PAVÉS EN BOIS DU PASSAGE SAINT-MAUR
Passage Saint-Maur
Bien peu de parisiens savent qu'autrefois le pavage des rues était réalisé avec des pavés en bois ! Nous allons découvrir l'histoire de ces pavés aujourd'hui disparus . Il en reste encore quelques vestiges à l'entrée du passage Saint-Maur et devant le 37 de la rue de Nazareth . Le passage Saint-Maur , d'une longueur de 100 m. pour une largeur minimum de 4 m. , se situe dans le XIème arrondissement . Il commence au 81 de la rue Saint-Maur et se termine au 6 du passage Saint-Ambroise .
Passage Saint-Maur
Passage Saint-Maur
Pavés en bois passage Saint-Maur
La rue Saint-Maur
Cette rue est une section de l'ancienne de l'ancienne route conduisant de l'abbaye de Saint-Denis à celle de Saint-Maur-les-Fossés , d'où son nom . Elle s'est appelé , vers 1775 , du Bas-Popincourt ou Bas-Pincourt entre les rues du Chemin-Vert et de Ménilmontant ( Oberkampf ) et Blanche entre les rues de Ménilmontant et des Trois-Bornes . L'ensemble s'est aussi appelé au XIXème siècle Saint-Maur-Popincourt . Cette rue a perdu , en 1910 son tronçon compris entre l'avenue Claude-Vellefaux et la rue de la Grange-aux-Belles , auquel on a donné le nom de Juliette Dodu .
Le pavage des rues
C'est Philippe-Auguste qui fit réaliser pour la première fois le pavage de quelques rues parisiennes en 1185 qui dut un jour se retirer de l'une de ses fenêtres de son palais tant était odieuse l'odeur soulevée qui se dégageait dans la rue lors des passages par les charrois . Il ordonna qu'à l'avenir les rue fussent pavées . Étant à la charge du Prévôt des marchands , son ordonnance resta limitée à la " croisée de Paris " formée par les rues Saint-Jacques et Saint-Martin et Saint-Antoine et Saint-Honoré . Ce pavage était constitué de dalles de grès formant un carré d'environ 1.15 mètre de côté sur 15 à 18 centimètres d'épaisseur . Afin d'accéler le pavage des rues le roi Henri IV décida en 1605 que désormais les frais en incomberont à l'Etat . Malgré ce progrès , il faut savoir que sous Louis XIII la moitié des rues étaient toujours en terre . C'est en 1865 qu'apparurent les pavés en bois . Ils furent très largement utilisés pour paver les artères parisiennes .
Machine à tailler les pavés Dépavement des rues
Ces pavés étaient réalisés avec du madrier de sapin, débité en rectangles d’environ 8 centimètres de largeur sur 12 centimètres de hauteur et 22 centimètres de longueur . Sur ce revêtement très uni, une rainure était effectuée tous les quarante centimètres afin d’éviter la glissade des chevaux . Ils présentaient l'avantage d'être relativement silencieux lors du passage des chevaux dont les fers résonnaient fortement sur les pavés de pierre . Mais en cas de pluie ils devenaient particulièrement glissants et peu hygiénique lorsqu'ils étaient imprégnés d'urine ou de crottin des chevaux . Par mesure d'hygiène les rues étaient lavées tous les jours par des arroseuses municipales et cela jusque dans les années cinquante . Ces pavés furent progressivement remplacés à partir de 1905 et ils commencèrent à être abandonnés après 1930 au profit des pavés en pierre . Des essais de pavés métalliques goudronnés ont été tentés dans les années trente sans succès . Lors de la grande crue de la Seine en 1910 les pavés en bois se détachèrent du sol et flottèrent dans certaines rues inondées !!! En 1938 ils furent définitivement abandonnés , mais il en existait encore jusqu'après le seconde guerre mondiale .
Crue de 1910 Pavés en pierre
Bien que ces pavés soient pratiquement inusables et particulièrement esthétiques , le pavage en pierre est devenu très coûteux ; il sera progressivement abandonné pour des raisons de sécurité , notamment après les évènements de mai 68 et remplacés petit à petit pas l'asphalte rendant le dépavage plus difficile lors des manifestations . Par ailleurs l'asphalte à l'avantage d'abaisser notoirement le niveau sonore de la circulation . A titre anecdotique sachez que lors du dépavage de la rue du Vieux-Colombier , les pompiers de la caserne située dans cette rue utilisèrent les pavés en bois comme combustible afin de se chauffer . Si vous désirez en savoir plus sur l'histoire des pavée en bois je vous conseille de consulter un remarquable article sur le site " Attelage Patrimoine " . Ne manquez pas lors de l'une de vos prochaines promenades dans Paris de visiter le passage Saint-Maur afin de découvrir les derniers pavés en bois de la capitale .
ABATTOIRS DE LA VILLETTE
Anciens abattoirs de La Villette Cité des Sciences et Parc de La Villette
Je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir la passionnante histoire des anciens Abattoirs de La Villette aujourd'hui disparus . On peut encore apercevoir quelques vestiges des abattoirs de la Villette dans la Cité des Sciences et de l'Industrie Porte de la Villette et de son marché aux bestiaux dans le dans parc de la Villette , Porte Pantin .
Petite histoire de la boucherie à Paris
Le métier de boucher est sans doute l’un des plus vieux métiers du monde . Le mot boucher dériverait, de « bochier » celui qui était chargé d'abattre des boucs afin d’en vendre la chair. Le boucher , en quelque sorte, déshumanisait l’animal et dans le subconscient il était considéré pour beaucoup de personnes comme un sacrificateur laïc . On en trouve de nombreuses représentations dans les anciennes civilisations : préhistorique, égyptienne ( à Thèbes, dans le tombeau de Meketré, la reproduction d’une salle d’abattoir) romaine et gauloise .
Au moyen-âge le travail de la viande à Paris s’étendait, autour de l’île de la Cité nommée alors l’Ile aux vaches, puis autour du parvis de Notre-Dame , et de la prison du Grand Châtelet . Au centre trônait une église aujourd’hui disparue : Saint Pierre aux bœufs . Notre Tour St Jacques est le dernier vestige encore visible de nos jours de l’église St Jacques de la Boucherie, détruite lors de la Révolution . Des chemins tortueux jonchés d’immondices menaient à la Seine où s’effectuait la plupart des abattages . Il existe encore aujourd’hui la Rue Aubry le Boucher ( près du centre Pompidou ) , Cette voie est citée dans un acte d'avril 1275 sous le nom de « Vicus Alberici Carnificis » . sans doute due à un boucher appelé Aubry.
Grand Châtelet Saint-Jacques de la boucherie
La corporation des bouchers était très puissante et jouissait de privilèges accordés par le roi Philippe Auguste qui ne seront abolis qu’en 1858. L’extension des boucheries pris de l’ampleur au cours des années, du fait de l’augmentation des habitants.Les bouchers avaient leur tuerie attenant à leur étal, où à même la rue au total mépris de l’hygiène la plus élémentaire et des accidents que cela pouvaient entrainer lorsqu'un animal devenait furieux !!! La fonte des suifs était aussi opérée sur place par le même boucher, le sang ruisselait sous les pieds, les égouts n’existant pas encore . La corporation des bouchers était très puissante et jouissait de privilèges accordés par le roi Philippe Auguste et qui ne seront abolis qu’en 1858 !!!
Il faudra attendre 1810 date à laquelle Napoléon 1er décide la suppression de toutes tueries particulières dans l'enceinte de la capitale . Il ordonna la construction de cinq d’abattoirs dans Paris . Trois sur la rive droite : l'abattoir de Montmartre , ou abattoir de Rochechouart construit par les architectes Poidevin et Bellanger est le plus grand de tous avec 37.000 mètres carrés et 64 " échaudoirs " ( nom donné dans les abattoirs au local réservé à l'abattage ) . Il est situé Avenue Trudaine à l'emplacement de l'actuel Lycée Jacques Decours ( ancien collège Rollin ) . L'abattoir de Popincourt rebaptisé abattoir de Ménilmontant construit par les architectes Happe et Vautier au niveau de la Rue Parmentier et de Saint-Maur , il est le second en importance avec 64 échaudoirs ( seul abattoir de Paris à pratiquer l'abattoir selon le rituel israélite ) , l'abattoir du Roule ou abattoir de Mirosmenil construit par l'architecte Petit-Radel avenue Mirosmesnil , il était beaucoup plus petit avec seulement 32 échaudoirs .
Abattoir de Montmartre Abattoir du Roule
Deux autres furent édifiés sur la rive gauche : l'abattoir de Grenelle construit par l'architecte Gisors près de la Barriere de Sèvres possédant 48 échaudoirs . C'est après huit ans de travaux entrepris dans la cour de l'abattoir de Grenelle que le forage du puits artésien entrepris par l'ingénieur Louis-Georges Mulot , sous les conseils d'Arago , fut couronné de succès . En effet le 6 juillet 1841 une eau à 27° jaillissait de ce puits de 548 mètres de profondeur !!! C'est le seul abattoir de Paris qui bénéficiera d'eau chaude et pour lequel le terme " d'échaudoir " aura son véritable sens !!!

Abattoir de Grenelle Puits artésien de Grenelle
Le second , L'abattoir d'Ivry appelé ensuite abattoir de Villejuif ou des Deux Moulins édifié par l'architecte Lenoir près de la Barrière d'Italie ( aujourd'hui Boulevard de l'Hôpital ) . Il possédait 32 échaudoirs pour 27.000 mètres carrés . Par suite de la suppression de l'abattoir de Belleville , quatre échaudoirs y furent affectés pour l'abattage des chevaux en 1872 , choix sans doute dicté par la proximité du marché au chevaux . Autre particularité , l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris possédaient 8 échaudoirs dans cet abattoir pour son approvisionnement en viande . Plus de 500 bouchers travaillaient alors dans les 250 échaudoirs . Ces nouveaux abattoirs furent mis en services à partir de 1818 . On y adjoindra deux autres abattoirs pour les porcs L'abattoir de Château-Landon , rue de Château Landon et celui des Fourneaux , Boulevard Pasteur . Trois autres abattoirs viendront s'y ajouter lors de l'annexion à Paris en 1860 des communes limitrophes , ceux de La Villette ( rue d'Aubervilliers ) , qu’occuperont, après sa fermeture les différents services des Pompes Funèbres Générales de Paris , puis aujourd’hui le « 104 » , lieu de création et de production artistique . Enfin ceux de Belleville ( rue de l'Atlas ) et des Batignolles ( Rue de Clichy ) . Plus de 500 bouchers travaillaient alors dans les 250 échaudoirs . Ces nouveaux abattoirs furent mis en service à partir de 1818 .
Abattoir de Villejuif Pompes Funèbres Générales Le " 104 "
En raison de l'extension démographique de Paris et les nombreuses nuisances apportés par les nombreux troupeaux d'animaux se rendant dans les différents abattoirs de la capitale , le baron Haussmann suggéra en 1858 de regrouper tous ces petits abattoirs . Il décida la création de deux abattoirs . Un sur la rive droite , les Abattoirs généraux de la Villette avec son grand marché aux bestiaux , séparé des abattoirs généraux par le canal de l'Ourcq , en remplacement des marchés de Sceaux et de Poissy .
Abattoirs de La Villette Marché aux bestiaux de La Villette
Il ne subsiste aujourd'hui comme vestiges des anciens abattoirs de la Villette qu'une partie de l'horloge monumentale qui se touvait à l'entrée des abattoirs et la rotonde des vétérinaires aujourd'hui fermée .

L'horloge monumentale des abattoirs de La Villette

La rotonde des vétérinaires
De l'ancien marché aux bestiaux de La Villette ne subsistent que la grande halles aux bœufs , le restaurant buvette " Le Charolais " et les deux pavillons d'entrée du marché qui servainet à abriter les services administratifs .
La grande halle aux bœufs " Le Charolais " Bâtiment administratif
Sur la rive gauche on construira les abattoirs généraux de Vaugirard , rue de Dantzig ( aujourd’hui parc Georges Brassens ) auquel on adjoindra en 1907 ( rue Brancion ) un abattoir pour l’abattage des chevaux en remplacement de celui de Villejuif avec un marché aux chevaux en remplacement de celui qui se trouvait boulevard de l'Hôpital .
Abattoirs généraux de Vaugirard Abattoir hippophagique Marché aux Chevaux
LES ABATTOIRS DE LA VILLETTE - L'AGE D'OR
Les abattoirs de La Villette
On choisit donc pour la construction des nouveaux abattoirs, et du marché aux bestiaux le site de La Villette, excentré du centre de Paris et qui avait déjà possédé avant cette date, un lieu réservé à cet usage depuis 1816 (vers la rue Curial). L’expropriation commença, les décrets furent publiés et vite reconnus d’utilité publique. Le reste des terrains pour les aménagements fut grignoté sur des terres cultivées et des vergers. La proximité du bassin de La Villette , dont les travaux commencèrent en 1806 permettait l’approvisionnement en eau de la capitale et particulièrement des abattoirs de La Villette et assurant également un transport plus rapide des marchandises par les canaux .
La Villette Bassin de La Villette
La construction des abattoirs commença en 1865 sous la direction de l’architecte Janvier et Jules de Mérindol d’après des esquisses de Baltard (l’architecte des Halles de Paris) et on la termina pour l’Exposition Universelle de 1867 qui mettait en valeur le monde du commerce, thème choisi pour cette exposition. On avait réalisé la création la plus grandiose de cette époque (dite moderne). Son coût s’éleva à 8 501 000 fr, comptes fantastiques, d’après Mr Jules Grévy alors Président de la République. Quelques mois plus tard le 20 octobre 1867 à la Porte de Pantin, on ouvrit le marché aux bestiaux sur 31hectares desservi par la nouvelle gare de Paris-Bestiaux . (bifurcation du chemin de fer de ceinture, depuis la gare Belleville- Villette) ce qui mit en partie un terme aux déplacements longs dérangeants et coûteux des bestiaux venant à pied à travers Paris et la banlieue . Autrefois le chemin de fer de ceinture franchissait le canal de l'Oucq grâce à un pont-levant aujourd'hui disparu , afin de rejoindre l'enceinte des abattoirs de La Villette .
Victor Baltard Gare de Belleville-La Villette Abattoirs de La Villette
Le marché de La Villette n’était pas qu’une destination finale des animaux de boucherie . Il était aussi une plaque tournante du négoce du bétail , car les marchands de bestiaux expédiaient vers les régions de l’est, environ 200 wagons (avant 1914) les lundis et jeudis . Cette gare fonctionna jusqu’à la fermeture des abattoirs en 1973 . Un pont-levant , aujourd'hui disparu , permettaient aux trains de bestiaux en provenance de la gare de Paris-bestiaux de pénétrer dans l'enceinte des abattoirs , comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessus .
Pont-levant sur le canal de l'Ourcq
Les abattoirs généraux de la Villette s’étendaient sur 52 hectares . Ils étaient situés tout près de l’octroi permettant à la régie de contrôler les marchandises et de prélever les taxes . En permanence ces abattoirs étaient protégés par la police et des gardes républicains logés sur place . Nombre de bouchers effectuaient ainsi , ici leur service militaire . Seules les personnes munies d’une autorisation pouvaient y pénétrer avec une carte ou un insigne épinglé sur leur blouse . Les commissionnaires et les propriétaires présentaient un certificat du maire de leur commune . Derrière les grilles de l’entrée des abattoirs était installé un pavillon d’octroi avec une bascule et le long du boulevard Mac Donald, se trouvaient la banque Gravereau , et le long du canal des petites industries utilisant les sous produits de l’abattoir. Sans oublier les rémouleurs , la lingerie et le vestiaire. Plus loin : à l’écart on trouvait les boyauderies et la triperie . A l'entrée se trouvait également une petite" conciergerie " où était entreposées toutes les clefs des échaudoirs . En effet les chevillards n'étaient pas propriétaires de leurs échaudoirs qu'ils louaient . L'abattoir tout comme le marché aux bestiaux étaient la propriété de la Ville de Paris .
Gare de Paris - bestiaux Gardes républicains

Pavillon d'octroi Boyauderie
L’entrée principale se trouvait sur la rue de Flandre ( actuelle rue Corentin Cariou ) . A l'entrée pn pouvait voir deux statues monumentales (fondues pendant l’occupation allemande) : celle d’une femme menant un bœuf, et l’autre représentant l’abattage d’un bovin illustrant l’activité des lieux . Après avoir franchi les pavillons d’entrée, on arrivait sur une grande place où se dressait la célèbre tour carrée de l’Horloge, qui portait un panneau indiquant le cours des ventes de la journée. Au sommet une cloche rythmait l’activité des lieux cette cloche salua le 11 novembre 1918, la nouvelle de l’Armistice et se tue à jamais . A gauche se trouvait la rotonde de la criée (ancien fondoir à suif) et à droite la « rotonde des vétérinaires » abritant également le poste de police , la commission de la boucherie, un local syndical et plus tard les services vétérinaires. Les vétérinaires des abattoirs étaient secondés par des officiers de police, formés sur place afin de détecter toute carcasse ou abat suspects, en vue d’une éventuelle saisie par les vétérinaires . Cette rotonde est le seul vestige encore visible aujourd’hui des anciens abattoirs de La Villette .
Entrée de l'abattoir Tour carrée de l'horloge Ancienne criée

