de la rue Dauphine , dont le jardin s'étendait jusqu'à la rue Mazarine . le nom de " Dauphine " donné à la rue et au passage a été donné en l’honneur du dauphin, fils d’Henri IV  et futur Louis XIII . C'est un passage charmant et désuet , constitué d'une cour intérieure pavée, entourée d’immeubles tranquilles et pourvue de quelques arbres .

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                                                        Passage Dauphine

    Dans ce passage se trouve des vestiges du mur d'enceinte de Philippe Auguste . La rive droite fut fortifiée de 1190 à 1209 et la rive gauche de 1200 à 1215 . Au 20 du passage Dauphine se trouve un institut de langues ( Médisup ) dont l'amphithéâtre principal est construit contre un morceau appréciable de la muraille d'enceinte de Philippe Auguste .Vous demanderez à l'accueil où se trouve la salle Philippe Auguste et surtout à quelle heure cette dernière sera libre afin que vous puissiez la visiter si toutefois cela est possible . Une autre particularité intéressante de cet ouvrage réside dans le fait qu'il fut construit sur le sol géologique de la ville . Aujourd'hui , près de la Seine , le niveau actuel de circulation est à près de 7 mètres au-dessus du terrain "réel" de l'agglomération . La muraille se retrouve donc enterrée . Rue Mazarine , il faut descendre dans un parc souterrain de stationnement situé au 27 de la rue Mazarine, des vestiges , au premier et second sous-sol , pour l'apercevoir .

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                Amphithéâtre Philippe Auguste                         Parking rue Mazarine

   Les deux photos ci-dessus de l'école " Medisup " proviennent du site  Paris bise-art " que je vous invite à découvrir ! Vous y découvrirez des endroits de Paris que vous ne soupçonnez pas ! Dans ce discret passage au numéro 22 se trouve un agréable restaurant-salon de thé  " L'Heure Gourmande " où vous pourrez vous restaurer en toute quiétude d'un plat du jour, de tartes salées ou sucrées ou de bonne salades et surtout ne manquez pas de déguster leurs délicieux chocolats ! Enfin ne manquez pas si vous avez des enfants ou des petits enfants à gâter de vous rendre 34 rue Dauphine dans le charmant petit magasin de jouets " Amuzilo " ( joujou en espéranto ) . C'est un des rares magasins  à proposer de nos jours des jouets en bois !

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        " L'Heure Gourmande "                       Magasin de jouets " Amuzilo "

   Voici une bonne idée de promenade pour cet automne dans un quartier , ô combien riche en histoire ,  et qui ne manque pas de livrer au promeneur curieux et attentif de nouvelles découvertes !

 

 

 

 

 

   

 

 

     

    

 

 

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11 septembre 2013

COUR DE ROHAN

                                   

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                                                         Cour de Rohan 

 

   Aujourd'hui je me propose de vous faire découvrir un des petits passages les plus secrets de Paris : la cour de Rohan .  Ce passage constitué en fait de trois courettes successives et ô combien chargé d'histoire , est un endroit délicieux , totalement hors du temps , un vrai havre de paix  situé en plein Paris , non loin de l'agitation permanente du boulevard Saint-Germain . Il est formé d’une succession de trois courettes . Il est attribué faussement aux archevêques de Rouen car il était situé  proche du palais où étaient logés les prélats provenant de la ville normande de Rouen .  Son nom vient d’une altération du mot  Rouen en Rohan . Au Moyen Âge il était utilisé comme  voie de passage lorsque le roi  Philippe Auguste traversait ce quartier  . A l'origine c'était un cul -de-sac ouvrant sur la rue de l'Eperon , dont une partie avait été absorbée en 1866 Par la rue du Jardinet actuelle . Son extrémité se heurtait au rempart de Philippe Auguste  dont le tracé suivait le côté oriental de notre Cour du Commerce Saint-André . Une brèche faite dans ce mur vers 1791 , mit le cul-de-sac en communication avec cette cour . On peut d’ailleurs apercevoir encore des vestiges du mur de l’enceinte de Philippe-Auguste dans la première courette  . On y accède soit par la cour du Commerce Saint-André  ou par la rue du Jardinet . 

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                             Enceinte de Philippe Auguste ( en bleu )

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           Cour de Rohan                      Cour de Rohan  au XIXème siècle 

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                                     Entrée de la cour de Rohan

 

         Première courette 

   Après avoir franchi la grille d’entrée située rue du Commerce Saint-André , en face l'arrière du café " Procope " , on accède à la première courette où l'on peut admirer des petits immeubles ombragés et entourés de verdure , certains avec de petites terrasses très agréables . Sur l'une d'elle on peut encore voir un fragment de l'enceinte de Philippe Auguste qui traversait ce passage . C’est dans l’un d’entre eux que se trouve l’ancien atelier de Balthus , peintre d'origine polonaise du XXè siècle . Il a été surnommé le Roi des chats, car la plupart du temps, sur ses œuvres , figure un chat au premier plan . Un escalier extérieur en pierre permet  d’accéder à l'appartement et à l’atelier du peintre , ce qui ne manque pas  d’ajouter un charme incontestable à cette cour . En passant sous le porche qui conduit à la seconde cour , on peut encore voir , les deux grosses bornes destinées à la protection des murs lors du passage des voitures ( chasse roues ) .

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                               Cour de Rohan 1ère courette 

       Deuxième courette 

  La seconde courette est la plus petite . Elle donne la sensation d'être un peu écrasé entre ces bâtiments . On est surpris par ce magnifique hôtel du XVIè siècle , dont la hauteur des fenêtres est impressionnante . Les briques agrémentant les façades participent de l’aspect cossu de cette élégante demeure . Cet hôtel  à été construit pour Diane de Poitiers en 1550 , alors maîtresse du roi Henri II , le second fils de François Ier .  

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                                            Hôtel de Diane de Poitiers

    Dans cette seconde courette subsiste une curiosité : le dernier « pas-de-mule » de Paris , montoir en fer forgé qui servait aux dames , aux abbés et aux vieillards pour se hisser sur leur monture . Notez qu'il y a dans le troisième arrondissement de Paris une rue du Pas de la mule .     

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                                                    " Pas de mule " 

 

      Troisième courette

  Cette dernière courette aboutit à la petite rue du Jardinet, ainsi nommée depuis le XVIè siècle car à proximité du jardin de l'ancien Hôtel de Vendôme en 1441 . Ses constructins de style Louis XIII de brique et de pierre, sont agrémentées , à gauche  dans un renfoncement , d'un puits équipé de sa margelle à gargouille et d'une poulie à côté de la plaque indiquant le nom de la cour . Dans les années d'après-guerre, Georges Bataille y organisa des fêtes, auxquelles participèrent Sartre, Simone de Beauvoir et Albert Camus . C'est aussi dans cette courette que naquit en 1835 le musicien Camille Saint-Saëns . 

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                                                 Cour de Rohan 

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                                      Cour de Rohan au XIXème siècle 

  Ne manquez pas lors de l'une de vos prochaines promenades d'aller visiter ce petit passage plein de charme et de tranquillité ! Attention il n'est pas ouvert le dimanche . Profitez en pour découvrir le passage de la cour du Commerce Saint-André si riche en souvenirs de l'époque Révolutionnaire . C'est dans ce petit passage que Danton habita au n°1 , Marat imprimera son journal , l'Ami du peuple , au n° 8 . Le charpentier allemand du nom de Schmidt mettra au point la guillotine dans son atelier du n° 9 . Enfin le célèbre café  " Procope " fondé en 1689 parFrancesco Procopio dei Coltelli , qui sera dès 1792 un "foyer révolutionnaire" fréquenté  par le club des Jacobins et celui des Cordeliers .

                                      

                              

    

 

                                                                                            

 

 

      

 

            

    

 

                              

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19 août 2013

USINE PANHARD ET LEVASSOR

 

                         

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                                            Ancienne usine Panhard-Levassor rue d'Ivry

 

   A l'occasion de l'une de mes promenades dans le XIIIème arrondissement j'ai découvert fortuitement rue d'Ivry les anciens bâtiments , aujourd'hui réhabilités , de l'ancienne usine de construction de véhicules automobiles Panhard - Levassor . Je me propose de vous en faire découvrir la passionnante histoire de cette première usine de construction de véhicules automobiles installée à Paris .  

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                                      Ancienne usine Panhard-Levassor                

  En 1867, René Panhard  ( 1841-1908 ) , petit fils de breton fit ses études d'ingénieur au collège Sainte-Barbe à Paris , puis il intègre l'école Centrale . Il s’associe Jules Perin, découpeur de bois dans le faubourg Saint-Antoine pour produire des machines à scier le bois et installe ses usines avenue d’Ivry . En 1875, ils produisent un moteur à gaz, mais à la suite du décès de Perin , il sera décoré de la Légion d'Honneur en 1878 . Panhard s’associe à un ingénieur centralien comme lui  Emile Levassor . Ce dernier s’est assuré l’exclusivité du moteur à essence Daimler grâce à un ami , ingénieur commercial , Edouard  Sarrazin . Panhard issu d’une famille de carrossier s’intéresse donc tout naturellement à la motorisation de voitures hippomobiles . René Panhard , longtemps maire de Thiais , disparaît à La Bourboule où il était en cure le 16 juillet 1908. Il repose dans la chapelle familiale au cimetière du Père Lachaise situé dans la 36ème division . Emile Levassor ( 1843-1897 ) fit ses études à l'École centrale , il est engagé chez Cockerill , en Belgique avant de rejoindre René Panhard . Le 27 septembre 1896 , il est blessé lors d'un accident à Pierrelatte en voulant éviter un chien dans la course Paris-Marseille. Restant fatigué et fragile, il mourut subitement à sa table de dessin . Il est inhumé au Cimetière Saint-Chéron de Chartres .

 

    Panhard et Levassor 

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            René Panhard           Sépulture Panhard          Emile Levassor 

   Panhard est donc une marque doyenne de l'automobile , ayant fondée une usine bien avant Mercedes, Peugeot ... Seuls De Dion Bouton , Serpollet et Bollé avaient devancer Panhard , mais uniquement avec des automobiles à vapeur En janvier 1891 sort un véhicule qui réussira un trajet jusqu’à Versailles , puis Etretat. La même année , les constructeurs livrent à des clients fortunés 5 modèles... il semblerait donc que la première voiture commercialisée au monde soit une sorte de fiacre propulsé par deux cylindres en V de 817 cm3 atteignant des pointes à 16 km/h ! Mais le génie de Levassor - Panhard est de révolutionner la conception architecturale du moteur : au lieu de placer le moteur au centre ou à l’arrière , il est le premier à disposer le moteur à l’avant , devant l’embrayage .

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                                             Phaétons Panhard et Levassor 

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   L’essor de la marque est également étroitement lié à la compétition automobile. 1ere course au monde : Paris-Bordeaux-Paris en mai 1895, remportée par Emile Levassor. Par la suite, les constructeurs remporteront des courses importantes : Monte-Carlo, les Mille miles, le tour de France .

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                                     Voitues de courses Panhard-Levassor 

   La marque va acquérir une solide réputation ; elle devient célèbre dans le monde entier pour des voitures robustes , puissantes, luxueuses et chères . Innovatrice, la marque soit en 1936 la première Panhard aérodynamique, sous le crayon de Louis Bionier ; elle sera le flambeau de la marque avant la guerre . C'est à lui que l'on doit , en outre , la célèbre " Dyna Panhard " restée dans toutes les mémoires !!! 

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                                               Panhard et Levassor de luxe 

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                                              La célèbre  " Dyna Panhard " 

  Des dizaines de milliers d’automobiles seront donc fabriquées dans le 13e arrondissement , avenue d'Ivry , où les usines emploieront jusqu’à 6.000 personnes . Ces usines ouvertes en 1891 constituaient un triangle d'ateliers, coincé entre l'avenue d'Ivry, la rue Nationale et les voies ferrées de la petite ceinture en bordure de la rue Regnault, témoin de l'immensité des Usines Panhard-Levassor .

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                                 Usines Panhard-Levassor avenue d'Ivry

   A partir de 1919 , après la guerre durant laquelle la société concourut très activement à l'effort demandé aux industries modernes , Panhard développe également une grande gamme d'utilitaires : elle y ajouta la production de camions essence, diesel ou gazogènes , d’autobus , de moteurs pour autorail ou pour avions , et de quelques véhicules blindés légers pour l'Armée , tout en conservant la fabrication des machines à bois . Les camions Panhard étaient d’excellents produits malheureusement desservis par un réseau peu étoffé et des tarifs nettement supérieurs à ceux des marques concurrentes . Ce faisant , elle n'opérait pas le grand tournant vers des voitures plus populaires , permettant une production de série , comme le faisaient ses trois concurrents , Renault , Citroën et Peugeot , qui allaient, dès 1930 , représenter les trois-quarts des voitures de tourisme produites en France . 

