LA GARE DE L'EST
Bien peu de parisiens connaissent l'histoire de leurs gares !!! Pourtant chacune de nos gares parisiennes recèlent une histoire passionnante et bien souvent méconnue . Aujourd'hui je me propose de vous faire découvrir la Gare de l'Est . Si ce n'est pas la plus grande gare parisienne c'est certainement celle qui est la plus chargée d'histoire !!! Partons ensemble à sa découverte , vous allez allez de surprise en surprise !!!
La Gare de l'Est
La capitale a été progressivement dotée " d'embarcadères " édifiés dans Paris par les différentes compagnies de chemin de fer au départ de leurs grandes lignes . Le premier d'entre eux est celui de Saint-Lazare bâti en 1837 pour la ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye . Sont ensuite construites la gare Montparnasse et la gare d'Austerlitz en 1840 , la gare du Nord en 1846 et enfin en 1849 la gare de l'Est et la gare de Lyon . En raison de l'importance croissante du trafic , ces gares ne cesseront maintes fois d'êtres modifiés , agrandies , modernisées et voire détruites et entièrement reconstruites comme ce fut le cas pour la gare Montparnasse .
Embarcadère Saint-Lazare Gare Saint-Lazare Gare d'Austerlitz
Gare du Nord Gare de Lyon Gare Montparnasse
Ancienne gare Montparnasse Démolition de la gare Montparnasse
La Gare de l'Est
La gare de Paris-Est , dite aussi gare de l'Est ( initialement appelée gare de Strasbourg ) est l'une des six gares terminus du réseau SNCF à Paris . Proche de la gare du Nord , elle est située dans les Xème arrondissement . Avec 34 millions de voyageurs par an elle n'est que la cinquième gare de Paris , malgré l'affaiblissement de son trafic depuis la création du RER , son activité devrait croître d'années en années avec le développement du TVG Est , mis en service en 2007 , avec un surplus de 22 % .Sa façade ferme la perspective de l'axe nord-sud percé par le baron Haussmann constitué principalement par le boulevard de Strasbourg . L'avenue de Verdun , proche de la gare , a été amorcée en 1929 , lors de l'agrandissement de la gare de l'Est .
La place qui se trouve devant la gare était occupée par la foire Saint-Laurent , une des plus importantes foire de Paris . Établie dès 1344 dans l'enceinte de l'abbaye des frères de Saint-Lazare (léproserie de Saint-Ladre), la foire Saint-Laurent fut fixée, au XVIIIe siècle, du 9 août (veille de la saint Lazare) au 29 septembre (jour de la saint Michel) . La foire Saint-Laurent était le rendez-vous des artisans, des commerçants et des bourgeois, et se déroulait en plein air, tandis que la foire Saint-Germain, abritée des intempéries, servait plutôt de vitrine au commerce de luxe (bijoux, porcelaine, instruments de musique, estampes) . De nombreux artistes et troupes de la foire Saint-Germain s'y produisent aussi, puisque l'une a lieu au printemps et l'autre en été. Cette alternance permet au public de suivre ses spectacles préférés et, peu à peu, s'installe une sorte de véritable « feuilleton » théâtral, une pièce étant commencée à Saint-Germain pour être continuée à Saint-Laurent .
La Foire Saint-Laurent
Construite en limite d'urbanisation , sur le site de l'Enclos Saint-Laurent . la gare de l'Est fut ouverte en 1849 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg sous le nom " d'embarcadaire de Strasbourg " . Elle comprenait alors que deux voies à quai pénétrant dans le hall . Cette partie ancienne correspond au hall " Grandes lignes " actuel . C'est sur les plans de l'architecte François-Alexandre Duquesnay élève de Charles Percier ( 1790-1849 ) que l'ingénieur Pierre Cabanel de Sermet ( 1801-1875 ) commence les travaux de construction de la nouvelle gare en 1847 , travaux qui coûteront 18 millions de francs . A cette époque il existe une opposition entre les compagnies ferroviaires qui veulent limiter les coûts d'exploitations en utilisant une seule gare terminus pour desservir plusieurs lignes et les ingénieurs de l'Etat qui estiment que des gares séparées améliorent la qualité de l'exploitation . Pour la ligne Paris-Strasbourg grâce à la ténacité de Cabanel de Sermet la décision est prise de construire une nouvelle gare séparée de la gare du Nord . Elle sera inaugurée par le président Louis Napoléon Bonaparte , le futur Napoléon III , en 1850 . Appelée primitivement gare de Strasbourg elle ne prendra le nom de gare de l'Est qu'en 1854 .
Contruction de la gare de l'Est Gare de l'Est en 1872 Gare de l'Est en 1930
Le sommet du fronton Ouest est orné d'une statue du sculpteur Philippe Joseph Henri Lemaire ( 1798-1880 ) représenant la ville de Strasbourg , on lui doit également le relief " Le Jugement dernier " qui orne le fronton de l'église de la Madeleine à Paris . Une sculpture figurant Verdun , œuvre du sculpteur Henri Varenne ( 1860-1933 ) , orne le fronton Est de la gare , il est également l'auteur des sculptures qui ornent la gare des Bénédictins à Limoges . Au milieu du hall " Alsace " , hall ouest de la gare se trouve incrusté dans le sol un macaron marquant le point kilométrique zéro de la ligne Paris-Strasbourg . La gare pour ses façades , ses toitures ainsi que ses deux halls d'arrivée et de départ , fait l'objet d'une inscriprion au titre des Monuments Historiques depuis le 28 décembre 1984 .
Strasbourg Verdun Point kilométrique zéro
En effet en 1853 , suivant la volonté de l'empereur Napoléon III qui souhaite regrouper les nombreuses compagnies de chemin de fer existantes , la Compagnie de Paris à Strasbourg fusionne avec d'autres d'importance un peu moindre, comme la Compagnie du chemin de fer de Montereau à Troyes ou en 1854 la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, pour former la Compagnie des chemins de fer de l'Est . C'est en 1854 on procède à son premier agrandissent consécutif à la mise en service de la ligne Paris - Mulhouse dont la nouvelle compagnie avait obtenu la concession . La gare compte alors quatre voies à quai , dont deux nouvelles à l'extérieur du hall . La ligne est elle-même dédoublée , de deux à quatre voies , jusqu'à la bifurcation de Noisy-le-Sec , point où les lignes de Strasbourg et de Mulhouse se séparent .
Affiches publicitaires des Chemins de Fer de l'Est
Particularités du Réseau de l'Est
Ces particularités tiennent essentiellement à l'histoire tourmentée de l'Alsace et de la Lorraine . Le réseau de l'Est fut exploité successivement par la Compagnie des chemins de fer de l'Est de 1864 à 1871 , la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL) de 1871 à 1918 , l'Administration des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (AL) de 1919 à 1938 , la Deutsche Reichsbahn (DR) de 1939 à 1945 d'où il en découle un parc vapeur caractéristiques avec peu de locomotives de vitesse (type S) et un nombre important de locomotives-tender (type T) mixtes (voyageurs et marchandises) , et enfin la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) jusqu'en 1997. Aujourd'hui ce réseau est la propriété de Réseau ferré de France (RFF) et exploité principalement par la SNCF comme l'ensemble du réseau ferroviaire national français . Étant constitué sur les bases d'un réseau ferré allemand, il en garde de fortes caractéristiques .
Affiches publicitaires des Chemins de Fer d'Alsace et de Lorraine
Pacific 231 type S12 242 TA 621 242 AT ( T16 Alsace-Lorraine )
Principale particularié , et pas des moindres , la circulation des trains se fait à droite ( tout comme en Finlande en Russie et ... dans notre métro parisien !!! ) alors que dans le reste de la France les trains circulent à gauche . Il faut se rappeler que le chemin de fer est né et s’est développé en Angleterre où la circulation est à gauche ) . Pour la liaison Strasbourg - Paris-Est par exemple, il y a un échangeur ( saute mouton ) à la sortie de la Lorraine : la voie de gauche passe sous celle de droite, pour se retrouver à droite ! La signalisation est de type unifiée allemande , le matériel est pour l'essentiel de conception prussienne et les bâtiments , essentiellement les gares ont fait l'objet d'une conception soignée : ils étaient "l'image et la vitrine" de l'Allemagne aux portes de la France .
" Saute mouton " de Immling après Sarrebourg
La Gare de l'Est et les deux conflits mondiaux
Cette gare , tête d'une ligne stratégique vers l'Est de la France est aussi le lieux des grandes mobilisations et ce , au début des deux conflits mondiaux qui nous opposeront à l'Allemagne . A Paris, dès le 2 août 1914, la vie civile s'est soudain arrêtée , dans les premières heures, les alentours de la gare de l'Est ont été envahis par la foule des mobilisés. Sur les quais de la gare, on entend "A Berlin on les aura !!! " . Les jours et les semaines qui suivront verront le départ des " Poilus " pour l'enfer du front d'où , hélas , un grand nombre ne reviendra jamais !!! La gare accueillera les nombreux trains de permissionnaires et de blessés qui en grande partie seront pris en charge par l'hôpital militaire Villemin tout proche .