Rotonde des Vétérinaires Insigne des officiers de police
Depuis la place de l’Horloge partaient 5 avenues bordées de platane. Le long de ces allées s’étalaient des corps de bâtiments abritant alternativement des échaudoirs et des étables . Les bouveries à taureaux se trouvaient près du canal de l’Ourcq. A proximité se trouvait également un lazaret pour les animaux contagieux en observation ainsi qu’un endroit réservé au stockage du fumier . Le site de La Villette étaient scindés en 2 parties : d’un côté (porte de la Villette, l’abattoir et le monde ouvrier et de l’autre (porte de Pantin,) le marché aux bestiaux qui centralisait le monde du commerce. Ces deux mondes, bien séparés étaient reliés par un pont étroit enjambant le canal de l’Ourcq où passaient les animaux se rendant dans l’abattoir .
Une allée des abattoirs Lazaret Direction vers le pont du canal de l'Oucq
Comme nous vous l’avons dit, rue d’Allemagne, actuellement avenue Jean Jaurès se trouvait le marché aux bestiaux, orné par une fontaine connue sous le nom de : « fontaine aux Lions de Nubie » . Cette fontaine , encore visible de nos jours , se trouvait autrefois Place de la République . Déplacée , elle sera installée à l'entrée du marché aux bestiaux de La Villette pour que les bêtes puissent boire à leur arrivée. De part et d’autre s’élevaient deux bâtiments néoclassiques ; à droite les services administratifs et la poste . A gauche se trouvait la Bourse aux bestiaux et un casernement de la Garde républicaine qui surveillait le marché aux bestiaux . Au milieu la « halle aux bœufs », la plus grande œuvre de Jules de Mérindol de 20.000 m², pouvait recevoir jusqu’à 10.000 gros bovins . Les taureaux solidement entravés était placés le long de la grande halle . Cette halle aux bœufs a été miraculeusement conservée ; magnifiquement restaurée elle accueille de nombreuses manifestations culturelles et artistiques tout au long de l'année .
Fontaine " aux lions de Nubie " Ancienne bourse aux bestiaux
Gardes républicains La grande halle aux bœufs
La grande halle aux bœufs
Deux autres halles de 10.000 m² chacune existaient . Une pour les moutons ( environ 4.000 têtes ) et une autre pour les veaux et les porcs ( environ 2 500 têtes ) . Le long du canal on trouvait des bouveries , des porcheries, des bergeries . Ces différentes stabulations accueillaient les animaux dès leur arrivée sur le marché . Les animaux invendus y retournaient pour attendre le prochain marché . Passé le délai de deux marché consécutifs , ils devaient soit trouver un acheteur sous peine d'être abattus d'office afin de ne pas encombrer inutilement les lieux de stabulations . Le monde ouvrier viril de ces abattoirs forgeait des têtes de durs, C’était les « gars de la Villette». Ils travaillaient ensemble souvent 14 heures par jour. Tous ces hommes venaient du monde rural, mais avant tout ils étaient solidaires et l’amitié était présente même les vieux et les invalides , y faisaient des petits bouleaux . C'était une époque où chacun trouvait sa place quelque soit son âge où son handicap !
Halle aux moutons Halle aux veaux et aux porcs
Pour dialoguer ils parlaient souvent leur patois d’origine, et le tutoiement était de rigueur. Ils inventèrent également l’argomuch, c’était plutôt un argot imagé « le louchébem » surtout parlé par les bouchers détaillants ( loucheb signifiant boucher ) . Les rires fusaient quand ils discutaient entre eux sans être compris par les autres. Le mot « loufoque» (fou), entré dans la langue française est issu de " l’argomuch " . Patrons et ouvriers travaillaient ensemble et même la politique n’était pas mise. Ce curieux argot était bien compliqué. Dans ce milieu fermé, tout le monde se connaissait, ce qui faisait oublier la pénibilité des tâches. Mais Ils avaient le respect naturel de l’homme sur l’animal qu’ils "déshumanisaient" . Les femmes n’étaient pas nombreuses et occupaient les emplois subalternes .
Les bouchers seront impliqués au cours de l'histoire lors de différentes révoltes . Au Moyen-âge un certain "Caboche" de son véritable nom Simon le Coutelier, deviendra le chef populaire de la révolte des "Cabochiens" lors d'une insurrection parisienne favorable au duc de Bourgogne Jean sans Peur au début du XVème siècle . Sa mère vendait des tripes sur le parvis de Notre-Dame de Paris . Le surnom de Caboche provient peut-être du fait qu'il fendait les têtes des bovins et des ovins pour en vider la cervelle . Le nom de " caboche " est resté dans le langage familier pour désigner la tête . Il fut à la tête de la révolte des Cabochiens qui sévit à Paris d'avril à août 1413. En mai 1413 , c'est lui qui conduisit les Bourguignons lors du massacre des Armagnacs à Paris . En septembre, lors de la reprise en main de la ville par les Armagnacs , il réussit à s'enfuir avec Jean sans Peur . Lors du retour du duc à Paris en 1418 , après le massacre des Armagnacs, Caboche se tient à l'écart des excès qui le caractérisent et occupe une fonction auprès du duc, loin de l'agitation populaire . Au début du siècle dernier le marquis de Mores et son ami Jules Guérin séduisirent certains bouchers des abattoirs de La Villette pour ses idées anarchistes et antisémites pendant l’affaire Dreyfus . Armés de canes plombés les bouchers ils iront grossir les troupes de chocs nationalistes et se livreront à d'odieuses agressions antisémites .
Révolte des Cabochiens Le marquis de Mores Jules Guérin
La nuit , à leur arrivée, à la gare du marché aux bestiaux , les animaux étaient débarquées des wagons , par des employés aidés de leurs chiens , le plus souvent des corniauds croisés de briards , ou de bas-rouges . Les moutons entre 400 et 500 , étaient accueillis par des hommes et quelques femmes, qui les aidaient à débarquer pour éviter qu’ils ne se cassent les pattes . Les taureaux étaient conduits par deux ou trois solidement attachés derrière des charrettes basses sur roues appelées " vachères " . Certains animaux étaient débarqués en gare de Pantin et de la Chapelle et rejoignaient le marché aux bestiaux par les " boulevards extérieurs " . Les bêtes arrivaient assoiffées, fatiguées, quelque fois étouffées, même mortes. Une forte odeur, enveloppait tout cela : fumée des trains , sueur , fumier et en plus les bousculades étaient inévitables . La tâche était pénible mais on ne laissait rien paraître .
Débarquement des bœufs Désinfection d'une vachère
Il n'était pas rare de croiser sur les quais de débarquement des bestiaux de pauvres femmes qui au petit matin ramassaient les crottes de chiens qu'elles allaient ensuite vendre au " Marché des crottes de chiens " qui se tenait à Paris ! Ces déjections canines étaient ensuite revendues aux mégissiers du quartier des Gobelins . Les mégissiers utilisaient ce curieux produit pour " digérer " les restes de viande encore présents sur les peaux .
Marchand de crottes de chien
Toutes les bêtes passaient ensuite une par une à l’enregistrement pour être comptées et visionnées par le service vétérinaire qui détectaient d'éventuelles maladies . Après elles se dirigeaient vers leur stabulation respective pour une dernière journée de calme . Le lendemain, vers 5 heures du matin , on les triait , les bichonnait une dernière fois en prévision de la vente et quelquefois on les maquillait et cachait leurs défauts . En même temps vers l’entrée du marché , on procédait au tirage au sort pour connaître leur place dans les halles . Les meilleures places , c'est-à-dire les endroits les plus passants pour les plus belles bêtes . Elles étaient attribuées par le « maître - placier » habillé d’une blouse plissée bleu « villette » et coiffé d’une casquette . Pour les veaux , des femmes en prenaient soin dès leur arrivée . C’étaient les « nourriceuses » , car les veaux perdent rapidement du poids lorsqu’ils sont stressés . Elles leur donnaient des biberons, et de la farine. Au milieu du brouhaha , à 10h30, la cloche annonçait le début des ventes . Généralement, commissionnaires et éleveurs après un tour, partaient discuter à la buvette du marché " Le Charolais " , miraculeusement conservée , et laissaient la place aux chevillards qui palpaient les cuisses , évaluaient le poids de la peau, de la graisse . Des officiers de police vérifiaient l’état sanitaire des animaux présents sur le marché . Seul la vente des taureaux commençait 9h30 afin qu'ils puissent quitter plus tôt le marché pour rejoindre les bouveries à taureaux .
Bouveries du marché Parcs à moutons Halles aux bœufs
Le " maitre - placier " Les " nourriceuses " Buvette " Le Charolais "
Ensuite commençaient les négociations . Après l’accord on topait dans la main pour sceller la vente , Sur ce signe , on ne revenait jamais , il faisait foi de parole et " cochon qui s'en dédit " ! Les bêtes étaient alors marquées " aux forces "( sorte de ciseau avec lesquels on coupait les poils du signe du nouveau propriétaire ) . Tout ceci se passait au milieu de grands bruits : niveaux des conversations, beuglements des animaux, aboiements des chiens. A 14h30 la cloche mettait fin à ces bruits et aux transactions . Les bovins marqués étaient dirigés vers les bouveries des abattoirs ou au marché aux bestiaux pour les invendus . Les moutons étaient menés par " le mignard " , un vieux mouton dressé qui marchait en tête et dirigeait le troupeau . Les veaux et les porcs étaient menés en camion. Les animaux non vendus, réintégraient leurs stabulations pour le marché suivant ( huit jours maximum ) sous peine d'être impérativement abattus. Les bruits alors s’estompaient et le service de nettoyage armé de jets d’eau et de désinfectant arrivait et remettait de l’ordre pour le marché suivant .
Début des ventes " Cochon qui s'en dédit " ! Paire de " forces "
Bouveries du marché Direction les abattoirs Le " Mignard "
Pour les marchands de bestiaux, c’était l’heure des comptes et cela se passait le plus souvent dans les cafés et restaurants avoisinants la porte de Pantin, comme et qui ne désemplissaient pas. Au milieu de l’épaisse fumée de cigarettes ils riaient, chantaient, gueulaient, quelquefois s’engueulaient, s’insultaient et même se bagarraient. Mais dans l’ensemble la camaraderie était de rigueur . Les marchands de bestiaux se retrouvaient à l’Horloge , chez Kiki , au Pied de Mouton , chez la Mère Mezières ou au Cochon d’Or . Les chevillards eux se retrouvaient chez Capoulade. Les repas fins se déroulaient au Veau d’Or, chez Edon devenu le Bœuf Couronné ou chez Dagorno aujourd’hui ‘hui disparu . Le restaurant l’Amiral recevait les syndicats des patrons et les hommes politiques en autre . On traitait les affaires seulement en argent liquide , les porte- feuilles étaient bourrés de billets et même souvent les liasses énormes de billets étaient enveloppées dans du papier journal et bourraient les poches des blouses ou des vestes . Les banques étaient pour ces gens , une perte de temps pour la paperasserie et en général les restaurants était pour eux , les lieux les plus sûrs pour ces transactions financières . C'est seulement à partir de 1960 que le paiement par chèque deviendra obligatoire . Pendant ce temps tout ce monde se désaltérait de beaujolais ou de grands crus et payait sans regarder à la dépense . Une clientèle parisienne venait aussi le soir dans ces restaurants afin d’y retrouver cette ambiance surréaliste de lundis et jeudis jours de marché .
" Au Cochon d'Or " " La Ferme de La Villette " " Le Bœuf Couronné "
LE TRAVAIL AUX ABATTOIRS
L’abattage des animaux qui se faisait chaque jour, sauf le samedi et le dimanche et le vendredi saint . On commençait dès six heures du matin. On ne s’arrêtait pas à l’heure du déjeuner mais on s’aménageait une solide pause casse-croûtes pour qu’impérativement à 14 heures heure réglementaire de la fin des abattages. L’abattage se faisait dans les échaudoirs et les cours de travail . Les échaudoirs étaient tenus par les chevillards (patron boucher en gros) . La cheville étant un gros crochet de métal pour suspendre les carcasses d’où le terme « vendre à la cheville » . En 1921, pour le travail des bovins, il y avait 320 chevillards et 1800 ouvriers. Pour les porcs : 20 patrons et 250 employés dont presque la moitié était des femmes . Le métier de boeuftier, était le métier le mieux payé (4 fois le salaire d’un employé de bureau) , suivait le veautier puis le moutonnier et enfin celui que l’on appelait le " gargot " pour les porcs .Tous bénéficiait de la " défense " . C’est-à-dire de morceaux comme la gorge , le cœur ou la hampe que l’on leur attribuait en sus de leur salaire . Puis suivait différents métiers qui utilisaient les " sous-produits " d'abattoir comme : les pansiers qui ramassaient les abats , les boyaudiers qui récupéraient les intestins , les sanguins et les glandiers , sans oublier le ramassage des peaux effectué par des employés de la maison Fisher située le long du canal près de la Porte de la Villette .
Echaudoirs à la Villette Echaudoirs et cour de travail Bœuf suspendu à la cheville
Le bouvier ou le boucher allait chercher les bêtes , à qui on mettait quelquefois un masque sur les yeux , dans les bouveries de l’abattoir pour les conduire dans les échaudoirs pour y être abattus . En fait les bêtes étaient abattus dans la cour de travail , l'échaudoir ne servant qu'à entreposer les carcasses . Les tueurs portaient à la ceinture leur "boutique" , une sorte d'étui en bois contenant leurs différents couteaux , et un fusil . L’animal était attaché par une corde liée entre les cornes à un anneau fixé au sol , ce qui l’obligeait à baisser la tête . Dans l’échaudoir, local de 50 m², le chevillard s’affairait en général avec une brigade de 4 à 10 garçons bouchers suivant l'importance de l'échaudoir . Ils étaient sous les ordres du "maître garçon " . A La Villette, l’abattage et le dépeçage se faisaient de la même façon qu’au moyen-âge ! Le maître garçon , chef des boeuftiers , chaussé de gros sabots avant la guerre et plus tard de bottes en caoutchouc , armé d’un merlin anglais frappait la bête entre les deux cornes afin de l’assommer , n’était pas tueur qui voulait , il fallait de la force et de l’adresse pour agir vite et ne pas faire souffrir les bêtes . Le 2e garçon , genou au sol maintenait la tête. Pour assommer l’animal on utilisait le merlin anglais. . On a aussi utilisé quelque fois le masque "Bruneau" muni au niveau du front d’un boulon en fer qui perforait le crâne sous le coup de la masse . Puis on passait un jonc dans la tête de l’animal pour détruire les centres nerveux . Plus tard on abandonna le merlin au profit du pistolet à cartouche percutante ( matador ) toujours utilisé de nos jours . Le troisième garçon détruisait la moelle épinière avec une tige de jonc . Après avoir été saigné et éviscéré l'animal , la carcasse était suspendue dans l'échaudoir par les jarrets à une grosse poutre en bois la " pente " puis sciée en deux . Un remarquable film documentaire a été tournée par Georges Franju dans les abattoirs de La Villette et de Vaugirard après la dernière guerrre . Si vous n'êtes pas trop sensible vous pouvez le visonner sur le site internet " Bella ciao " .

Bouverie de l'abattoir Direction l'échaudoir

Abattage d'un bœuf avec le merlin anglais
Masque Bruneau Pistolet d'abattage Carcasse suspendue aux pentes
Rien n’était perdu : les panses, têtes et pieds étaient consommés , les boyaux servaient pour les andouillettes et les saucissons , les vessies servaient pour la fabrication des ballons et des blagues à tabac ou des cordes de violon , les nerfs de bœuf pour les cravaches , les déchets pour les engrais , les pieds de moutons pour la confection d’huiles pour l’horlogerie , les cuirs pour l’habillement ou le mobilier , les cornes pour les peignes ou les manches d’outillage, les crins pour les coussins ou les pinceaux , le sang pour les engrais et la colle , les glandes et les fœtus pour les pour les produits cosmétiques , le suif en stéarine pour les bougies , les peaux pour la maison Fisher, etc... c’est ce que l’on appelait le " 5ème quartier " qui rapportait plus au chevillard que la vente seule de la viande !
Pour être complet, il faut mentionner les carrés réservés à l’abattage des bœufs selon le rite de la religion juive par un sacrificateur ( des rabbins dûment mandatés et formés par le consistoire israélite ) portant une calotte noire sur la tête. Les bêtes n’étaient pas assommées, mais saignées directement après avoir été solidement entravées par une chaine qui maintenait la tête au ras du sol et par une autre fixée aux deux pattes avant . Cette chaine était reliée au treuil pneumatique de l'achaudoir . Puis le sacrificateur examinait l’animal pour vérifier qu’il n’était atteint d’aucune maladie avant de le déclarer "casher" et de lui apposer le tampon du consistoire israélite . Du début jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où la tuberculose était en pleine extension , il existait à La Villette une mode bien curieuse : des messieurs en habit et haut de forme et des dames quelquefois en crinoline venaient dès 7 heures du matin boire un plein verre de sang frais de veau ou de bœuf pour prendre des forces et en échange, gratifiaient le tueur de quelques pièces , en remerciement. La première fois ils avaient des haut le cœur et devaient souvent ajouter un peu de sel ou de sucre pour pouvoir ingurgiter ce curieux breuvage recommandé pour soigner l'anémie !!! Il y avait également un carré réservé à l'abattage selon le rituel musulman .
Abattage rituel israélite Les " Buveurs de sang "
Tous ces employés avaient les pieds dans l’eau et le sang . Un bonne brigade abattait et préparait en moyenne environ 15 bêtes par matinée. A la fin de la journée certains patrons payaient une tournée bien méritée . L’abattage des veaux était un peu différent. Pas de coup de merlin , on leur tranchait la gorge après les avoir couchés et attachés sur un petit étou et au préalablement assommés . Environ 35 veaux par matinée étaient abattus par échaudoir. Les moutons étaient abattus à la chaîne, égorgés, soit 100 à 250 bêtes par jour. Pour les porcs autrefois cela se passait différemment. Après une poursuite dans la rotonde, ils étaient assommés à coup de maillet , dans un bâtiment appelé le "brûloir", haute rotonde vitrée que l’on surnommait « l’enfer » recouvert de paille que l’on enflammait pour flamber les bêtes abattues . Ces travaux étaient assurés souvent par des femmes : les cochonnières, fortes filles au vocabulaire très imagé, manches retroussées, sabots aux pieds et tablier de toile sur le ventre . Après l’égorgement, elles récupéraient le sang qui mélangé à du vinaigre servait pour faire le boudin . Ensuite les soyeuses venaient enlever immédiatement les soies et lavaient les panses. Les installations étaient isolées dans la partie nord est des abattoirs à cause des mauvaises odeurs, car ce travail était considéré comme travail sale, effectué par des hommes sales et vulgaires disait-on. Une chaîne d’abattage moderne pour les porcs verra le jour après la guerre et la rotonde sera détruite . .
Cour de travail Abattage des veaux Abattage des moutons
Le bruloir aux porcs Les " cochonnières "
On embauchait régulièrement de jeunes apprentis dès 14 ans et quelquefois même moins , appelés les "agneaux" dans le jargon des abattoirs . Il fallait commencer dès le plus jeune âge afin de pouvoir s’inscrire sur la liste d’attente et espérer devenir à son tour patron d’un échaudoir. Ils étaient formés sur le tas, et déjà à 20 ans ils avaient le métier dans la peau . Après 14 heures, le son de la cloche annonçait la fin des tueries . Les carcasses de bœufs étaient présentés à la vente dans les échaudoirs . Celles des veaux et des moutons étaient placés sur des chevalets à roulettes dans les cours de travail . Ils étaient tous marqués du cachet sanitaire apposés par les services vétérinaires , afin d'être proposés à la vente et pouvoir sortir de l'abattoir , conformément à la loi . Les lois , tant pour l'abattage que pour le traitement et la conservation des viandes , étaient très srictes au sein des abattoirs de La Villette . Grâce à un service vétérinaires très bien organisé elles étaient scrupuleusement observées sous peine de se voir fermer temporairement ou définitivement son échaudoir .

Carcasses de bœufs Carcasses de moutons prêtes à la vente
Les bouchers apposaient leur marque propre sur leur viande, d’autres hommes pesaient ces morceaux et les livraient chez l’acquéreur. Les coltineurs habillés d’un tablier de caoutchouc et coiffés d’un bonnet rouge, qui leur servait de coussin sur la tête quand ils chargeaient ces morceaux jusqu’aux véhicules de livraison étaient assistés par des "meneurs de viande " (souvent Savoyards) qui transportaient un demi bœuf quelquefois de près de 120 kg sur leur dos ! Ce qui restait était vendu un peu moins cher à la criée aux bouchers parisiens par pièces de 7 kg . C’était la dernière étape avant la sortie de l’abattoir où les taxes de l’octroi étaient perçues dans le bâtiment d’entrée muni d'une balance . L'octroi ne sera supprimé qu'en 1943 ! Après la guerre une nouvelle criée fut construite près de l'entée des abattoirs .
Meneurs de viande

Ancienne criée Nouvelle criée Pavillon d'octroi
Les abattoirs de la Villette procuraient une activité énorme dans le quartier et la proche banlieue. On trouvait à proximité tout ce que les bouviers et les bouchers pouvaient avoir besoin : les fournitures spécialisées étaient dans l’avenue Jean Jaurès et avenue du Pont de Flandre . Il y avait aussi des blanchisseries pour l’entretien du linge, des rémouleurs, des marchands de couteaux, des tenancières de vestiaires où les ouvriers pouvaient se changer pour rentrer chez eux, (rien n’existait dans ce domaine, à l’intérieur de l’abattoir) , Certains préféraient se changer dans les cafés situés devant les abattoirs . Les ouvriers aimaient rentrer chez eux habillés comme des employés de bureau. De nombreux cafés et restaurants se trouvaient devant l’entrée des abattoirs avenue Corentin Cariou comme "Tartine" où les bouchers apportaient parfois leur « gobet » (petit morceau de viande) à cuire pour leur déjeuner , la Comète des Abattoirs, le Relais de La Villette , Au Cochon de lait où les bouchers apportaient parfois leur « gobet » (petit morceau de viande) à cuire pour leur déjeuner . Il existait aussi une attraction surprenante : le " ratodrome " situé près de la porte de la Villette à Aubervilliers qui attirait les curieux, pour voir des chiens, poursuivant d’énormes rats nombreux aux abattoirs presque aussi gros que des chats .
Magasins de fournitures des bouchers Vestiaire de La Villette
" Au Cochon de lait " " Tartine " Le Ratodrome
La période fastueuse de La Villette se situa entre les deux guerres et fut appelée " l’âge d’or " . Une fête était alors célébrée tous les ans à l’occasion de la mi-carême : la cavalcade du Bœuf gras . La cavalcade partait du marché aux bestiaux et allait jusqu’à l’Opéra. Pour cette fête du Carnaval on faisait monter le plus gros bœuf 1.500 kg environ , sur un char en tête du défilé suivi d’autres chars chargés de fleurs, de figurants et de musiciens déguisés , escortés des gardes républicains , qui arpentaient les rues pendant plusieurs heures et déposaient le bœuf devant le restaurant qui l’avait acheté et reversait ainsi l'argent aux pauvres du quartier. Une cavalcade identique avait lieu au départ des abattoirs de Vaugirard .
La cavalcade bœuf gras lors de la mi-carême
Les ouvriers de La Villette touchaient environ trios fois plus que dans les autres corporations . Après 1914 par suite de la pénurie de main d’œuvre due à guerre 14-18 les hommes disponibles commencèrent à réclamer certains papiers : comme des fiches de paye et autres , ce qui entraîna les pourparlers avec les syndicats . On parlait également de l’installation d’appareils frigorifiques modernes très coûteux … Il fut déjà question à cette époque de la reconstruction des abattoirs à l’image de ceux de Chicago . Ces projets furent différés une fois de plus … Les bouchers craignaient en outre qu'un abattoir moderne , avec des chaines d'abattage , n'entraine du chomage parmi leurs rangs !!! Les gars de La Villette aimaient se retrouver les dimanches soir dans les bars de Belleville et au coin des rues de Flandre et de l’Ourcq pour boire et danser et oublier quelques instants leur dur labeur. Mais les restaurants huppés, près des abattoirs attiraient les gens aisés et également le monde du spectacle, de la chanson et du cinéma. On y vit entre autre Mistinguett , qui fréquenta un chevillard , Arletty , Gabin , Francis Carco , Renoir , Vincent Scotto . La Villette fut le sujet de nombreuses chansons , dont une restée célèbre d'Aristide Bruand " A La Villette " . Rosa Bonheur peintre animalière , qui eut un succès considérable à son époque , peignait , assise sur les bords de la fontaine ou dans les bouveries de l'abattoir des scènes réalistes nécessitant la présence d’animaux . Afin de ne pas être importunée elle avait obtenue l'autorisation de se travestir en homme !!! C’est curieusement au frère de Rosa Bonheur, Isidore Bonheur , sculpteur animalier , que l'on doit les deux taureaux en bronze qui ornaient l’entrée des anciens abattoirs de Vaugirard et qui sont toujours visibles devant l'entrée du parc Georges Brassens .
Cafés devant les abattoirs de La Villette " A La Villette "
Rosa Bonheur Tableau de Rosa Bonheur Entrée des abattoirs de Vaugirard
LES ABATTOIRS DE LA VILETTE - LE DECLIN ET LA FERMETURE
Après la guerre, devant la multiplication de nombreux abattoirs ultra-modernes en région parisienne et en province , un besoin impératif de modernisation se fait sentir pour cet abattoir général devenu trop vétuste . Le seul progrès durant toutes ces années avait été l'installation de treuils pneumatiques en remplacement de ceux manuels , et dans certains échaudoirs de l'apparition de scies électriques . On continuait de travailler aux abattoirs de La vilette comme au Moyen-age ! On avait envisagé une restructuration totale des abattoirs vers 1955 , mais une fois encore elle avait été repoussée . Finalement la décision est prise le 18 décembre 1958 de construire un abattoir moderne répondant à des normes d'hygiène plus rigoureuses . En avril 1963 les travaux de démolition et reconstruction se succédèrent jusqu’en 1968 . Les travaux devaient s’élever à 133 millions de francs. Le 7 mai 1963 avait eu lieu l’inauguration officielle par une assemblée importante et la municipalité du XIXe arrondissement des premières réalisations du Marché d’Intérêt National Paris-La Villette. Il comprenait : un bâtiment ultra moderne de stabulation ouvert en 1964 , un bâtiment d’abattage modernes en service depuis 1969 et une immense salle des ventes aux trois-quarts terminée en1970 , aujourd’hui Cité des Sciences et de l'Industrie , alors que dans un même temps on donnait les premiers coups de pioche du nouveau Marché de la Viande à Rungis ! Ce nouvel abattoir fonctionnera très mal suite à de nombreuses erreurs de conceptions . Par ailleurs les bouchers détaillants avaient pris l’habitude, depuis la fermeture des anciens abattoirs, de se fournir en viandes dans les différents abattoirs de la région parisienne (Meaux, Versailles, Coulommiers , Couilly-Pont-aux-Dames etc.) .
Démolition des abattoirs de La Villette