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                                                    Camions Panhard                           

        Les autobus parisiens Panhard 

    De la fin des années 20 à la seconde guerre , Renault eut pratiquement le monopole du marché des autobus parisiens . Toutefois à partir de 1934 Panhard réussi à obtenir quelques commandes . Le premier de ces autobus Panhard le " K 63 A " à jante à voile plein sortira en 1934 , suivi un an plus tard du " K 63 B " jantes " artillerie ". Ces autobus circuleront jusqu'en 1952 . En 1935 la société Panhard livrera à la S.T.C.R.P une dizaine d'autobus de " petite capacité " " Zuroc " qui pouvait accueillie 26 passagers . En 1937 deux nouveaux modèles d'autobus Panhard verront leur apparition les " K 63 C " à Paris et les " K 63 D " en banlieue . 

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    En 1950 la société SOMUA ( Société d'Outillage Mécanique et d'Usinage d'Artillerie ) ,  constructeur français de véhicules blindés, d'autobus et de motoculteurs créée en 1914 à Saint-Ouen , division de la société Schneider du Havre , construira pour la RATP une série de 301 autobus Somua-Panhard de type OP 5 équipés d'un moteur Panhard 6 cylindres de 100 ch qui permet une vitesse maxi de 55 km/h . C'est le premier autobus parisien à caisse complètement fermée offrant un plus grand confort tant pour les voyageurs que pour le machiniste . il sera également pourvu d'un poste fixe situé à l'arrière pour le receveur . Ces autobus circuleront sur les lignes de la RATP jusq'en 1971 . 

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                                           Autobus Somua-Panhard OP 5

 

   Après la Seconde Guerre Mondiale, les Trente Glorieuses signent le début de la production de masse avec des modèles plus abordables et célèbres comme les Dyna concept de voiture "minimum") , les PL 17 (toujours de Louis Bionier, avec un moteur Tigre très envié) , dont la fameuse Relmax , les coupés 24 , très élégants et originaux et le cabriolet junior (produit jusqu’en 1956) . On les identifie très bien dans bon nombre de vieux films français. Mais le manque de moyens financiers et la relative modestie de la gamme vont finir par handicaper Panhard et Levassor.

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          " PL 17 " Panhard              " Relmax " Panhard           " Coupé 24 " Panhard             

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                                           Affiches publicitaires Panhard 

      8534793258_e1076a184a_b      mattel-dinky-toys-panhard-24-c-1     Miniature Dinky Toys tracteur panhard et semi remorque SNCF

                                   Modèles réduits " Dinky Toys " Panhard 

 

   En 1965, l’absorption par Citroën est inévitable . Malheureusement, l’acquéreur se révélera exécuteur et stoppera la production dès 1967. Dès lors, Panhard va se concentrer sur la production de 2 CV fourgonnette et de véhicules militaires . Encore aujourd’hui , la marque propose une quinzaine de véhicules militaires légers dont la commercialisation marche très bien , conflits oblige , mais c’est une aventure toute différente . Ces chars et ces véhicules blindés sont construits dans l'usine Panhard de Marolles en Hurepoix dans l'Essonne . Le 12 juin 2013 Jean Panhard , le dernier patron de la marque avant son rachat fête ses 100 ans à Crécy-la-Chapelle , où il réside .

 

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                                             Véhicules militaires Panhard 

  En vous promenant autour du triangle formé par la rue Nationale, l’avenue d’Ivry et la rue Regnault, vous longerez ce qui subsiste des anciennes usines Panhard et Levassor . L'ensemble a été transformé partiellement en bureaux en 2008 , siège de la société AREP  . L'opération actuelle achève la transformation. « Les trois angles du triangle sont traités en brique à hauteur des façades existantes, en continuité avec l'ordre monumental des ateliers , et en métal au-dessus, pour un registre de couronnement en cuivre inspiré des capotages automobiles  » .

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                           Réhabilitation du site des anciennes usines Panhard 

 

       Le Square Alexandre et René Parodi 

    Dans le petit Square Alexandre et René Parodi ( tous deux résistants et Compagnon de la Libération ) situé près de la porte Maillot, entre le boulevard de l'Amiral-Bruix et le boulevard Thierry-de-Martel  se trouve un monument érigé en l'honneur d'Emile Levassor Constant (1843-1897) , l'un des pionniers de l'industrie automobile et sport automobile . Ce monument, financé par une souscription publique , avait été offert à la ville de Paris . Dalou avait modelé l'esquisse du monument , mais mourut avant sa réalisation qui fut exécutée selon les plans de l'artiste par Camille Lefèvre . Le monument a été inauguré le 26 Novembre 1907 à l'entrée du Bois de Boulogne , mais il a été déplacé en 1972 de sa place actuelle lors de la construction du boulevard périphérique . La sculpture a été conçue par le sculpteur Jules Dalou et exécuté par l'artiste Camille Lefèvre . Elle montre Levassor conduisant la voiture conçue par lui avec lequel il avait participé et remporté le rallye Paris-Bordeaux-Paris en 1895 , mais il fut disqualifié , sa voiture n'étant pas une 4 places comme le requérait le règlement . En 1932 , la ville de Paris ouvre dans le 13ème arrondissement la rue Émile-Levassor afin d'honnorer sa mémoire .

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                               Square Alexandre et René Parodi 

  Ne manquez pas lors de l'une de vos prochaines promenades d'aller visiter ce petit square afin de rendre hommage à un des pionniers de la construction d'automobiles françaises , doublé d'un grand champion . C'est à Emile Levassor que l'on doit la naissance du sport automobile en France .                                                                            

 

     

   

   

   

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19 juillet 2013

VILLA DE L'ERMITAGE

        

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                                              Villa de l'Ermitage 

    Pourquoi ne pas profiteriez vous pas de ces belles journées estivales pour aller visiter la Villa de l'Ermitage . C'est encore une des rares ruelles de Belleville qui a échappé , comme par miracle , à l'urbanisation galopante et outrancière de ce vieux quartier de Paris . C'est encore aujourd'hui un havre de paix bien caché où il fait bon vivre et s'y promener . 

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                                                     Villa de l'Ermitage 

    Cette voix privée d'une longueur de 150 m et d'une largeur de minimum de 5 m , indiquée en 1812 , a absorbé en 1877 une partie de l'ancien dit de l'Est . Cette voie du XXème arrondissement commence 12 , rue de l'Ermitage et se termine au 313 de le rue des Pyrénées , anciennement rue du Guigniers . La rue de l'Ermitage , dont on ne connaît pas l'origine du nom , fut prolongée en 1867 jusqu'à la rue des Rigoles . En 1883 , la rue de l'Ermitage fut prolongée de nouveau jusqu'à la rue Olivier Métra absorbant ainsi le passage Pannier . La Villa de l'Ermitage a té créée en 1857 . Elle ne comportait alors que des maisons d'habitation qui ne devaient pas dépasser plus de 3 mètres de haut . On , avait interdit la construction de toutes usines ou manufactures susceptibles de créer des nuisances sonores , visuelles et olfactives . La Cité Leroy , toute proche , et la Villa de l'Ermitage se composent  aujourd'hui de quelques pavillons individuels et des maisons de faible hauteur . On y dénombre 5 ateliers d'artistes . C'est grâce à la persévérance et la ténacité d'une association pour la sauvegarde la Villa de l'Ermitage que cette dernière à échappé à la destruction afin de faire place à d'horribles maisons modernes qui ont totalement dénaturées et enlaidies le village de Belleville  !!! Puisse longtemps encore pouvoir admirer ces charmantes ruelles et passages  typiques de l'esprit de village qui régnait autrefois à Belleville . Je vous conseille débuter votre visite depuis la rue des Pyrénées où vous pourrez admirez la petite Cité Leroy avant de découvrir les charmes buccoliques de la Villa de l'Ermitage . 

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                                                      La Cité Leroy 

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                                                   Villa de l'Ermitage 

    Ne manquez pas lorsque vous prendrez le petit passage , depuis la rue des Pyrénées , qui vous conduit Villa de l'Ermitage d'admirer les nombreux graffitis qui ornent agréablement ces vieux murs noircis par l'âge , un joli travail d'artistes etun clin d'œil sur le " Street Art " !!! 

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                                          Les graffitis de la rue de l'Ermitage 

  Ancien théâtre de l'Aurore puis théâtre de Fortune , entre squats et lieu artistique , l'Ermitage à accueilli pendant des années des associations (ATTAC) , des troupes de théâtre , et d'autres activités artistiques . C'est en 2003 qu'à la demande des propriétaires le toit de l'Ermitage fut détruit pour empêcher l'investissement du lieu . Depuis le terrain a été racheté par la ville et des projets de constructions immobilières sont en cours. En attendant de nombreux graffitis prennent forme à l'intérieur de ce lieu . Ce lieu est aujourd'hui en cours de démolition afin de laisser place à ces horribles immeubles modernes !!! J'ai bien peur que cette Villa de l'Ermitage soit en sursis !!! Que restera t-il du vieux Belleville dans une dizaine d'annés , hélas sans doute plus rien au nom du profit !!! 

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                                          Ancien théâtre de l'Ermitage 

     Vous pourrez agréablement terminer votre visite en découvrant non loin de là en remontant  la  rue des Cascades en depuis la rue de Menilmontant . Vous découvrirez les anciens " regards de Belleville  " , curieuses petites constructions en pierre qui permettaient de surveiller l'état des anciennes sources de Belleville et qui ont été miraculeusement conservées et restaurées . Pour terminer votre promenade , ne manquez pas  de visiter le magnifique Parc de Belleville depuis la rue des Envierges que vous descendrez jusqu'à la rue de Ménilmontant .

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       Regard de la Roquette         Regard Saint-Martin              Parc de Belleville 

  Si d'aventure une petite faim se faisait sentir au milieu de votre périple bellevillois , je vous recommande un excellent petit restaurant  typiquement parisien , " Le Vieux Belleville " situé  au 12 de la rue des Envierges . L'accueil est chaleureux et la cuisine simple et copieuse avec un excellent rapport qualité prix !!! " Depuis 1992, le vieux belleville vous propose de découvrir ou redécouvrir les airs et chansons populaires du vrai Paris . L'idée principale était de réunir en un même lieu , musique et restauration dans un esprit bistrot et familial . Depuis toujours , l'esprit musical de Belleville est très lié à l'accordéon et à la chanson populaire et traditionnelle . Vous y entendrez tout le répertoire traditionnel d'après guerre , de " La Java Bleue " au répertoire de Piaf , qui y sont chantés tous les soirs ( Reférences : le site du " Vieux Belleville " . Il vous faudra impérativement faire une réservation car en soirée ce restaurant est complet !!! 

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                                                  Le " Vieux Belleville " 

     Une bonne idée de promenade en perspective pour cet été !!! Je suis sur que vous passerez une bonne journée à la découverte d'un Belleville insolite ignoré de bien des parisiens et quelquefois même des bellevillois  !!! 

 

 

    

       

    

        

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30 juin 2013

RÉPONSE DE LA " PHOTO MYSTÈRE "

 

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                                                Station Porte des Lilas 

   Voici la réponse concernant la question de la " photo mystère " que je vous avais soumis à votre sagacité .  En fait ces " tiges " métalliques qui descendaient de la voûte de la station Porte des Lilas encore visibles sur la ligne 11 supportaient une " caténaire"  . Cette " caténaire " ne servait pas à l'alimentation électrique des motrices " Sprague ", l'alimentation électrique étant fournie par un troisième rail . Seules les motrices de l'ancien " Nord-Sud " , ligne 12 aujourd'hui , possédaient un petit pantographe placé sur le toit de la motrice afin de capter le courant nécessaire à son fonctionnement à la fois grâce à la caténaire et au troisième rail  . On voit encore les traces des ces supports sous la voûte de certaines stations du métro de cette ligne . 

    Metro_Porte_des_Lilas_1987_01      Motrice Nord-Sud      27490192

    Porte des Lilas caténaire         Motrice Nord-Sud                 Rame Nord-Sud 

  Toutes les lignes de métro possédaient sous leur voûte une " caténaire ", comme le montre mes photos. Le courant fourni par cette caténaire était utilisé par les trains de travaux qui circulaient la nuit ( des " Spragues  " modifiés ) avant que ceux-ci ne soient tractés par des motrices diesel modernes. De plus en cas d'accidents ou de déraillements pendant des manœuvres le courant fourni par le troisième rail était coupé (par sécurité pour le personnel de maintenance et d’intervention) et le mécanicien déployait une petit perche qui de trouvait placée sur le toit de la motrice (comme c'était le cas autrefois pour les tramways) pour capter le courant fourni par la caténaire. Il en était de même dans les ateliers de maintenance des rames de métro. Ce dispositif a été aujourd'hui totalement abandonné .