Mobilisation Générale Départ pour le front Retour des permissionnaires
La fresque de Herter - " Le départ des poilus "
Dans le hall de l'aile gauche de la gare on peut admirer une peinture monumentale de 60 m² œuvre du peintre américain d'Alfred Herter ( 1871-1950 ) , exposée depuis 1926 , qui montre les soldats partant pour le front en 1914 . Elle fut peinte en souvenir de son fils, Everit Albert, tué près de Château-Thierry dans les derniers mois de la guerre et inaugurée en présence du Maréchal Joffre . Il s'est représenté à droite du tableau tenant un bouquet à la main , sa femme est complètement à gauche de la composition , se tenant les mains jointes , leur fils Everit -Albertest le personnage central qui salue du képi , la fleur au fusil . Dans une gamme de bleu et d'ocre avec des frottis, des hachurés très maîtrisés , le dessin est sur , sans gaucherie , tradition américaine de l'école ROCKWELL .... peinture narrative et tendre d'une grande maîtrise technique . Le tableau autrefois accroché sur le mur de droite était peu visible ,son châssis en bois , type alvéolaire "nid d'abeille" ne remplissait plus son office , la toile était sale et distendue avec des écaillements et perte de matières picturales . restaurée depuis février 2006 . Maintenant avec ses superbes couleurs,son châssis d'aluminium moderne et sa nouvelle place frontale il trône dans le hall de la gare .
" Le départ des poilus " - Alfred Herter
La gare sera à nouveau transformée entre 1924 et 1931 par l'ingénieur Bertaud , elle sera dédoublée prenant sa physionomie actuelle . La nouvelle partie située à l'Est est parfaitement symétrique de la première . La gare compte alors 30 voies à quai . Cet agrandissement entraîna une profonde mofification du quartier . Dans le programme de la défense passive un pose de régulation souterrain a été construit sous les voies 2 et 3 peu avant la seconde guerre mondiale pour assurer la continuité de l"exploitation en cas de bombardement de la gare . Pendant le deuxième conflit mondial la gare de l'Est sera à nouveau le lieu de départ des soldats mobilisés . Elle retrouvera , comme en 1914 -1918 ses trains de permissionnaires et de blessés . A la fin de la guerre elle accueillera les convois assurant le retour les prisonniers de guerre et plus tard , presque dans l'indifférence générale , ceux des déportés et des survivants des camps de concentrations !!! Une plaque commémorative placée dans le hall de la gare rappelle ces douloureux moments de notre histoire .
Le retour des prisonniers de guerre gare de l'Est
La mise en service en 1962 de l'électrification 25 k V 50 Hz de la section Paris-Est -Château-Thierry , marque le début d'une nouvelle aventure pour la gare de l'Est . La SNCF a rénové la gare de l'Est pour une dépense de 60 millions d'euros à l'occasion de l'arrivée de la grande vitesse ferroviaire . Une superbe galerie marchande , accessible facilement grâce à de nombreux escaliers mécaniques , à été construite dans le sous-sol de la gare avec de nombreux commerces de luxe et même ... un petit bureau de poste , ce qui est bien pratique dans une gare !!! Cette galerie commerciale passera de 3200 à 5500 m² prochainemen . En 2010, dans le cadre de l'année France-Russie, et à l'occasion de l'arrivée du Moscou express Paris-Moscou, elle est jumelée avec la gare de Biélorussie à Moscou . Le Buffet de la gare de l'Est, nouvellement installé dans l'ancienne consigne de style Art-déco est exploité par le groupe Flo et propose, notamment, des spécialités alsaciennes . Cette rénovation a été récompensée par un Brunel Award en 2008 . La gare de l'Est est tournée résolument vers l'avenir et est en passe de devenir une des plus belles gares d'Europe .
Galerie marchande
L'Orient Express - Un train mythique
L'Orient-Express est un train de luxe qui, depuis 1883 , assure la liaison entre Paris (gare de Paris-Est), Vienne et Istanbul , desservant plusieurs capitales européennes . Dans les années 1920 , avec des artistes-décorateurs comme Prou ou bien René Lalique, le style « Orient-Express » atteignit son apogée. C'est après plusieurs changements d'itinéraire , deux guerres et enfin par l'abaissement continu de son prestige pendant la Guerre froide , que le service régulier vers Istanbul et Athènes cessa en 1977, vaincu par la faiblesse de sa vitesse commerciale (à peine55 km/h vers la fin) due aux interminables arrêts douaniers dans les pays communistes traversés , ainsi qu'au mauvais état de leurs réseaux, et malmené par la concurrence grandissante de l'avion .
L'Orient-Express
Depuis 1982 , un nouveau train de luxe régulier, assuré par une compagnie privée , le Venice-Simplon-Orient-Express a pris le relais sur le trajet Boulogne-sur-Mer (désormais Calais) - Paris - Venise , via Innsbruck ou Vienne , avec parfois un prolongement vers Istanbul . L'appellation Orient-Express est cependant resté propriété de la SNCF , toute compagnie privée devant utiliser une autre appellation (comme le Venise-Simplon-Orient-Express) . Le Paris-Vienne a roulé sous l'appellation Orient-Express jusqu'en 2009 , date depuis laquelle son exploitation par la SNCF est toujours suspendue. Celle-ci vient de racheter au groupe Accor les sept voitures du Pullman-Oient-Express , restaurées par la Compagnie des wagons-lits , mais en vue de les incorporer dans les convois de la société Train-Expo ou de les proposer à la location, pour des entreprises ou des particuliers . Du fait de la crise économique, leur utilisation dans la circulation de dîners-voyages , assurée précédemment , n'est pas jugée viable pour le moment . Le Venise-Simplon-Orient-Express est considéré aujourd'hui comme le seul vrai Orient-Express en service .
Le Venise-Simplon-Orient-Express
Les " petites trains " de la gare de l'Est
Je suis sûr que vous ignoriez que les sous-sols de la gare de l'Est était le paradis des amateurs de modélisme ferroviaires . En effet elle accueille dans son sous-sol le siège de l'Association Française des Amis des Chemins de fer (AFAC), fondée en 1929. Celle-ci a aménagé plusieurs réseaux de modélisme ferroviaire à diverses échelles : HO (1/87e), O (1/43,5e) et I (1/32e), ainsi qu'une bibliothèque sur la thématique du chemin de fer . L'accès aux locaux se réalise par la rampe d'accès à la cour souterraine, à l'ouest du bâtiment-voyageurs . L'accès au public est autorisé le samedi de 15 h à 16 h 30 . Attention ce lieu n'est pas réservé aux enfants , mais seulement aux passionnés de modélisme ferroviaires !!!
Réseau HO de l'AFAC gare de l'Est
J'espère vous avoir donné envie , à votre tour , de découvrir cette belle gare de Paris , méconnue malgré tous les trésors qu'elle renferme !!! Ne manquez pas , après votre visite de la gare de l'Est , de vous rendre dans le jardin Villemin tout proche , vous y découvrirez l'ancien couvent des Récollets magnifiquement réhabilité et comme les berges du Canal Saint-Martin sont toutes proches , vous n'avez donc aucune excuse de ne pas vous y rendre pour faire une jolie promenade . Vous découvrirez un quartier en pleine mutation !!!
HÔTEL MOREAU
A l'occasion de couses effectuées aux Galeries Lafayette à l'occasion des fêtes de fin d'année , j'ai découvert fortuitement l'hôtel Moreau . Découvrons ensemble son histoire étonnante à plusieurs titres comme vous allez le voir !!! Ce petit hôtel néo-classique , a récemment réhabilité s’élève au fond de la cour au 20, rue de la Chaussée d'Antin . L’immeuble sur la rue, lui aussi remarquable avec ses arcades utilisant des colonnes dorique sans base, est daté de 1790 et appelé "maison Bonnin", son architecte restant inconnu.
Maison " Bonnin " Hôtel Moreau
La Chaussée d'Antin
La Chaussée d’Antin fut très en vogue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle . Elle reliait les Grands Boulevards à l’ancien village des Porcherons ( hameau autrefois situé au niveau de la rue saint-Lazare ) . Dès 1290, une famille de riches bourgeois, les Pocheron ou Porcheron, possédait de nombreuses habitations autour du chemin suivant le tracé de l’actuelle rue Saint-Lazare. Ainsi, le hameau prit le nom de « Village des Porcherons », qu’il gardera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.En 1310, la famille fit construire une forteresse, ou château des Porcherons. Le château et son fief s’étendaient jusqu’aux actuelles rues Saint-Lazare, du Havre, de Provence et Cadet . Comme le rapporte Louis-Sébastien Mercier dans Le Tableau de Paris : "Des corps de logis immenses sortent de terre, comme par enchantement, et des quartier nouveaux, ne sont composés que d’hôtels de la plus grande magnificence...". Hélas, presque tout ce quartier périt lors des travaux de construction de l’Opéra Garnier .
Village des Porcherons Rue de la Chaussée d'Antin
L'Hôtel Moreau
De proportions charmantes, l’hôtel Moreau fut édifié en 1796 par l’architecte François-Nicolas Trou, dit Henry. Il s’agit d’un petit hôtel néoclassique conçu comme un pavillon isolé. Un perron double mène à la porte d’entrée ménagée sous un petit péristyle doté de quatre colonnes et pilastres ioniques. C’est la seule fantaisie de cette façade aux sobres bandeaux autour des fenêtres et dotée d’une corniche discrète . L’hôtel fut commandé par Jean-Baptiste Lakanal, frère du député montagnard Jospeh Lakanal (1762-1845) qui prit une part active à la Révolution . Après lui, c’est le général Moreau qui l’habita de 1799 à 1801, et qui lui laissa son nom .