Les nouvelles bouveries de l'abattoir
Le nouvel abattoir de La Villette
Salle des ventes Pavillon des viandes - Rungis Abattoir de Coulommiers
Ce projet s’était englué dans un système administratifs compliqué et irréfléchi. Quelques années après, des rumeurs s’enflèrent pour annoncer le nouveau marché de Rungis et en 1970 on annonça franchement le transfert du marché de la viande à Rungis . Le montant des travaux s’élevait maintenant à 1200 millions de francs. Ce fut un grand scandale financier sans précédent ! Dans le même temps, par suite de l’amélioration des conditions de transport de la viande foraine , l’approvisionnement du marché aux bestiaux passa de 1.061.000 en 1968 à 33.000 en 1971 date où les travaux furent définitivement arrêtés. Le marché fut transféré à Rungis en 1969 sur un espace de 230 hectares , avec 40 pavillons , un appareillage électronique , et matériel frigorifique inconnu jusqu’à ce jour. (Air pulsé pour conservation de la viande à 7°) . Le Gouvernement mit un terme aux activités des abattoirs en 1974. Le dernier bœuf fut abattu à La Villette le 14 mars 1974. Le marché de la viande qui avait été le plus important d’Europe cessa de vivre à Paris et tout un quartier perdit son âme ! La fermeture des abattoirs de La Villette entraina quelques années après celle de nombreuses sociétés tant à Aubervilliers qu’à Pantin qui utilisaient les sous-produits des abattoirs (savonnerie, parfumerie, produits chimiques engrais etc.). L’abattoir privé de porcs « La Nationale » situé à Aubervilliers fermera en 1974 .
Marché de Rungis Pavillon de la viande à Rungis
Abattoirs de porc " la Nationale " à Aubervilliers
Le Parc de La Villette
Quelques années après les 55 hectares du site laissés à l’abandon . Le projet de création d'un musée des Sciences et de l’industrie dans la salle des ventes inachevée et d'un parc est alors adopté, commencé timidement sous Giscard d’Estaing, il est relancé et achevé sous Mitterrand. Une Cité de la musique s'ajoute alors au projet d'un Musée des Sciences et techniques, le tout agrémenté d’un parc. Le projet de réhabilitation du site est confié à Bernard Tschumi, architecte français d’origine suisse. Il construira pour agrémenter son parc ses « folies » . Seront tour à tour inauguré : le Zénith en 1984 , salle de spectacle qui remplaça le Pavillon de Paris , la Grande Halle (ancienne halle aux bœufs) réhabilitée par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert, qui ont su en faire un remarquable espace polyvalent . La Géode œuvre de Fainsilber en 1985 , la Cité des Sciences dans l’ancienne salle des ventes inachevée et réhabilitée par Fainsilber en 1986, le Conservatoire Supérieur de Musique en 1990 construit par Portzamparc , le Pavillon Delouvrier en 199 et la Cité de la Musique de Portzamparc en 1995 . D’autres bâtiments y verront encore le jour. Actuellement se termine la construction du plus grand auditorium de France réalisé par l’architecte Jean Nouvel, à côté de la Cité de la Musique,et dont l’ouverture est prévue pour fin 2012 .
Salle des ventes inachevée Les " Folies de Tschumi Le Zénith
La Grande Halle La Géode Le conservatoire supérieur de Musique
Le pavillon Delouvrier La Cité de la Musique La future " Philarmonie "
Je voudrais pour terminer vous recommander deux ouvrages sur l'histoire des abattoirs si ce sujet vous intéresse . Le premier de Madame Elisabeth Philipp , historienne de renom , intitulé " La Villette " et celui d'André Graverau " Chère Villette " , qui avait installé sa banque à l'intérieur des abattoirs de La Villette . Vous pouvez encore trouver ces ouvrages hélas épuisés sur les sites internet de ventes en ligne . Je voudrais également vous recommander la remarquable thèse de mon cher ami Monsieur Haddad , ancien chevillard et " mémoire vivante " de de La Villette !
- REMERCIEMENTS -
Monsieur et Madame Vedovato et moi-même avons , au sein de notre association le CHER 19 ( Conservatoire Historique d’Études et de Recherches du 19ème arrondissement ) placée conjointement sous la direction de Monsieur Patrick Bezzolato et de Monsieur Claude Cormier . La réussite de nos conférences a été rendue possible que grâce au remarquable travail de Madame Vedovato pour la rédaction du texte et de Monsieur Vedovato pour l'agencement des documents photographiques , qu'ils en soient ici grandement remerciés !!!
Ouvrages sur La Villette Conférence du CHER 19
Ne manquez à la belle saison de vous promener dans la magnifique Parc de La Villette , il en vaut grandement la peine et lorsque vous serez devant la Grande Halle vous saurez maintenant ce que fut " l'âge d'or " de ce quartier jusqu'à la fin des années 60 . Adieu veaux , vaches , cochons et place à un nouveau monde !!!
QUARTIER DE LA MOUZAÏA
Le quartier de la " Mouzaïa "
Aujourd'hui je vous propose de découvrir un quartier peu connu des parisiens , celui de " La Mouzaïa " ( la rue de Mouzaïa fut classée depuis 1879 ) situé dans l'est parisien entre le parc des Buttes-Chaumont et la Porte du Pré-Saint-Gervais . La butte de " Beauregard " , bien nommée , est parmi les cinq points culminants du quartier . En ce temps-là, en son sommet, la rue de Bellevue était couronnée de six moulins , le moulin Vieux , le moulin Neuf , le moulin Basset , le Petit Moulin , le moulin de la Motte et le moulin du Costre . Aujourd’hui c'est un véritable paradis bucolique, aux beaux jours surtout , marqué par la verdure, les fleurs , les petites rues pavées , les maisons colorées et les décorations souvent insolites ajoutées par les habitants . Je vous conseille de descendre à la station Danube ( ligne 7bis ) pour commencer votre promenade pour rejoindre la rue de Bellevue . La place du Danube était au XIXème siècle un marché aux cheveaux et au fourrage . Aujourd’hui au centre de la place se dresse une statue de Léon Deschamps représentant « La Moissonneuse » .
Villas de la Mouzaïa Place du Danube " La Moisoneuse "
La station de métro Danube
La station de métro Danube ( ligne 7bis : Louis Blanc - Pré-Saint-Gervais ) , qui débouche sur la place du Rhin et du Danube , est aménagée dans une ancienne carrière . Cette station présente la particularité d'être construite sur des fondations sous forme de piliers qui descendent à plus de trente mètres pour prendre appui sur un sol ferme, ce qui en fait un véritable viaduc souterrain. Le niveau du rail se situe à 33,49 mètres au-dessus du sol ferme. Ces fondations ont été nécessaires en raison de l'inconsistance du terrain due à la présence d'anciennes carrières et de déblais . On peut apercevoir à cette station la voie navette dédiée aux essais du matériel roulant , qui se raccorde à la ligne 3bis .
Station Danube Voie " navette "
Origine du mom de " Mouzaïa "
Le quartier est plus communément appelé " la Mouzaïa " du nom de la rue principale autour de laquelle il s’organise . Il s’agit d’un lieu-dit célèbre depuis un épisode de notre guerre coloniale en Algérie, la prise du " Thénia de la Mouzaïa " ( col de montagne ) le 12 mai 1840 par le duc d’Aumale avec les zouaves et les tirailleurs de Vincennes sous les ordres du colonel La Moricicière , sous les ordres du duc d'Orléans commandant en chef , contre la Smalah de l’émir Abd-el-Kader. Le col de la Mouzaïa se trouve aujourd'hui dans l'actuelle wilaya de Blida en Algérie . Ce fait d’armes inspira aux zouaves du maréchal Bugeaud un populaire chant militaire de l’Armée d’Afrique : " La casquette du père Bugeaud " .
Colonel La Moricière Bataille de la Mouzaïa L'émir Abd-el Kader
Les villas de la Mouzaïa
Les 250 maisons de la Mouzaïa ont été construites à la fin du XIXe siècle (1879) pour les ouvriers modestes qui travaillaient sur les carrières de gypse et de meulière du quartier . On exploita les carrières de gypse jusqu’en 1872. Car le gypse des buttes Chaumont, d'excellente réputation . Ce gypse chauffé à 120 ° dans des fours donnait un plâtre d'excellente qualité . Selon une légende tenace les carrières étaient ainsi nommées car une partie du plâtre produit aurait été exporté, et aurait servi à édifier la Maison Blanche, à Washington, aux États-Unis . C'est la raison pour laquelle on a donné le nom " d'Amérique " à ce quartier . Il existe d'ailleurs une rue des Carrières d'Amérique . La carrière d'Amérique seule va encore chercher sa pierre à plâtre dans le fond de ses vastes galeries qui n'ont pas moins de 1000 mètres de profondeur et dont d'énormes piliers supportent les voûtes hautes de 15 mètres, consolidées cà et là par des échafaudages . Il existe d'ailleurs encore de nos jours une rue des Carrières d'Amérique .
Les carrières " d'Amérique "
C’est l’architecte Paul-Casimir Fouquiau qui les a conçues selon des règles strictes imposées par la structure du sous-sol . Elles sont toutes érigées selon le même modèle sur un terrain en pente , avec façade de brique rouge (aujourd’hui repeintes dans la plupart des cas) , porte d’entrée étroite , marquise en fer forgé et cour à l’avant . Le sol étant fragile à causes des anciennes carrières dans le sous-sol , les demeures ne devaient pas faire plus de deux étages . C'est pourquoi il n’y a pas d’immeubles dans le quartier, mais seulement des maisonnettes, avec courettes, jardins, terrasses . Elles appartenaient autrefois à des voies privées et étaient fermées . Aujourd'hui ouvertes ces ruelles sont pavées et éclairées par des lampadaires dont le mât est décoré d'une branche de lierre entrelacée selon le modèle " Oudry " .
Villas de la Mouzaïa
On peut également découvrir au 46 rue du Général Brunet le Hameau du Danube, composé de 28 pavillons réalisés en 1923-1924 par Albenque et Gonnot et organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, constitue un bon exemple de ce rationalisme qui n’exclut pas les effets pittoresques. Il remporta le Concours de façades de la Ville de Paris en 1926. A une toute autre échelle, on trouve une autre illustration de ce rationalisme dans le développement du logement social sur les terrains libérés par les anciennes fortifications ou en bordure ce celles-ci et dans la construction des grands équipements (école, square, église) rendus nécessaires par l’afflux de population.

La Hameau Danube
Passant d’une ruelle à l’autre, on se sent comme pris dans un kaléidoscope, chacune ayant sa spécificité tout en étant tellement liée aux autre qu’on est pris dans un tourbillon nous propulsant… en pleine IIIème République. Les noms des rues sont là pour nous rappeler les présidents de la République Félix Faure, Emile Loubet, Sadi-Carnot et Armand Fallières qui côtoient Rimbaud, Verlaine, Monet, Laforgue . Les rues de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité et du Progrès sont là pour nous rappeler les valeurs de la République .
Villas de la Mouzaïa
On peur appercevoir , rue de la Fraternité une maison appartenant à l'œuvre de la " Bouchée de pain " . L’œuvre de la « Bouchée de pain » a été, fondée en 1884 par Mr et Mme Dehaut . Reconnue d'utilité publique par décret en date du 30 juillet 1900 . Son siège social se trouve 13, rue des Filles-du-Calvaire . Elle possèdait trois réfectoires : 20, rue Rottembourg (XIIe ) , 38, rue des Périchaux (XVe) et 5, rue de la Fraternité (XIXe) .
L'œuvre de la Bouchée de Pain
L’endroit est un véritable paradis bucolique, aux beaux jours surtout, marqué par la verdure, les fleurs (beaucoup de jasmin), les petites rues pavées, les maisons colorées et les décorations souvent insolites ajoutées par les habitants . Certaines de ces maisons ressemblent à des maisons américaines avec leur entresol habité . C'est aussi le paradis des chats qui sont nombreux à jouir du calme que leur procure toutes ces petites ruelles , et il bon ménage avec les merles qui virevoltent de branches en branches . Il faut savoir observer ces ruelles des deux cotés . D'en haut on a l'impression que ces maisonnettes s'agrippent les unes aux autres , alors que d'en bas elles semblent faire corps pour éviter de glisser !!!
Villas de la Mouzaïa
Lors de l'une de vos prochaine promenades vous serez pris entre le désir de sauter d’une ruelle à l’autre et celui de vous laisser glisser tout doucement au milieu de ces maisons au charme suranné et de leur végétation , des glycines, du lierre, des orangers du Mexique et des pommiers du Japon – le pas se fait tantôt rapide, tantôt calme . Je suis sur que vous étiez bien loin de vous douter qu'un tel paradis existait encore en plein Paris !!! Ne manquez pas de vous y rendre par une belle journée de printemps ou d'été !!! Je me permets de vous recommander le blog " A l'encre violette " où un remarquable article intitulé : " Y a toujours des oiseaux à la Mouzaïa " , vous fera découvrir les secrets de cet étonnant quartier de Paris ; ne manquez pas de le consulter !!!
MÉTRO FRONT POPULAIRE
Station " Front Populaire " à Aubervilliers
" Front Populaire " est la 302e station du métro de Paris, sur la ligne 12, située à la limite des communes de Saint-Denis et d'Aubervilliers. Elle a été ouverte le 18 décembre 2012 . C'est , depuis cette date , le terminus nord de la ligne 12 , en attendant son prolongement ultérieur à Mairie d'Aubervilliers . La ligne 12 était mieux connu de vieux parisiens sour le nom de " Nord-Sud " . Je vous renvoie à l'article de ce blog consacré à l'histoire du " Nord-Sud " .
Voitures du " Nord-Sud "
Station " Front Populaire " à Aubervilliers
Désignée depuis l'origine sous le nom « Proudhon - Gardinoux » (en raison de l'intersection de la rue Proudhon et de la rue des Gardinoux) , son nom final a fait débat . Des élus ont souhaité après la mort du poète martiniquais Aimé Césaire donner son nom à une station de métro. Le maire de Drancy a proposé alors qu'il soit donné à cette station , mais, la RATP exigeant que l'odonymie du quartier soit en rapport avec le nom de la station , c'est la station suivante provisoirement nommée « Pont de Stains » qui sera nommée « Aimé Césaire » . La communauté d'agglomération Plaine-Commune (qui regroupe notamment les deux villes sur lesquelles la station est à cheval) souhaitait qu'elle prenne le nom de « Proudhon - Gardinoux - Place du Front Populaire », en référence au nom de la place éponyme attribué au carrefour. C'est finalement le nom de " Front Populaire " qui a été choisi pour cette nouvelle station par la RATP .
La rue des Gardinoux
Le nom de " Gardinoux " provient de garde et veut dire enclos ; ce chemin existe depuis 1760 . A l'angle de la rue du chemin de la Haie Coq et de la place actuelle où a été construit la sortie du métro s'était installé les abattoirs de chevaux de la ville de Paris . Classée en 1866 , la rue des Gardinoux sera pavée en 1872 . Elle borde les Magasins Généraux qui par un décret du Baron Hainguerlot en 1862 leur annexa le port et la gare d'Auberviliers . Entre la rue du Pilier et des Gardinoux se trouvait un octroi . Aujourd'hui les Magasins Généraux existent toujours et , ont bien sûr , été modernisés . ( Ref . Mr Fath Claude - Histoire des rues d'Aubervilliers )
Les Magasins Généraux
Construction de la station " Front Populaire "
La station a été construite par excavation à ciel ouvert à l’abri de parois moulées : les parois ont été réalisées en premier , par segments de trois mètres de long sur un mètre de large, et sur 30 à 40 mètres de profondeur , dont 20 mètres dans les profondeurs du sol pour assurer les fondations de la station , avant que l'excavation du volume de la station ne puisse commencer . Cette technique permettait d'éviter l'effondrement du terrain lié au creusement d'un tel volume , et permettait de créer le cuvelage nécessaire en raison de sous-sols imbibés d'eau . Ce sont ainsi 228 mètres de murs de béton qui ont été édifiés entre 2008 et 2009 .