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           Anciennes tations de métro avec ses caténaires                Train de travaux 

 

     La station Porte des Lilas  " cinéma " 

   Il existe une station Porte des Lilas fermée au public. En fait, il s'agit de l'ancienne station de la voie navette, ouverte en 1921. En effet la CMP (Compagnie Générale du Métropolitain) avait décidé de relier la station Pré Saint-Gervais de la ligne 7 à celle de la Porte des Lilas, le service étant assuré par un système de navette qui effectuait le va-et-vient entre les deux stations. Cette exploitation disparut en 1939 et ne fut pas reprise, la navette étant jugée peu rentable. Néanmoins, les essais du prototype de métro sur pneus MP51 conduisirent à sa réouverture de 1952 à 1956. Depuis, la navette sert principalement pour l'instruction des agents et l'expérimentation de nouveaux matériels ou appareils. Quant à la station, elle s'est reconvertie dans le cinéma. La plupart des scènes ayant pour scène le métro y est tournée : il suffit de quelques décors et la station devient par exemple Pyramides !!! 

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             Voie Navette                                    Porte des Lilas " cinéma " 

   Pendant toute l'occupation la station Porte des Lilas fut fermée et la station navette fut transformée par la Werhmacht en atelier de mécanique . Le choix de la station Porte des Lilas avait été dicté par la profondeur de sa construction la mettant ainsi à l'abri de bombardements éventuels . ( renseignements fournis par une fervente lectrice qui possède un remarquable blog " Échos de mon grenier " que je vous invite à visiter )

                       11100_1945_cmp_pte_lilas_ateliers_ratp      atelier-allemand-dans-le-metro-station-porte-des-lilas-porte-des-lilas     

                              Atelier de mécanique station Porte des Lilas 

   Je remercie tous les lecteurs de mon blog qui se sont prêtés à mon petit jeu de la "photo mystère" . Qu'ils se rassurent d'autres " photos mystères " suivront !!!

 

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28 juin 2013

LES VERGERS ANDROS

 

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                                    " Vergers  Andros " - Place du Châtelet 

   Quel ne fut pas ma surprise de découvrir mardi 25 juin au matin , à la sortie du métro Châtelet , une agréable animation organisée par la société " Andros " . Andros avait installé ses "vergers" en plein Paris . Image insolite, la marque spécialiste du fruit venait à la rencontre des citadins et mis en place des "vergers" aux 4 coins de la ville ( Place de l’Opéra, de la Bastille, Châtelet, Montmartre et gare Saint-Lazare ) . De charmantes hôtesses vous invitaient à déguster les dernières créations Andros : Verger Douceur, Verger Exotique, Verger Méditerranéen et Verger Fraîcheur sans oublier les incontournables de la gamme 100% pur jus Andros . Une expérience simplement nature et goûter de bons produits, ça ne se refuse pas !!! Que cette société en soit ici grandement remerciée . 

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                                   Les " Vergers Andros " Place du Châtelet 

 

      La Société Andros 

  Andros est une entreprise agro-industrielle et une marque française spécialisée dans la transformation des fruits et de laitages dont le  siège est installé à proximité de Brive-la-Gaillarde, sur la commune de Biars-sur-Cère dans le Lot . Elle possède les marques Andros, Bonne Maman , Mamie Nova  . Elle est présente sur le marché de la confiserie de sucre au travers de sa marque Pierrot Gourmand . La société "Pierrot Gourmand" avait été créé en 1892 par Georges Evrard à qui l'on doit l'invention de la sucette !!!  Après la Seconde Guerre mondiale, le fondateur d'Andros, Jean Gervoson , « se lance » dans la confiture en rachetant les prunes invendues du négoce de son beau-père . Cette activité se développe à la fin des années 1960 . Gervoson crée la marque Bonne Maman en 1971 . L'emballage de la marque est inchangé depuis : pot au format breveté, couvercle d'après le motif d'une nappe à carreaux et étiquette blanche avec calligraphie comme à la plume. La matière première est contrôlée dès l'exploitation agricole pour le taux des pesticides à ne pas dépasser . En 2008-2009 , la marque contrôle 35 % du marché français des confitures .

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                                             " Pierrot Gourmand " 

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                                                    Produits Andros              

   En 1997, la marque Bonne Maman se diversifie vers les biscuits avant de « se lancer » dans les desserts début 2008 . Comme pour les confitures, les recettes utilisent des ingrédients le plus souvent frais, et sans conservateur ni additif . Les usines dévolues à ce secteur se trouvent à Auneau et Biars-sur-Cère (desserts), Avranches et Contres (biscuits) . Hors du marché français, un tiers des confitures Bonne Maman sont exportées et 10% des autres produits. Dès la création de la marque, les pots sont miniaturisés pour être vendus aux hôtels . Jean Gervoson à 89 ans est toujours dans la cabine de pilotage et , satisfaction suprême , avec ses deux fils  Xavier et Frédéric . Le site de Biars s’est étendu et emploie maintenant 1350 salariés pour produire 20 000 tonnes de confiture par an. D’autres marques sont venues rejoindre Andros , comme Materne . Le groupe Andros , dans son ensemble , compte désormais environ 5 000 salariés . Elle sponsorise le trophée Andros , course automobile sur glace , ainsi que l'Image Club d'Épinal , une équipe de hockey sur glace et surtout l'équipe de rugby du CA Brive, champion d'Europe 1997 . 

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                                 Société Andros                                        Trophé Andros 

   J'espère que d'autres sociétés suivront les pas d'Andros  et organiseront dans Paris des animations de ce genre afin de mieux se faire connaître . Ne manquez pas d'aller à leurs rencontres et de les encourager  .                                                 

        

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31 mai 2013

ANCIENNE VACHERIE PARISIENNE

      

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                                  Étable d'une vacherie  parisienne 

   Je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir les vestiges d'une ancienne vacherie parisienne située près du métro Belleville au 15 rue de la Présentation dans le XIème arrondissement  . Cette rue classée en 1931, s'appelait rue Sainte-Marie-du-Temple avant de recevoir en 1877 son nom actuel rappelant la présentation de Jésus par la Vierge au Temple . 

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                          Ancienne vacherie rue de la Présentation 

 

    Petite histoire des " vacheries  " 

   Avant la découverte de la pasteurisation le lait  ne se conservait pas très longtemps et donc ne pouvait être transporté sur de grandes distances . Les parisiens n'ont jamais été de gros consommateurs de lait , mais cet aliment indispensable notamment aux enfants a toujours été autrefois largement commercialisé par les laitiers ou les crémiers . Les crémiers se distinguaient des laitiers par la vente en boutique , les laitiers quand à eux " criaient " leur marchandise dans les rues . Laitiers et crémiers du XVIIème siècle  tiraient leur approvisionnement de lait dans les villages environnant Paris . En 1710 on rapporte que tous les matins plusieurs femmes " criaient " leur marchandise ou l'expose à la vente sur une petite place proche de l'église Saint-Jacques-de-la-boucherie que l'on nomme pour cette raison la " Pierre au Lait " . En 1450 on trouve une rue de la " Pierre-o-let " ou des " Escrivains qui donnait dans la rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie . En 1760 seul le carrefour de la Pierre-au-lait est mentionné sur les anciens plans de Paris . La rue des Écrivains disparaîtra  lors du percement du Boulevard de Sébastopol et de la rue de Rivoli . 

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                   Laitière à la ferme            La laitière de Veermer      Crémerie au XIXème siècle 

   Quelques  femmes , en petit nombre , débitent dans leur boutique , du lait qu'elles achètent à ces laitières de campagne , principalement en été . Les parisiens sont peu " accoutumés au lait ", aliment dont ils se méfie car les laitières le dénature souvent soit en enlevant la crème , soit en ajoutant de l'eau et même de farine !!! A la fin du XVIIIème siècle , avec la mode du café au lait , qui atteint jusqu'aux couches sociales les plus pauvres , le lait s'mpose définitivement dans l'alimentation des parisiens .  Devant la consommation de plus en plus importante de lait par les parisiens au XIXème siècle  , de nombreuses vacheries vont s'installer , tant à Paris que dans la  proche banlieue constituée alors par les petits villages qui en 1860 furent rattachés à la capitale , suite au succès rencontré par la vacherie Saint-Anne installée près de la barrière   Saint - Jacques qui fourinisssait le lait de plusieurs hôpitauxCes vacheries étaient des commerces de lait fraîchement trait ( lait cru ) et quelquefois de fromages et de crème dans lesquels des nourrisseurs élevaient une dizaine de vaches soit sur des résidus de pâturages l'été dans les communes limitrophes de la capitale soit à Paris dans des étables  et nourris avec du foin .

                                                Vacheries parisiennes 

 

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       Rue Saint-Jacques                 Rue Lacépède               Rue des Feuillantines  

   Ces animaux attachés à leurs râteliers ne sortaient de leurs étables après un an , voir même 18 mois , que pour se rendre aux abattoirs . Les étables ,ou plutôt les lieux auxquels on donne ce nom , et qui presque jamais n’ont été originairement destinés aux animaux qu’ils renferment, sont généralement mal construites, mal placées, mal tenues, basses, remplies d’ordures, n’ayant le plus souvent d’autre issue que celle de la porte, par conséquent mal aérées, et toujours hermétiquement fermées ; il y fait une chaleur insupportable, même en hiver : la gêne qu’y éprouve la respiration des animaux, est quelquefois annoncée par le soufflement répété . Ces étables étaient souvent source de nombreuses nuisances causées par la  puanteur du fumier et les nuées de mouches l'été comme le décrira si bien Balzac dans son roman " Le colonel Chabert !!! Bien entendu aucuns contrôles vétérinaires n'existaient .De plus l'hygiène lors de la traite était totalement absent ( mains sales , pis des vaches non nettoyées avant la traite etc. ) . La  transmission de maladies bactériennes par le lait par des bêtes malades ( tuberculose , mammite , fièvre aphteuse etc. ) n'était pas rare . De plus il n'était pas rare que le lait vendu soit  " mouillé " avec de l'eau , parfois polluée , ou par l'adjonction d'anticoagulants ou d'antiseptiques !!! Il y avait également des nourrisseurs de vaches et de chèvres qui à Paris et dans ses faubourgs conduisaient leurs animaux par bande , tous les matins , dans différents quartiers de la capitale, afin de fournir aux parisiens du lait frais directement sorti du pis de leurs animaux .  

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     Vacherie rue Lacépède     Vacherie rue Saint-Jacques      Traite sur les quais  

                                      

     La ferme impériale de Vincennes 

 

  La ferme impériale de Vincennes est fondée en 1858 . Les Parisiens descendent à la gare de Joinville pour venir y boire une tasse de lait pur …  Elle est située tout près de Saint-Maur, en dehors des fortifications, à une distance de l’ancienne barrière du Trône d’environ 4 kilomètres . La vacherie , comprenant 104 vaches ,  est la partie principale de la ferme de Vincennes . Dans l'étable se trouve  un " chemin de fer central " , sur lequel circulent les chariots portant la nourriture des vaches , se trouvent les vaches sur deux rangées ; derrière les animaux sont d’ailleurs deux corridors de service. Les animaux sont attachés par une chaîne à quatre branches , deux pour entourer le cou de chaque bête , et deux terminées par des anneaux qui glissent le long des piquets lorsque l’animal lève ou baisse la tête . Dans le compartiment central se trouve une auge à rafraîchir le lait . Un escalier mobile permet de monter au premier  étage de ce compartiment, et là se trouvent les quatre lits des quatre bouviers qui ont chacun une fenêtre pour voir d’un seul coup d’œil chacune des quatre travées qui sont sous leur surveillance .  

 

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                                       Ferme impériale de Vincennes 

 

 

    Répartition des vacheries parisiennes 

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                                        Répartition des vacheries parisiennes 

 

                                                  Vacheries parisiennes 

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   Montmartre rue du Mont-Cenis     Rue Mouffetard        Jardin d'acclimatation 

    Le nombre de vaches variait suivant la taille des vacheries . Les plus petites ne possédaient qu'une dizaines de vaches , les moyennes 10 à 20 vaches et les plus grandes pouvaient abriter jusqu'à 57 vaches . La plus importante se trouvait dans le Jardin d'acclimation qui possédait à elle seule plus de 80 vaches !!! Les parisiens consommaient 173.000 litres de lait en 1833 contre millions de litres par an en 1905 . Les vacheries parisiennes fournissaient environ 21 millions  , celles de banlieue 53 millions de litres et les vacheries plus éloignées ( grande banlieue )135 millions de litres . Ce lait était acheminé par chemin de fer le plus rapidement possible pour éviter qu'il ne " tourne"  . Avec le progrès des transports ferroviaire , des compagnies laitières , en particulier normande , s'organisèrent pour faire converger à Paris des fleuves de lait à des prix accessibles . Devant les fraudes de plus en plus croissante on mis au point des appareils afin de les détecter comme les lactoscopes , les lactodensimères , les saccharimètres et les butyromètres .