Hôtel Moreau
Le Général Moreau
Le Général Jean Victor Moreau( 1763-1813 ) prêta main forte à Bonaparte lors du coup d’Etat du 18 Brumaire . Plus tard il s'oppose à Bonaparte et entre en relation avec Pichegru qui complote pour renverser le Premier Consul. Après l'avoir rencontré à Paris, Moreau accepte l'idée de renverser Bonaparte mais se refuse à servir les Bourbons . Arrêté le 15 février 1804 avec Cadoudal et Pichegru, et emprisonné au Temple . Il se voit infliger une peine de 2 ans de prison, le 10 juin et il fait appel et obtient la permission de s'exiler aux États-Unis .Il s'installe à Morrisville, en Pennsylvanie .Rappelé en Europe par le Tsar, il débarque à Gothenburg (en Suède) le 26 juillet 1813 . Il arrive à Prague , le 17 août 1813 , rencontre les alliés et participe à leur offensive contre Dresde ou un boulet de canon emporte sa jambe droite à la bataille de Dresde le 27 août 1813 . Emmené à Lahn, il succombe à ses blessures. Il est enterré dans une église catholique de Saint-Petersbourg . Sur les hauteurs de Räcknitz est érigé un monument , surmonté d'un casque à l'antique qui indique l'emplacement où fut blessé mortellement le général Moreau .
Général Moreau Bataille de Hohenlinden Räcknitz - Mémorial Moreau
Mais la plus grande surprise concernant cet hôtel fut la découverte faite En 1977, 21 des 28 têtes originales des rois de Juda ainsi que de nombreux fragments furent retrouvés dans les sous-sols de la Banque Française du Commerce Extérieur qui ornaient la galerie des Rois sur la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris . Jean-Batiste Lakanal avait en effet mis à l’abri du vandalisme ces têtes ( que les parisiens confondaient à tort avec les têtes des rois de France ! ) qui se trouvent aujourd’hui au musée de Cluny à Paris .Les statues actuelles sont des restitutions du XIX° siècle commandées par Viollet-le-Duc Il s’y est d’ailleurs fait représenter, prêtant ses traits à la 8ème statue en partant de la gauche .
Musée de Cluny Têtes des rois de Juda Galerie des rois de Juda
Ne manquez pas , lors d'une de vos prochaines promenades dans la quartier de la Chaussée d'Antin , d'aller visiter ce magnifique hôtel Moreau , il en vaut grandement la peine !!!
GALERIE ATELIER DE PEINTURE SUR MEUBLE BESENVAL
En ce début d'année , je me propose de pousser avec vous la porte de la galerie atelier de peinture sur meuble Besenval , découverte tout à fait par hasard , à deux pas de la place des Vosges et du musée Carnavalet . Quel enchantement dès que l'on pénètre dans ce merveilleux endroit , on a l'agréable l'impression de pénétrer dans un musée !!!
Galerie atelier de peinture sur meubles Besenval
Armoires peintes Poutres peintes
Cette galerie atelier de peinture sur meubles organise également des cours et des stages d'initiation aux différentes formes de peinture sur bois .
STAGES DE TECHNIQUES ANCIENNES DE PEINTURE SUR BOIS - Ces stages sont normalement organisés dans nos ateliers à Paris, mais sur demande ils peuvent se faire également à l'étranger ou en province pour un minimum de 12 personnes .
COURS HEBDOMADAIRES DE TECHNIQUES TRADITIONELLES DE PEINTURE SUR BOIS ( Peinture à la caséine et farine de seigl Préparation des fonds (modulés) . Architecture, floral, frise, paysage, nature morte, etc… Fabrication de la patine, dorure, faux marbres .
Vous pouvez également , en souvenir de votre passage , vous procurer le magnifique ouvrage de Monsieur Besenval " Meubles et décors peints " .
Pour tous renseignements téléphnoner au 01 42 77 54 60
LE MUSÉE DES ARTS FORAINS
Je vous propose en ce début d'année de découvrir le magnifique musée des Arts Forains qui exceptionnellement a ouvert ses portes à l'occasion des fêtes de fin d'année . C'est un lieu fabuleux où vous retrouverez votre âme d'enfant !!! Ce musée est installé dans les anciens pavillons vinicoles de Bercy sur 1.700 mètres carrés . L'histoire des Pavillons de Bercy a débuté en 1996, dans six bâtiments rescapés du remodelage urbain qui, en 1979 a frappé ce quartier parisien des bords de Seine devenu, depuis sa création, par privilège de Louis XVI , le plus grand marché vinicole du monde. Les chais, construits par l’architecte Lheureux en 1886 dans la mouvance de la restructuration de la halle aux vins amorcée par Eugène Viollet-le-Duc dès 1878, y ont échappé, témoignant d’un aspect du passé de la capitale où tous les terroirs de la France se rencontraient .
Entrepôts de Bercy
Leurs immenses bâtiments longitudinaux, alignés en travées le long de rues arborées sillonnées par des rails de wagons et avec leurs platanes centenaires et leurs 17000 pavés qui par miracle ont été préservés et classés à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques , ont un air de campagne qui fait oublier la présence du béton. Pourtant, des signes nous disent que quelque chose a changé. Un cheval de bois accroché dans une glycine, des lustres de cristal dans les platane . C’est leur manière de nous dire que ce lieu de mémoire de l’industrie vinicole du vieux Paris l’est aussi dans un autre domaine, celui des Arts forains.
Pavillons de Bercy - Les Chais "l'Heureux" en 1975
Musée des Arts Forains
Dédié aux Arts du Spectacle , le Musée des Arts Forains regroupe quatre espaces différents, scénarisés suivant une thématique particulière : les les jardins extraordinaires du Théâtre de Verdure , le carnaval dans les Salons Vénitiens , les cabinets de curiosités du Théâtre du Merveilleux et la fête foraine au Musée des Arts Forains . Le mystère des Carrousel-Salons sera dévoilé à travers la présentation des nouvelles oeuvres : Cariatides de Gustave Bayol , statues monumentales d'Alexandre De Vos , éléments de Grande Illusion et nombreuses boiseries ornementales . Acquises lors d'une vente aux enchères historique où la qualité artistique de leurs créateurs a enfin été reconnue , elles donneront un aperçu des gigantesques monuments nomades de la fête foraine du XIXème siècle .
Jean-Paul Favand comédien et antiquaire de renom ( il est l'un des concepteurs du " Louvre des Antiquaires " ) est à l’origine de cette extraordinaire aventure . Sa collection, l’une des plus importantes au monde sur ce thème , a trouvé ici l’espace qu’imposait un volume de décors, de manèges , de jeux de foire réunis en vingt ans . Depuis 1972, et parallèlement à son commerce d’antiquités et à ses autres activités , il conserve les objets du spectacle, les fait restaurer et les conserve.Le nombre et la taille des objets réunis, dont des manèges entiers , force Jean-Paul Favand à trouver un grand lieu pour héberger ses trésors . De son atelier parisien , il déménage dans une première friche industrielle à Gentilly (1988 -1993) , qui voit la naissance du Musée des Arts Forains . Puis la collection poursuit son périple rue de l’Eglise à Paris 15e (1993 -1996) , pour finalement trouver son port d’attache définitif dans les chais Lheureux à Bercy . Depuis 1996 , les Pavillons de Bercy abritent une des plus importantes collections privées d'Art Forain et d'objets du spectacle de 1850 à 1930. Libérés des vitrines de musée, les manèges racontent l'histoire de leur passé au présent, les automates et les oeuvres prennent vie dans ce monde de l'illusion en un spectacle de projections, de lumières et de sons .
Entrée du Musée Jean-Paul Favand
Le " Rêve Forain "
On ne soupçonne pas le rôle essentiel de la fête foraine au temps de son âge d’or, vers 1900. Elle ne se contenta pas d’offrir le spectacle, l’amusement et la part de rêve qui permettait à chacun de s’extraire de la grisaille quotidienne. Elle fut un outil de communication comparable à notre télévision. Allant au devant du public avec un souci de modernité et de progrès, elle l’initia aux premières applications de la vapeur et de l’électricité et même aux mystères du corps humain avec les cires anatomiques. Il devint acteur de reconstitutions historiques lorsqu’il lui fut donné de chevaucher à son tour, sur un manège, le cheval de bois qui en faisait un cavalier anobli . N'oublions pas qu'à l'origine dans les fêtes foraines les manèges étaient destinés aux adultes !!!
C’est cet aspect de la fête foraine, vecteur de culture et d’information autant que de rêve, qui est mis en lumière dans le pavillon consacré aux Arts forains, à travers la reconstitution de l’un de ces « Carrousels-Salons » dont les manèges , les bals, les orgues de barbarie , les "limonaires" ( grands orgues de foire , nom d'une famille célèbre de constructeur ) les jeux divers , comme celui d'adresse "la course des garçons de café" auquel vous pouvez jouer dans le musée , chamboule tout , attiraient des foules venues toucher du doigt un luxe inaccessible. À grand renfort de sculptures, de dorures, de tapisseries, de soieries, de broderies d’or et de perles, de vitraux, de cristaux, de miroirs, ces gigantesques monuments nomades déployaient de spectaculaires décors. Pas question ici d’art populaire mais d’un art décoratif spécialement créé à l’intention et à l’usage du plus grand nombre .