Construction de la station " Front Populaire "
Fin 2009, les parois de la station ainsi que son premier niveau (la salle des billets) était terminés10. Le 15 juillet 2010 , Le tunnelier « Élodie » , chargé de creuser le tunnel du prolongement de la ligne 12 est arrivé au niveau de la station, en provenance du pont de Stains . Afin de faire pénétrer le tunnelier dans la station , une technique de perçage immergé a été utilisée : la station a été inondée avant que le tunnelier ne perce le tympan ouest , une paroi moulée étanche spécialement conçue pour être démolie par le tunnelier11. Celui-ci a ensuite continué sa route en direction de son puits de sortie situé au niveau de l'échangeur de l'autoroute A1 et du périphérique en septembre 2012 .
Le tunnelier " Elodie "
Les travaux ont continué avec la création des accès et la création d'une dalle intermédiaire , puis ont débuté, en 2011, les travaux d'aménagement et d'équipement de la nouvelle station11. Le 3 février 2012 , le premier escalier mécanique devant équiper la station est arrivé sur le chantier . La station a été inaugurée le 18 décembre 2012 par Christian Lambert , préfet de la Seine-Saint-Denis, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Île-de-France, Stéphane Troussel, président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et Pierre Mongin , président de la RATP, faisant de Front Populaire la 302e station du métro parisien. Elle a ouvert ses portes au public le même jour.
Inauguration de la station " Front Populaire "
La station est équipée de sept escaliers mécaniques et de trois ascenseurs . Les quais de la station sont accessibles aux personnes à mobilité réduite . Une grande verrière permet d'éclairer une partie de la station par la lumière du jour . Des pompes à chaleur transforment la température constante du tunnel (entre 10 °C et 14 °C) en fraîcheur l'été et en chaleur l'hiver . La fraîcheur des parois moulées baignées dans la nappe phréatique est également utilisée via des pompes à chaleur air-eau afin d’abaisser la température des locaux techniques .
Station " Front Populaire "
Après cette station, la ligne 12 sera prolongée à Mairie d'Aubervilliers . En première phase, seule la station Front Populaire est ouverte, mais l'aménagement du gros œuvre de la station Aimé Césaire et le travail du tunnelier jusqu'à Mairie d'Aubervilliers sont réalisés. L'ouverture de ces deux dernières stations est prévue en seconde étape . Dans un avenir lointain il est prévu de poursuivre cette ligne jusqu'à la Gare d'Aubervilliers-La Courneuve , puis la poursuivre jusqu'au carrefour des 6 routes de La Courneuve , point de jonction avec la ligne de tramway T1 ( Gare de Noisy-le-Sec - Asnières-Genevilliers ) .
Ne manquez d'aller visiter cette nouvelle station , vous serez surpris par son gigantisme qu'oppose sa sobriété et sa grande fonctionnalité . Comme Messieurs Berlier et Janicot les ingénieurs du " Nord-Sud " seraient ébahis devant cette magnifique réalisation !!! La station " Front Populaire " met , pour beaucoup d'albertivillariens , Paris à leur porte !!!
MEILLEURS VOEUX 2013
Chers lecteurs et lectrices du " Piéton de Paris " je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année nouvelle . Que 2013 vous apporte à tous joies , bonheur et surtout la santé , le bien le plus précieux sans qui rien n'est possible . J'espère vous faire découvrir , cette année encore , des lieux insolites et plein de charmes comme Paris en recèle encore et qui , hélas , se font de plus en plus rares . J'espère surtout vous donner l'envie à votre tour de devenir des "piétons de Paris" !!!
LA PRISON SAINTE-PÉLAGIE
La Prison Sainte-Pélagie
Je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir la passionnante histoire la Prison Sainte-Pélagie , aujourd'hui disparue , et souvent mentionnée dans la littérature à cause des personnalités célèbres qui y furent incarcérées . L'entrée de cette ancienne prison se trouvait Place Sainte-Pélagie , aujourd'hui Place du Puits-de-l'Ermite dans le Vème arrondissement face à la grande Mosquée de Paris en lieu et place du petit square du Puits-de-l'Ermite , aujourd'hui square Robert Montagne . Sainte-Pélagie possédait également une autre entrée au 56 rue de la Clef . Cette prison occupait les anciens bâtiments du couvent de Sainte-Pélagie fermé à la Révolution .
Sainte Pélagie - Martyre à Antioche (+ v. 302)
Au début de la persécution de Dioclétien vers 302, les soldats se présentent au domicile de sainte Pélagie qui n'a que 15 ans. Elle est seule et ils viennent l'emmener car elle est chrétienne . Devant leur attitude dont elle sait que cela risque de se terminer par un viol avant d'être menée au tribunal . Pélagie , écrit saint Jean Chrysostome, imagina une ruse si habile que les soldats n'en sont pas encore revenus . D'un air calme et gai , feignant d'avoir changé d'avis , elle les prie de la laisser se retirer un moment , juste le temps de revêtir la parure qui convient à une nouvelle épousée . Ils n'y voient aucun inconvénient . Elle sort posément de la chambre , monte en courant sur le toit de la maison et se précipite dans le vide . C'est ainsi que Pélagie déroba son corps à la souillure , qu'elle délivra son âme pour lui permettre de monter au ciel et qu'elle abandonna sa dépouille mortelle à un ennemi désormais inoffensif ".
Dioclétien Antioche (ruines romaines) Sainte-Pélagie
Dans les textes hagiographiques on découvre qu'il y avait une autre Sainte-Pélagie qui semblerait être un doublet de la vierge martyre d’Antioche, datant de la fin du IIIe ou du IVesiècle : la légende hagiographique couvre d’anonymat son existence réelle .Mais la transmission à travers traducteurs et copistes a nourri la curiosité attachée à son travestissement comme signe d’une conversion efficace , d’autant que Pélagie représente au départ la féminité charnelle poussée à l’extrême , comme la populaire Marie l’Égyptienne . Pélagie mène une existence dissolue dans sa ville d’Antioche avant sa rencontre avec Dieu et, par le biais du travestissement , trouve la voie de sa pénitence dans la vie d’ermite . On ne sait pas exactement à quelle sainte il est fait référence dans l'attribution du nom de couvent de Sainte-Pélagie .
Le Couvent de Sainte-Pélagie
Cette communauté religieuse fut fondée par Mme Beauharnais de Miramion ,fondatrice de la communauté des Miriamones . En 1661 elle avait rassemblé dans une maison du faubourg Saint-Antoine une demi-douzaine de de filles "débauchées" qu'elle réussit à mettre sur une meilleure voie . Secondée par la duchesse d'Aiguillon , elle obtint du Roi en 1665 , l'autorisation d'établir son "refuge" dans des bâtiments situés face en face de la Pitié rue Coupeau ( rue Lacépède aujourd'hui ) . Ce "refuge" fut soumis à l'administration de l'Hôpital Général , les femmes qu'il reçut y furent enfermées de force . Elle créa également un autre "refuge" dans une maison du faubourg Saint-Germain puis à coté elle créa un une seconde communauté qu'elle appela " Sainte-Pélagie " . Elle y recevait également des recluses volontaires venues se repentir et des des jeunes filles des filles placées par autorité de justice suite à des lettres de cachets envoyées par leurs familles . Le "refuge" et Sainte-Pélagie étaient dirigés par par 60 religieuses . Les détenues de caractère rebelle étaient dirigées vers la Salpêtrière . Sainte-Pélagie était une passerelle entre les Madelonnettes réservée aux filles et aux femmes de grande condition et la Salpêtrière destinées aux femmes ordinaires .
Mme Beauharnais La Salepêtrière Les Madelonnettes
La Prison Sainte-Pélagie
En 1792 la Révolution ferme le couvent Sainte-Pélagie et converti tous les bâtiments en prison . Les concierges d'alors Bouchard et sa femme firent partir tous les prisonniers au moment des massacres de Septembre . Dénoncés et arrêtés ils ne durent leur salut qu'au 9 thermidor avec la chute de Robespierre et la fin de la Terreur . C'est à partir du vote sur la loi sur les Suspects ( septembre 1793 ) que Sainte-Pélagie devint une importante prison politique pour les personnes des deux sexes . De 1793 à 1797, ce fut une prison politique, pour des condamnations inférieures à une année . Environ 350 hommes et femmes sont enfermés dans de petites cellules sombres , humides et malsaine de six pieds carrés éclairées par une étroite fenêtre garnie de barreaux . Une paillasse jonchée d'un matelas accompagné d'une misérable couverture en lambeaux servent de meuble . Le concierge s'enrichit aisément en fournissant un minimum de confort et de denrées vitales , comme il aimait dire : " Ici on a rien pour rien " . Parmi les personnes enfermées à Sainte-Pélagie on peut citer parmi les plus célèbres : Mme Roland , les actrices du Théâtre-Français restées fidèles à la Monarchie , la Françoise-Thérèse de Choiseul ( princesse de Monaco ) , le comte de Laval-Montmorency , Françoise de Beauharnais le sœur ( belle sœur de Joséphine ) , la comtesse du Barry , le peintre Hubert Robert et son ami le poète Jean-Antoine Roucher , Simone Evrard la maîtresse de Marat et Albertine Marat sœur du révolutionnaire . Un grand nombre de ces prisonniers furent guillotinés . Ainsi elle recevra tous les « exclus » de la grande Révolution (en premier les royalistes, en dernier les républicains) .
Madame Roland Hubert Robert Jean-Antoine Roucher
La prison Sainte-Pélagie fut utilisée après la Révolution d'une part de 1797 à 1831 comme prison pour les jeunes gens , garçons dits à la "correction paternelle" , dans la proportion d'environ un vingt-cinquièmede , de 1797 à 1834 comme prison pour les débiteurs insolvables ( prison pour dettes ) , les hommes détenus pour dettes dans la proportion ordinaire d'un quart à un tiers et des condamnés à un emprisonnement plus ou moins long et une prison pour les condamnées dans des affaires de mœurs . La mortalité annuelle moyenne de 1815 à 1818 est d'un détenu sur 24,48 . Agrandie après la Révolution par l'adjonction d'un nouveau pavillon dit « pavillon des princes », elle fut totalement réorganisée, le 15 mars 1831, par le préfet de police Vivien .

Prison Sainte-Pélagie
En plein coeur de Paris Sainte-Pélagie est un établissement hors du commun , où l'on circule librement , où l'on reçoit des dames , où l'on joue à cache-cache , aux cartes ou aux dominos . Certaines cellules sont même transformées en salles de réunion politique où l'on débat tout en déjeunant . Tant sous la Monarchie de Juillet que pendant la Commune , c'est dans l'enceinte de la prison de Sainte-Pélagie que se retrouvent bon nombre d'opposants aux différents régimes en place . Citons pêle-mêle parmi ces pensionnaires célèbres : Raspail , Proudhon , Delescluze , Barbès , Lamennais , Jules Vallès , Arago , Courbet , Armand Carrel , Auguste Blanqui , Berryer , Pelletan , Clémenceau , Cladel , Honoré Daumier , Cavaignac , Aristide Bruant , la comtesse du Barry , Gérard de Nerval et Vidocq parmi tant d'autres . On peut citer Dumas qui écrivait : "Effectivement, Sainte-Pélagie , finit par ressembler, en mieux, à un quelconque Bottin mondain » !!!
La vie à Sainte-Pélagie

Gustave Courbet Proudhon et ses enfants Auguste Blanqui
Un souterrain qui partait d'un hôtel particulier , construit en 1761 pour le docteur Etienne Pourpour du Petit , situé au n°7 de la rue Lacépède ( ancienne rue des Coupeaux ) possédait dans son jardin un souterrain long de 18 mètres communicant avec la prison Sainte-Pélagie . Il permit l'évasion le 12 juillet 1834 de 28 détenus dont Marrast rédacteur à la " Tribune " , de Godefroy de Cavaignac rédacteur à la " Réforme " , de l'avocat Berryer compromis dans un procès politique et aussi du général Sarrazin pousuivi pour trigami et propriétaire un temps de cet hôtel particulier . Il existe alors à cette époque un pavillon carré dit « le pavillon des Princes » haut de 4 étages, construit en bordure de la rue du Puits-de-l'Ermite dont les fenêtres supérieures plongent sur le Jardin des Plantes par-dessus les toitures de l'Hôpital de la Pitié ( détruit en 1912 ) . L'entrée de la prison avait été transférée sous la Restauration dans la rue du Puits-de-l'Ermite et son ancienne entrée rue de la Clef avait été murée .
Hôtel particulier 7, rue Lacépède Hôpital de la Pitié
En 1898, le Conseil Général de la Seine décide de fermer les prisons de Sainte-Pélagie, Mazas et de la Roquette pour les remplacer par les prisons de la Santé et de Fresnes . La prison de Sainte-Pélagie ferme ses portes en 1903 et fut détruite en 1912. Il n'en reste plus aucun vestige de nos jours .
La Grande Roquette Mazas La petite Roquette
LA COUPOLE DES GALERIES LAFAYETTE
La coupole des Galeries Lafayette
Les Galeries Lafayette
Alphonse Kahn et Théophile Bader, deux cousins juifs alsaciens , entreprennent en 1895 de s'installer à l'angle de la rue de la Chaussée d'Antin pour y ouvrir le premier magasin des Galeries Lafayette qui initialement fut une mercerie qui créait et vendait des articles et vêtement de mode . L'affaire fonctionne plutôt bien puisque un an plus tard , tous deux achètent la totalité de l'immeuble de la rue Lafayette . En 1905 les acquisitions s'étendent aux numéros 38, 40 et 42 du boulevard Hausmann ainsi qu'au 15 de la rue de la Chaussée d'Antin . Les architectes Georges Chedanne et Ferdinand Chanut se succéderont à l'aménagement de ces nouveaux espaces de vente jusqu'en octobre 1912 , date qui marque l'inauguration du grand magasin. Ce dernier justement, se distingue par son ampleur : il rassemble 96 rayons, un salon de thé , une bibliothèque ainsi qu'un salon de coiffure , le tout réparti sur cinq étages . Les Galeries Lafayettes créerent leur propre marque de vêtements " Eversmart " . Au centre de l'édifice , une immense coupole de 33 mètres de haut imprégnée de style " art nouveau " et byzantin règne sur les balustres des étages inférieurs décorés de feuillages et dont on doit la réalisation à Louis Majorelle à qui l'on doit également la rampe de l'escalier monumental aujourd'hui disparu . Par ailleurs, les 47.800 m2 de surface bénéficient d'une grande luminosité grâce au nombre important de vitraux reliés les uns aux autres par une armature métallique ornée de motifs floraux . Théophile Bader , père de deux filles , inaugure le modèle de tranmissions aux gendres .
Les Galeries Lafayette
Après les années noires de la crise de 29 et de la guerre, il faut attendre les années 50 pour voir s’amorcer la reprise économique de l’entreprise . Entre 1952 et 1956, les premiers escalators sont installés, les halls intérieurs sont supprimés et deux étages sont rajoutés . Parallèlement à ces modernisations, de véritables rendez vous avec la clientèle sont instaurés , comme les 3J ou les expositions thématiques . En 1974, une page est tournée avec le démontage de l’escalier d’honneur et , en 1984, le rez-de-chaussée central est modifié afin d’ouvrir des boutiques de prestige . Depuis cinq générations , les Galeries Lafayette sont une entreprise familiale . Elles ont traversé les époques, les guerres et les crises financières , prouvant leur capacité d’innovation . En 2005 la famille Moulin lance une OPA privatise le groupe , puis le rachète en 2007 à la BNP les parts de la famille Meyer . Les petits enfants de Ginette Moulin travaillent aujourd'hui au sein du groupe , pérennisant ainsi la dimension familiale . Pour conserver et mettre en valeur le patrimoine, la direction du groupe a décidé de fonder, en 2008, le département « Patrimoine & Archives historiques » . Mais, la magnificence des Galeries Lafayette trouve sa plus belle expression dans la terrasse située au sommet du bâtiment et de laquelle on aperçoit la tour Eiffel . Aujourd'hui , plus de 36 millions de visiteurs viennent aux Galeries Lafayette chaque année !!!
Terrasse des Galeries Lafayette
Un incroyable exploit !!!
Le 19 janvier 1919 , l'aviateur Jules Védrines se pose sur le toit des Galeries Lafayette à bord d'un Caudron G-3 après s'être entraîné à Issy-les-Moulineaux . Il remporte ainsi le prix de 25.000 Francs institué avant 1914 par la direction des Galeries Lafayette pour le premier aviateur qui de poserait sur le toit-terrasse du magasin dont la "piste" ne dépassait pas 28 mètres . Un monument situé à l'endroit même est inauguré le 30 juin 1921 par Laurent-Eynac, Sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique et aux Transports aériens, et MM Bader et Meyer des Galeries Lafayette .
Jules Védrines ( 1881-1919 )
La Coupole des Galeries Lafayette a 100 ans !!!
Coupole des Galeries Lafayette
Edifiée en octobre 1912 par l'architecte Ferdinand Chanut et le maître verrier Jacques Grüber ,la célèbre coupole de vitrail sera l'objet d'une exposition chargée d'histoire et d'une installation imaginée sur la façade des Galeries Lafayette . "Notre Coupole est le symbole des Galeries Lafayette , elle témoigne de ce savant équilibre entre tradition et modernité qui caractérise notre groupe depuis sa création en 1894" , explique Philippe Houzé , président du directoire du groupe Galeries Lafayette . En 1975, la façade et la coupole des Galeries Lafayette ont été classées à l'inventaire des monuments historiques . Les Galeries Lafayette Haussmann ont fait appel à l'architecte Rem Koolhaas et au plasticien Yann Kersalé pour célébrer les festivités relatives au centième anniversaire de la coupole du grand magasin parisien . Les amoureux d'art contemporain pourront apprécier une exposition et une installation lumineuse . Réalisée par l'architecte Rem Koolhaas et son agence OMA, l'exposition "1912-2012 . Chroniques d'un parcours créatif" offre un panorama complet des mutations subies par le grand magasin parisien et sa légendaire coupole. Proposée du 16 octobre au 26 janvier .

Coupole des Galeries Lafayette
Exposition temporaire du centenaire
Autre manifestation orchestrée pour ce centenaire : l'élaboration d'une installation lumineuse sur la façade du magasin. C'est le plasticien Yann Kersalé, en partenariat avec Djuric Tardio-Archiectes, qui a imaginé cette création baptisée "Chrysalide" . Les clients et Parisiens pourront admirer cette oeuvre tout au long de l'année. Des évolutions seront apportées en fonction des saisons. Pour conserver un souvenir de ce 100e anniversaire, les Galeries Lafayette proposent un ouvrage retraçant l'évolution du grand magasin, mêlant histoire, art et mode. Baptisé Les Galeries Lafayette, 100 ans sous la Coupole, ce livre est disponible aux Editions de La Martinière (39,90€) .
La " Chrysalide "
A l'occasion des ces fêtes de fin d'années ne manquez pas d'allez rendre visite à cette magnifique coupole et de visiter l'exposition qui se trouver au premier étage du magasin .
THÉÂTRE DES FOLIES BERGÈRE
Théâtre des Folies Bergère
Partons ensemble à la découverte de l'histoire des " Folies Bergère " , théâtre mythique de la " Belle Époque " jusqu'à la fin des " Années Folles ", situé au 32 rue Richer dans le IXème arrondissement .
Rue Richer
Cette rue , formée en 1782 , à remplacé une ruelle appelée en 1738 , de l'Égout , car elle longeait le Grand-Égout . Cet égout allant de du boulevard-des-Filles-du-Calvaire à la place de l'Alma actuelle où elle se jetait dans la Seine . A sa formation cette rue reçut le nom de l'avocat du Parlement Jean-Charles Richer , échevin en 1780 . Elle faisait partie à cette époque du chemin que l'on suivait pour aller de la Ville-l'Évêque à Popincourt .
Origines du Théâtre des Folies Bergère
Il est fort probable que l'on doive indirectement l'ouverture des Folies Bergère à une sociétaire de la Comédie-Française Mme Cornelie . En 1867, Mme Cornelie, sociétaire de la Comédie Française , souhaita se produire dans un café concert car jusqu'en 1867 une loi punissait d'amendes sévères toute personne qui se costumait ou dansait dans les théâtres . Ainsi naquirent les premiers cafés-concerts, et cafés-chantants où l'on pouvait danser, se costumer, chanter, dire des textes devant un décor, comme dans un théâtre.
Cafés-concerts
Le termes de " Folies "désignait , depuis la fin du XVIIIe, les maisons de villégiatures , créées sous la Régence pou la noblesse et l'aristocratie , pour des fêtes nocturnes avec concerts , spectacles et ballets . Elles étaient situées à la périphérie des grandes villes . Près de Paris les plus connues étaient : les Folies Méricourt , Folies St-James , Folies Richelieu , Folies Beaujon , Folies Regnault , qui donnèrent leur nom à leurs quartiers respectifs .
Folies Beaujon Folies Saint-James Folies d'Artois
La mode , depuis 1830, était de baptiser les salles de spectacle du nom de 'Folies' suivies du nom du quartier où elles se situaient (Folies Dramatiques (1830) , Marigny (1848) , Nouvelles (1852) , Saint-Antoine (1865) . C'est ainsi que Mr Boislève choisit le nom de la rue Bergère , toute proche . C'est donc pour cela que " FOLIES BERGÈRE " s'écrit sans 'S' à Bergère puisqu'il s'agit des folies de la rue Bergère .
Folies Marigny Folies Nouvelles Folies Dramatiques
Le Théâtre des Folies-Bergère
Théâtre des Folies-Bergère en 1890
Le théâtre des Folies Bergères a été construit en 1869 sur un terrain propriété depuis depuis la fin du XVIème siècle de l'hôpital des Quinze-Vingts crée par Saint-Louis en 1620 , qui le loua à des maraîchers de 1606 à 1805 . En 1860 on y édifia un grand magasin de literie dit " Aux Colonnes d'Hercule " , qui en 1869 s'adjoignit une salle de spectacle . Le théâtre des Folies Bergère absorba plus tard le magasin . Ce théâtre était appelé ironiquement " Salle des Sommiers Élastiques " ouvrit le 2 mai 1869 sous la direction d'Albert Boislève . Il ne fit que de médiocres affaires , ferma en août , rouvrit en septembre , puis ferma à nouveau en mars 1870 . Avec un nouveau directeur il rouvrit en décembre au cours du siège de Paris avec un vaudeville et dut fermer en mars 1871 .
Théâtre des Folies Bergère en 1880
Ce théâtre eut alors comme nouveau directeur , en novembre 1871 monsieur Sari qui le transforma radicalement . Il agrandit la façade sur la rue Richer et ajouta un promenoir que fréquentèrent les petites dames du quartier Bréda . Cet établissement connut alors un grand succès du fait de son orchestre , de ses ballets et de ses exhibitions de toute nature . A la fin de 1880 , Sari changea le genre de son établissement qu'il voulut consacrer à des concerts de grande musique ; ce fut les " Concerts de Paris " qui patronèrent Gounod , Massenet , Saint-Saëns et Delibes . Il ouvrit en mai 1881 mais cette tentative n'eut pas le succès escompté et monsieur Sari s'empressa de de retourner à ses spectacles précédents , beaucoup plus populaires !!!
Affiches des Folies-Bergère
Manet aux Folies-Bergère
" Un bar aux Folies Bergère est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet au début des années 1880. Il s'agit de la dernière œuvre majeure de Manet avant sa mort . La scène , contrairement aux apparences, n’a pas été peinte au bar des Folies Bergère mais a été entièrement recréée en atelier . La jeune femme servant de modèle , Suzon, est en revanche une véritable employée de ce célèbre café-concert . Manet y donne une nouvelle fois une démonstration de son art , brillant par une interprétation impassible et objective d'une scène de la société dans laquelle il vit une serveuse au regard vide et absent ne participant que par sa beauté extérieure aux éclats de ce palais du plaisir .
Edouard Manet " Un bar aux Folies-Bergère "
En 1902, après 16 ans de succès, la maladie contraint Édouard Marchand à laisser la place à Paul Derval ( Alexis Pitron-d'Obigny de Ferrière dit Paul Derval ). En 1918, une nouvelle ère commence pour les Folies Bergère avec son nouveau directeur qui va marquer de son empreinte l'histoire de la revue . Désormais , ses revues proposent aux spectateurs une débauche de costumes , de décors, d'effets de mise en scène pour mettre en valeur sa troupe composée de " girls " anglaises à la discipline de fer et de « petites femmes nues » . En 1926 Paul Derval agrandi et redécore le théâtre et il confie en outre la nouvelle décoration de la façade à Pico . Cette façade de style " Art Déco " est inscrite à l'inventaire des monuments historique .
Mr Paul Derval Mme Antonia Derval Une " girl "
En 1936 , Derval fait revenir de New York Joséphine Baker pour mener la revue En Super Folies . C'est Michel Gyarmathy , un jeune hongrois tout fraîchement débarqué de son Balasagyarmath natal , qui en dessine l'affiche . Et c'est ainsi que débute une longue histoire d'amour entre Michel Gyarmathy , Paris , les Folies Bergère et le public du monde entier, qui durera 56 ans . Son épouse Antonia, s'appuyant sur Michel Gyarmathy, lui succède .
Mr Gyarmathy et Mme Derval Joséphine Baker
Dès 1978 elle s'adjoint Georges Terrey au poste de Directeur délégué. Pendant près de vingt ans , ils maintiennent le style et la tradition . Mais en 1993, consciente que l'esthétique purement clinquante n'est plus de mise et que les Folies Bergère doivent évoluer avec le siècle et avec les aspirations des spectateurs et l'imagination des créateurs , Hélène Martini décide de rompre avec le passé passéiste et présente une nouvelle revue de l'argentin Alfredo Arias . Une page est résolument tournée . Le théâtre des Folies Bergère se tourne vers l'avenir !!!
Théâtre des Folies Bergère
À partir de 1993, le style des spectacles change , la directrice joue sur la modernité et la remise au goût du jour des revues . D'auteurs en chorégraphes, de metteurs en scène en décorateurs , les spectacles se succèdent avec succès, et la qualité des représentations confirme la renommée des Folies Bergère . En septembre 2011, le théâtre des Folies Bergère est racheté par le Groupe Lagardère pour neuf millions d’euros , en association avec Jean-Marc Dumontet . Le chapitre du XXIème siècle est ouvert , et les Folies Bergère sont en route pour leur 150ème anniversaire . A l'occasion des fêtes de fin d'année ne manquez pas de venir découvrir le nouveau spectacle " Salut les copains " . Vous serez transporté , grâce au talent de ces jeunes comédiens , à l'époque des " yéyés " . Vous passerez une très bonne soirée !!!