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             Lactodensimètre                Vacherie parisienne                Livreur de Lait 

  Le profit tiré par de la vente du lait et sa consommation de plus en plus croissante de nombreuses vacheries vont s'installer dans Paris . De 150 au milieu du XIXème siècle , elles passent de 350 en 1879 , puis de 476 en 188 et de 502 en 1892 ce qui constituera l'âge d'or de cette activité .  Les découvertes des différentes techniques de conservation du lait , tout d'abord par Nicolas Appert en 1831 , puis celle de  Louis Pasteur qui en 1864 , a prouvé que le lait brièvement chauffé à haute température pouvait se conserver ( cette technique , qu'il breveta  en 1865 , est plus connue sous le nom de " pasteurisation " ) . Elle fut largement prônée par l'allemand Franz von Soxhlet en 1886  . Ces techniques permirent une meilleure conservation du lait et une consommation sans risque d'infection microbienne  puisque presque tous les micro organismes étaient détruits ( sauf les spores des bactéries )  . Avec l'apparition de la stérilisation à haute température " lait UHT " le lait obtenu sera désormais exempt de tous germes et de tout spores . 

     Appert       p16jo6pu8c1v2b1421l0h16gloak1      Atout Archimex

            Nicolas Appert                   Louis Pasteur               Appareil de Soxhlet

  Les vaches donnèrent leur nom à des lieux et des rues de Paris et de banlieue. Au XVIe siècle, existe à Grenelle le  chemin aux Vaches  . L’Ile-aux-Vaches correspond à la partie orientale de l’Île-Saint-Louis ( ancienne Ile Notre-Dame ) , coupée en deux lorsque Charles V construit l’enceinte qui porte son nom  , la rue Trousse - vache détruite lors du percement du boulevard de Sébastopol , la rue aux vaches aujourd'hui rue Saint-Dominique , l'impasse aux vaches devenue impasse Haxo  La « Vache Noire » demeure un carrefour bien connu de Cachan etc. 

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                                        Ile aux vaches et Ile Notre-Dame 

    Ensuite l'activité déclinera petit à petit . On ne comptera plus que 457 vacheries en 1895 , puis 141 en 1910 et 30 en 1918 . Il n'en restera plus que trois en 1945 !!! La concurrence des grandes sociétés laitières , la difficulté de recruter des garçons vachers mal payés auquel s'ajoute la spéculation foncière contribueront largement à la disparition des vacheries parisiennes .  Jusque dans les années 50, le lait est principalement vendu en vrac. Un décret du 23 février 1950 impose, à partir du 1er janvier 1953, la vente de lait pasteurisé en bouteilles cachetées dans les villes de plus de 20.000 habitants. C'est la fin des boîtes à lait en aluminium. Et bientôt, vers 1977, le traitement UHT (ultra haute température) permet de conserver trois mois le lait, à température ambiante, contre quelques jours, au froid, pour le lait pasteurisé. L'industrialisation et le développement des transports frigorifiques ont eu définitivement raison des vacheries . Je vous recommande les remarquables travaux réalisés sur ce sujet sur , le blog " Paris Myope " et le blog " Paris-bise-arts " de mon ami Monsieur Devienne . 

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   Ne manquez pas lors de vos prochaines promenades dans Paris de partir à  la découverte des ces anciennes vacheries . Vous en trouverez des traces par exemple  Passage Delanos et Cour de la Métairie . 

                                                                                      

            

 

 

 

 

                                                                                

                                   

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25 mai 2013

LA PHOTO MYSTÈRE

  

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                                                  Station Porte des Lilas sur la ligne 11                          

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                                                      La photo " mystère "

 

     Je vous propose , chers lecteurs et lectrices , de vous livrer à un petit jeu , qui j'en suis sur , aiguisera votre curiosité et votre perspicacité !!! 

     Ces photos ont été prises sur le quai de la station de métro Porte des Lilas en direction du Châtelet sur la ligne 11 . Pourriez-vous  dire à quoi servaient les supports métalliques que vous voyez sortir de la voûte de cette station ? Pourriez-vous également dire l'utilisation de ce qu'il supportaient et dans quelles occasions . 

     Bonne recherche à vous !!! 

       

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19 avril 2013

PAVÉS EN BOIS DU PASSAGE SAINT-MAUR

                             

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                                                        Passage Saint-Maur 

   Bien peu de parisiens savent qu'autrefois le pavage des rues était réalisé avec des pavés en bois ! Nous allons découvrir l'histoire de ces pavés aujourd'hui disparus . Il en reste encore quelques vestiges à l'entrée du passage Saint-Maur et devant le 37 de la rue de Nazareth . Le passage Saint-Maur , d'une longueur de 100 m. pour une largeur minimum de 4 m. , se situe dans le XIème arrondissement . Il commence au 81 de la rue Saint-Maur et se termine au 6 du passage Saint-Ambroise . 

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                                                      Passage Saint-Maur 

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                                           Passage Saint-Maur 

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                                                  Pavés en bois passage Saint-Maur

    La rue Saint-Maur 

  Cette rue est une section de l'ancienne de l'ancienne route conduisant de  l'abbaye de Saint-Denis à celle de Saint-Maur-les-Fossés , d'où son nom . Elle s'est appelé , vers 1775 , du Bas-Popincourt ou Bas-Pincourt entre les rues du Chemin-Vert et de Ménilmontant ( Oberkampf ) et Blanche entre les rues de Ménilmontant et des Trois-Bornes . L'ensemble s'est aussi appelé au XIXème siècle Saint-Maur-Popincourt . Cette rue a perdu , en 1910 son tronçon compris entre l'avenue Claude-Vellefaux et la rue de la Grange-aux-Belles , auquel on a donné le nom de Juliette Dodu .

   Le pavage des rues 

   C'est Philippe-Auguste qui fit réaliser pour la première fois le pavage de quelques rues parisiennes en 1185 qui dut un jour se retirer de l'une de ses fenêtres de son palais tant était odieuse l'odeur soulevée qui se dégageait dans la rue lors des passages par les charrois . Il ordonna qu'à l'avenir les rue fussent pavées . Étant à la charge du Prévôt des marchands , son ordonnance resta limitée à la " croisée de Paris " formée par les rues Saint-Jacques et Saint-Martin et Saint-Antoine et Saint-Honoré . Ce pavage était constitué de dalles de grès formant un  carré d'environ 1.15 mètre de côté sur 15 à  18 centimètres d'épaisseur . Afin d'accéler le pavage des rues le roi Henri IV décida en 1605 que désormais les frais en incomberont à l'Etat . Malgré ce progrès , il faut savoir que sous Louis XIII la moitié des rues étaient toujours en terre . C'est en 1865 qu'apparurent les pavés en bois . Ils furent très largement utilisés pour paver les artères parisiennes .

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    Machine à tailler les pavés                       Dépavement des rues 

    Ces pavés étaient réalisés avec du madrier de sapin, débité en rectangles d’environ 8 centimètres de largeur sur 12 centimètres de hauteur et 22 centimètres de longueur . Sur ce revêtement très  uni, une rainure était effectuée tous les quarante centimètres afin d’éviter la glissade des chevaux . Ils présentaient l'avantage d'être relativement silencieux lors du passage des chevaux dont les fers résonnaient fortement sur les pavés de pierre . Mais en cas de pluie ils devenaient particulièrement glissants et peu hygiénique lorsqu'ils étaient imprégnés d'urine ou de crottin des chevaux . Par mesure d'hygiène les rues étaient lavées tous les jours par des arroseuses municipales et cela jusque dans les années cinquante . Ces pavés furent progressivement remplacés à partir de 1905 et ils commencèrent à être abandonnés après 1930 au profit des pavés en pierre . Des essais de pavés métalliques goudronnés ont été tentés dans les années trente sans succès . Lors de la grande crue de la Seine en 1910 les pavés en bois se détachèrent du sol et flottèrent dans certaines rues inondées !!! En 1938 ils furent définitivement abandonnés , mais il en existait encore jusqu'après le seconde guerre mondiale . 

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         Crue de 1910                                            Pavés en pierre 

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                                     Remplacement des pavés en bois 

   Bien que ces pavés soient pratiquement inusables et particulièrement esthétiques , le pavage en pierre est devenu très coûteux ; il sera progressivement abandonné pour des raisons de sécurité , notamment après les évènements de mai 68 et remplacés petit à petit pas l'asphalte rendant le dépavage plus difficile lors des manifestations . Par ailleurs l'asphalte à l'avantage d'abaisser notoirement le niveau sonore de la circulation . A titre anecdotique sachez que lors du dépavage de la rue du Vieux-Colombier , les pompiers de la caserne située dans cette rue  utilisèrent les pavés en bois comme combustible afin de se chauffer . Si vous désirez en savoir plus sur l'histoire des pavée en bois je vous conseille de consulter un remarquable article sur le site " Attelage Patrimoine " . Ne manquez pas lors de l'une de vos prochaines promenades dans Paris de visiter le passage Saint-Maur afin de découvrir les derniers pavés en bois de la capitale . 

        

 

                 

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18 mars 2013

ABATTOIRS DE LA VILLETTE

 

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                     Anciens abattoirs de La Villette               Cité des Sciences et Parc de La Villette

                                       

   Je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir la passionnante histoire des anciens Abattoirs de La Villette aujourd'hui disparus . On peut encore apercevoir quelques vestiges des abattoirs de la Villette dans la Cité des Sciences et de l'Industrie Porte de la Villette et de son marché aux bestiaux dans le dans parc de la Villette , Porte Pantin .

      Petite histoire de la boucherie à Paris 

  Le métier de boucher est sans doute l’un des plus vieux métiers du monde . Le mot boucher dériverait, de « bochier » celui qui était chargé d'abattre des boucs afin d’en vendre la chair. Le boucher , en quelque sorte, déshumanisait l’animal et dans le subconscient il était considéré pour beaucoup de personnes comme un sacrificateur laïc . On en trouve de nombreuses représentations dans les anciennes civilisations : préhistorique, égyptienne ( à Thèbes, dans le tombeau de Meketré, la reproduction d’une salle d’abattoir)  romaine  et gauloise .

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  Au moyen-âge le travail de la viande à Paris s’étendait, autour de l’île de la Cité  nommée alors l’Ile aux vaches, puis autour du parvis de Notre-Dame , et de la prison du Grand Châtelet . Au centre trônait une église aujourd’hui disparue : Saint Pierre aux bœufs . Notre Tour St Jacques  est le dernier vestige encore visible de nos jours de l’église St Jacques de la Boucherie, détruite lors de la Révolution . Des chemins tortueux jonchés d’immondices menaient à la Seine où s’effectuait la plupart des abattages . Il existe encore aujourd’hui la Rue Aubry le Boucher ( près du centre Pompidou ) , Cette voie est citée dans un acte d'avril 1275 sous le nom de « Vicus Alberici Carnificis » . sans doute due à un boucher appelé Aubry.

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                  Grand Châtelet                     Saint-Jacques de la boucherie 

    La corporation des bouchers était très puissante et jouissait de privilèges accordés par le roi Philippe Auguste qui ne seront abolis qu’en 1858. L’extension des boucheries pris de l’ampleur au cours des années, du fait de l’augmentation des habitants.Les bouchers avaient leur tuerie attenant à leur étal, où à même la rue au total mépris de l’hygiène la plus élémentaire et des accidents que cela pouvaient entrainer lorsqu'un animal devenait furieux !!!  La fonte des suifs était aussi opérée sur place par le même boucher, le sang ruisselait sous les pieds, les égouts n’existant pas encore . La corporation des bouchers était très puissante et jouissait de privilèges accordés par le roi Philippe Auguste et qui ne seront abolis qu’en 1858 !!!  

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  Il faudra attendre 1810 date à laquelle Napoléon 1er décide la suppression de toutes tueries particulières dans l'enceinte de la capitale . Il ordonna la construction de cinq d’abattoirs dans Paris . Trois sur la rive droite : l'abattoir de Montmartre , ou abattoir de Rochechouart construit par les architectes Poidevin et Bellanger est le plus grand de tous avec 37.000 mètres carrés et 64 " échaudoirs " ( nom donné dans les abattoirs au local réservé à l'abattage ) . Il est situé Avenue Trudaine à l'emplacement de l'actuel Lycée Jacques Decours ( ancien collège Rollin ) . L'abattoir de Popincourt rebaptisé abattoir de Ménilmontant construit par les architectes Happe et Vautier au niveau de la Rue Parmentier et de Saint-Maur , il est  le second en importance avec 64 échaudoirs ( seul abattoir de Paris à pratiquer l'abattoir selon le rituel israélite ) , l'abattoir du Roule ou abattoir de Mirosmenil construit par l'architecte Petit-Radel avenue Mirosmesnil , il était beaucoup plus petit avec seulement 32 échaudoirs .

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                             Abattoir de Montmartre                          Abattoir du Roule 

  Deux autres furent édifiés sur la rive gauche : l'abattoir de Grenelle construit par l'architecte Gisors près de la Barriere de Sèvres  possédant 48 échaudoirs . C'est après huit ans de travaux entrepris dans la cour de l'abattoir de Grenelle que le forage du puits artésien entrepris par l'ingénieur Louis-Georges Mulot , sous les conseils d'Arago ,  fut couronné de succès . En effet le 6 juillet 1841 une eau à 27° jaillissait de ce puits de 548 mètres de profondeur !!! C'est le seul abattoir de Paris qui bénéficiera d'eau chaude et pour lequel le terme " d'échaudoir " aura son véritable sens !!! 