Limonaire - 1905 Limonaire du Musée des Arts Forains
Puisant ses sources dans l’art officiel et l’art religieux, il fait appel aux savoir-faire traditionnels transposés avec maestria pour mieux jouer sur la démesure et la surcharge imposée par l’obligation d’éblouir. Dans son atelier d’Angers qui employait 60 ouvriers, Gustave Bayol, l’inventeur du cochon et du cygne de manège et dont les chevaux de bois semblaient doués de vie, a donné ses lettres de noblesse à un art reconnu de fraîche date . Il faudra attendre 1975 pour que le terme d’Art forain vienne à l’avant de la scène . ( Ref. Lucile Oliver ) .
Mon "coup de foudre" est , sans nul doute , pour cet extraordinaire manège vélocypédique datant de 1897 !!! Ce manège de vélocipèdes daté de 1897 est un exemple exceptionnel “d’archéologie” foraine : il fallait refaire le mât central mangé par la vapeur , ceci nécessitait la fabrication d’une partie du rail manquant . Par chance, Jean Paul Favand possédait un très ancien catalogue du fabricant , mais l’endroit du texte donnant le diamètre du rail avait été mangé par les rongeurs au niveau de la dernière décimale, d’où quelques difficultés à faire fabriquer de manière exacte la pièce manquante du gigantesque puzzle mécanique . Il fallut également rentoiler les plafonds, renforcer les frontons dont le bois était détérioré, gratter trois strates de peintures, témoignages des repeints réalisés à différentes époques, afin de retrouver les couleurs originelles . Doté d’un orgue de Gasparini, ce manège se compose d’une mécanique anglaise (qui tourne dans le sens contraire des autres manèges européens),d’une structure belge et d’une peinture française . C’est le témoignage d’un art européen avant la lettre . La restauration de ce manège a demandé 25 000 heures de travail , nécessitant l’intervention de 18 corps de métiers depuis les mécaniciens jusqu’aux peintres décorateurs . ( Ref . Les Pavillons de Bercy - La collection Favand )
Manège Vélocypédique
La dernière création : « La Régate des Condoliers » réunit les personnages d'un théâtre mécanique forain et sept projecteurs vidéo sur un écran de 250 m2 sur 10 espaces différents. Des artistes seront intégrés à ces spectacles interactifs, telle la trapéziste évoluant sous la baguette magique d'une fée cantatrice sur échasses. Dans les allées , entre les différents Pavillons du musée , musiciens , jongleurs guideront le public à la découverte des Trésors de l'Art Forain sans oublier les deux marmites , soupe à l'oignon et vin chaud , pour vous réchauffer et dégustation de délicieuses petites crêpes pour les plus gourmands !!!
Musée des Arts forains - Cour des Pavillons de Bercy
Ce musée , fermé au public , reçoit plus de 200.000 personnes par an au travers de réceptions particulières ainsi que de visites d'individuels et de groupes . Il ouvre ses portes uniquement aux groupes sur réservation .
Chaque année à l'occasion des " Journées du Patrimoine " et des fêtes de fin d'année entre Noël et le Jour de l'An , le Musée des Arts Forains ouvre exceptionnellement ses portes au public .
LE MUSÉE DES ARTS FORAINS
Chaque année à l'occasion des "Journées du Patrimoine " et des fêtes de fin d'année ( entre Noël et le Jour de l'An ) , le Musée des Arts Forains ouvre exceptionnellement ses portes au public . Surtout ne manquez pas de vous y rendre en famille ou entre amis , c'est tout simplement fabuleux et vous offrirez à vos enfants une journée qu'ils ne seront pas près d'oublier !!!
BONNE ANNÉE 2012
Le Moulin Rouge - Galien Laloue
Chers lecteurs et lectrices du " Piéton de Paris "
Je vous remercie de votre fidélité et de vos commentaires . Je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année nouvelle . Que 2012 vous apporte à tous joie , bonheur et surtout la santé , ce bien si précieux sans lequel rien n'est possible !!! J'espère vous faire découvrir , au long de cette année , de nouveaux lieux insolites et plein de charmes comme Paris en a le secret et qui , hélas , se font de plus en plus rares . J'espère vous donner l'envie de devenir , à votre tour "piétons de Paris" !!!
LA ROTONDE DE LA VILLETTE
Je vous invite à découvrir la passionnante histoire de la rotonde de La Villette , ce bien curieux bâtiment , miraculeusement parvenu jusqu'à nous et dont bien peu de parisiens connaissent l'histoire !!! Elle est située place de Stalingrad à la recontre de des avenues Secrétan et Jean-Jaurès , des quais de la Loire et de la Seine , des rues Lafayette et du Faubourg-Saint-Martin avec le boulevard de La Villette dans le XIXème arrondissement face au bassin de La Villette. Cette place à été détachée en 1945 du boulevard de la Villette pour recevoir le nom de de la ville de Russie où les armées russes remportèrent une victoire décisive sur les armées allemandes entre septembre 1942 et janvier 1943 . Elle a aussi porté les noms de place de l'Ourcq et de rond-point de la Villette . Elle ferme le bassin de la Villette, et une écluse permet le passage vers le canal Saint-Martin .
La rotonde de La Villette ou barrière Saint-Martin
La rotonde de la Villette est l'un des monuments conçus par l'architecte Claude Nicolas Ledoux et réalisés entre 1784 et 1788 , pour équiper le mur des Fermiers généraux ( le mur murant Paris rend Paris murmurant !!! ) institué par le chimiste et Fermier Général Antoine Lavoisier , qui devait avoir 6 lieues de tour (24 kilomètres) et comporter 60 bureaux de perceptions , dont le boulevard de La Villette suit ici le tracé , des bureaux nécessaires à la perception de l'octroi, l'impôt dû sur les marchandises qui entraient à Paris institué pour lutter contre la contrebande . A l'extrémité du faubourg Saint-Martin, Claude Nicolas Ledoux réalisa un ensemble de cinq monuments : deux petits monuments constituaient la « barrière de la Villette » (appelée « barrière de Senlis » jusqu'en 1798). Situés de part et d'autre de la route de Senlis (ou route de Flandre, aujourd'hui rue de Flandre, au nord du bassin de la Villette) , ils participaient au contrôle des marchandises entrant par cette route, qui se prolongeait, à l'intérieur de Paris, par la rue du Faubourg-Saint-Martin , deux autres petits monuments analogues constituaient la barrière de Pantin. Ils étaient situés de part et d'autre de la route d'Allemagne (ou route de Meaux ou route de Strasbourg, actuelle avenue Jean-Jaurès, au sud du bassin de la Villette) . À l'intérieur de l'enceinte, cette route se prolongeait sous le même nom, mais devint la rue La Fayette à partir de 1823 .
Nicolas Ledoux ( 1736-1806 )
Nicolas Ledoux est un architecte et urbaniste français, né à Dormans le 27 mars 1736, il est considéré comme le premier urbaniste et précurseur de l'architecture moderne. Ses parents marchands, l'envoient faire des études au collège de Beauvais , haut lieu du Jansénisme , à Paris de 1749 à 1753 . La chapelle Saint-Jean l'évangéliste, est parvenue jusqu'à nous : c'est l'Église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges , située au 9 de la rue Jean de Beauvais dans le Vème . Elle fut édifiée en 1375 par l'architecte Raymond du Temple, également maître d'œuvre du Louvre et de Vincennes. Ce fut également lui qui construisit en 1381 les bâtiments du collège, aujourd'hui disparus .
Nicolas Ledoux Eglise des Saints Archanges
Nicolas Ledoux était boursier, car depuis la fondation de ce collège par Jean de Dormans, les enfants de sa commune natale devaient être préférés à tous les autres, dans la répartition des bourses. De 1753 à 1758, il fait des études à l'Ecole des Arts de Jacques-François Blondel . Il effectue en 1762 sa première commande importante sous la forme de décors de lambris pour un café (aujourd'hui au musée Carnavalet ) .
Jean-François Blondel Ecole des Arts Musée Carnavalet
En 1764, il est nommé ingénieur des eaux et forêts. A cette époque il construisait de nombreux hôtels particuliers à Paris, l'hôtel d'Hallwyll (1766) visible au 28 de la rue Michel-Lecomte, l'hôtel d'Uzès (1767) et l'hôtel de Montmorency (1772) . La plupart seront détruits lors des travaux du baron Haussmann. Remarqué et protégé par Mme du Barry (maîtresse du roi Louis XV) dont il construit le château à Louveciennes, il est reçu à l'Académie d'architecture en 1773. Ledoux, désormais architecte du Roi, poursuit une brillante carrière privée et publique et obtient de l'administration royale de vastes chantiers . Dans ce cadre, il réalise la cité-usine des salines royales d'Arc et Senans, dans la forêt de Chaux, près de Salins en Franche Comté. (1775/1778) .
Hôtel d'Hallwyll Pavillon de Louveciennes Saline d'Arc et Senans
Il est chargé de la construction des pavillons d'octroi de l'enceinte des Fermiers-Généraux (1784/1787) . Quatre barrières de l'enceinte des Fermiers généraux subsistent encore aujourd’hui : deux bâtiments place Denfert Rochereau ( barrière d'Enfer ) l'un servant d'entrée aux Catacombes et l'autre utilisé par les services de la voirie ) , deux autres constructions place de la Nation ( barrière du Trône ) , le plus imposant des pavillons d'octroi , la rotonde de La Villette ( barrière Saint-Martin ) et la rotonde du parc Monceau ( barrière de Chartres ) . On peut y ajouter une partie de la barrière de Bercy, dont le pavillon au 139 rue de Bercy est devenu l’entrée du Ministère des finances . En 1789. à la suite d'une polémique sur la symbolique de la décoration, le roi lui enlève le chantier . Après le 14 juillet et l'incendie de quelques barrières en construction, l'Assemblée décide la suppression de l'octroi, à partir du 1er mai 1791 .