Spectacle " Salut les copains "
Voici un remarquable article sur le site officiel du Théâtre des Folies Bergère qui vous permettra de tout connaître sur l'histoire passionnante de ce magnifique théâtre parisien .
LA TOUR DE L'HORLOGE
Des travaux, qui ont duré plus d'un an, ont permis de complètement rénover la Conciergerie . Jusqu'à récemment, la Conciergerie était couverte d’échafaudages que cachaient des publicités gigantesques . J'ai donc pu découvrir avec grand plaisir la Conciergerie toute belle , avec des murs propres et clairs . Le toit de la tour de l'horloge a été refait, c'est un toit tout neuf et maintenant doré et l'horloge a été entièrement restaurée , c'est une pure merveille que l'on peut aujour'hui admirer !!!
La Conciergerie et la Tour de l'Horloge
Le Quai de l'Horloge qui se trouve dans l'île de la Cité et qui borde la Seine entre le pont au Change et le Pont-Neuf, fut commencé en 1580 . Les travaux souvent interrompus furent achevés en 1611 . Son extrémité occidentale absorba le petit îlot de la Gourdaine qui ne renfermait qu'un moulin sur piloti . Il s'y trouvait des boutiques autrefois occupées par des perruquiers . En 1738, Turgot, alors prévôt des marchands en fit élargir les deux extrémités en vertu d'un arrêt du conseil du 26 mars 1737 . En 1816, on augmenta encore sa largeur près du Pont-au-Change, par suite de la démolition des échoppes adossées au Palais-de Justice . Il a porté le nom du Grand-Cours-d'Eau , des Morfondues ( sans doute à cause des plaideurs qui attendaient sur ce quai ) et des Lunettes ( quartier des opticiens ) et du Nord ous la Révolution .
Plan de Paris de 1780
Son nom lui vient de l'horloge du Palais, qui était placée sur la tour qui fait face au Pont-au-Change. Cette tour fut probablement bâtie sous Philippe-le-Bel, vers l'année 1310. L'horloge, la première que l'on vit en France, fut construite par Henri de Vic qui vint à Paris en 1370, sous le règne de Charles V. Ce mécanicien allemand fut logé dans cette tour, par ordre du roi, pour avoir soin de l'horloge. Son traitement était de six sols parisis par jour La lanterne contenait une cloche qui ne sonnait que pour les cérémonies royales et qui donna le signal de la Saint-Barthélémy. Elle fut restaurée sous Henri III et ornée de sculptures de Jean Goujon .
La Conciergerie
L'horloge de la tour carrée
Le cadran est de forme carrée, du diamètre d'un mètre et demi, orné au centre de rayons flamboyants et dorés ; les aiguilles en cuivre repoussé et bronzé, la grande en fer de lance, la petite terminée en fleur de lis, marquent les heures sur des chiffres romains colorés en relief sur la pierre. Les deux ravissantes statuettes qui accostent le cadran sont la Force et la Loi ; la première tient la main de Justice et la table de la Loi, sur laquelle est inscrit ce précepte : Sacra Dei celerare pins regale time jus ; la Justice porte la balance et le glaive. Elles ont été restituées par M. Toussaint, d'après les originaux de Germain Pilon dont il ne restait que des fragments mutilés, Le cadran et ses statuettes sont placés dans un petit édicule d'une extrême élégance, où l'on reconnaît aisément l'idée première, le type des horloges portatives qui, sous le règne de Louis XIII et de Louis XIV, furent appelées des « religieuses ».
Le fronton de l'édicule, surmonté des deux écus accolés de France et de Pologne sommés d'une couronne royale, contient cette inscription latine, composée par Passerat " Qui dedit ante duas, triplicem dabit ille coronam " . Enfin, le stylobate de l'édicule est coupé en son milieu par un carré de marbre noir, contenant cette inscription du même poète " Machina quae bis sex tam juste dividit boras Justitiam servare monet legesque tueri " . Ce délicieux spécimen des arts compliqués et délicats de la Renaissance française a été restauré en 1852, avec un plein succès, par les architectes Duc et Dommery .
La Tour de l'Horloge restaurée
La Conciergerie - Adrien Dauzats
A l'occasion de l'une de vos prochaines promenades dans l'île de la Cité , n'oubliez pas d'aller admirer la vieille tour de l'horloge de la Conciergerie magnifiquement restaurée , elle en vaut grandement la peine !!!
LE PETIT CANON DU PALAIS-ROYAL
Je me propose de vous faire découvrir l’étonnante histoire de ce petit canon dissimulé au milieu d’un parterre de fleurs et oublié de tous.
Le petit canon du Palais-Royal
Un certain Rousseau (ingénieur en instruments de mathématiques) horloger galerie du Beaujolais, sous les arcades du Palais-Royal, invente en 1785 un nouveau genre de gnomon (cadran solaire primitif) pour remplacer un cadran solaire rue des Bons-Enfants. Il s’agit d’un petit canon muni d’une petite mèche et chargé de poudre. Il est surmonté d’une loupe précisément orientée sur le passage du soleil dans l’alignement parfait du méridien de Paris. Lorsque le soleil est à son zénith, ses rayons se concentrent grâce à la petite loupe et viennent enflammer la petite mèche provoquant la mise à feu du petit canon, permettant ainsi de régler montres et horloges à midi, ce qui est pratique à une époque où les montres à quartz n’existaient pas ! Ce qui fera dire à l’abbé Delisle : ˝ Dans ce jardin si l’on y dérègle les mœurs, du moins l’on y règle sa montre .
Il est installé en 1786 par ordre du Duc d’Orléans face à la boutique du sieur Rousseau, dans le jardin du Palais-Royal. En 1799 le petit canon est déplacé au milieu du parterre le plus au sud (coté des colonnes de Buren) où il se trouve toujours aujourd’hui. En 1891, l’heure indiquée par le canon du Palais-Royal est étendue à toute la France. Il dut se taire en 1911 car une loi imposait désormais à la France l’heure de Greenwich .
Remis en état en 1990, le canon continua à sonner midi jusqu’à ce que le plan Vigie Pirate le fit taire. Victime d’un vol en 1998, il fut remplacé par une copie aujourd’hui muette . Sur son socle on pouvait lire ˝Horas non numero nisi serenas˝ (Je ne compte que les heures heureuses) . Belle devise en harmonie avec ce lieu rempli de calme et de sérénité . Depuis 2011 le Ministère de la Culture à décidé de lui rendre sa fonction première . Désormais chaque mercredi à midi pile le petit canon tonne à nouveau !!! Aujourd'hui plus d'allumage solaire , c'est un artificier qui a la charge de déclencher le tir , progrès oblige !!! Rendez-vous sur l'excellent site " Paris-bise-art " où vous pourrez voir et entendre ce petit canon tonner !!! Ne manquez pas lors de votre prochaine promenade dans ce jardin d’aller lui rendre visite !!!
EGLISE DES BILLETTES
Église des Billettes
L'église des Billettes et son magnifique cloître sont fort peu connus des parisiens . Partons ensemble à la découverte de leur passionnante histoire . Cette église se trouve non loin de l'Hôtel de Ville de Paris au 24 rue des Archives , nom donné car elle longe les Archives Nationales . C'est le seul cloître datant du Moyen-âge à Paris .
La rue des Archives
Cette rue résulte de la fusion de plusieurs rues . Entre la rue de la Tixeranderie ( absorbée par la rue de Rivoli en 1852 ) et de la Verrerie : la rue des Deux Portes , appelée en 1281 , Entre-Deux-Portes car elle se trouvai entre deux portes qui la fermait à ses extrémités . Elle prendra au XVIIème siècle le nom de rue de la Galiace . Entre la rue des Blancs Manteaux et Rambuteau se trouvaient les rues des Deux-Portes , des Billettes , de l'Homme-Armé et du Chaume ( ancienne rue de la Porte-du-Chaume ) . Ces quatre rues reçurent en 1890 le nom de rue des Archives au nord . Les rues du Chaume , du Grand Chantier , des Enfants-Rouges et de Molay ( rue ouverte en 1800 sur l'emplacement de l'hôpital des " Enfants rouges " , ce nom était celui du dernier grand maitre des Templiers ) reçurent à leur tour en 1874 le nom d'Archives . Cette rue fut prolongée en 1848 jusqu'à la rue Dupetit-Thouars .
L'église des Billettes ( Ref. le remarquable site " Histoire du Marais " )
Le miracle de l'hostie profanée
L'église des Billettes est construite à l'emplacement de la maison d'un juif nommé Jonathas . Le récit le plus ancien de cet épisode est un texte latin en prose datant de 1322 environ et conservé aux Archives nationales. Il raconte qu'une femme chrétienne avait mis ses plus beaux vêtements en gages chez un prêteur juif de la rue des Jardins (future rue des Billettes, puis rue des Archives) . Elle veut les récupérer lors des fêtes de Pâques 1290, mais n'a pas l'argent nécessaire. Le prêteur juif accepte de les lui rendre en échange d'une hostie consacrée . La femme chrétienne se rend à la messe à l'église Saint-Merri et conserve sous la langue l'hostie de la communion qu'elle apporte au prêteur juif .
Le miracle des Billettes
Ce dernier poignarde l'hostie qui se met à saigner. Devant sa femme et ses enfants épouvantés, il continue à la martyriser, répétant la Passion du Christ : il veut la percer avec un clou, la flagelle, la jette au feu, tente de la découper, mais toujours l'hostie demeure intacte et continue à saigner. Pour s'en débarrasser, il la jette dans l'eau bouillante qui rougit ; le Christ apparaît et le prêteur juif s'enfuit. Une voisine, intriguée, entre chez lui, recueille l'hostie et la porte à l'église Saint-Jean-en-Grève. L'évêque fait comparaître le prêteur juif qui est condamné à être brûlé en place de grève, tandis que sa famille se fait baptiser (ci-dessus et ci-contre : Paolo Ucello, Le Miracle de l'hostie, prédelle, vers 1465-1469, Urbino, Palazzo ducale) . On sait effectivement d'un juif fut jugé à Paris en 1290 pour la profanation d'une hostie, mais des sources semblent indiquer qu'il se soit converti et donc qu'il n'ait donc pas été mis à mort ...
Le miracle des Billettes - Vitraux rouennais du XVIème siècle
En 1294, un bourgeois de Paris, Régnier Flameng, obtient du roi Philippe le Bel et du pape Boniface VIII qu'une chapelle soit construite à l'emplacement de la maison du prêteur juif. Cette chapelle est appelée "maison des miracles". Elle est confiée aux Hospitaliers de la Charité Notre-Dame, confrérie séculière créée par Guy de Joinville dans le diocèse de Chalons en Champagne, dévouée au soin des malades. Ils étaient également appelés "billettes" peut-être en raison de leur scapulaire en forme de billette ( figure héraldique en forme de rectangle ) c'est-à-dire de pièce d'étoffe rectangulaire. Le couvent s'agrandit grâce à l'achat et à la donations des maisons voisines. En 1346, ces clercs qui n'appartenaient à aucun ordre furent rattachés à l'ordre de saint Augustin. En raison des exhaussements de la rue des Archives , l'église était devenue souterraine si bien qu'en 1408 on construisit au-dessus une nouvelle église, tandis que dans l'ancienne église on enterrait les religieux du couvent (ci-dessous : plan de Paris par Belleforest, vers 1550 ; le nord est à gauche, les Billettes sont en vert). Le cloître fut reconstruit après 1427 dans le style flamboyant. A cette époque, la rue s'appelle d'ailleurs " rue où Dieu fut bouilli ".
Couvent des Billettes
Dès qu'ils furent installés, les religieux de la "maison du miracle", qui allait devenir le sanctuaire des Billettes, organisèrent des offices solennels de réparation. Les fidèles affluèrent bientôt dans ce lieu de pèlerinage en tel nombre qu'il fallut agrandir la nef ! En 1427, on adjoignit au sanctuaire un cimetière et un cloître , bien que plusieurs fois modifié et restauré , il le seul cloître médiéval parisien qui ait survécu jusqu'à nos jours. Ce cloître est doté de belles arcades à voûtes flamboyantes .

Cloître des Billettes
En 1633, l'église fut prise en charge par les Carmes de l'Observance de Rennes, dit Carmes-Billettes. C'est en 1742 que les Carmes-Billettes se décidèrent à relancer la reconstruction de leur église. Leur nombre était passé de 14 au XVIIe à 50 au milieu du XVIIIe. Ils firent appel en juin , à l'architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), dernier des Mansart et petit-fils de Jules Hardouin-Mansart, qui venait d'être désigné le mois précédent par Louis XV pour la construction de l'église Saint-Louis de Versailles , Le projet ne fut repris qu'en 1752 et approuvé définitivement en janvier 1753 . Son auteur n'est pas précisé. La reconstruction de l'église eut lieu, non de 1753 à 1756 comme on le prétend trop souvent, mais de 1754 à 1758 . Nul doute que le projet final avait repris tout ou partie des solutions envisagées par Mansart de Sagonne . À la Révolution, l'église et le couvent sont désaffectés et vendus à des particuliers .
Eglise des Billettes
En 1808, l'empereur Napoléon autorise la Ville de Paris à acquérir l'ensemble des bâtiments pour les affecter au Consistoire de l'Église luthérienne. C'est donc en 1808 que l'église luthérienne s'installe dans ses locaux . L'aménagement intérieur de l'église date pour l'essentiel de l'Empire et du règne de Louis-Philippe, sauf l'autel et le lutrin de création contemporaine. L'orgue a été réalisé entre 1982 et 1983 par le facteur d'orgue Mülheisen . De nombreuses manifestations culturelles se succèdent toute l'année tant dans le cloître que dans l'église ( expositions diverses , concert d'orgue et récitals de musique classique et moderne ) .
Ne manquez d'aller découvrir ce remarquable édifice religieux et son cloître lors de l'une de vos promenades dans le quartier et , pourquoi pas aller assister à un concert dans ce cadre magnifique !!!
LA SOCIÉTÉ DES CENDRES
Je me propose de vous faire découvrir une curieuse fonderie d'or et d'argent bien cachée derrière la façade du 39 rue des Francs-Bourgeois au cœur du Marais . A cet emplacement se trouvait en 1639 l'Hôtel Le Tellier ayant appartenu à Philippe de Coulanges , oncle de la célèbre épistolaire Marie de Rabutin-Chantal , plus connue sous le nom de Marquide de Sévigné . Elle y séjourna avec son autre oncle Christophe de Coulanges , abbé de Livry , et s'y maria en 1644 avec le Marquis de Sévigné .
Madame de Sévigné Fonderie d'or et d'argent 39, rue des Francs-Bourgeois
Lors d'une de mes promenades dans ce quartier j'avais été interloqué par l'inscription qui figurait sur le fronton de cette fonderie d'or et d'argent : " Traitements des cendres " . De quoi pouvait-il bien s'agir ? Nous allons découvrir ensemble l'histoire de cette petite fonderie d'or et d'argent située en plein cœur du Marais .
La rue des Francs-Bourgeois
Rue des Francs-Bourgeois
Cette rue résulte de la fusion des rues suivantes : 1° entre les rues de Turenne et Payenne et la rue Saint-Catherine au XVIème siècle ; 2°entre les rues Payenne et Vieille-du-Temple . Cette vieille rue se nomma d'abord rue des Poulies, des Viez Poulies ou Vieilles Poulies 1258 , Richard des Poulies et Ferri des Poulies, à cause de ses métiers de tisserands . Elle a pris son nom actuel après que furent fondées, en 1334 , des « maisons d'aumônes » dont les occupants , affranchis de taxes en raison de leurs faibles ressources , étaient appelés « francs-bourgeois », et dont l'une se nommait maison des Francs-Bourgeois , hôpital pour bourgeois miséreux . On lui donna le nom de « rue des Francs-Citoyens » pendant la Révolution , 3°entre les rues Vieille-du-Temple et des Archives , une rue appelée , en 1287 des Jardins à cause des jardins situés près des remparts de l' enceinte de Philippe-Auguste , puis en 1291 Paradis , ce nom provenant d'une enseigne proche . Ces trois rues fusionnèrent en 1868 sous le nom de Francs-Bourgeois . Elle sera prolongée jusqu'à la place des Vosges par absorption en 1606 d'une rue appelée successivement rue Henri IV , de l'Echarpe-blanche en 1636 , de l'Echarpe au XVIIIème siècle puis des Vosges .
Rue des Francs-Bourgeois
La Société des Cendres et la Fonderie d'or et d'argent
La Société des Cendres , qui comptait pas moins de 500 actionnaires , a été crée par Alexis Falize ( 1811- 1898 ) en 1860 .Tout d'abord grand spécialiste des émaux , il redécouvre les émaux limousins avec ses confrères Jules Chaize , Eugène Fontenay et Frédéric Boucheron . Il deviendra ensuite un célèbre bijoutier sous le Second Empire . La Société des Cendres avait pour but de traiter les poussières de balayage , les rognures et les limailles provenant des bijoutiers et des joailliers nombreux dans ce quartier afin de récupérer l'or et l'argent dans les déchets . Les dentistes , les photographes et les graveurs se joignirent également aux clients de la Société des Cendres . Les déchets de toutes sortes étaient broyés et brûlés sous le contrôle des propriétaires . On pouvait parfois extraire plusieurs kilos d'or d'un quintal de déchet !!! Tout d'abord installé rue Saint-Croix-de-la-Bretonnerie , elle se fixe définitivement rue des Francs-Bourgeois sur les ruines de l'Hôtel Le Tellier à l'emplacement de la mairie de l'ancien VIIe arrondissement de Paris , qui en comptait douze avant que Napoléon III les étende à vingt en 1860
Alexis Falize Emaux limousins Création d'Alexis Falize
Construit en 1885, pour les besoins spécifiques de la Société des Cendres , sur les ruines du grand hôtel Le Tellier , à l'emplacement de la mairie de l'ancien VIIe arrondissement de Paris , qui en comptait douze jusqu'à ce que Napoléon III les étende à vingt en 1860 , il comporte dans sa partie arrière une galerie industrielle et un four avec sa cheminée en briques rouges de 35 mètres de haut que l'on aperçoit de la verrière et qui est visible des immeubles voisins . Cette cheminée monumentale s'appuie sur un élément de la muraille de Philippe-Auguste, qu'on peut voir à l'intérieur.