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                             Abattoir de Grenelle                               Puits artésien de Grenelle 

   Le second ,  L'abattoir d'Ivry appelé ensuite abattoir de Villejuif ou des Deux Moulins  édifié par l'architecte Lenoir près de la Barrière d'Italie ( aujourd'hui Boulevard de l'Hôpital ) . Il possédait 32 échaudoirs pour 27.000 mètres carrés . Par suite de la suppression de l'abattoir de Belleville , quatre échaudoirs y furent affectés pour l'abattage des chevaux en 1872 , choix sans doute dicté par la proximité du marché au chevaux . Autre particularité , l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris possédaient 8 échaudoirs dans cet abattoir pour son approvisionnement en viande . Plus de 500 bouchers travaillaient alors dans les 250 échaudoirs . Ces nouveaux abattoirs furent mis en services à partir de 1818 . On y adjoindra deux autres abattoirs pour les porcs L'abattoir de Château-Landon , rue de Château Landon  et celui des Fourneaux , Boulevard Pasteur . Trois autres abattoirs viendront s'y ajouter lors de l'annexion à Paris en 1860 des communes limitrophes , ceux de La Villette  ( rue d'Aubervilliers ) , qu’occuperont, après sa fermeture les différents services des Pompes Funèbres Générales de Paris , puis aujourd’hui le « 104 » , lieu de création et de production artistique  . Enfin ceux de Belleville ( rue de l'Atlas ) et des Batignolles ( Rue de Clichy ) . Plus de 500 bouchers travaillaient alors dans les 250 échaudoirs . Ces nouveaux abattoirs  furent mis en service à partir de 1818 .

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       Abattoir de Villejuif         Pompes Funèbres Générales                Le " 104 "

   Les abattoirs parisiens étaient  la source de nuisances multiples . Nuisances olfactives surtout dues au fondoir à suif , auditives et visuelles , auxquelles s'ajoutent les risques d'incendies dus aux réserves de paille et de foins ainsi qu'à l'utilisation des fondoirs à suif . Les abattoirs de Montmartre connurent un important incendie dans les greniers à foin en 1857 ainsi que les abattoirs de Grenelle en 1873 . Nuisances également lors des transports à pied des troupeaux d'animaux ainsi que ceux  qui parvenaient à s'échapper des abattoirs . Plusieurs accidents mortels furent à déplorer . C'est pour toutes ces raisons que les abattoirs sont classés comme établissements insalubres de première classe (décret de 1810, ordonnance de 1838), et ne peuvent être ouverts sans autorisation administrative (ordonnance 1845, décret de 1866 ) .  En raison de l'extension démographique de Paris et les nombreuses nuisances apportés par les nombreux troupeaux d'animaux se rendant dans les différents abattoirs de la capitale , le baron Haussmann  suggéra en 1858 de regrouper tous ces petits abattoirs . Il décida la création de deux abattoirs . Un sur la rive droite , les Abattoirs généraux de la Villette avec son grand marché aux bestiaux , séparé des abattoirs généraux par le canal de l'Ourcq , en remplacement des marchés de Sceaux et de Poissy . 

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       Abattoirs de La Villette                   Marché aux bestiaux de La Villette 

   Il ne subsiste aujourd'hui comme vestiges des anciens abattoirs de la Villette qu'une partie de l'horloge monumentale qui se touvait à l'entrée des abattoirs et la rotonde des vétérinaires aujourd'hui fermée .

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                               L'horloge monumentale des abattoirs de La Villette

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                                             La rotonde des vétérinaires   

    De l'ancien marché aux bestiaux de La Villette ne subsistent que la grande halles aux bœufs , le restaurant buvette " Le Charolais " et les deux pavillons d'entrée du marché qui servainet à abriter les services administratifs . 

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  La grande halle aux bœufs           " Le Charolais "                 Bâtiment administratif 

    Sur la rive gauche on construira les abattoirs généraux de Vaugirard , rue de Dantzig ( aujourd’hui parc Georges Brassens auquel on adjoindra en 1907 ( rue Brancion ) un abattoir pour l’abattage des chevaux en remplacement de celui de Villejuif avec un marché aux chevaux en remplacement de celui qui se trouvait boulevard de l'Hôpital . 

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Abattoirs généraux de Vaugirard    Abattoir hippophagique          Marché aux Chevaux 

 

    LES ABATTOIRS DE LA VILLETTE  - L'AGE D'OR 

 

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                                                       Les abattoirs de La Villette 

   On choisit donc pour la construction des nouveaux abattoirs, et du marché aux bestiaux le site de La Villette,  excentré du centre de Paris et qui avait déjà possédé avant cette date, un lieu réservé à cet usage depuis 1816 (vers la rue Curial). L’expropriation commença, les décrets furent publiés et vite reconnus d’utilité publique. Le reste des terrains pour les aménagements fut grignoté sur des terres cultivées et des vergers. La proximité du bassin de La Villette , dont les travaux commencèrent en 1806 permettait l’approvisionnement en eau de la capitale et particulièrement des abattoirs de La Villette et assurant également un transport plus rapide des marchandises par les canaux .

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          La Villette                                              Bassin de La Villette 

  La construction des abattoirs commença en 1865 sous la direction de l’architecte Janvier et Jules de Mérindol d’après des esquisses de Baltard (l’architecte des Halles de Paris)  et on la termina pour l'exposition Universelle de 1867  qui mettait en valeur le monde du commerce, thème choisi pour cette exposition. On avait réalisé la création la plus grandiose de cette époque (dite moderne). Son coût s’éleva à 8 501 000 fr, comptes fantastiques, d’après Mr Jules Grévy alors Président de la République. Quelques mois plus tard le 20 octobre 1867 à la Porte de Pantin, on ouvrit le marché aux bestiaux sur 31hectares  desservi par la nouvelle gare de Paris-Bestiaux . (bifurcation du chemin de fer de ceinture, depuis la gare Belleville- Villette) ce qui mit en partie un terme aux déplacements longs dérangeants et coûteux des bestiaux venant à pied à travers Paris et la banlieue . Autrefois le chemin de fer de ceinture franchissait le canal de l'Oucq grâce à un pont-levant aujourd'hui disparu , afin de rejoindre l'enceinte des abattoirs de La Villette .  

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        Victor Baltard              Gare de  Belleville-La Villette     Abattoirs de La Villette      

   Le marché de La Villette n’était pas qu’une destination finale des animaux de boucherie . Il était aussi une plaque tournante du négoce du bétail , car les marchands de bestiaux expédiaient vers les régions de l’est, environ 200 wagons (avant 1914) les lundis et jeudis . Cette gare fonctionna jusqu’à la fermeture des abattoirs en 1973 . Un pont-levant , aujourd'hui disparu , permettaient aux trains de bestiaux  en provenance de la gare de Paris-bestiaux de pénétrer dans l'enceinte des abattoirs , comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessus . 

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                                        Pont-levant sur le canal de l'Ourcq

    Les abattoirs généraux de la Villette  s’étendaient sur 52 hectares . Ils étaient situés tout près de l’octroi permettant à la régie de contrôler les marchandises et de prélever les taxes . En permanence ces abattoirs étaient protégés par la police et des gardes républicains logés sur place . Nombre de bouchers effectuaient ainsi , ici leur service militaire . Seules les personnes munies d’une autorisation pouvaient y pénétrer avec une carte ou un insigne épinglé sur leur blouse . Les commissionnaires et les propriétaires présentaient un certificat du maire de leur commune . Derrière les grilles de l’entrée des abattoirs était installé un pavillon d’octroi avec une bascule  et le long du boulevard Mac Donald, se trouvaient la banque Gravereau , et le long du canal des petites industries utilisant les sous produits de l’abattoir. Sans oublier les rémouleurs , la lingerie et le vestiaire. Plus loin : à l’écart on trouvait   les boyauderies et la triperie . A l'entrée se trouvait également une petite" conciergerie " où était entreposées toutes les clefs des échaudoirs . En effet les chevillards n'étaient pas propriétaires de leurs échaudoirs qu'ils louaient . L'abattoir tout comme le marché aux bestiaux étaient la propriété de la Ville de Paris . 

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                      Gare de Paris - bestiaux                                Gardes républicains 

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                                  Pavillon d'octroi                                      Boyauderie 

  L’entrée principale se trouvait sur la rue de Flandre ( actuelle rue Corentin Cariou ) . A l'entrée pn pouvait voir deux statues monumentales  (fondues pendant l’occupation allemande) : celle d’une femme menant un bœuf, et l’autre représentant l’abattage d’un bovin illustrant l’activité des lieux  . Après avoir franchi les pavillons d’entrée, on arrivait sur une grande place où se dressait la célèbre tour carrée de l’Horloge, qui portait un panneau indiquant le cours des ventes de la journée. Au sommet une cloche rythmait l’activité des lieux cette cloche salua le 11 novembre 1918, la nouvelle de l’Armistice et se tue à jamais . A gauche se trouvait la rotonde de la criée (ancien fondoir à suif)  et à droite la « rotonde des vétérinaires » abritant également le poste de police , la commission de la boucherie, un local syndical et plus tard les services vétérinaires. Les vétérinaires des abattoirs étaient secondés par des officiers de police, formés sur place afin de détecter toute carcasse ou abat suspects, en vue d’une éventuelle saisie par les vétérinaires . Cette rotonde est le seul vestige encore visible aujourd’hui des anciens abattoirs de La Villette . 

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        Entrée de l'abattoir          Tour carrée de l'horloge             Ancienne criée 

 

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                       Rotonde des Vétérinaires                              Insigne des officiers de police

   Depuis la place de l’Horloge partaient 5 avenues bordées de platane. Le long de ces allées s’étalaient des corps de bâtiments abritant alternativement des échaudoirs et des étables . Les bouveries à taureaux se trouvaient près du canal de l’Ourcq. A proximité se trouvait également un lazaret pour les animaux contagieux en observation ainsi qu’un endroit réservé au stockage du fumier . Le site de La Villette étaient scindés en 2 parties : d’un côté (porte de la Villette, l’abattoir et le monde ouvrier et de l’autre (porte de Pantin,) le marché aux bestiaux qui centralisait le monde du commerce. Ces deux mondes, bien séparés étaient reliés par un pont étroit enjambant le canal de l’Ourcq où passaient les animaux se rendant dans l’abattoir .

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        Une allée des abattoirs               Lazaret               Direction vers le pont du canal de l'Oucq

  Comme nous vous l’avons dit, rue d’Allemagne, actuellement avenue Jean Jaurès se trouvait le marché aux bestiaux, orné par une fontaine connue sous le nom de : « fontaine aux Lions de Nubie » .  Cette fontaine , encore visible de nos jours , se trouvait autrefois Place de la République . Déplacée , elle sera installée à l'entrée du marché aux bestiaux de La Villette  pour que les bêtes puissent boire à leur arrivée. De part et d’autre s’élevaient deux bâtiments néoclassiques ; à droite les services administratifs et la poste . A gauche se trouvait la Bourse aux bestiaux et un casernement de la Garde républicaine qui surveillait le marché aux bestiaux . Au milieu la « halle aux bœufs », la plus grande œuvre de Jules de Mérindol de 20.000 m², pouvait recevoir jusqu’à 10.000 gros bovins . Les taureaux solidement entravés était placés le long de la grande halle . Cette halle aux bœufs a été miraculeusement conservée ; magnifiquement restaurée elle accueille de nombreuses manifestations culturelles et artistiques tout au long de l'année . 

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               Fontaine " aux lions de Nubie "                          Ancienne bourse aux bestiaux 

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        Gardes républicains                             La grande halle aux bœufs

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                                                 La grande halle aux bœufs 

   Deux autres halles de 10.000 m² chacune existaient . Une pour les moutons ( environ 4.000 têtes )  et une autre pour les veaux et les porcs ( environ 2 500 têtes ) . Le long du canal on trouvait des bouveries , des porcheries, des bergeries . Ces différentes stabulations accueillaient les animaux dès leur arrivée sur le marché . Les animaux invendus  y retournaient pour attendre le prochain marché . Passé le délai de deux marché consécutifs  , ils devaient soit trouver un acheteur sous peine d'être abattus d'office afin de ne pas encombrer inutilement les lieux de stabulations . Le monde ouvrier viril de ces abattoirs   forgeait des têtes de durs, C’était les « gars de la Villette». Ils travaillaient ensemble souvent 14 heures par jour.   Tous ces hommes venaient du monde rural, mais avant tout ils étaient solidaires et l’amitié était présente même les vieux et les invalides , y faisaient des petits bouleaux . C'était une époque où chacun trouvait sa place quelque soit son âge où son handicap ! 