Barrière d'Enfer Barrière du Trône Barrière de Chartres
En 1793 (le 29 Novembre) il est arrêté par le comité révolutionnaire du faubourg du Nord qui lui reproche de ne pas avoir assez changé d'attitude après 1789 et le suspecte d'amitiés aristocratiques . Incarcéré à La Force , il sera libéré le 13 Janvier 1795 après avoir échappé de peu à la guiIIotine . Réhabilité il prend place dans les assemblées académiques. Cependant le temps de sa gloire est passé et il ne construira plus . En 1804 Ledoux publie, à son compte, son livre " L'architecture considérée sous le rapport de l'art, des mœurs et de la législation ", ouvrage à la rédaction duquel il a consacré ses dernières années. En 1806 ruiné et désabusé, Claude Nicolas Ledoux meurt à Paris le 18 Novembre, à l'âge de soixante dix huit ans. Il est inhumé au cimetière Montmartre le 21 novembre .
La rotonde La Villette
Le principal bâtiment de celle-ci , la rotonde qui subsiste encore de nos jours , était édifié entre deux grandes routes , au milieu d'une demi-lune . Il était accompagné de deux groupes de pavillons auxquel il était relié par une grille : un de ces groupes à l'entrée de la route de Flandre formait la barrière de La Villette , faite de deux bâtiments avec arcades . L'autre , situé à la route d'Allemagne ( avenue Jean-Jaurès ) , formait la barrière de Pantin . Elle était faite d'un pavillon triangulaire à trois péristyles avec dôme , qui devait être remplacée sous le règne de Charles X par un ensemble plus important . Ces barrière furent incendiées en 1871 par la Commune , puis finalement démolies .
La barrière de Pantin La barrière Saint-Martin Incendie sous la Commune
La rotonde La Villette présente dans son pourtour , quatre péristyles en saillie ornés de huit pilastres carrés ; au dessus une galerie circulaire , composée de 40 colonnes accouplées soutient des arcades ; au premier étage , l'édifice est couronné par une corniche d'ordonance dorique . Cette rotonde fut utilisée de 1830 à 1860 par la Garde Municipale . En 1865 elle est restaurée de nouveau , puis louée à la Compagnie des Magasins Généraux et devient un entrepôt à sel , cette location sera effective jusqu'en 1921 . Incendiée entre-temps en 1871 par la Commune , elle est encore restaurée , elle est dégagée des constructions qui l'étouffent et entourée d'un square en 1934 . En 1935 elle est à nouveau incendiée et restaurée à nouveau . Après la seconde guerre mondiale , la rotonde reste sans affectation . Plusieurs projets restèrent sans suites ( musée de la Résistance , musée de la Batellerie ) .
La rotonde de La Villette
Enfin le 19 novembre 1959 l'Aministration affecta le bâtiment à la Commission du Vieux-Paris pour servir de dépôt archéologique . La rotonde étant classée depuis 1907 des travaux de restauration et d'adaptation à sa nouvelle fonction furent confiés au service des Monuments historiques . Fin août 1971 la Ville de Paris reprit la maîtrise de l'ouvrage afin de terminer l'aménagement . En 2004 le dépôt archéologique fut transféré dans l'hôtel Cromot du Bourg rue Cadet . La rotonde fut laissée à l'abandon . En 2009, le bâtiment est en réhabilitation. L'objectif du projet est de faire de la rotonde un lieu de vie culturel et festif, comprenant notamment une brasserie-restaurant . La société COFITEM-COFIMUR a été désignée par le conseil de Paris pour atteindre cet objectif .
Hôtel Cromot du Bourg Rotonde de La Villette
La résurrection de la Rotonde de La Villette
Soit deux cent vingt ans après sa construction la rotonde de La Villette ré-ouvre enfin ses portes . Mr Romain Viennois vos r accueillera dans sa magnifique brasserie-restaurant baptisée tout naturellement " La Rotonde " !!! Quelle magnifique restaurant dans un lieu ô combien chargé d'histoire et quel accueil sympathique . Cette brasserie festive et créative est un lieu de fête et de bonne humeur . En toute simplicité , ce nouveau phare de l'est parisien mélange gens et genres . Restaurant , salon privatifs , soirées entre amis , événement culturels , a chacun " sa Rotonde " selon ses envies , ses besoins et son porte-monnaie !!! la cuisine de son chef Gilles Choukroun est raffinée et variée . Chaque samedi soir vous pouvez vous laisserez tenter par les huîtres et les fruits de mer d'une fraîcheur sans égal venus tout droit , non pas du bassin de La Villette tout proche , mais de l'Ile d'Oléron !!! Ne manquez pas de vous y rendre , vous ne serez pas déçu et vous y reviendrez à coup sûr , croyez moi , « Les barrières de l'octroi sont ouvertes ! Les portes de Paris cèdent ! A nous la Rotonde » !!! (Ref. La maquette de la présentation du restaurant-brasserie " La Rotonde ") .
Brasserie-restaurant la Rotonde
J'espère que vous prendrez autant de plaisir à découvrir cette passionnante histoire de la rotonde de La Villette que j'en ai eu à le rédiger . La quartier de La Villette est en pleine mutation , ne manquez pas de vous y promenez , vous serez dépaysés et surpris par tout ce changement . Ce quartier quitte deux siècles de durs labeurs pour s'inventer un futur de loisirs et d'arte mélangés .
LE PASSAGE PUTEAUX
Situé près de la Madeleine , suivez moi à la découverte du Passage Puteaux , un petit passage qui n'a pas eu la chance de connaître la notoriété des grandes galeries parisiennes , comme les galeries Vivienne , Colbert , Choiseul , des Princes , du grand-cerf , Brady , des Panoramas pour ne citer que les plus connues .
Galerie Vivienne Galerie des Panoramas Galerie Colbert
Cette voie privée , construite sur l'emplacement de l'ancien prieuré des Bénédictines de la Ville-l'Evêque ou de Notre-Dame de Grâce ( voir l'article ci-dessus ) , est ouverte en 1839 par le sieur Puteaux . Entrepreneur de son état Puteaux fut l'un des grands bâtisseurs du quartier des Batignolles . Ce passage relie le 31 rue de l'arcade ( nom donné en souvenir d'une arcade en voûte construite en 1651 par Alexandre de Lespinasse , détruite en 1850 , qui permettait aux religieuses Bénédictines de communiquer avec leurs jardins ) au 18 de la rue Pasquier . Il prit également le nom de passage Pasquier , puis en 1873 à nouveau celui de Puteaux , nom qu'il conservera désormais .
Rue Pasquier Passage Puteaux
Depuis sa création, le passage est resté dans l’oubli . Le quartier de la Madeleine commence à attirer beaucoup d’investisseurs . Sa création est le fruit d’une spéculation sur la construction de la Gare de l’Ouest, actuelle Gare Saint-Lazare. Puteaux pensait que la nouvelle gare serait construite entre la rue Tronchet et la rue de l’Arcade, face à son passage , suite à une ordonnance royale du 16 octobre 1837 autorisant la Compagnie des chemins de fer de Paris à Saint-Germain à établir une gare entre la place de l'Europe et la rue Neuve-des-Mathurins . Hélas pour lui il n'en fut rien puisque 1841 sera construit par Alfred Armand un embardère rue de Stockholm (actuelle impasse d'Amsterdam), à la sortie du tunnel de l'Europe .
Ancien embarcadère de l'Europe Gare Saint-Lazare
Ce n'est qu'en 1842 que sera construit le nouvel embarcadère sur le site actuel de notre Gare Saint-Lazare par Alfred Armand l'architecte en chef de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain . Eugène Flachat est l'ingénieur en chef de la Compagnie . En 1851 Eugène Flachat ingénieur en chef de la compagnie agrandit la gare en construisant une halle qui établit le record mondial de portée avec 40 mètres sen réalisant des fermes inventées par Camille Polonceau en utilisant des profilés formés d'une tôle renforcée par des cornières .
Passage Puteaux Rue de l'arcade
Le passage de Puteaux qui aurait pu être l'équivalent commercial du passage du Havre , ne sera qu'un passage modeste , bien vite tombé dans l'oubli , avec ses 29 mètres de long et une verrière qui ne couvre que la moitié de l’allée !!! Mais ne manquez pas d'aller la visiter il a tout de même su garder la tranquillité et de l'oubli et son charme d'antant à défaut de sa notoriété !!!
HÔTEL DE POURTALÈS
Découvrons ensemble l'histoire du magnifique Hôtel de Pourtales qui se trouve situé à quelques pas de l'église de la Madeleine au numéro 7 de la rue Tronchet .
La rue Tronchet
Suite à un décret de 1808 , cette rue a été ouverte en 1824 entre la Place de la Madeleine et la rue des Mathurins sur l'emplacement du prieuré des bénédictines de La Ville-l'Evêque . Ce couvent de bénédictines avait été fondé le 12 avril 1613 par les sœurs Catherine et Marguerite d'Orléans-Longueville qui donnèrent deux maisons et un enclos et demandèrent à Marie de Beauvilliers , abbesse de Montmartre , des religieuses pour y installer un prieuré qu'on appela le " Petit Montmarte " .