Cheminée de la Société des Cendres Muraille de Philippe-Auguste (Site Paris bise-art ")
Fermée en 2002 l'entreprise est maintenant installée à Vitry dans le Val de Marne , mais elle reste toujours propriété du site . Des travaux de restaurations seront effectués sous le regard des Architectes des Bâtiments de France afin de créer un petit musée avant l'installation de son nouveau propriétaire le géant japonais de l'habillement Uniqlo ( groupe " Fast Retailing ) qui compte y ouvrir son troisième magasin français . Une procédure de classement à l'Inventaire des Monuments Historiques sera prochainement lancée . On peut encore admirer au sous-sol la meule à ferraille , à l'étage le four et au rez-de-chaussée la magnifique cheminée que l'on aperçoit à travers la verrière au , vedette sans conteste de ce lieu , dernier vestige industriel du quartier du Marais !!!
Meule à ferraille Four de cuisson Cheminée monumentale
En espérant , que comme en 2011 , vous pourrez découvrir ce lieu insolite à l'occasion des " Journées du Patrimoines " qui auront lieu le samedi 15 et le dimanche 16 septembre 2012 . Ne manquez sous aucun prétexte cette visite qui en vaut grandement la peine, si toutefois elle est programmée cette année encore !!!
LA STATUE DE LA LIBERTÉ
Statue de la Liberté
Inutile d'aller à New-York pour admirer la statue de la Liberté , nous avons le même à Paris , mais de taille réduite !!! Je vous entraîne découvrir sa réplique qui se trouve à l'extrémité de l'allée aux Cygnes (anciennement digue de Grenelle ) et improprement appelé Ile aux Cygnes . D'une longueur de 850 m de long et d’une largeur de 11 m, elle est une constituée d'une bande de terre artificielle construite en 1827 au milieu de la Seine pour servir de points d'appui aux trois ponts qui la traversent, le pont de Grenelle , le pont Rouelle ( pont ferroviaire , de la ligne C du RER , c'est un ouvrage de pierre et arches métalliques . Construit pour l'Expositons Universelle de 1900 ) , et le pont de Bir-Hakeim , entre les 15e et 16e arrondissement . Sur toute sa longueur et des deux côé elle est bordée d'une allée d'arbres .
Allée aux Cygnes
Pont de Grenelle Pont Rouelle Pont de Bir-Hakeim
L'Ile aux Cygnes
Ancienne île de Paris, réunie à la rive gauche de la Seine à la fin du XVIIIe siècle. Elle se trouvait au nord-ouest de l'actuel 7e arrondissement , entre la rue de l'Université et la Seine, les Invalides et le Champ de Mars , là où se situe à présent le Musée du quai Branly . L'île Maquerelle a été constituée par la fusion de plusieurs îlots : l'île des treilles , l'île aux vaches, l'île Maquerelle , l'île de Jérusalem et l'île de Longchamp . Au XIIIe siècle, les paysans de Chaillot ont le droit de faire paître leurs vaches sur l'île Maquerelle en échange d'une redevance en espèces et en nature payée à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés . Après le massacre de la Saint-Barthélemy , on y enterre les corps de 1 200 victimes .
Ile aux Cygnes
Elle est renommée « Ile des Cygnes » après que des cygnes y aient été placés par ordonnance royale du 16 octobre 1676 . Le « garde-cygnes » est chargé de les récupérer « depuis le pont de Saint-Cloud jusqu'à Saint-Maur et Corbeil » pour les mettre à l'abri durant l'hiver . La maison du garde-cygnes est inventoriée dans les bâtiments du roi . C’était une île assez grande , qu'un très petit courant d'eau séparait du rivage , et qu'on y a réunie en comblant cet espace . Cette île s'était formée par la réunion de plusieurs autres , et par des atterrissements , que l'amas des sables et les dégradations de ces petites îles avaient occasionnés . On nommait île de Grenelle celle qui faisait face à la Longue Raie ; elle s'accrut depuis par l'adjonction de l'île des Treilles , qui était au-dessus , et de l'île aux Vaches , qui était au-dessous. Dès 1494, on l'appelait île Maquerelle , nom dont on n'a pu découvrir jusqu'à présent ni l'origine ni l'étymologie . Ce lieu fut destiné, dans le seizième siècle , et par arrêt, à servir de sépulture aux pauvres décédés à l'Hôtel-Dieu ; mais cet arrêt ne fut point exécuté . Le nom d'île des Cygnes lui vient de ce qu'au commencement de ce siècle , on y avait placé quelques oiseaux de cette espèce .
Ile aux Cygnes
La Statue de la Liberté
Un siècle après le soutien décisif apporté par les Français de Rochambeau et Lafayette aux Insurgents américains , les Français décident d’accomplir un geste fort pour commémorer le centenaire de l’indépendance de 1776 . Edouard Laboulaye , fin observateur de la vie politique américaine et partisan décidé de l’Union face aux Confédérés , est l’initiateur de ce projet , né en 1870 et confié à son ami sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi . La construction débute en 1875 dans un atelier parisien , rue de Chazelles ( dans le XVIIème arrondissement ) employant environ 600 personnes. Deux architectes travaillent au sein de cet atelier : Eugène Violet-le-Duc (1814-1879) et M. Garnier . Le premier montage provisoire est réalisé en 1876 . En 1879 Eugène Violet-le-Duc meurt , laissant son travail inachevé . Frédéric Auguste Bartholdi fait appel à Gustave Eiffel qui décide de modifier les plans de Violet-le-Duc concernant la structure qui devait la soutenir .
Edouard Laboulaye Auguste Bartholdy Gustave Eiffel
Construction de la statue de la Liberté
Pendant la construction de la statue , les ouvriers y accèdent par la sandale droite de la statue. Pour la petite histoire, Bartholdi y a même organisé un banquet afin de récolter des dons. Lors du montage final , un bras fut légèrement déplacé pour pallier à un problème de conception de Gustave Eiffel. L’assemblage de la structure se termine en 1884 . Les parisiens voient donc la statue partir en 214 caisses réparties dans 70 wagons jusqu’à Rouen , puis elle est ensuite embarquées sur la frégate « L’Isère » placée sous le commandement de Jean Gabriel Lespinasse de Saune . Voici pourquoi cette frégate a été baptisée " Isère " . Un certain Mathias Saint-Romme , habitant la petite commune de Roybon , s’engage à 26 ans avec les Francs-tireurs de l’Isère pour combattre les Prussiens . Durant ce conflit, il rencontrera, à Dijon, Auguste Bartholdi , le sculpteur de la statue de la Liberté . avec qui il se liera d'amitié . Mathias Saint-Romme devient avocat au barreau de Grenoble , puis il sera nommé sénateur de l’Isère depuis 1894 . C'est donc tout naturellement que l'on donnera le nom " Isère " à la frégate qui emportera la statue de La liberté de son ami Bartholdi en pièces détachées vers le Nouveau Monde !!! La statue arrive à New York en juin 1885 mais le piédestal n’est pas achevé . Richard Morris Hunt est choisit pour être l’architecte du piédestal de la statue . C'est en avril 1883 que les travaux pour la construction de ce piédestal commencent, pour se terminer une grosse année plus tard, le 17 mai 1884 .

La frégate " l'Isère "
L’inauguration de la statue a lieu le 28 octobre 1886 qui fut transformé en jour férié pour célébrer l’évènement . C’est le Président Cleveland qui procède à cette inauguration avec à ses côtés Frédéric Auguste Bartholdi et quelques 200 bateaux venus admirer la belle. Le visage de la statue est recouvert d’un voile tricolore qui est enlevé par Bartholdi lui-même sous les grondements de canons et les sirènes des navires. Sur la tablette qu’elle tient dans la main gauche, on peut lire en chiffres romains « 4 juillet 1776 », jour de l’indépendance américaine . Sur une plaque de bronze du piédestal, est gravé le poème d'Emma Lazarus, intitulé "The New Colossus" qui s'adresse aux millions d'immigrants débarquant à Ellis Island .
Inauguration en 1886 Grover Cleveland Poème d'Emma Lazarus
Immigrants arrivant à New-York
Autrefois les visiteurs pouvait gravir les 354 marches pour accéder à l'intérieur de la couronne . Celle-ci est ajourée par 25 fenêtres symbolisant les 25 pierres gemmes . Les sept rayons de la couronne représentent les sept mers et continents . La statue est composée de 31 tonnes de cuivre et de 125 tonnes d'acier . Les plaques de cuivre qui recouvrent l'édifice ont une épaisseur de 2,37 mm . L'accès du public sur le balcon entourant la torche a été interdit pour des raisons de sécurité depuis 1916 .Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'accès à l'intérieur de la Statue est fermé mais l’on peut toujours visiter le musée de la statue et en faire le tour en ferry pour admirer l'une des plus belles vues de Manhattan . La statue de la Liberté a servi de phare entre 1886 et 1902. Un gardien de phare avait même été assigné à la Statue et son faisceau lumineux était visible à une distance de 39 kilomètres . Le flambeau actuel n'est pas celui qu'arborait la statue lors de son inauguration : cette nouvelle torche recouverte de feuillets d'or est éclairée par des lampes placées sur le balcon qui l'entoure . L'ancienne torche est aujourd'hui exposée dans le musée situé dans le hall de la structure .
New-York statue de la Liberté Nouvelle torche
La statue de la Liberté subira de nombreux travaux de restauration depuis sa construction . La statue de la Liberté a été rénovée en 1976, à l'occasion du Bicentenaire de la Déclaration d'Indépendance , le squelette de 120 tonnes a été remplacé par un matériau non corrosif. Elle fut de nouveau rénovée dans les années 1980 sous la présidence de Ronald Reagan . C'est une entreprise française, et plus particulièrement marnaise, qui avait travaillé à une nouvelle rénovation de la Statue de la Liberté en 1986 . Les Métalliers Champenois, installés à Bezannes, près de Reims, avaient été choisis pour leur savoir-faire de compagnons et avaient réalisé un superbe travail de restauration de la Statue, faisant connaître dans le monde entier la qualité de leur travail , c'est à eux que l'on doit la nouvelle torche éclairant le monde . Une dernière rénovation a été entreprise en octobre 2011 pour une période d'une année .
"La Liberté éclairant le monde" est censée non seulement consolider les liens historiques entre Français et Américains , mais surtout rappeler le triomphe des idées des Lumières par la double révolution aux Amériques et en France . Bartholdi imagine dès 1871 implanter la Statue de la Liberté sur l’île Bedloe , dans la baie de New York. Elle aura le visage tourné vers l’Europe , en souvenir de la traversée depuis les Etats-Unis des principes désormais réalisés de liberté personnelle et collective . La Statue joue donc un rôle symbolique important dans l’acclimatation du régime républicain en France .
Les diverses copies de la statue de la Liberté
De nombreuses copies de la statue de la Liberté ont été érigées tant en France ( 16 versions ) qu'à l'étranger ( Etats-Unis , Espagne , Allemagne , Brésil , Angleterre , Japon , Thailande ) . A Paris ne manquez pas de rendre visite à celle qui se trouve dans le jardin du Luxembourg . Parmi les villes françaises qui possèdent des statues de la Liberté on peut citer Saint-Cyr-sur-Mer , Poitiers , Angoulême , Bordeaux , Roybon , Lunel et Comar parmi les plus célèbres .

Jardin du Luxembourg Roybon Bordeaux Saint-Cyr-sur-Mer
Rio de Janeiro Tokyo Allemagne - Heide-Park
L'origine du mot " Gadget "
Saviez-vous que le mot " gadget " est étroitement lié à l'histoire de la construction de la statue de la Liberté . L’histoire se situe en 1886 : Bartholdi a terminé la conception de la Statue de la Liberté ( dont l’idée d’origine était prévu pour le canal de Suez ) et a besoin d’un entrepreneur français spécialisée en fonderie . Ce sera l’entreprise Gaget-Gauthier situé non loin du parc Monceau qui sera retenue et qui avec ses ateliers de chaudronnerie , réalisera la statue grandeur nature . L’évènement de son arrivée fait grand bruit et Gaget anticipe une opération médiatique et promotionnelle pour son entreprise : il va offrir la statue en miniature à toutes les personnalités présentes à l’inauguration s’assurant une publicité phénoménale ! Du coup, entre eux , les invités se demandaient " avez-vous reçu votre Gaget ? ", qui prononcé à l’américaine, donnait « Gadget »... Voici comment ce mot est entré dans le vocabulaire courant de la langue française !!!
Entreprise Gaget-Gauthier
Voici quelques photos aimablement envoyées par une amie de la copie de la statue de la Liberté qui se trouve à Saint-Cyr-sur-Mer . Quelle en soit ici grandement remerciée .
Copie de la statue de la Liberté de Saint-Cyr-sur-Mer
J'espère que vous ne manquerez pas , lors de l'une de vos prochaines promenades dans Paris , d'aller découvrir notre modeste statue de la Liberté qui se trouve dans l'île aux Cygnes !!! Mais si vous le pouvez , allez à New-York voir sa " grande sœur " , c'est une vision ô combien émouvante et inoubliable !!!
Une lectrice de ce blog m'a gentiment informé qu'il y avait , place de la mairie à Basse-Terre en Guadeloupe une réplique de la statut de la Liberté et qui a été mystérieusement "déplacée" jusqu'à Saint Claude !!! Merci à elle pour ces informations .
Statue de la Liberté en Guadeloupe
LA FONTAINE DE JARENTE
La Fontaine de Jarente
Partons ensemble à la découverte de la Fontaine de Jarente qui se trouve dans le quartier du Marais impasse de la Poissonnerie au numéro 2 de la rue de Jarente . Il faut distinguer à Paris deux types de fontaines . Les fontaines " décoratives " comme celles des jardins , des parcs ou des places et les fontaines " utilitaires " qui servaient aux parisiens afin de s'approvisionner en eau potable gratuitement sans être obligé de faire appel à un " porteur d'eau " souvent fort onéreux . Une grande partie des fontaines de la rive droite de Paris étaient alimentées par les eaux du canal de l'Ourcq et des sources de Belleville , de Montmartre et celles de la rive gauche par l'eau provenant de l'aqueduc Médicis ( aqueduc d'arcueil-Cachan ) qui amenait l'eau provenant du plateau de Rungis . La fontaine la plus ancienne de Paris était celle des Innocents ( toujours visible près de Halles ) construite par l’architecte Pierre Lescot et le sculpteur Jean Goujon à l’occasion d’une entrée royale du roi Henri II à Paris .
Porteurs d'eau Aqueduc Médicis Canal de l'Ourcq
Les Français feront le vœu à Sainte-Catherine d'élever une église s'ils gagnaient la bataille de Bouvines . Saint-Louis , sous la régence de Blanche de Castille , posera la première pierre de l'édifice sur un terrain appelé Val des Ecoliers . Le couvent de Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers sera détruit au XVIIIème siècle et remplacé , en 1777, par un marché . On aménagera, dans le même temps , le cul de sac de la Poissonnerie aujourd’hui impasse de la Poissonnerie destinée à l'établissement du marché aux poissons .