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         Halle aux moutons                             Halle aux veaux et aux porcs 

  Pour dialoguer ils parlaient souvent leur patois d’origine, et le tutoiement était de rigueur. Ils inventèrent également l’argomuch, c’était plutôt un argot imagé « le louchébem » surtout parlé par les bouchers détaillants ( loucheb signifiant boucher ) . Les rires fusaient quand ils discutaient entre eux sans être compris par les autres. Le mot « loufoque» (fou), entré dans la langue française est issu de " l’argomuch " . Patrons et ouvriers travaillaient ensemble et même la politique n’était pas mise. Ce curieux argot était bien compliqué. Dans ce milieu fermé, tout le monde se connaissait, ce qui faisait oublier la pénibilité des tâches. Mais Ils avaient le respect naturel de l’homme sur l’animal qu’ils "déshumanisaient" . Les femmes n’étaient pas nombreuses et occupaient les emplois subalternes .

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    Les bouchers seront impliqués au cours de l'histoire lors de différentes révoltes . Au Moyen-âge un certain "Caboche" de son véritable nom Simon le Coutelier, deviendra le chef populaire de la révolte des "Cabochiens" lors d'une insurrection parisienne favorable au duc de Bourgogne Jean sans Peur au début du XVème siècle . Sa mère vendait des tripes sur le parvis de Notre-Dame de Paris . Le surnom de Caboche provient peut-être du fait qu'il fendait les têtes des bovins et des ovins pour en vider la cervelle . Le nom de " caboche " est resté dans le langage familier pour désigner la tête . Il fut à la tête de la révolte des Cabochiens qui sévit à Paris d'avril à août 1413. En mai 1413 , c'est lui qui conduisit les Bourguignons lors du massacre des Armagnacs à Paris . En septembre, lors de la reprise en main de la ville par les Armagnacs , il réussit à s'enfuir avec Jean sans Peur . Lors du retour du duc à Paris en 1418 , après le massacre des Armagnacs, Caboche se tient à l'écart des excès qui le caractérisent et occupe une fonction auprès du duc, loin de l'agitation populaire . Au début du siècle dernier le marquis de Mores et son ami Jules Guérin  séduisirent certains bouchers des abattoirs de La Villette pour ses idées anarchistes et antisémites pendant l’affaire Dreyfus . Armés de canes plombés les bouchers ils iront grossir les troupes de chocs nationalistes et se livreront à d'odieuses agressions antisémites . 

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       Révolte des Cabochiens              Le marquis de Mores               Jules Guérin 

    La nuit , à leur arrivée, à la gare du marché aux bestiaux , les animaux étaient débarquées des wagons , par des employés aidés de leurs chiens , le plus souvent des corniauds croisés de briards , ou de bas-rouges .   Les moutons entre 400 et 500 , étaient accueillis par des hommes et quelques femmes, qui les aidaient à débarquer pour éviter qu’ils ne se cassent les pattes . Les taureaux étaient conduits par deux ou trois solidement attachés derrière des charrettes basses sur roues appelées  " vachères " . Certains animaux étaient débarqués en gare de Pantin et de la Chapelle et rejoignaient le marché aux bestiaux par les " boulevards extérieurs " . Les bêtes arrivaient assoiffées, fatiguées, quelque fois étouffées, même mortes. Une forte odeur, enveloppait tout cela : fumée des trains , sueur , fumier et en plus les bousculades étaient inévitables . La tâche était pénible mais on ne laissait rien paraître .

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                             Débarquement des bœufs                   Désinfection d'une vachère  

    Il n'était pas rare de croiser sur les quais de débarquement des bestiaux de pauvres femmes qui au petit matin ramassaient les crottes de chiens qu'elles allaient ensuite vendre au " Marché des crottes de chiens " qui se tenait à Paris ! Ces déjections canines étaient ensuite revendues aux mégissiers du quartier des Gobelins . Les mégissiers utilisaient ce curieux produit pour " digérer " les restes de viande encore présents sur les peaux . 

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                                     Marchand de crottes de chien 

  Toutes les bêtes passaient ensuite une par une à l’enregistrement pour être comptées et visionnées par le service vétérinaire qui détectaient d'éventuelles maladies . Après elles se dirigeaient vers leur stabulation respective pour une dernière journée de calme . Le lendemain, vers 5 heures du matin , on les triait , les bichonnait une dernière fois  en prévision de la vente et quelquefois on les maquillait et cachait leurs défauts . En même temps vers l’entrée du marché , on procédait au tirage au sort pour connaître leur place dans les halles . Les meilleures places , c'est-à-dire les endroits les plus passants pour les plus belles bêtes . Elles étaient attribuées par le « maître - placier » habillé d’une blouse plissée  bleu « villette » et coiffé d’une casquette .  Pour les veaux , des femmes en prenaient soin dès leur arrivée . C’étaient les « nourriceuses » , car les veaux perdent rapidement du poids lorsqu’ils sont stressés . Elles leur donnaient des biberons, et de la farine. Au milieu du brouhaha , à 10h30, la cloche annonçait le début des ventes . Généralement, commissionnaires et éleveurs après un tour, partaient discuter à la buvette du marché " Le Charolais " , miraculeusement conservée , et laissaient la place aux chevillards qui palpaient les cuisses , évaluaient le poids de la peau, de la graisse . Des officiers de police vérifiaient l’état sanitaire des animaux présents sur le marché . Seul la vente des taureaux commençait 9h30 afin qu'ils puissent quitter plus tôt le marché pour rejoindre les bouveries à taureaux . 

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      Bouveries du marché                 Parcs à moutons                      Halles aux bœufs        

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       Le " maitre -  placier "             Les " nourriceuses "             Buvette " Le Charolais " 

   Ensuite commençaient les négociations . Après l’accord on topait dans la main pour sceller la vente , Sur ce signe , on ne revenait jamais , il faisait foi de parole et " cochon qui s'en dédit " !  Les bêtes étaient alors marquées " aux forces "( sorte de ciseau avec lesquels on coupait les poils du signe du nouveau propriétaire ) .  Tout ceci se passait au milieu de grands bruits : niveaux des conversations, beuglements des animaux, aboiements des chiens. A 14h30 la cloche mettait fin à ces bruits et aux transactions . Les bovins marqués étaient dirigés vers les bouveries des abattoirs ou au marché aux bestiaux pour les invendus . Les moutons étaient menés par  " le mignard " , un vieux mouton dressé qui marchait en tête et dirigeait le troupeau . Les veaux et les porcs étaient menés en camion. Les animaux non vendus, réintégraient leurs stabulations  pour le marché suivant ( huit jours maximum ) sous peine d'être impérativement abattus. Les bruits alors s’estompaient et le service de nettoyage armé de jets d’eau et de désinfectant arrivait et remettait de l’ordre pour le marché suivant . 

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        Début des ventes             " Cochon qui s'en dédit " !          Paire de " forces " 

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       Bouveries du marché           Direction les abattoirs               Le " Mignard " 

    Pour les marchands de bestiaux, c’était l’heure des comptes et cela se passait le plus souvent dans les cafés et restaurants avoisinants la porte de Pantin, comme et qui ne désemplissaient pas. Au milieu de l’épaisse fumée de cigarettes ils riaient, chantaient, gueulaient, quelquefois s’engueulaient, s’insultaient et même se bagarraient. Mais dans l’ensemble la camaraderie était de rigueur . Les marchands de bestiaux se retrouvaient à l’Horloge , chez Kiki , au Pied de Mouton , chez la Mère Mezières ou au Cochon d’Or . Les chevillards eux se retrouvaient chez Capoulade. Les repas fins se déroulaient au Veau d’Or, chez Edon devenu le Bœuf Couronné ou chez Dagorno aujourd’hui ‘hui disparu . Le restaurant l’Amiral recevait les syndicats des patrons et les hommes politiques en autre . On traitait les affaires seulement en argent liquide , les porte- feuilles étaient bourrés de billets et même souvent les liasses énormes de billets étaient enveloppées dans du papier journal et bourraient les poches des blouses ou des vestes . Les banques étaient pour ces gens , une perte de temps pour la paperasserie et en général les restaurants était pour eux , les lieux les plus sûrs pour ces transactions financières . C'est seulement à partir de 1960 que le paiement par chèque deviendra obligatoire . Pendant ce temps tout ce monde se désaltérait de beaujolais ou de grands crus et payait sans regarder à la dépense . Une clientèle parisienne venait aussi le soir dans ces restaurants afin d’y retrouver cette ambiance surréaliste de lundis et jeudis  jours de marché .     

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   " Au Cochon d'Or "          " La Ferme de La Villette "     " Le Bœuf Couronné "

  

         LE TRAVAIL AUX ABATTOIRS

   L’abattage des animaux qui se faisait chaque jour, sauf le samedi et le dimanche et le vendredi saint . On commençait dès six heures du matin. On ne s’arrêtait pas à l’heure du déjeuner mais on s’aménageait une solide pause casse-croûtes pour qu’impérativement à 14 heures heure réglementaire de la fin des abattages. L’abattage se faisait dans les échaudoirs et les cours de travail . Les échaudoirs étaient tenus par les chevillards (patron boucher en gros) . La cheville étant un gros crochet de métal  pour suspendre les carcasses d’où le terme « vendre à la cheville » .  En 1921, pour le travail des bovins, il y avait 320 chevillards et 1800 ouvriers. Pour les porcs : 20 patrons et 250 employés dont presque la moitié était des femmes . Le métier de boeuftier, était le métier le mieux payé (4 fois le salaire d’un employé de bureau) , suivait le veautier puis le moutonnier et enfin celui que l’on appelait le " gargot " pour les porcs .Tous bénéficiait de la " défense " . C’est-à-dire de morceaux comme la gorge , le cœur ou la hampe que l’on leur attribuait en sus de leur salaire . Puis suivait différents métiers qui utilisaient les " sous-produits " d'abattoir comme : les  pansiers  qui ramassaient   les abats  , les boyaudiers qui récupéraient les intestins , les sanguins et les glandiers , sans oublier le ramassage des peaux effectué par des employés de la maison Fisher située le long du canal près de la Porte de la Villette . 

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     Echaudoirs à la Villette     Echaudoirs et cour de travail   Bœuf suspendu à la cheville 

   Le bouvier ou le boucher allait chercher les bêtes , à qui  on mettait quelquefois un masque sur les yeux , dans les bouveries de l’abattoir pour les conduire dans les échaudoirs pour y être abattus . En fait les bêtes étaient abattus dans la cour de travail , l'échaudoir ne servant qu'à entreposer les carcasses . Les tueurs portaient à la ceinture leur "boutique" , une sorte d'étui en bois contenant leurs différents couteaux , et un fusil . L’animal était attaché par une corde liée   entre les cornes à un anneau fixé au sol , ce qui l’obligeait à baisser la tête . Dans l’échaudoir, local de 50 m², le chevillard s’affairait en général avec une brigade de 4 à 10 garçons bouchers suivant l'importance de l'échaudoir . Ils étaient sous les ordres du "maître garçon " . A La Villette, l’abattage et le dépeçage se faisaient de la même façon qu’au moyen-âge ! Le maître garçon , chef des boeuftiers , chaussé de gros sabots avant la guerre et plus tard de bottes en caoutchouc ,  armé d’un merlin anglais frappait la bête entre les deux cornes afin de l’assommer , n’était pas tueur qui voulait , il fallait de la force et de l’adresse pour agir vite et ne pas faire souffrir les bêtes . Le 2e garçon , genou au sol maintenait la tête. Pour assommer l’animal on utilisait le merlin anglais. . On a aussi utilisé quelque fois le masque "Bruneau" muni au niveau du front d’un boulon en fer qui perforait le crâne sous le coup de la masse . Puis on passait un jonc dans la tête de l’animal pour détruire les centres nerveux . Plus tard on abandonna le merlin au profit du pistolet à cartouche percutante ( matador ) toujours utilisé de nos jours . Le troisième garçon détruisait la moelle épinière avec une tige de jonc . Après avoir été saigné et éviscéré l'animal  ,  la carcasse  était suspendue dans l'échaudoir par les jarrets à une grosse poutre en bois la " pente " puis sciée en deux . Un remarquable film documentaire a été tournée par Georges Franju dans les abattoirs de La Villette et de Vaugirard après la dernière guerrre . Si vous n'êtes pas trop sensible vous pouvez le visonner sur le site  internet " Bella ciao " . 

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        Bouverie de l'abattoir                             Direction l'échaudoir  

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                                      Abattage d'un bœuf avec le merlin anglais 

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              Masque Bruneau                 Pistolet d'abattage        Carcasse suspendue aux pentes

   Rien n’était perdu : les panses, têtes et pieds étaient consommés , les boyaux servaient pour les andouillettes et les saucissons , les vessies servaient pour la fabrication des ballons et des blagues à tabac ou des cordes de violon , les nerfs de bœuf pour les cravaches , les déchets pour les engrais , les pieds de moutons pour la confection d’huiles pour l’horlogerie , les cuirs pour l’habillement ou le mobilier , les cornes pour les peignes ou les manches d’outillage, les crins pour les coussins ou les pinceaux , le sang pour les engrais et la colle , les glandes et les fœtus pour les pour les produits cosmétiques , le suif en stéarine pour les bougies , les peaux pour la maison Fisher, etc... c’est ce que l’on appelait le " 5ème quartier " qui rapportait plus au chevillard que la vente seule de la viande ! 