La Ville-l'Evêque - Monastère des Bénédictines
Cette colonie ayant décidée de mener une vie plus sévère que celle de l'abbaye de Montmartre fut réformée et finalement ces deux monastères se séparèrent en mai 1647 . Dès lors les religieuses de La Ville-l'Evêque élirent elles même leur prieure . Ce couvent fut fermé à la Révolution et ses bâtiments furent vendus en 1798 . On donna à cette rue le nom de l'avocat François Denis Tronchet ( 1726-1806 ) , l'un des défenseurs de Louis XVI . Elle a été prolongée jusqu'au boulevard Haussmann en 1862 , en englobant une partie de l'ancienne rue de la ferme des Mathurins qui reliait en 1842 la rue Basse-du-Rempart ( Bd de la Madeleine ) à la rue Saint-Lazare afin de prendre en compte la décision de construire la nouvelle gare Saint-Lazare non pas Place de la Madeleine , comme cela avait été initialement envisagé, mais plus au nord.
Abbaye de Montmartre Religieuse bénédictine François Tronchet
L'Hôtel de Pourtalès
Cet hôtel de style inspiré par la Renaissance italienne à été construit en 1838 par l'architecte Félix Duban ( 1798- 1870 ) pour le comte James-Alexandre de Pourtalès ( 1776-1855 ) issu d'une grande famille de financiers protestants suisse . Natif de Neuchâtel James-Alexandre de Pourtalès est à la fois banquier , diplomate et collectionneur d'arts . Félix Duban auteur du bâtiment principal de l'Ecole des Beaux-Arts , nous lui devons également , la restauration de la Sainte-Chapelle de Paris , du château de Dampierre , et celle du château de Blois Il sera modifié en 1865 puis en 1870 par l'architecte Hippolyte Destailleur . La façade et la cour intérieure à arcades rappellent les palais toscans. Un escalier monumental mène à l'étage où se trouvaient les appartements et la collection d'œuvres d'art du comte de Pourtalès. Le décor intérieur, également de Duban, dont la galerie où étaient présentées les célèbres collections du commanditaire, a été détruit .
Félix Duban James-Alexandre de Pourtales Mélanie de Bussière
Hôtel de Pourtalès
Ces collections ont été dispersées en vente publique en février 1865 , selon le vœu de leur propriétaire. À la mort de celui-ci, l'hôtel est passé à son fils, le comte Edmond de Pourtalès-Gorgier (1828-1895) et à son épouse , Mélanie de Buissière bien davantage reliée à la violette , une fragrance subtile et légendaire pour cette femme d’influence .Toute la haute société du Second Empire se pressait dans son magnifique palazzo italien de style florentin . Femme du grand monde, partageant sa vie entre la capitale et son château à la Robertsau, elle recevait des visiteurs renommés comme le Roi Louis de Bavière , l'Empereur Guillaume , le Prince Metternich , Franz Liszt ou Albert Schweitzer… Repliée avec son mari à Paris après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne , en 1871 , elle n'hésitera pas à se rendre auprès de Napoléon et d'Eugénie, exilés à Camden Place en Angleterre ;
Hôtel de Pourtalès
Hôtel de Pourtalès
En 1917, l’immeuble en pierre de taille est cédé par les derniers descendants de la famille Pourtalès à la « Mutuelle Générale Française » (aujourd’hui, la Mutuelle du Mans Assurances) qui le réaménage et l’occupe jusqu’au début de l’an 2000 . L'hôtel a fait l'objet d'une campagne de restauration entre 2006 et 2008 sous la direction de l'architecte Anthony Béchu . La force de l'esprit du lieu a naturellement conduit le groupe Allard Places à inscrire son entreprise dans la continuité de l'histoire de ce bâtiment. Revisité par des designers contemporains, l'Hôtel de Pourtalès offre aux voyageurs un refuge d’exception où l’architecture est sublimée par une collection d’art contemporain constituée en partenariat avec des galeries prestigieuses. Basquiat y côtoie César et le résident se laissera inspirer par Balthus, Djamel Tatah, Takashi Murakami ou Keith Haring . Outre l’expérience artistique, l’Hôtel de Pourtalès offre à ses hôtes un service en continu à la hauteur des plus grands palaces, où perfection rime avec discrétion .
Hôtel Pourtalès
La façade sur rue a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 4 novembre 1927 puis la mesure d'inscription a été étendue à la totalité de l'immeuble le 17 septembre 2002 . Rassurez vous même si vos moyens ne vous permettent pas de vous offrir un petit séjour dans ce luxueux palace , vous pouvez toujours admirez l'architecture ce joli palais florentin qui retrouve aujourd'hui , d'une manière différente , son luxe d'autefois !!!
LE LAPIN AGILE
Connu dans le monde entier le cabaret montmartrois le " Lapin Agile " possède une histoire passionnante qui puise ses sources dans un Montmartre , aujourd'hui disparu , et qui n'était qu'un petit village de campagne avec ses moulins , ses carrières , ses laboureurs et ses vignerons !!! Il ne fut rattaché à Paris qu'en 1860 . Ce cabaret se trouve au 4 de la rue des Saules . Cette rue indiquée en 1672 entre les rues Norvins et Saint-Vincent , s'appelait rue de la Saussaye , nom qui lui venait des saules qui la bordait . Au delà de la rue Saint-Vincent , c'était un chemin de terre dévalant vers la campagne de Clignancourt . La rue de la Saussaye devint la rue des Fontaines de 1843 à 1867 , date à laquelle où la totalité de la rue pris son nom actuel .
Montmartre au XIXème siècle
Le bas de Montmartre, devient à la fin du XVIIIème siècle , suite à la construction du mur des Fermiers généraux et à l'instauration de taxes sur les produits entrant dans Paris ( notamment sur le vin ) , une zone consacrée aux plaisirs , abritant dans les années 1880 , de nombreux cabarets ( Le Chat Noir , le Néant , le Zut , le Moulin Rouge , etc. ) et une population très hétéroclite et souvent peu recommandable comme les prostituées et leurs souteneurs ainsi que les nombreux rôdeurs de barrières venus de la banlieue proche .
Le Moulin Rouge Le Chat Noir Le Néant
Le haut de Montmartre ( la Butte-Montmartre ), en revanche, ressemble jusqu'en 1914 à un village, fameux pour son air pur, ses vignes , ses moulins , ses carrières de gypse et ses logements à bas prix, qui attirent les artistes, nombreux à venir s'y installer, et dont le nombre à partir de 1890 devient considérable . Contrairement au bas Montmarte , ici c'est la campagne , comme l'écrit Roland Dorgelès dans son roman " Le Château des brouillards " .
« Chez nous, on se serait cru à la campagne. Pas d'autobus, pas de grands immeubles, pas de trottoirs encombrés. Chaque carrefour avait sa borne fontaine, chaque maison son bout de jardin . Pas de magasins non plus , juste ce qu'il faut de boutiques pour rendre service aux ménagères : une boulangerie et un fruitier. Quand on voulait d'autres provisions, on descendait la rue Lepic , où les marchandes poussaient leurs petites voitures, et l'on rentrait du marché avec des filets pleins . Dans ce village se côtoyaient, sans se mélanger, des individus de conditions sociales très diverses, qui ont chacun leur espace réservé : les petits bourgeois en bras de chemise avaient élu domicile rue Lamarck , les retraités bêchaient leurs petits pois rue de la Bonne , les marlous imberbes se retranchaient dans les petits bars de la rue des Abbesses , etc. Seuls, les artistes étaient partout chez eux, prenant le chocolat avec les pèlerins, l'apéritif avec les arsouilles et déjeunant chez le bistrot avec les peintres en bâtiment »
Carrières de gypse Rue de l'abreuvoir Construction du Sacré-Cœur
Histoire du " Lapin Agile "
C'est dans la partie haute de Montmartre qu'est construit en 1795 la maisonnette qui abritera quelques années plus tard le Lapin Agile , en 1860 (date à laquelle la commune de Montmartre est rattachée à Paris ) elle devient une auberge de rouliers baptisée " Au Rendez-vous des voleurs " . A partir de 1869 , elle prend le nom de " Cabaret des Assassins " parce que sur ses murs sont accrochés des gravures représentant des assassins célèbres comme Ravaillac qui en 1610 assassina le Roi Henri IV et Troppmann , d'origine alsacienne , qui en 1869 assassina à Pantin six membres de la famille Kinck !!! Il sera guillotiné le 19 janvier 1870 par l'exécuteur Heidenreich devant la prison de la grande Roquette .
Le Lapin Agile Troppmann Exécution de Troppmann
Entre 1879 et 1880 le propriétaire de l'époque un certain Sals , employé à la mairie et unique restaurateur de l'endroit à accepter les clients la nuit , demande au caricaturiste André Gill , de son véritable nom Louis-Alexandre Gosset de Guines , de lui réaliser une enseigne pour son cabaret . Celui-ci peignit un lapin vêtu d'une redingote verte et d'une écharpe rouge s'échappant d'une marmite qui lui était destinée . Le cabaret sera désormais appelé le " Lapin à Gill " , qui se transformera bien vite en " Lapin Agile " !!! On pense que le lapin représenté sur le tableau , n'était autre qu'André Gill lui même caricaturé en lapin , car en effet il avait participé à la Commune et avait réussi à échapper à la sanglante répression qui s'en suivit .