Couvent Sainte-Catherine Impasse de la Poissonnerie
Cette fontaine fut édifiée en 1783 par Caron, architecte du marché Sainte-Catherine, dans une impasse destinée au marché du poisson. Le marché fut édifié en partie grâce au don d’un terrain par Louis François Alexandre de Jarente , Abbé Commendataire du Prieuré de la Couture Sainte-Catherine afin que soit ouverte une rue permettant le passage d’une charrue (rue de Jarente ) . Elle comprend un motif principal, en avant-corps , encadré de deux pilastres d’ordre dorique à bossages qui supportent un entablement avec fronton triangulaire , dans le tympan duquel est sculpté un vase entouré de roseaux . On note également l’existence d’une niche rectangulaire décorée d’un bas-relief représentant un faisceau couronné de chêne qu’accompagnent deux dauphins entrelacés avec des cornes d’abondance voisinant avec le faisceau de licteur .
La Fontaine de Jarente
Les faisceaux de licteur
Les faisceaux sont constitués par l'assemblage de branches longues et fines liées autour d'une hache par des lanières . Dans la Rome antique, les faisceaux étaient portés par des licteurs, officiers au service des Magistrats et dont ils exécutaient les sentences . La révolution française réinterprèta ce symbole : le faisceau représente désormais l'union et la force des citoyens français réunis pour défendre la Liberté. L'Assemblée constituante impose en 1790 ses « antiques faisceaux » comme nouvel emblème de la France . A la chute de la Monarchie , le faisceau de licteur devient un des symboles de la République française « une et indivisible » (tel un faisceau) . En 1913, le ministère des Affaires étrangères adopte pour les postes diplomatiques et consulaires à l'étranger un emblème inspiré d'un modèle figurant sur les gardes d'épée et les boutons d'uniforme diplomatique . Le dessin représente un faisceau de licteurs surmonté d'une hache et recouvert d'un bouclier sur lequel sont gravées les initiales RF (République française), des branches de chêne et d'olivier entourent le motif . Le chêne symbolise la justice, l'olivier la paix . Le président Giscard d'Estaing a repris ce motif sur son drapeau présidentiel .
Licteur romain Faisceau de licteur
La fontaine est encadrée de deux portes sur les linteaux desquelles sont sculptées des rosaces formées de coquilles et de plantes aquatiques . La stèle est couronnée d'une boule . On peut encore apercevoir sur le coté droit de la fontaine une petite porte permettant de pénétrer à l'intérieur de celle-ci afin de procéder à son entretien . Près du sol , un filet d'eau sort d'un mascaron de bronze en tête de satyre . L'appareillage général de la construction est décoré dans le style « à congélation » , que l'on note sur les pilastres et le linteau . Le fronton est décoré d'une bouche d'eau déversant un flot gelé .
La Fontaine de Jarente
Ne manquez pas , lors de l'une de vos promenades dans la quartier du Marais d'aller lui rendre une petite visite car elle semble s'ennuyer dans son triste petit passage !!! Vous découvrirez de nombreuses autres fontaines aux alentours , bonne promenade .
EGLISE NOTRE-DAME-DES-VERTUS
Je vous propose aujourd'hui de vous dévoiler la passionnante histoire de l'église Notre-Dame-des-Vertus qui se trouve à Aubervilliers près de la mairie . Cette église , ô combien riche en histoire à tissé des liens très fort avec Paris , comme vous allez le découvrir .
Eglise Notre-Dame-des-Vertus
La ville d'Aubervilliers
Chaque commune a sa propre histoire et la présence humaine à Aubervilliers remonte sans doute à l’Antiquité, mais le premier texte connu attestant son existence est découvert dans une chartre datant de l'an 636 . La ville est mentionnée sous la forme latinisée Albertivillare en 1059 , d’où le nom d'Albertivillarien pour désigner les habitants . La bourgade d’Aubervilliers doit son nom , Alberti ou Auberti Villa , la ferme d’Aubert ou d’Albert , au personnage inconnu qui y détient un domaine agricole dans la première partie du Moyen Age . Elle dépend de l’Abbaye de Saint-Denis . Située dans la plaine Saint-Denis , au nord de Paris, le village est régulièrement ruiné par les invasions : notamment pendant la guerre de cent ans et les guerres de religion (ce qui lui vaut divers régimes d’exemption fiscale sous l’ancien régime) .
Aubervilliers - les - Vertus
En 1402 Michel de Laillier , seigneur d’Ermenonville se voit attribué la seigneurie du Vivier-lès-Aubervilliers . Charles-François de Montholon (1480-1543) chevalier et seigneur du Vivier ( 1480-1543 ) avocat du roi au parlement de Dijon , possédait le château du Vivier à Aubervilliers . Son fils Pierre de Montholon victime de la grippe espagnole mourut en 1596 dans le chateau familial et repose dans léglise Notre-Dame des Vertus auprès de l'autel . Le château du Vivier est supposé avoir été bâti vers 1580 pour le compte de la famille de Montholon . Le lieu est connu sous le nom de Château des Vertus au 18e siècle. Les fossés furent comblés entre 1800 et 1839. Il n'en reste aucun vestige . Jusqu'à ces dernières années il y avait une rue du Vivier à Aubervilliers .
Le chou des Vertus Abbaye de St-Denis François de Montholon
Parmi les personnes célèbres qui passèrent ou séjournèrent à Aubervilliers on peut citer : Philippe de Valois et son épouse Blanche d'Evreux , le maréchal de Toulouse , Henri IV , Jeanne d'Arc , Louis XI , Louis XIII . Avec l'établissement des Oratoriens au XVIIe siècle, Aubervilliers devint un centre spirituel important et reçut d'illustres visiteurs parmi lesquels Saint-Vincent-de-Paul fondateur des Lazaristes et des Filles de la Charité , Saint-Jean d'Eudes le Cardinal de Bérulle fondateur de la société de l'oratoire de Jésus , madame Acarie ( Marie de l'incarnation ) , monsieur Olier fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice , Jean-Baptiste de la Salle fondateur des Écoles Chrétiennes , ainsi que Frédéric Ozanam fondateur de la Société de Saint-Vincent de Paul .
Philippe de Valois Henri IV Louis XI
Cardinal de Bérulle Saint-Vincent de Paul Marie de l'incarnation
Le terrain tout autour du village est très humide . A partir du 16° siècle, après drainage des marais , l’activité agricole se concentre sur la production maraîchère , choux, oignons, pour alimenter le marché parisien qui s’accroît . La ville prend son essor avec la révolution industrielle qui la dote d’une situation exceptionnelle au regard des voies de communication : construction du canal Saint-Denis , du chemin de fer du Nord , dès la première moitié du XIXème siècle . Les usines se développent et supplantent les cultures maraîchères . Des équipements collectifs (logements, nouvelles voies de communication sont construits au milieu du XXème siècle . La fin du XXème siècle est marquée par une nouvelle mutation : le déclin des industries traditionnelles et le début d’une ère plus résidentielle pour la commune, encore en pleine évolution dans les premières années du XXI ème siècle .
Notre-Dame-des-Vertus par Israël Sylvestre ( XVIIème siècle )
Histoire de l'église Notre-Dame des Vertus
En 1242 il n'y avait à Aubervilliers qu'une simple chapelle , succursale de Saint-Marcel-lès-Saint-Denis , sous l'invocation de Saint-Christophe . Elle érigée en paroisse en 1300 ce qui lui confère le statut d'église à part entière . Cette église doit sa célébrité au " miracle de la pluie " . En 1336, une longue sécheresse désolait les cultivateurs. Il est dit que, le 14 mai, une jeune fille priant la Vierge dans la chapelle voit ruisseler les yeux de la statue. Au même moment, la pluie se met à tomber, vivifiant la terre. Par ce miracle, le lieu devient célèbre et attire dès lors des fidèles de tous les milieux . Les jours de pèlerinage étaient : l'Annonciation, le lundi et le mardi de Pâques .
La plaine des Vertus
Eglise N-D des Vertus N-D des Vertus Pèlérinage à N-D des Vertus
Le Miracle de la pluie
La chapelle primitive ne suffisant plus à contenir l'afflux des pèlerins , l'église actuelle , construite en pierre tendre , est commencée à la fin du XIVe siècle et trouve sa version définitive trois siècles après le miracle de la pluie . Ce miracle rend le lieu célèbre . Le maréchal de Toulouse offre des cierges en hommage à la Vierge. Ils sont toujours visibles, exposés dans une vitrine située dans le bas-côté gauche de l'église . D'aucuns prétendent que l'on doit la tour carrée à Louis XI , qui aurait eu une dévotion particulière pour la Vierge des Vertus. Louis XIII, le roi pieux , vient y prononcer des vœux en 1614, dont celui de construire à Paris une église dédiée à la Vierge s'il remporte la victoire sur les protestants. Exaucé , il fait construire Notre-Dame-des-Victoires , qu'il considère alors comme la fille de Notre-Dame-des-Vertus d'Aubervilliers . Notre-Dame des Vertus était connue sous le vocable de Saint-Christophe auquel on ajouta au XVIIIème siècle Saint-Jacques-le-Majeur dont la fête était célébrée le même jour , elle ne prendra le nom de Notre-Dame des Vertus qu'en 1866 . Cette église est classée Monument Historique depuis le 17 juillet 1938 .
Louis XIII Vœux de Louis XIII Don du maréchal de Toulouse
Ex voto dans l'église Notre-Dame des Vertus
C'est la reconnaissance de Louis XIII envers la Vierge miraculeuse qui permet à l'église de se doter d'une nouvelle façade . Édifiée vers 1628, dans le style jésuite, cette façade , dont l'architecture massive est accentuée par la corniche qui la traverse , se divise en deux niveaux. Dans le registre inférieur, deux niches renfermaient à l'origine les statues de saint Christophe et de saint Jacques. Percée de deux oculi dans le registre supérieur , elle présente une statue moderne de la Vierge dans une niche qui présente la particularité de porter l'enfant Jésus sur le bras droit alors que, le plus souvent, les vierges à l'enfant portent sur le bras gauche. Contrebutée par deux grosses volutes, cette niche est couronnée par un fronton triangulaire surmonté d'une croix . À droite de la façade, la tour carrée , d'une hauteur de trente mètres, porte sur son soubassement la date de 1541 .
Église Notre-Dame des Vertus
La façade de l’église a été construite vers 1628 dans le style jésuite . Pendant la Révolution de 1789, la statue de la Vierge miraculeuse est profanée. Traînée sur la route menant à Saint-Denis par une corde passée autour de son cou, les sans-culottes finissent par la brûler en chantant La Carmagnole et Ah ! ça ira ! Une main a échappé aux flammes et a pu être conservée . L'actuelle statue de la Vierge, située dans la chapelle de gauche, est sculptée dans du bois de tilleul par la maison Baffet en 1873. C'est la copie d'une ancienne statue retrouvée cette année-là dans la chapelle Saint-Julien-le-Pauvre à l'Hôtel-Dieu. Elle est enchâssée dans uns un encadrement néo gothique, flanquée de deux anges porteurs de phylactères Au XIXe siècle, elle est surélevée d'une flèche de neuf mètres qui est détruite en 1900 lors d'un incendie . L'église sera à nouveau profanée et pillée sous la Commune .
Notre-Dame des Vertus Reliquaire profané Notre-Dame des Vertus
L'édifice n'ayant jamais été terminé , le chœur n'ayant pas été construit , le chevet est droit et amorti aux angles par un pan coupé. De plan rectangulaire, l'église comprend une nef et deux collatéraux, et son chœur occupe la dernière des huit travées . Guilhermy 1875 signale l’existence, sur une petite cloche, suspendue au-dessus du chevet de l’église, d’une inscription allemande qui nous apprend qu’elle se nomme Marie et qu’elle fut fondue en 1455 . De petites fleurs de lis sont gravées dans les intervalles des mots. Cette cloche provient peut-être de quelque église alsacienne ; déplacée pendant la Révolution et rachetée par la fabrique d’Aubervilliers .En 1623-1624, il est fait mention d’un petit cimetière situé proche la porte de l’église .
Jean-Baptiste de la Salle Trésors de l'église Fonts Baptismaux
Les Vitraux de l'église
Les vitraux historiés sont mis en place en1920 . L'un d'eux à pour sujet le pèlerinage historique à Notre-Dame des des Vertus suite au " Miracle de la pluie " . En 1529, dans la nuit du Vendredi au Samedi saint, les fidèles de toutes les paroisses de Paris se rassemblent à Notre-Dame et partent en procession à Notre-Dame-des-Vertus pour supplier la Vierge miraculeuse de conjurer la Réforme protestante . Alors, chaque pèlerin portant un cierge , la lueur est tellement intense que les habitants de Montlhéry (Essonne) croient que Paris est en feu . Il est mis en place en février 1920 , et béni le 11 mai de la même année, lors du pèlerinage annuel . Dans l'église , huit des dix-sept vitraux illustrent des "vertus " accomplies par la Vierge d'Aubervilliers. Le vitrail du miracle de la pluie est offert en 1894 par les familles Demars-Sivot et détruit, en 1918 , par le souffle d'une explosion qui se produit à La Courneuve . Il est reconstitué et posé en novembre 1919 par les ateliers Charles Champigneulle. Ce dernier, maître verrier originaire de Metz , a inventé le procédé dit du ' double vitrail ' utilisant la reproduction photographique sur verre. On lui doit la plupart des vitraux de l'église .
Vitraux de l'église Notre-Dame des Vertus
Le grand Orgue
Le grand orgue de tribune est l'unique exemplaire du XVIIe siècle en Ile-de-France restauré depuis peu , est le mieux conservé de ceux de cette époque et le seul du début du XVIIe siècle en Île-de-France . Le grand buffet , les consoles , les Harpies , les moulurations et l'ensemble du décor datent de 1630 environ . La partie instrumentale , refaite entre 1770 et 1780 , est l'œuvre de François-Henri Clicquot descendant de Robert Clicquot (1645-1719) , l'un des plus grands facteurs d'orgues français, et auteur en 1779 , d'une Théorie pratique de la facture d'orgue . La dernière restauration dare de 1987 sous la conduite du facteur d'orgue Robert Chauvin qui le remit dans l'état où il était en 1780 . L'orgue a conservé son pédalier à la française ; ce qui est très rare .
Grand orgue de Notre-Dame des Vertus
Restauration de l'église Note-Dame-des-Vertus
Les fissures de l’église Notre-Dame-des-Vertus seront comblées en 2012 . Un premier diagnostic, établi il y a 15 ans, avait recommandé d’injecter un coulis de ciment entre les deux parois des murs . Mais les matériaux de remplissage d’origine se sont détériorés et ce comblement poussent sur les parois , accentuant les failles qui fissurent la façade. Il s’agit donc de traiter ces matériaux pour désactiver les poussées et de remplacer les pierres détériorées . Les travaux devraient débuter fin 2011 et durer 12 mois .
Restauration du clocher de Notre-Dame-des-Vertus
Ne manquez pas de rendre visite à l'église d'Aubervilliers Notre-Dame des Vertus si riche en souvenirs historiques , pourquoi pas à l'occasion d'un des nombreux concerts qui s'y déroulent , elle en vaut grandement la peine !!!
LE COLLÈGE DE DANVILLE
Rue Hautefeuille - Ancien collège de Danville
Aujourd'hui partons ensemble à la découverte de cette curieuse batisse flaquée d'une tourelle d'angle ou échauguette , qui se trouve à la l'angle de la rue Pierre de Sarrazin et du 21 de la rue Hautefeuille dans le VIème arrondissemment non loin de la place Sain-André-des-Arts .
Le Collège de Danville
La rue Hautefeuille
La rue Hautefeuille s'ouvrait dès lors , mais d'un seul côté, au nouveau boulevard Saint-Germain , qui ne la traverse pas encore. Elle existait en 1252 . A l'origine, la partie de cette voie comprise entre la rue Saint-andré Des Arts et la rue des Poitevins fut dénommée rue de la Barre , puis rue du Chevet Saint-André , rue Saint-André et aussi rue de la Vieille Plâtrière. L'origine du nom " Hautefeuille " attribué à cette voie est probablement du aux arbres hauts et touffus qui la bordaient ou, suivant Jules Quicherat, aux substructions romaines trouvées à l'angle de la rue Monsieur Le Prince et du boulevard Saint-Michel qui, au moyen âge, auraient été désignées sous le nom de château de Hautefeuille .
Rue Hautefeuille Eglise Saint-André-des-Arts
D’après Jules Quicherat , dans ses « Mélanges archéologiques » , le nom de la rue Hautefeuille proviendrai du château Hautefeuille ( Altum folium ) , On a retrouvé des fragments de ce château en 1358 : la voie ouvert sur le jardin des thermes était le chemin qui y conduisait . Sous Saint-Louis la voie qui nous intéresse était déjà nommée la « Haute-Feuillée " . Avant Philippe-Auguste la voie allait jusqu’au château Hautefeuille qui appartenait au seigneurs desquels était issu le traite Ganelon le comte d’Hautefeuille . Sous Philippe Auguste la rue s’arrêtait au mur d’enceinte de Paris entre la porte Saint-Michel et la porte de Buci . Après Philippe-Auguste la rue Hautefeuille s’arrêta rue des Cordeliers , actuelle rue de l’École de Médecine . La partie nord de la rue entre la rue Percée ( impasse Hautefeuille ) et la rue Saint-André-des-Arts s’appela rue de la Barre , puis rue Saint-André et du Chevet-Saint-André .
Enceinte de Philippe-Auguste Porte Saint-Michel Porte de Buci
Le bas de la rue s'appelle du Chevet-Saint-André, à cause de l'église Saint-André-des-Arts, et la même extrémité , si ce n'est un tronçon intermédiaire , se dit aussi rue de la Barre, en raison d'un lieu de justice, ou d'une limite de juridiction, ou d'une barrière comme le droit appartient aux nobles de la haute volée d'en avoir à leur porte, ou enfin à cause du logis de Jean de la Barre, avocat . L'ordre des prémontrés acquiert de Pierre Sarrazin, en l'an 1252, une maison où se fonde le collège des Prémontrés, en regard des Cordeliers . Leur établissement, dans le principe, est encadré et isolé par quatre rues, celle des Cordeliers , qui deviendra rue de l'École-de-Médecine , celle des Étuves, qui sera supprimée après avoir fait suite à la rue Mignon , celle de l'Archevêque-de-Reims ou du Petit-Paon , dont il subsistera au XIXe siècle le cul-de-sac Larrey .
Enfin celle Hautefeuille , qualifiée aussi rue qui va à Saint-André . Il est possible que Pierre Sarrazin demeure propriétaire de la maison située vis-à-vis du collège , et qu'anoblit une tourelle à l'angle ou échauguette de la rue Pierre Sarrazin. On rapporte, pourtant au règne de Philippe de Valois l'existence notoire d'un hôtel de Forez, qui peut avoir surgi avec ce pavillon, ou l'avoir englobé, bien que ledit hôtel ait séparé de la rue Pierre-Sarrazin celle des Deux-Portés , anéantie par le boulevard Saint-Germain .
Le Collège de Danville
Le collège de Danville fut fondé en 1390 par Gérard et Jean Danville , il sera en 1672 réuni à celui de Louis-le-Grand en 1672 . Les bâtiments appartiendront successivement à Mme de Bullion en 1703 , à la famille de Cœtlosquet en 1787 et enfin en 1805 à l'éditeur Arthus Bertrand , ancien hussard de Bercheny . Au commencement du XIXème siècle il fut transformé en librairie . Aujourd'hui il abrite le siège de l'association coopérative des étudiants en médecine . La tourelle d'angle , que l'on peut toujours admirer aujourd'hui appartenait sans doute à Pierre Sarrazin , bourgeois de Paris au XIIIème siècle . La belle tourelle d'angle octogonale à deux étages datant du XIVe siècle , est classée monument historique depuis 1992 .
Le collège de Danville
Ne manquez pas , lors d'une de vos prochaines promenade dans le " quartier latin " de découvrir cette rue , témoignage d'un riche passé historique . Vous pourrez , en outre , admirer au 5 de la Hautefeuille , une autre bâtisse , également pourvue d'une jolie tourelle , c'est l'ancien hôtel des Abbés de Fécamp datant de 1292 auquel je consacrerai prochainement un petit article .
PARIS EN CHANSONS
Amoureux de Paris ne manquez surtout pas de vous rendre à la magnifique exposition " Paris en chansons " , qui se tient jusqu'au 29 juillet 2012 à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris . Cette rétrospective des chansons dédiées à Paris sont un enchantement . C'est Juliette Greco qui est la marraine de cette exposition .
Exposition " Paris en Chansons "
Depuis le 16e siècle, des milliers de chansons ont été composées sur Paris . L'exposition vous invite à les retrouver, mais aussi à vous éclairer : quelles images de Paris ces chansons nous renvoient-elles , quelle réalité, quel imaginaire , quelle vision poétique de la Ville véhiculent-elles ? Réponse à la Galerie des bibliothèques jusqu'au 29 juillet . Si le thème parisien s’exprime déjà dans la chanson de Clément Janequin , Les cris de Paris (vers 1520) , il connaît un essor considérable et multiforme à partir du XIXe siècle et demeure, encore aujourd’hui, un sujet de prédilection pour des artistes très divers . Certaines chansons se font l’expression de l’amour porté à la ville ou de la nostalgie d’un Paris perdu – On célèbre le ciel de Paris, ses saisons, ses heures, de l’aube à la nuit. Paris est d’évidence la ville des amours, naissantes, meurtries ou défuntes . La Seine, les quais et les ponts sont chantés pour leur beauté, leur histoire, leur romantisme , tour à tour lieux sentimentaux par excellence et lieux de la misère humaine .
Clément Jannequin Les Cris de Paris
Il n’est pas un quartier de Paris qui ne soit le sujet ou le cadre d’une chanson, selon une tradition mise en place à la fin du XIXe siècle par Aristide Bruant – À Grenelle, À Batignolles, À la Bastille, etc. Les chansons dressent une véritable cartographie des rues de la capitale, qu’il s’agisse d’exprimer l’esprit d’un lieu ou simplement de localiser une aventure. L’omniprésence des quartiers à forte identité culturelle ou sociale, Montmartre, Pigalle, la Bastille, Saint-Germain-des-Prés, n’exclut pas les rues moins typiques, du cœur de la cité à sa périphérie. Et parfois, par une imprégnation durable de la mémoire collective, la chanson contribue à entretenir l’image mythique de certains quartiers de Paris, rue de Lappe ou Pigalle par exemple, en décalage avec leurs évolutions actuelles .
On ne pourra qu’être frappé par la permanence ou la récurrence de certains de ces thèmes, comme par exemple la filiation qui relie " Paris à cinq heures " , écrit par Marc-Antoine Désaugiers en 1802, à " Il est cinq heures, Paris s’éveille " chanté par Jacques Dutronc en 1968. La variété des types de chansons – romances sentimentales, chansons réalistes, poétiques, engagées ou chansons comiques, parfois très drôles -, comme leurs qualités littéraires et mélodiques, sont à la mesure de ce thème parisien qui a inspiré, à toutes les époques, les plus grandes personnalités .
Pour la première fois , une exposition, conçue par deux bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, la Médiathèque musicale de Paris et la Bibliothèque historique, traite ce sujet , associant documents sonores, iconographiques et audiovisuels : photographies, affiches, partitions ou « petits formats », disques, livres, revues et manuscrits , etc. Ces documents , réunis pour la première fois, établissent des correspondances entre l’histoire de Paris et sa perception, réaliste , mythique ou imaginaire, par la chanson française .
Les chanteurs de rues
Crée en partenariat avec Deezer, le site www.chansons.paris.fr permet de prolonger la visite grâce à une véritable cartographie sonore de Paris avec près de 200 chansons à écouter, mais aussi un jeu pour tester vos connaissances, une sélection de plus de 2 000 chansons sur Paris et tous les événements liés à l'exposition .
Ref. Site officiel de l'exposition .
Yves Montand - " A Paris "
PARC DES BUTTES-CHAUMONT
Parc des Buttes-Chaumont
Sa dénomination proviendrait de la contraction de « Monts Chauves » , appellation qui caractérisait les hauteurs dénudées formant le promontoire le plus occidental des collines de Belleville . occupé par des monticules accidentés , hauts de 80 à 100 mères , surmontés de moulins et percés de deux larges baies servant d'entrée . L'une au chemin de fer de ceinture , l'autre aux plâtrières , dites " d'Amérique " qu'entouraient des fours à plâtre , refuge ordinaire des vagabonds et des mauvais garçons . Ces carrières de gypses creusées après la Révolution s'élevaient à une hauteur de 45 mètres et étaient divisées en en trois galeries superposées d'environ 15 mètres de hauteur . Non loin du parc se trouve la rue des Chaufourniers qui rapelle l'emplacement des fours où était chauffé le gypse afin de le transformer en plâtre . Ce plâtre d'une qualité exceptionnelle était acheminé jusqu'aux Etats-Unis , ce qui a valu le nom " d'Amérique " à un quartier du XIXème . Ce sol miné était parfaitement impropre à toute utilisation , même une fois nivelé .
Carrières des Buttes-Chaumont
Décharge publique où s'élevait jadis le sinistre gibet de Montfaucon que François Villon immortalisa dans sa " Ballade des pendus " , les Buttes-Chaumont servaient depuis le XVIIIe siècle à l'extraction du gypse et à l'abattage des chevaux . C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la consommation de viande de cheval avait si mauvaise réputation , car l'abattage des chevaux par les équarrisseurs se trouvait dans un quartier de bien mauvaise réputation de la capitale . En 1851, l'ouverture de la rue de Crimée et les terrassements pour les chemins de fer freinèrent considérablement le développement des carrières . Toutefois, en 1863, on y dénombrait encore huit cents ouvriers travaillant à la production du plâtre . Ces siècles d'exploitation avaient conféré à un paysage déjà tourmenté un aspect presque lunaire, entièrement minéral dont les gigantesques anfractuosités rocheuses servaient d'abris aux plus misérables d'entre les misérables . Ce lieu escarpé et inculte servait aussi de bassin d'épuration , où l'on faisait sécher les résidus d'équarissage utilisés pour la fabrication d'engrais . Cet endroit servait également de décharge à ciel ouvert tant pour les cadavres des chevaux que pour toutes sortes d'ordures !!! Certaine parties de ces carrières recélait d'autres richesses moins connues , comme celle de la culuture du champignon de couche et la " barbe de capuçin " ou endive sauvage amère , qu'on culivait encore en 1840 . Les carrières servirent également de sépulture aux cadavres des quelques huit cents fédérés tués au combat ou fusillés pendant la semaine sanglante de la Commune en mai 1871 .
Gibet de Montfaucon Buttes - Chaumont
C'est sur un immense terrain vague de 25 hectares situé entre Belleville et la Villette que le baron Haussmann , préfet de la Seine , et l'architecte paysager Jean-Charles Alphand choisirent de réaliser le plus surprenant des parcs parisiens du Second Empire , celui des Buttes-Chaumont .
Jean-Charles Alphand ( 1817 - 1891 )
Jean-Charles-Adolphe Alphand, né à Grenoble le 26 octobre 1817 et mort à Paris le 6 décembre 1891 , est un ingénieur des ponts et chaussées connu pour son travail d'embellissement de Paris . Après avoir commencé des études au petit séminaire du Rondeau à Grenoble, Alphand s'installe à Paris pour étudier au lycée Charlemagne. Il entre ensuite à l'École polytechnique, puis à l'École des ponts et chaussées . Sous Napoléon III, il participe à la rénovation de Paris dirigée par le baron Haussmann entre 1852 et 1870, en compagnie de son confrère Eugène Belgrand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps . Jean-Charles Alphand a notamment aménagé : le bois de Vincennes entre 1860 et 1865 , le parc Monceau en 1861 , le parc Montsouris entre 1865 et 1878 , parc créé pour servir de pendant symétrique à celui des Buttes-Chaumont qu'il crée de 1864 à 1867 . On lui doit aussi quelques 24 squares de la capitale ( squares d'Anvers , du Temple , des Batignolles , Camille Chautemps ) . Sous sa direction officie un jardinier paysagiste , Jean-Pierre Barillet-Deschamps ( 1824-1873 ) qui deviendra le premier titulaire de " Jardinier en chef des Promenades et Plantations de Paris " de renommé internationale il intervient dans l'aménagement du Prater à Vienne et des espaces verts d'Alexandrie en Egypte . Il est accompagné d'Édouard André ( 1840-1911 ) jardinier-paysagiste-botaniste .
Parc Monceau Parc Montsouris Square des Batignolles
Après le renvoi d'Haussmann , son successeur , Léon Say confie à Alphand la direction de nombreux travaux importants dans la capitale . Il poursuit à ce titre l'œuvre d'Haussmann et dirige même le service des Eaux à la mort d'Eugène Belgrand en 1878 . Il s'occupe en particulier : des fortifications de Paris et des forts avancés , des Jardins du Trocadéro , réalisés pour l'Exposition universelle de 1878 , il est un des principaux auteurs du règlement d'urbanisme parisien de 1884 , de la préparation de l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris à la 66ème division .
Jean-Charles Alphand Tombe d'Alphand - Cimetière du Père Lachaise
En choisissant ce lieu pour répondre au désir de Napoléon III d'offrir aux classes laborieuses des poumons de verdure, Haussmann fir appel à Jean-Charles Alphand et Jean-Pierre Barillet pour réaliser des travaux qui allaient durer pendant trois ans, de 1864 à 1867. Ils prirent une telle ampleur qu'il fallut installer une voie ferrée de 39 km de rails , deux machines à vapeur et pas moins de 450 wagonnets pour mener à bien les déblais et les remblais destinés à assainir les lieux et à les transformer en une agréable promenade publique . Cette prouesse nécessita l'aide de 1.000 ouvriers , une centaine de chevaux . On utilisa de la dynamite pour faire sauter la roche . 200.000 m3 de terre végétale et 800.000 m3 de terrassement furent utilisés . Au centre du parc fut creusé un lac de deux hectares , alimenté par trois ruisseaux au milieu duquel s'élance à une hauteur de 30 mètres une masse de rochers escarpés couronnée d'un petit temple . Au milieu de ce lac se trouve une île rocheuse dotée d’une falaise d’environ trente mètres de hauteur, surplombée par le Temple de la Sybille qui domine tout le parc. Cette rotonde de pierre est une réplique d’un temple gréco-romain situé à Tivoli, réalisée par Gabriel Davioud en 1869. On peut y accéder par une petite passerelle suspendue ou un pont de briques et elle offre une vue imprenable sur Montmartre et Saint Denis.
Lac des Buttes-Chaumont
Temple de la Sybille
On accède à cette île par deux ponts , l'un en maçonnerie d'une hauteur de 22 mètres pour une portée de 12 mètres , plus connu sous le nom du " Pont des suicidés " et l'aute suspendu d'une porté de 65 mètres , ou bien par bateaux puis , il faut emprunter le chemin des Aiguilles, escalier de 173 marches taillées dans la roche, pour parvenir au sommet du temple de la Sybille ( réplique du temple de Tivoli à Rome ) construit en pierre du Jura .
Pont des " suicidés "
Le Pont suspendu
L'un des deux ruisseaux artificiels conduisant au lac forme une cascade haute de 30 mètres et tombe dans une grotte de 14 mètres de large et de 20 mètres de haut , à la voûte ornée de stalactites artificiels dont les plus grandes atteignent 8 mètres . Paysage de falaises et de rocailles planté d'essence diverses et rares pour l'époque . Pour alimenter la cascade et les deux ruisseaux, on pompe l'eau dans le canal de l'Ourcq en contrebas .
Grotte du Parc des Buttes-Chaumont
Asséché, le lac des Buttes Chaumont sert de réserve de pétroles et d'essence en vue du siège de Paris . Le 27 septembre 1870 , un terrassier employé à l'enfouissement des fûts provoque un gigantesque incendie en allumant sa pipe .
Parc des Buttes-Chaumont Incendie de 1870
L'inauguration le 1er mai 1867 lors de l'Exposition Universelle fut un réel succès qui valut à Alphand le surnom « d'ingénieur-artiste ». Mais, une fois passé l'attrait de la nouveauté, le parc des Buttes-Chaumont fut délaissé par la population bourgeoise effrayée de la proximité des baraques et des usines de la Villette. Les ouvriers, en revanche, adoptèrent vite ce nouveau lieu réalisé pour eux, sans pourtant respecter les règles élémentaires régissant la vie d'un parc public : les fleurs furent cueillies, les arbustes et les pelouses saccagés tandis que les sapins bourgeonnants étaient dévastés par les amateurs de tisanes pectorales !!! On trouve dans le parc 6 pavillons aux entrées principales . Les constructions des pavillons des gardes et des bâtiments de loisirs ont été confiées à l'architecte de la ville Gabriel Davioud ( 1823-1881 ) déjà auteur de celles du Bois de Boulogne à qui l'on doit en outre l'ancien Palais du Trocadero .
Pavillons des gardes Parc des Buttes-Chaumont
La Petite Ceinture
La mise en service de la ligne de Petite Ceinture précéda de quelques années l’aménagement du parc des Buttes-Chaumont. À l’époque de la construction de la Petite Ceinture , cette zone était une vaste zone de carrières de gypse . La construction du tunnel de Belleville, qui relie le parc des Buttes-Chaumont à l’actuel parc de Belleville, nécessita donc de difficiles travaux de consolidation du sous-sol. Aujourd’hui encore , ce tunnel est surveillé et peut servir de base pour des injections de béton destinées à consolider le sous-sol (comme ce fut le cas en 2003) .
La Petite Ceinture - Tranchée des Buttes-Chaumont
Un kiosque à musique provisoire en toile , sur le Belvédère proche de la grotte , en attendant les travaux de restructuration du parc et la remise en place d'un kiosque semblable à celui d'origine . On trouvé également dans ce parc trois restaurants . Le restaurant " Rosa Bonheur " est installé dans un ancien pavillon réhabilité qui fut un temps l'une des gares de la petite ceinture . Le restaurant le " Pavillon du Lac " ouvert en 1868 a été récemment restauré . Le " Pavillon Puebla " installé dans une ancienne guiguette 1900 , ressuscité par Vincent Cozzoli , nous offre une cuisine inspirée de ses racines italiennes .
Pavillon Rosa Bonheur Chalet du Lac Pavillon Puebla
Dès sa création le parc des Buttes-Chaumont rencontra de nombreux problèmes en raison de la nature de son sous-sol . Des travaux seront constamment effectués afin de la consolider et le restaurer . Après un audit en 1999 il s'avéra que globalement le parc était dans un très mauvais état !!! Des travaux auraient du être entrepris en 2001 . Mais en 2005 on constatait que 4/5 du budget de rénovation avait été consacré à d'autres aménagements de parcs et jardins de la capitale !!! Aujourd'hui un vaste programme de restauration est en cours par la Mairie de Paris . La première phase des travaux concerne le réseau hydraulique et les chemins . Des fuites d'eau sont apparues et cette dernière s'infiltredans le sol constitué de gypse . Ce dernier se dissous et peu à peu provoque des affaissements .
Parc des Buttes-Chaumont
Le fonctionnement des cascades et des ruisseaux du lac datant du XIXème siècle possède l'inconvénient majeur de rejeter de grandes quantités d'eau dans les égouts . Cela ne correspond plus aux normes actuelles et il est nécessaire de réadapter ce système tout en gardant les effets d'eau caractéristiques des Buttes-Chaumont . Il est nécessaire de revoir également le système d'arrosage , la réfection des chaussées , des deux ponts , des trottoirs et de leurs abords immédiats , ainsi que le mobilier et sa disposition . Des travaux qui vont s'échelonner pendant plusieurs années ont été entrepris par la Mairie de Paris pour moderniser ce magnifique parc de l'est parisien tout en lui gardant son âme . De nouvelles aires de jeu pour les enfants ont été mises en services , et l'on trouve toujours les manèges , les balançoires , les chevaux à bascules et les deux théâtres de Guignol . ( Ref . Histoire du parc des Buttes Chaumont - Françoise Hamon ) . Je me souviens très bien , il y a une vingtaine d'années , de l'antique char à bancs , que possédait un charmant vieux monsieur , tiré par un cheval tellement placide qu'il ne bougeait pas même une oreille lorsque les enfants venaient le caresser !!! Qu'est'il devenu .... Peut-être l'apprendrai-je par un de mes lecteurs !!!
Guignols des Buttes-Chaumont
Théatre de Guignol Kiosque à Musique Char à Bancs
Au cours de mes recherches sur l'histoire du Parc des Buttes-Chaumont j'ai découvert qu'un audacieux pilote parachutiste nommé Grandveaux à réussi un saut depuis le Pont des " suicidés " en 1925 !!!
Ne manquez pas de profiter du printemps pour aller découvrir ce magnifique parc de l'est Parisien , il a su garder toute son âme et son charme désuet d'autrefois , malgré les outrages du temps . Vous serez enchantés de votre promenade !!!
En réponse à m'a question , j'ai reçu un très gentil courriel concernant ce charmant vieux Monsieur qui a promené pendant de longues années dans les allées des Buttes-Chaumont des générations d'enfants dans son vieux char à bancs , tiré par son gentil cheval . Je l'en remercie grandement !!!
" En réponse à votre question sur le char à bancs, le vieux monsieur est décédé depuis une dizaine d'année, mais le cheval "Pompon" vit sa retraite paisiblement,quelque part à Rosny sous Bois, en compagnie d'une autre jument "Haidi". Haidi fait chaque WE, le mercredi et tous les jours en periode de vacances, le tour du lac des Buttes Chaumont, en tirant une nouvelle charrette, pour le plus grand plaisir des enfants . "
Martine , "Le Chalet des Gaufres" Parc des Buttes Chaumont
LE PONT LEVANT DES ABATTOIRS DE LA VILLETTE
Tous les habitants du XIXème connaissent le pont levant de la rue de Crimée qui enjambe le canal de l'ourcq au niveau de bassin de La Villette , mais saviez vous qu'il existait un second pont levant , aujourd'hui totalement inconnu , sur le canal de l'Oucq !!! Partons ensemble à la découverte de son histoire .
Le pont levant des abattoirs de La Viltette
Ce pont levant permettait aux trains provenant de la gare " Paris-Bestiaux " , située dans l'enceinte du marché aux bestiaux de La Villette de rejoindre les abattoirs de La Villette . La gare de " Paris-Abattoirs " , située à la hauteur de la Cité des Sciences , était le lieu de terminus de la bifurcation de la petite ceinture . Afin de desservir les abattoirs et de marché aux bestiaux de La Villette un embranchement à double voie fut mis en service depuis la Petite Ceinture au moyen d’un double raccordement (Nord et Sud), située à la hauteur de la station " Belleville-Villette " ( gare construite en 1862 et détruite dans les années 80 ) . Cet embranchement fut utilisé quotidiennement jusqu’au début des années Soixante-Dix date à laquelle cette ligne de la petite ceinture ( fermée au trafic voyageurs en 1936 ) , ferma définitivement en même temps que les abattoirs en 1974 . En effet les bestiaux destinés au marché aux bestiaux de La Villette ou entrant directement dans les abattoirs étaient désormais majoritairement transportés en camions par des sociétés spécialisées dans le transport d'animaux vivants , tels les sociétés Petit ( qui possédait le monopole des transports des animaux dans les abattoirs ) , Forestier , Porthault ( spécialisé dans le transport des chevaux ) . Coursimault , Joulia frères etc.