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   Pour être complet, il faut mentionner les carrés réservés à l’abattage des bœufs selon le rite de la religion juive par un sacrificateur ( des rabbins dûment mandatés et formés par le consistoire israélite ) portant une calotte noire sur la tête. Les bêtes n’étaient pas assommées, mais saignées directement après avoir été solidement entravées par une chaine qui maintenait la tête au ras du sol et par une autre fixée aux deux pattes avant . Cette chaine était reliée au treuil pneumatique de l'achaudoir . Puis le sacrificateur examinait l’animal pour vérifier qu’il n’était atteint d’aucune maladie avant de le déclarer "casher"  et de lui apposer le tampon du consistoire israélite . Du début jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où la tuberculose était en pleine extension , il existait à La Villette une mode bien curieuse : des messieurs en habit et haut de forme et des dames quelquefois en crinoline venaient dès 7 heures du matin boire un plein verre de sang frais de veau ou de bœuf pour prendre des forces et en échange, gratifiaient le tueur de quelques pièces , en remerciement. La première fois ils avaient des haut le cœur et devaient souvent ajouter un peu de sel ou de sucre pour pouvoir ingurgiter ce curieux breuvage recommandé pour soigner l'anémie !!! Il y avait également un carré réservé à l'abattage selon le rituel musulman . 

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                       Abattage rituel israélite                                Les " Buveurs de sang " 

  Tous ces employés avaient les pieds dans l’eau et le sang . Un bonne brigade abattait et préparait en moyenne environ 15 bêtes par matinée. A la fin de la journée certains patrons payaient une tournée bien méritée . L’abattage des veaux était un peu différent. Pas de coup de merlin , on leur tranchait la gorge après les avoir couchés et attachés sur un petit étou et au préalablement assommés . Environ 35 veaux par matinée étaient abattus par échaudoir. Les moutons étaient abattus à la chaîne, égorgés, soit 100 à 250 bêtes par jour. Pour les porcs autrefois cela se passait différemment. Après une poursuite dans la rotonde, ils étaient assommés à coup de maillet , dans un bâtiment appelé le "brûloir", haute rotonde vitrée que l’on surnommait « l’enfer » recouvert de paille que l’on enflammait pour flamber les bêtes abattues . Ces travaux étaient assurés souvent par des femmes : les cochonnières, fortes filles au vocabulaire très imagé, manches retroussées, sabots aux pieds et tablier de toile sur le ventre . Après l’égorgement, elles récupéraient le sang qui mélangé à du vinaigre servait pour faire le boudin . Ensuite les soyeuses venaient enlever immédiatement les soies et lavaient les panses. Les installations étaient isolées dans la partie nord est des abattoirs à cause des mauvaises odeurs, car ce travail était considéré comme travail sale, effectué par des hommes sales et vulgaires disait-on. Une chaîne d’abattage moderne pour les porcs verra le jour après la guerre et la rotonde sera détruite . . 

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        Cour de travail                   Abattage des veaux            Abattage des moutons 

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      Le bruloir aux porcs                                Les " cochonnières " 

   On embauchait régulièrement de jeunes apprentis dès 14 ans et quelquefois même moins , appelés les "agneaux"  dans le jargon des abattoirs . Il fallait commencer dès le plus jeune âge afin de pouvoir s’inscrire sur la liste d’attente et espérer devenir à son tour patron d’un échaudoir. Ils étaient formés sur le tas, et déjà à 20 ans ils avaient le métier dans la peau . Après 14 heures, le son de la cloche annonçait la fin des tueries . Les carcasses de bœufs étaient présentés à la vente dans les échaudoirs . Celles des veaux et des moutons étaient placés sur des chevalets à roulettes dans les cours de travail . Ils étaient tous marqués du cachet sanitaire apposés par les services vétérinaires , afin d'être proposés à la vente et pouvoir sortir de l'abattoir , conformément à la loi . Les lois , tant pour l'abattage que pour le traitement et la conservation des viandes , étaient très srictes au sein des abattoirs de La Villette . Grâce à un service vétérinaires très bien organisé elles  étaient scrupuleusement observées sous peine de se voir fermer temporairement ou définitivement son échaudoir . 

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           Carcasses de bœufs              Carcasses de moutons prêtes à la vente 

   Les bouchers apposaient leur marque propre sur leur viande, d’autres hommes pesaient ces morceaux et les livraient chez l’acquéreur. Les coltineurs habillés d’un tablier de caoutchouc et coiffés d’un bonnet rouge, qui leur servait de coussin sur la tête quand ils chargeaient ces morceaux jusqu’aux véhicules de livraison étaient  assistés par des "meneurs de viande " (souvent Savoyards) qui transportaient un demi bœuf quelquefois de près de 120 kg sur leur dos ! Ce qui restait était vendu un peu moins cher à la criée aux bouchers parisiens par pièces de 7 kg . C’était la dernière étape avant la sortie de l’abattoir où les taxes de l’octroi étaient perçues dans le bâtiment d’entrée muni d'une balance . L'octroi ne sera supprimé qu'en 1943 !  Après la guerre une nouvelle criée fut construite près de l'entée des abattoirs . 

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                                              Meneurs de viande 

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      Ancienne criée                      Nouvelle  criée                  Pavillon d'octroi

   Les abattoirs de la Villette procuraient une activité énorme dans le quartier et la proche banlieue. On trouvait à proximité tout ce que les bouviers et les bouchers pouvaient avoir besoin : les fournitures spécialisées étaient dans l’avenue Jean Jaurès et avenue du Pont de Flandre . Il y avait aussi des blanchisseries pour l’entretien du linge, des rémouleurs, des marchands de couteaux, des tenancières de vestiaires où les ouvriers pouvaient se changer pour rentrer chez eux, (rien n’existait dans ce domaine, à l’intérieur de l’abattoir) , Certains préféraient se changer dans les cafés situés devant les abattoirs . Les ouvriers aimaient rentrer chez eux habillés comme des employés de bureau. De nombreux cafés et restaurants se trouvaient devant l’entrée des abattoirs avenue Corentin Cariou comme "Tartine" où les bouchers apportaient parfois leur « gobet » (petit morceau de viande) à cuire pour leur déjeuner , la Comète des Abattoirs, le Relais de La Villette , Au Cochon de lait  où les bouchers apportaient parfois leur « gobet » (petit morceau de viande) à cuire pour leur déjeuner . Il existait aussi une attraction surprenante : le " ratodrome " situé près de la porte de la Villette à Aubervilliers qui attirait les curieux, pour voir des chiens, poursuivant d’énormes rats nombreux aux abattoirs presque aussi gros que des chats .

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            Magasins de fournitures des bouchers                  Vestiaire de La Villette

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         " Au Cochon de lait "               " Tartine "                        Le Ratodrome 

  La période fastueuse de La Villette se situa entre les deux guerres et fut appelée  " l’âge d’or " . Une fête était alors célébrée tous les ans à l’occasion de la mi-carême : la cavalcade du Bœuf gras . La cavalcade partait du marché aux bestiaux et allait jusqu’à l’Opéra. Pour cette fête du Carnaval on faisait monter le plus gros bœuf 1.500 kg environ , sur un char en tête du défilé suivi d’autres chars chargés de fleurs, de figurants et de musiciens déguisés , escortés des gardes républicains , qui arpentaient les rues pendant plusieurs heures et déposaient le bœuf devant le restaurant qui l’avait acheté et reversait ainsi l'argent aux pauvres du quartier. Une cavalcade identique avait lieu au départ des abattoirs de Vaugirard . 

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                                   La cavalcade bœuf gras lors de la mi-carême 

  L'opéra de Giuseppe Verdi  " La Traviata " se passe le jour du carnaval à Paris et le chœur des Masques évoque le défilé du bœuf gras : " Place au quadrupède , sire de la fête , Fleurs et pampres couronnent sa tête... Place à la plus docile des bêtes à cornes , Qu’on le salue avec fifres et trombones ".

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                                           Défilé du bœuf gras pour le carnaval 

   Les ouvriers de La Villette touchaient environ trios fois plus que dans les autres corporations . Après 1914 par suite de la pénurie de main d’œuvre due à guerre 14-18  les hommes disponibles commencèrent à réclamer certains papiers : comme des fiches de paye et autres , ce qui entraîna les pourparlers avec les syndicats . On parlait également de l’installation d’appareils frigorifiques modernes très coûteux … Il fut déjà question à cette époque de la reconstruction des abattoirs à l’image de ceux de Chicago . Ces projets furent différés une fois de plus … Les bouchers craignaient en outre qu'un abattoir moderne , avec des chaines d'abattage , n'entraine du chomage parmi leurs rangs !!! Les gars de La Villette aimaient se retrouver les dimanches soir dans les bars de Belleville et au coin des rues de Flandre et de l’Ourcq pour boire et danser et oublier quelques instants leur dur labeur. Mais les restaurants huppés, près des abattoirs attiraient les gens aisés et également le monde du spectacle, de la chanson et du cinéma. On y vit entre autre Mistinguett , qui fréquenta un chevillard , Arletty , Gabin , Francis Carco , Renoir , Vincent Scotto . La Villette fut le sujet de nombreuses chansons , dont une restée célèbre d'Aristide Bruand " A La Villette " . Rosa Bonheur peintre animalière , qui eut un succès considérable à son époque , peignait , assise sur les bords de la fontaine ou dans les bouveries de l'abattoir des scènes réalistes nécessitant la présence d’animaux . Afin de ne pas être importunée elle avait obtenue l'autorisation de se travestir en homme !!! C’est curieusement au frère de Rosa Bonheur, Isidore Bonheur , sculpteur animalier , que l'on doit les deux taureaux en bronze qui ornaient l’entrée des anciens abattoirs de Vaugirard et qui sont toujours visibles devant l'entrée du parc Georges Brassens .

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             Cafés devant les abattoirs de La Villette                      " A La Villette " 

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           Rosa Bonheur                Tableau de Rosa Bonheur      Entrée des abattoirs de Vaugirard    

 

      LES ABATTOIRS DE LA VILETTE - LE DECLIN ET LA FERMETURE 

    Après la guerre, devant la multiplication de nombreux abattoirs ultra-modernes  en région parisienne et en province ,  un besoin impératif de modernisation se fait sentir pour cet abattoir général devenu trop vétuste . Le seul progrès durant toutes ces années avait été l'installation de treuils pneumatiques en remplacement de ceux manuels , et dans certains échaudoirs de l'apparition de scies électriques . On continuait de travailler aux abattoirs de La vilette comme au Moyen-age ! On avait envisagé  une restructuration totale des abattoirs vers 1955 , mais une fois encore elle avait été repoussée . Finalement la décision est prise le 18 décembre 1958 de construire un abattoir moderne répondant à des normes d'hygiène plus rigoureuses . En avril 1963 les travaux de démolition  et reconstruction se succédèrent jusqu’en 1968 . Les travaux devaient s’élever à 133 millions de francs. Le 7 mai 1963 avait eu lieu l’inauguration officielle par une assemblée importante et la municipalité du XIXe arrondissement des premières réalisations du Marché d’Intérêt National Paris-La Villette. Il comprenait : un bâtiment ultra moderne de stabulation ouvert en 1964 , un bâtiment d’abattage modernes en service depuis 1969 et une immense salle des ventes aux trois-quarts terminée en1970 , aujourd’hui Cité des Sciences et de l'Industrie , alors que  dans un même temps on donnait les premiers coups de pioche du nouveau Marché de la Viande à Rungis ! Ce nouvel abattoir fonctionnera très mal suite à de nombreuses erreurs de conceptions . Par ailleurs les bouchers détaillants avaient pris l’habitude, depuis la fermeture des anciens abattoirs, de se fournir en viandes dans les différents abattoirs de la région parisienne (Meaux, Versailles, Coulommiers , Couilly-Pont-aux-Dames etc.) .

      129          128         De beaux gravats !