André Gill Le Lapin Agile
En septembre 1883 le poète et chansonnier montmartrois Jules Jouy fonde le banquet-goguette " La Soupe et le Bœuf " qui se réunit au Cabaret des Assassins . En 1886 le cabaret est racheté par une ancienne danseuse de cancan , Adèle Decerf ( plus connue sous le nom de " La mère Adèle " ) . Elle va avoir la lourde tache de se débarrasser d'une grande partie de ses clients " peu fréquentables " et transforme son établissement , qui désormais s'appelle " A ma campagne " , en un café-restaurant-concert . C'est véritablement l'ancêtre du Lapin Agile que nous connaissons aujourd'hui . Son cabaret est fréquenté pendant la journée par les habitués du " Chat Noir " ( fondé en 1889 par Rodolphe Salis ) comme Charles Cros , Alphonse Allais , Pierre Mac Orlan , Jehan Rictus et bien d'autres !!!
Affiche de Steinlen Georges Cros Alphonse Allais
Le célèbre chansonnier Aristide Bruant le fréquente assidûment et y amène Toulouse-Lautrec et Courteline . Des concerts d'amateurs ont lieu le samedi soir et le dimanche matin . En 1903 elle revent son cabaret à Berthe Sébource , qui s'y installe en compagnie de sa fille , Marguerite Luc ( surnommée Margot , qui sera la future épouse de Pierre Mac Orlan ) . La mère Adèle s'intalle au 14 bis de la rue Norvins et y ouvre un cabaret qui porte désormais son nom . En 1912 Madame Nini substitua son " Vieux Chalet " à l'auberge de la mère Adèle qui épousera sur le tard un agriculteur " courageux et aisé " !!! En 1903 avec l'arrivée du " Père Frédé " ( Frédéric Gérard ) le lapin agile va continuer sa métamorphose et devenir le lieu incontournable de la bohème artistique de Montmartre .
Aristide Bruant Pierre Mac Orlan
Le Père " Frédé "
Frédéric Gérard était un habitué des rues de Montmartre qu'il arpentait avec son âne " Lolo " en qualité de vendeur de quatre saisons avant de devenir le propriétaire du cabaret " le Zut " situé au 28 rue Ravignan . Ce cabaret avait été fondé au début du XXème siècle par l'anarchiste Gilbert Lenoir . Frédéric Gérard tenta de diversifier la clientèle de l'établissement , alors essentiellement constituée d'anarchistes , mais également de voyous , en y attirant des artistes comme Pierre Dumarchey ( le futur Mac Orlan ) , Léon-Paul Fargue , Max Jacob . Les murs étaient décorés par Picasso . La proximité du cabaret avec le Bateau-Lavoir qui abritait alors de nombreux ateliers de peintres, favorisa ce rapprochement souhaité par le nouveau patron . Mais l'expérience tourna court en 1902, lorsqu'après une bagarre qui dura toute une nuit, l'établissement fut fermé par la police .
Le Père "Frédé " Le Père "Frédé " et son âne "Lolo"
Lorsqu'en 1903 le Père " Frédé " s'installe au Lapin Agile il amène avec lui son singe , son chien , ses souris blanches , son corbeau et son âne "Lolo " qu'il utilise pour vendre du poisson dans les rue de Montmartre pour compléter ses revenus . Dans son cabaret il chantait des romances sentimentales ou des chansons réalistes en s'accompagnant au violoncelle ou à la guitare , pendant que Berthe, sa femme ,confectionne des tartines au pâté qui empêcheront une génération d’artistes de mourir de faim avant qu'ils ne connaissent fortune et gloire en échange d'une chanson, d'un tableau ou d'un poème . Aristide Bruant , toujours client régulier du Lapin Agile se lie d'amitié avec le tenancier, et lorsque le bâtiment est promis à la démolition en 1913, il le rachète et laisse « Frédé » en assurer la gérance . Le Lapin Agile, sous l'impulsion de « Frédé », devient rapidement pour le bohème de Montmartre .
Le Lapin Agile en 1900 Frédé et "Lolo" Le Lapin Agile en 1900
Le fréquentent Pierre Mac Orlan, qui deux à trois soirs par semaine, aime à chanter des chansons de régiment, Roland Dorgelès, , Max Jacob, André Salmon, Paul Fort , Francis Carco , Wilette , Poulbot , Utrillo , Steinlen , Renoir , Clémenceau , Van Gogh , Courteline etc. Apollinaire y lit des poèmes , Picasso peint un Arlequin buvant au comptoir du Lapin Agile "Arlequin au verre" . Picasso qui aimait s’asseoir à la terrasse avec sa chienne Frika. Il a peint des toiles où il se représente avec Frédé, puis représentant Margot , la belle-fille de Frédé (future Madame Mac Orlan ) ; Le tout sous le regard placide d'un énorme Christ en plâtre exécuté par le sculpteur anglais Leon-John Wesley . Mac Orlan de son vrai nom Pierre Dumarchay repose , avec Frédéric Gérard et sa femme Berthe , au petit cimetière de Saint-Cyr-sur-Morin où il termina ses jours .
Le "Père Frédé" L'Arlequin de Picasso Le Christ de Wesley
Mais les artistes ne sont pas seuls à fréquenter le Lapin Agile : ils côtoient des anarchistes du Libertaire, avec lesquels la cohabitation est parfois tendue, et surtout des criminels venus du Bas Montmartre et du quartier de la Goutte d'Or . La tension devint plus vive encore à partir du moment où Frédéric Gérard, qui voulant créer une clientèle d'artistes , décida de chasser ces voyous indésirables . Il n’était pas rares que des coups de feu furent tirés dans son cabaret !!! Dans son roman Le Château des brouillards, Roland Dorgelès mentionne ces incidents . La violence devait atteindre son paroxysme en 1910, lorsque l'un des fils de Frédéric Gérard , Victor (« Totor »), fut abattu d'une balle dans la tête derrière le bar !!!
FRÉDÉ ( M.Vaucaire - D.White - 1946 )
" Coucher de soleil sur l'Adriatique "
Au très sérieux salon des "Indépendants" de 1910 figure la toile « Coucher de soleil sur l'Adriatique ». Le catalogue en donne pour auteur « Joachim-Raphaël Boronali, peintre né à Gênes » par ailleurs théoricien d'un nouveau mouvement artistique « l'excessivisme » . En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s'enthousiasment et l'affaire fait grand bruit, jusqu'au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l'écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d'huissier à l'appui, que l'auteur se nomme en fait « Lolo », et qu'il n'est autre que l'âne du Père Frédé le patron du Lapin Agile , le célèbre cabaret de la butte Montmartre !!! Boronali est l'anagramme d'Aliboron, le nom donné à l'âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l'animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s'est vendue 400 francs (soit à peu près 1 257 euros actuels). Elle fait aujourd'hui partie de la collection permanente exposée à l'espace culturel Paul Bedu à Milly-la-Forêt . Quoi qu'il en soit, ce canular de Dorgelès et de ses amis appartient à une tradition typiquement montmartroise : la fumisterie, dans laquelle excellait Jules Depaquit, et qui consistait en l'élaboration « de farces complexes, rehaussées par un surprenant déploiement de fantaisie et de jeux de mots éblouissants », pratique qui fait le lien entre les humoristes des cabarets et l'avant-garde des années 1900, et dont l'œuvre d'Alphonse Allais fournit un exemple achevé .
Le Lapin Agile "Lolo" peintre " "Coucher de soleil sur l'Adriatique "
La fin d'une époque
Jusqu'au mois d'août 1914 le "Lapin Agile" vécut une vie qui était l'image même de Montmartre , celle d'un petit village de campagne tranquille loin des tracasseries de la ville et de sa maréchaussée !!! Cette époque insouciante s'achève le 1er août 1914, avec la proclamation de la mobilisation générale contre l'Allemagne : « brusquement, tout parut emporté, balayé », rapporte Francis Carco . La clientèle se fait rare au Lapin Agile car la plupart des habitués sont partis pour le front, et beaucoup ne devront pas en revenir !!! Le Lapin Agile ne retrouvera plus jamais son statut de lieu de rencontre des écrivains et des artistes de l'avant-garde, même si chaque année, le jour de l'inauguration du Salon d'Automne, les peintres ont l'habitude de finir la soirée au Lapin Agile , la nouvelle mode à déplacé la création à Montparnasse tout comme elle le fera après la seconde guerre qui fera de Saint-Germain-des-Prés le nouveau lieu "tendance" comme l'on dit bêtement aujourd’hui !!!
Le Lapin Agile Francis Carco Le Lapin Agile - Utrillo
En 1922 , Aristide Bruant revend le cabaret à "Paulo" , le fils de Frédéric Gérard à qui il a enseigné le chant. Celui-ci deviendra d'ailleurs, au témoignage d'André Salmon, le meilleur interprète des chansons de son professeur . Sous sa direction, les « veillées », autrefois informelles et plus ou moins improvisées, sont maintenant organisées, les artistes choisis par le nouveau patron... et payés. Certains d'entre eux sont même accueillis comme " pensionnaires " du cabaret . Parmi les principaux interprètes qui officient au Lapin Agile durant l'entre-deux guerre, on trouve Stello , Jack Mirois , Jean Clément, et chez les interprètes féminines, Rina Ketty et Yvonne Darle, qui deviendra la femme de Paulo Gérard . Le Lapin Agile s'enorgueillit également d'avoir comme clients Pierre Brasseur, Georges Simenon, ainsi que des célébrités américaines de passage à Paris, telles que Rudolph Valentino, Vivien Leigh, ou encore Charlie Chaplin .