                                     Démolition des abattoirs de La Villette           

 

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                                        Les nouvelles bouveries de l'abattoir                          

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                                             Le nouvel abattoir de La Villette 

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          Salle des ventes         Pavillon des viandes - Rungis      Abattoir de Coulommiers      

   Ce projet s’était englué dans un système administratifs compliqué et irréfléchi. Quelques années après, des rumeurs s’enflèrent pour annoncer le nouveau marché de Rungis et en 1970 on annonça franchement le transfert du marché de la viande à Rungis . Le montant des travaux s’élevait maintenant à 1200 millions de francs. Ce fut un grand scandale financier sans précédent ! Dans le même temps, par suite de l’amélioration des conditions de transport de la viande foraine , l’approvisionnement du marché aux bestiaux passa de 1.061.000 en 1968 à 33.000 en 1971 date où les travaux furent définitivement arrêtés. Le marché fut transféré à Rungis en 1969 sur  un espace de 230 hectares , avec 40 pavillons , un  appareillage électronique , et matériel frigorifique inconnu jusqu’à ce jour. (Air pulsé pour conservation de la viande à 7°) . Le Gouvernement mit un terme aux activités des abattoirs en 1974. Le dernier bœuf fut abattu à La Villette le 14 mars 1974. Le marché de la viande qui avait été le plus important d’Europe cessa de vivre à Paris et tout un quartier perdit son âme ! La fermeture des abattoirs de La Villette entraina quelques années après celle de nombreuses sociétés tant à Aubervilliers qu’à Pantin qui utilisaient les sous-produits des abattoirs (savonnerie, parfumerie, produits chimiques engrais etc.). L’abattoir privé de porcs « La Nationale » situé à Aubervilliers fermera en 1974 .

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               Marché de Rungis                      Pavillon de la viande à Rungis 

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                                   Abattoirs de porc " la Nationale " à Aubervilliers 

 

      Le Parc de La Villette  

    Quelques années après les 55 hectares du site laissés à l’abandon . Le projet de création d'un musée des Sciences et de l’industrie dans la salle des ventes inachevée et d'un parc est alors adopté, commencé timidement sous Giscard d’Estaing, il est relancé et achevé sous Mitterrand. Une Cité de la musique s'ajoute alors au projet d'un Musée des Sciences et techniques, le tout agrémenté d’un parc. Le projet de réhabilitation du site est confié à Bernard Tschumi, architecte français d’origine suisse. Il construira pour agrémenter son parc ses « folies » . Seront tour à tour inauguré : le Zénith en 1984 , salle de spectacle qui remplaça le Pavillon de Paris , la Grande Halle (ancienne halle aux bœufs) réhabilitée par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert, qui ont su en faire un remarquable espace polyvalent . La Géode œuvre de Fainsilber en 1985 , la Cité des Sciences dans l’ancienne salle des ventes inachevée et réhabilitée par Fainsilber  en 1986, le Conservatoire Supérieur de Musique en 1990 construit par Portzamparc , le Pavillon Delouvrier en 199 et la Cité de la Musique de Portzamparc en 1995 . D’autres bâtiments y verront encore le jour. Actuellement se termine la construction du plus grand auditorium de France réalisé par l’architecte Jean Nouvel, à côté de la Cité de la Musique,et dont l’ouverture est prévue pour fin 2012 . 

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    Salle des ventes inachevée        Les " Folies de Tschumi                    Le Zénith

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       La Grande Halle                          La Géode               Le conservatoire supérieur de Musique 

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       Le pavillon Delouvrier          La Cité de la Musique           La future " Philarmonie " 

   Je voudrais pour terminer vous recommander deux ouvrages sur l'histoire des abattoirs si ce sujet vous intéresse . Le premier de Madame Elisabeth Philipp , historienne de renom ,  intitulé " La Villette " et celui d'André Graverau " Chère Villette " , qui avait installé sa banque à l'intérieur des abattoirs de La Villette . Vous pouvez encore trouver ces ouvrages hélas épuisés sur les sites internet de ventes en ligne . Je voudrais également vous recommander la remarquable thèse de mon cher ami Monsieur Haddad , ancien chevillard et " mémoire vivante " de de La Villette !

    - REMERCIEMENTS -

    Monsieur et Madame Vedovato et moi-même avons , au sein de notre association le  CHER 19 ( Conservatoire Historique d’Études et de Recherches du 19ème arrondissement ) placée conjointement sous la direction de Monsieur Patrick Bezzolato et de Monsieur Claude Cormier . La réussite de nos conférences a été rendue possible que grâce au remarquable travail de  Madame Vedovato  pour la rédaction du texte  et de Monsieur Vedovato pour l'agencement des documents photographiques , qu'ils en soient ici grandement remerciés !!! 

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                   Ouvrages sur La Villette                   Conférence du CHER 19  

   Ne manquez à la belle saison de vous promener dans la magnifique Parc de La Villette , il en vaut grandement la peine et lorsque vous serez devant la Grande Halle vous saurez maintenant  ce que fut " l'âge d'or " de ce quartier jusqu'à la fin des années 60 . Adieu veaux , vaches , cochons et place à un nouveau monde !!! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 janvier 2013

QUARTIER DE LA MOUZAÏA

                                                                

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                                               Le quartier de la " Mouzaïa " 

    Aujourd'hui je vous propose de découvrir un quartier peu connu des parisiens , celui de " La Mouzaïa " ( la rue de Mouzaïa fut classée depuis 1879 ) situé dans l'est parisien entre le parc des Buttes-Chaumont et la Porte du Pré-Saint-Gervais .  La butte de " Beauregard " , bien nommée , est parmi les cinq points culminants du quartier . En ce temps-là, en son sommet, la rue de Bellevue était couronnée de six moulins , le moulin Vieux , le moulin Neuf , le moulin Basset , le Petit Moulin , le moulin de la Motte et le moulin du Costre . Aujourd’hui c'est un véritable paradis bucolique, aux beaux jours surtout , marqué par la verdure, les fleurs , les petites rues pavées , les maisons colorées et les décorations souvent insolites ajoutées par les habitants . Je vous conseille de descendre à la station Danube ( ligne 7bis ) pour commencer votre promenade pour rejoindre la rue de Bellevue . La place du Danube était au XIXème siècle un marché aux cheveaux et au fourrage . Aujourd’hui au centre de la place se dresse une statue de Léon Deschamps représentant « La Moissonneuse » .

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       Villas de la Mouzaïa                Place du Danube                  " La Moisoneuse "

 

    La station de métro Danube

 La station de métro Danube ( ligne 7bis : Louis Blanc - Pré-Saint-Gervais ) , qui débouche sur la place du Rhin et du Danube , est aménagée dans une ancienne carrière . Cette station présente la particularité d'être construite sur des fondations sous forme de piliers qui descendent à plus de trente mètres pour prendre appui sur un sol ferme, ce qui en fait un véritable viaduc souterrain. Le niveau du rail se situe à 33,49 mètres au-dessus du sol ferme. Ces fondations ont été nécessaires en raison de l'inconsistance du terrain due à la présence d'anciennes carrières et de déblais . On peut apercevoir à cette station la voie navette dédiée aux essais du matériel roulant , qui se raccorde à la ligne 3bis .

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                                     Station Danube                                 Voie " navette " 

        Origine du mom de " Mouzaïa " 

    Le quartier est plus communément appelé " la Mouzaïa " du nom de la rue principale autour de laquelle il s’organise . Il s’agit d’un lieu-dit célèbre depuis un épisode de notre guerre coloniale en Algérie, la prise du " Thénia de la Mouzaïa " ( col de montagne ) le 12 mai 1840 par le duc d’Aumale avec les zouaves et les tirailleurs de Vincennes sous les ordres du colonel La Moricicière , sous les ordres du duc d'Orléans commandant en chef , contre la Smalah de l’émir Abd-el-Kader. Le col de la Mouzaïa se trouve aujourd'hui dans l'actuelle wilaya de Blida en Algérie . Ce fait d’armes  inspira aux zouaves du maréchal Bugeaud un populaire chant militaire de l’Armée d’Afrique : " La casquette du père Bugeaud " . 

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        Colonel La Moricière          Bataille de la Mouzaïa           L'émir Abd-el Kader 

   Les villas de la Mouzaïa

                                                        

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  Les 250 maisons de la Mouzaïa ont été construites à la fin du XIXe siècle (1879) pour les ouvriers modestes qui travaillaient sur les carrières de gypse et de meulière du quartier . On exploita les carrières de gypse jusqu’en 1872. Car le gypse des buttes Chaumont, d'excellente réputation . Ce gypse chauffé à 120 ° dans des fours donnait un plâtre d'excellente qualité . Selon une légende tenace les carrières étaient ainsi nommées car une partie du plâtre produit aurait été exporté, et aurait servi à édifier la Maison Blanche, à Washington, aux États-Unis . C'est la raison pour laquelle on a donné le nom " d'Amérique " à ce quartier . Il existe d'ailleurs une rue des Carrières d'Amérique . La carrière d'Amérique seule va encore chercher sa pierre à plâtre dans le fond de ses vastes galeries qui n'ont pas moins de 1000 mètres de profondeur et dont d'énormes piliers supportent les voûtes hautes de 15 mètres, consolidées cà et là par des échafaudages . Il existe d'ailleurs encore de nos jours une rue des Carrières d'Amérique .

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                                              Les carrières " d'Amérique " 

   C’est l’architecte Paul-Casimir Fouquiau qui les a conçues selon des règles strictes imposées par la structure du sous-sol . Elles sont toutes érigées selon le même modèle sur un terrain en pente , avec façade de brique rouge (aujourd’hui repeintes dans la plupart des cas) , porte d’entrée étroite , marquise en fer forgé et cour à l’avant . Le sol étant fragile à causes des anciennes carrières dans le sous-sol , les demeures ne devaient pas faire plus de deux étages . C'est pourquoi il n’y a pas d’immeubles dans le quartier, mais seulement des maisonnettes, avec courettes, jardins, terrasses . Elles appartenaient autrefois à des voies privées et étaient fermées . Aujourd'hui ouvertes ces ruelles sont pavées et éclairées par des lampadaires dont le mât est décoré d'une branche de lierre entrelacée selon le modèle " Oudry " . 

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                                                 Villas de la Mouzaïa

    On peut également découvrir au 46 rue du Général Brunet le Hameau du Danube, composé de 28 pavillons réalisés en 1923-1924 par Albenque et Gonnot et organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, constitue un bon exemple de ce rationalisme qui n’exclut pas les effets pittoresques. Il remporta le Concours de façades de la Ville de Paris en 1926. A une toute autre échelle, on trouve une autre illustration de ce rationalisme dans le développement du logement social sur les terrains libérés par les anciennes fortifications ou en bordure ce celles-ci et dans la construction des grands équipements (école, square, église) rendus nécessaires par l’afflux de population.

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                                                    La Hameau Danube 

   Passant d’une ruelle à l’autre, on se sent comme pris dans un kaléidoscope, chacune ayant sa spécificité tout en étant tellement liée aux autre qu’on est pris dans un tourbillon nous propulsant… en pleine IIIème République. Les noms des rues sont là pour nous rappeler les présidents de la République Félix Faure, Emile Loubet, Sadi-Carnot et Armand Fallières qui côtoient Rimbaud, Verlaine, Monet, Laforgue . Les rues de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité et du Progrès sont là pour nous rappeler les valeurs de la République .

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                                                Villas de la Mouzaïa

   On peur appercevoir , rue de la Fraternité une maison appartenant à  l'œuvre de la " Bouchée de pain " . L’œuvre de la « Bouchée de pain » a été, fondée en 1884 par Mr et Mme Dehaut . Reconnue d'utilité publique par décret en date du 30 juillet 1900 . Son siège social se trouve 13, rue des Filles-du-Calvaire . Elle possèdait trois réfectoires : 20, rue Rottembourg (XIIe ) , 38, rue des Périchaux (XVe) et 5, rue de la Fraternité (XIXe) . 

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                                             L'œuvre de la Bouchée de Pain

  L’endroit est un véritable paradis bucolique, aux beaux jours surtout, marqué par la verdure, les fleurs (beaucoup de jasmin), les petites rues pavées, les maisons colorées et les décorations souvent insolites ajoutées par les habitants . Certaines de ces maisons ressemblent à des maisons américaines avec leur entresol habité . C'est aussi le paradis des chats qui sont nombreux à jouir du calme que leur procure toutes ces petites ruelles , et il bon ménage avec les merles qui virevoltent de branches en branches . Il faut savoir observer ces ruelles des deux cotés . D'en haut on a l'impression que ces maisonnettes s'agrippent les unes aux autres , alors que d'en bas elles semblent faire corps pour éviter de glisser !!! 

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                                                      Villas de la Mouzaïa 

   Lors de l'une de vos prochaine promenades vous serez pris entre le désir de sauter d’une ruelle à l’autre et celui de vous laisser glisser tout doucement au milieu de ces maisons au charme suranné et de leur végétation , des glycines, du lierre, des orangers du Mexique et des pommiers du Japon – le pas se fait tantôt rapide, tantôt calme . Je suis sur que vous étiez bien loin de vous douter qu'un tel paradis existait encore en plein Paris !!! Ne manquez pas de vous y rendre par une belle journée de printemps ou d'été !!! Je me permets de vous recommander le blog " A l'encre violette " où un remarquable article  intitulé : " Y a toujours des oiseaux à la Mouzaïa " , vous fera découvrir  les secrets de cet étonnant quartier de Paris ; ne manquez pas de le consulter !!! 

                                           

 

 

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