Le Lapin Agile aujourd'hui Yves Mathieu et ses "veillées"
Le Lapin Agile poursuit tant bien que mal ses activités pendant l'occupation , et redevient après 1945 un lieu de rencontre et un tremplin pour les artistes : c'est là qu'en 1947 le guitariste Alexandre Lagoya fait la connaissance de Léo Ferré, et qu'en 1955 un certain Claude Nougaro fait ses premières apparitions sur scène, en tant que poète d'abord, puis comme chanteur. . C’est là encore,dans cette France de Jean-Roger Caussimon , de Bruant, de Carco, de Paulo, d’Yvonne Darle...”, qu’il a tenu à recevoir bien plus tard la médaille de l’Ordre national du mérite . Georges Brassens , comme beaucoup d'autres y fera ses premières armes .
En 1972, Paulo Gérard cède la gestion du cabaret à son beau-fils Yves Mathieu ( le fils d'Yvonne Darle ) qui en est toujours le propriétaire . Les "veillées" du Lapin Agile y sont toujours organisées , au cours desquelles se produisent chanteurs et humoristes . Grâce à Yves Mathieu et ses artistes de grand talent , l'âme de montmartre est préservée !!! Surtout ne manquez pas de vous y rendre vous y passerez une exellente soirée , vous pouvez même vous offrir un magnifique coffret de 4 CD des mémorables veillées du Lapin Agile pour vos étrennes !!!
LA MANUFACTURE DE PIANO ERARD
"Un sospiro" de Franz Liszt interprété par Florence, piano Erard de l'église de Thomery
Saviez-vous que l'on peut encore voir à Paris les différents lieux où la Manufacture de piano Erard s'était installée !!! Partons ensemble à leurs recherches et à la découverte de l'histoire passionnante de cette famille qui a révolutionnée le piano et la harpe .
Piano droit Erard
Sébastien Erard d'origine strasbourgeoise ( 1752- 1831 ) , est le fils d'un fabricant de meubles . Il vient s'installer à Paris en 1768 . Apprenti à 16 ans chez un facteur de clavecins parisiens il dépasse bien vite son maître grâce à sa dextérité et à l'ingéniosité technique dont il fait preuve . Après un bref séjour à l'hôtel de Villeroy , rue de Varenne , puis rue de Bourbon ( aujourd'hui rue de Lille ) , il fondera en 1780 avec son frère Jean-Batiste Erard ( 1750-1826 ) une manufacture de piano rue du Mail , qui ne tardera pas à connaître une fulgurante ascension et une grande célébrité . En 1777 le roi Louis XVI accorde à Erard une licence pour lancer sa propre entreprise et il construit les pianos pour des personnalités célèbres dont un pour la Reine Marie-Antoinette . Le patronage royal dont il jouissait le met , ainsi que son frère , en danger pendant la Révolution française . Il s'enfuit à Londres, où il ouvre une nouvelle succursale de son entreprise en 1792 qui sera dirigée par son frère Jean-Baptiste . Après la Révolution il retourne définitivement s'installer à Paris 23 rue du Mail où il continue à perfectionner le piano, l'orgue et la harpe. Il construisit les premiers pianos à queue (1796) et à double échappement (1823) il inventa la harpe à fourchettes (1789) et le mécanisme à double mouvement pour la harpe (1810) , il réussit à rendre expressif le jeu de l'orgue au moyen de la seule pression du doigt (1827) .
Sébastien Erard Piano Erard Harpe Erard
Son neveu, Pierre Erard (1794-1855) , étendit. encore la réputation de sa maison par de nouvelles inventions et d'heureux perfectionnements . Les pianos Erard étaient prisés dans le monde entier pour la clarté exceptionnelle et l'équilibre de leur son, et les nombreuses améliorations qu'il introduisit , y compris l'action double échappement Tous ces perfectionnement ont largement contribué à développer la version moderne du piano que nous connaissons aujourd'hui !!! Haydn, Beethoven, Chopin, Liszt, Mendelssohn, Verdi, Ravel ont tous les détenus des pianos Erard. Il a également été le premier fabricant européen de harpes avec son innovation de double-pédale en 1810 . Son modèle a été le prototype de tous ceux qui suivront après lui . En 1800 sa manufacture de piano possède une trentaine d'employers , en 1847 plus de trois cents et en 1870 trois cent quinze !!! On peut encore voir au 23 rue du Mail ( non loin de la Bourse ) les anciens bâtiments de sa manufacture .
Manufacture de piano Erard 23 rue du Mail
Quand Listz arrive à Paris en décembre 1823, il se rend immédiatement au Conservatoire pour y suivre l’enseignement réputé dans l’Europe entière. On lui en refuse cependant l’entrée car il est étranger. Il est alors recueilli par la famille Érard, qu’il avait rencontrée à Strasbourg juste avant de rejoindre la capitale. C’est au 13, rue du Mail non loin des bâtiments historiques de l’usine de pianos du même nom, qu’il est accueilli . Comme l’indique une plaque franco-hongroise, ces bâtiments, qui existent toujours dans leur état original et qui sont encore propriété de la famille et qui furent le "foyer" parisien de Liszt pendant plus de 50 ans (1823-1878). C’est là que se trouvent aussi les superbes salons Érard, où se sont produits Liszt et toute la pléiade des musiciens du XIXème siècle et du début du XXème . « Après dîner, nous nous sommes réunis chez Érard où nous avons beaucoup jasé », confie Liszt à Marie d'Agoult en mai 1836, évoquant le grand banquet qu'il avait organisé au restaurant des Frères Provençaux en compagnie de Meyerbeer, Nourrit, Delacroix et Chopin . Sébastien Erard devient le protecteur de Franz Liszt dès l'arrivée de ce dernier à Paris, en 1823. Le nom du célèbre virtuose devient indissociable de celui de la firme de piano Erard . Ce salon existe toujours . La salle Erard peut aujourd'hui accueillir, dans un cadre raffiné, élégant et historique datant du XVIIIe siècle, avec dorures et moulures, jusqu’à 228 personnes selon la prestation choisie .
Frantz Liszt Rue du Mail Salle Erard
La rue du Mail a été ouverte de 1633 à 1635 sur l'emplacement d'un jeu de mail , variante du jeu de croquet dans lequel on devait faire passer une boule sous des arceaux de pailles à l'aide d'un maillet appelé maille . Au 13 de la rue du Mail on peur encore voir la superbe maison que possédait la famille Erard . Avant la salle Erard on voyait ici , sur le devant un parc à cochons et derrière un coquet pavillon qui avait été bâti au fond des jardins de l'hôtel du chancelier de l'Hospital . Cette belle demeure fut habitée par le savant , mathématicien , physicien et égyptologue Joseph Fourier à qui l'on doit la découverte de " l'effet de serre " , par le compositeur Spontini en 1841 et comme nous l'avons dit précédemment par Frantz Listz qui y séjourna plusieurs fois entre 1823 et 1878 .
Maison de la famille Erard 13 rue du Mail
Devenu trop à l'étroit rue du Mail il décide de s'installer sa manufacture de piano au 110-112 de la rue de Flandre dans le XIXème arrondissement dans des bâtiments spécialement conçus à cet usage à proximité des chantiers et réserve de bois de La Villette . Cette usine fermera ses portes en 1939 au début de la guerre . Les anciens bâtiments de la manufacture de piano Erard sont aujourd'hui occupés par les différents services de la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse .
Manufacture de Piano Erard 112 rue de Flandre
La société Erard a fusionné avec Pleyel en 1931 , mais a continué comme une marque jusqu'en 1971, date à laquelle elle fut acquise par la firme allemande Schimmel . La sépulture de la famille Erard se trouve au cimetière du Père Lachaise dans la 11ème division non loin des tombes de Chopin , Cherubini , Boieldieu et la célèbre violoniste Ginette Neveu .
Pianos Erard Sépulture de la famille Erard
Pianos Erard
On peut admirer des pianos , des clavecins et des harpes Erard au Musée de la Musique qui se trouve dans l'enceinte de la Cité de la Musique qui se trouve à la porte de Pantin dans la parc de La Villette à côté de la grande halle . Je vous encourage à aller le visiter , c'est un magnifique musée qui ravira tous les amateurs de musique classique et moderne . De nombreuses expositions temporaires y sont régulièrement organisées .
Cité de la Musique Harpes Piano Erard
J'espère que vous prendrez autant de plaisir à découvrir l'histoire passionnante de la Manufacture de Piano Erard et de ses fondateurs , que j'en ai eu à rédiger ce petit article !!! Je le dédie à titre posthume à mon grand-père maternel qui a travaillé de longues années dans la manufacture Erard rue de Flandre et qu'hélas je n'ai pas connu ...

















































































































































































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