La petite ceinture La Gare de Belleville-Villette
Gare Belleville-Villette Petite ceinture Gare Belleville-Villette aujourd'hui
La Gare de Paris-Bestaiux
Dès 1900, la gare de « Paris-Bestiaux » se révèle être trop petite : les deux quais sont insuffisants pour recevoir environ 48 trains par jour (1100-1200 wagons) . Les bêtes qui ne peuvent être expédiées directement à La Villette descendent aux gares de Pantin et de La Chapelle. Si, au niveau national, les animaux de boucherie sont minoritairement transportés par le chemin de fer, la situation est différente à Paris où le recours au transport ferroviaire est très important . Le marché aux bestiaux de La Villette n’est pas simplement la destination finale des bêtes de boucherie, il est aussi une plaque tournante du négoce national du bétail car les marchands de bestiaux parisiens réexpédient une partie de leurs achats vers la province (les régions de l’Est notamment). Ainsi, avant 1914, environ 200 wagons de bestiaux sont réexpédiés vers la province après chaque marché, c’est-à-dire deux fois par semaine (le lundi et le jeudi). La rénovation de la gare « Paris-Bestiaux » est décidée en 1906 mais il faut attendre 1934 pour que la gare soit reconstruite . Cette gare fonctionnera jusqu’en 1974, date de fermeture des abattoirs de la Villette ( Ref. Sylvain Leteux . )
Gare de Paris-Bestiaux à La Villette
Le Pont levant des Abattoirs de La Villette
La petite ceinture qui se dirigeait vers l'est de Paris en direction de la gare de Belleville-La Villette franchissait une première fois le Bassin de La Villette pour se rendre à la Gare de Belleville-La Villette grâce à un pont en fer qui avait été été construit en 1852 au " PK 28 " de la ligne de ceinture . Le 25 février 1891 une déchirure se produisit sur le tablier de ce pont , nécessitant sa démolition . Le régiment du 5ème Génie construisit un pont en bois provisoire en attendant sa reconstruction . En 1892 un nouveau fut construit , c'est le pont cage que nous connaissons aujourd'hui . On lui donna le surnom de pont " craqueur " en raison des bruits qu'il faisait lorsque les trains le franchissait .
Pont " Craqueur " de la petite ceinture
Arrivée en gare de Belleville-La Villette , les trains utilisaient un embranchement qui les dirigeait vers les gares de Paris-Bestiaux et Paris-Abattoir . Ils franchissaient une nouvelle fois le canal de l'Ourcq grâce à un pont levant aujourd'hui démoli . Ce pont levant inauguré en 1868 a été construit par monsieur François Mantion alors ingénieur en chef du chemin de fer de ceinture . Le terminus de cet embranchement se trouvait dans les abattoirs de la Villette non des porcheries situées près de l'entrée des abattoirs . Ref. Site internet " Sauvegarde le la Petite Ceinture " .
Embranchement de la Petite Ceinture Pont levant des abattoirs de La Villette
Pont levant des abattoirs de La Villette
François Mantion
Né en 1825 à Montchauvet dans les Yvelines , François Hypollite Désiré Mantion est un ancien élève de Polytechnique (X 1843) , ingénieur des Ponts et Chaussées (1848) , et délégué général du conseil d’administration de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) . Il le 24 août 1897 . Il collabora tout d’abord à la construction de la ligne de Paris à Strasbourg. Il construisit ensuite, pour le compte de la Compagnie du Nord, la ligne de Saint-Denis à Creil qui comporte de remarquables ouvrages d’art, notamment le célèbre viaduc de Commelles, près de Chantilly , il dirigea ensuite des travaux de chemins de fer en Italie , puis occupa successivement les fonctions de directeurs des Chemins de fer algériens et de directeur du chemin de fer de Ceinture de Paris. Revenu de nouveau à la Compagnie du Nord comme Ingénieur en chef des travaux, il prit une part active à la préparation de la convention conclue avec l’État en 1883 . Il décède le 24 août 1897 . Il est enterré au cimetière de Passy .
LE PARIS DE CÉLINE
Beaucoup d'amoureux de Paris se souviennent d'avoir lu le passionnant livre de Lorant Deutsch "Métronome " , qui nous a fait découvrir l'histoire de France à travers les stations de métro . Je viens vous présenter un nouveau DVD qui sera mis à la vente le 2 mai 2012 , avec la participation de Laurent Deutsch intitulé " Paris Céline " . Ce film est réalisé par Patrick Buisson et réalisé par Guillaume Laidet . Du passage Choiseul à Clichy , de Montmartre à Meudon , c'est un voyage dans le Paris populaire , cher à Céline , où Lorant Deutsch , fin connaisseur de l'histoire parisienne , nous entraîne avec sa fougue et son talent de conteur .
" Paris Céline " a pour guide les grands textes que Louis-Ferdinand Céline a consacré à ce Paris aujourd'hui presque disparu . C'est également une visite commentée où l'on découvre que la magie du verbe célinien aura plus fait pour la mémoire des lieux que leur édification muselé en lieux de mémoire . C'est enfin un hommage au petit peuple de Paris , à ses figures devenues mythiques , à ce parler argotique , a la vie foisonnante de la rue et de ses multiples annexes " bistrotières " !!! Amoureux de Paris , le parler naturel et la gouaille de Lorant Deutsch épousent à la perfection le phrasé de Louis Destouches , fils de la dentellière de Courbevoie , médecin et écrivain plus connu sous le nom de Louis Céline . " Céline , c'est comme un passager clandestin , pour retrouver sa trace , il faut sortir des sentiers battus " dira de lui Lorant Deutsch .
Vieux Paris
Louis- Ferdinand Céline ( 1894-1961 )
Louis Ferdinand Auguste Destouches , Céline ( prénom de sa grand-mère ) , est né le 27 mai 1894 à Courbevoie . Il est l'un des écrivains français les plus traduits et diffusés dans le monde , après Marcel Proust . Son œuvre est toutefois l'objet régulier de polémiques violentes en raison de son antisémitisme . Céline est issu d'une famille de petits commerçants et d'artisans. Ses parents s'installent dans le quartier de l'Opéra, à Paris , que Céline décrira comme « sa cloche à gaz », en raison de l'éclairage de la galerie par des becs à gaz. Son enfance lui inspirera des éléments de Mort à crédit. Adolescent, il occupe quelques petits emplois, avant de s'engager en 1912 dans l'armée française à l'âge de 18 ans , par devancement d'appel . Ses blessures au combat et les opérations spécifiques de son régiment lui valent la Croix de guerre et la Médaille militaire. Ses expériences serviront à l'écriture de Casse-pipe . Mais la guerre le marque et il développe son penchant pacifiste et pessimiste . Après la guerre , Céline épouse Edith Follet (ils ont une fille ensemble) , puis il passe le baccalauréat en 1919 et fait des études de médecine jusqu'en 1924 . En tant que médecin, il voyage à plusieurs reprises en Afrique et en Amérique, et mène aussi une lutte contre la tuberculose .
Louis-Ferdinand Céline Sépulture de Céline à Meudon
En 1926 , Céline rencontre la danseuse américaine Elizabeth Craig, l'amour de sa vie , à qui il dédiera Voyage au bout de la nuit (1932) . Mais leur histoire tourne court . Céline a créé ou entretenu de nombreux mythes et légendes à son propos (par exemple , il aurait été trépané pendant la guerre) . Son Voyage au bout de la nui t, qui paraît en 1932, lui vaut le prix Renaudot . Sa notoriété est fulgurante . Céline , malgré la qualité littéraire d'une grande partie de son œuvre , est l'objet de terribles divisions . En effet, vers la fin des années 30 , Céline n'hésite pas à prôner la haine raciale et l’antisémitisme . Céline est mis au ban des personnalités respectables à partir de cette période et de la Libération , Céline s'exile en Allemagne puis au Danemark , avant de revenir en France . Il faut attendre l'année 1957 pour que D'un château l'autre le fasse revenir dans l'actualité littéraire. Il décède en 1961 d'une rupture d'anévrisme laissant veuve Lucette Destouches . Il est enterré au cimetière des Longs Réages , à Meudon , le pavillon qu'il occupait brûlera en mai 1968, détruisant alors ses lettres et manuscrits .
Le DVD " Paris Céline "
50 ans après sa mort , " Paris Céline " propose pour la première fois de voyager dans le Paris de Louis-Ferdinand Céline . Un voyage en compagnie de Lorant Deutsch au cœur des lieux céliniens les plus emblématiques comme le passage Choiseul dans le second arrondissement où il passe son enfance . Sa " cloche à gaz " comme il se plaît à le définir . Sa mère y tient un petit commerce en dentelles dans une petite boutique . C'est un " petit théâtre " pour Céline ou il croise des personnages incroyables qui lui inspireront " Mort à Crédit " , l'un se ses chefs-d'œuvres . Puis au 36 de la rue d'Alsace à Clichy , lieu de brassage populaire , " une banlieue paillasson aux portes de Paris " , comme il le définit où le docteur Ferdinand Destouches , alias Céline , exercera en tant que jeune médecin au fond d'une cour . On le retrouve à Montmartre en 1937 au 98 rue Lepic , le " Haut Lepic " , le Montmartre de bohême ou il se fera témoin du vice des cabarets en compagnie du peintre Gen Paul , Henri Mahé . Il y rencontre aussi Marcel Aimé et Michel Simon . Et puis la maison de Meudon , sa dernière demeure avec Lucette au milieu des pinces à linge , de ses chiens et de Toto le perroquet !!!
Cabinet du Dr Destouches Lucette et Céline à Meudon Céline à Meudon
Pour faire revivre ce Paris aujourd'hui presque entièrement disparu , le comédien et auteur Lorant Deutsch , passionné âr l'histoire de la capitale se fait tour à tour lecteur des grands textes de Céline se rapportant à chaque lieu , et guide , dévoilant à l'aide de nombreuses anecdotes de qu'y fut la vie de l'écrivain et de ceux qui le côtoyèrent . " Paris Céline " es aussi un " bestiaire de Paris " , un hommage à son petit peuple , à ses figures devenues mythiques , à la culture populaire et à ce parler argotique qu'empruntent allègrement l'auteur du " Métronome " . Grâce à une riche iconographie mêlant des reproductions de dessins de Tardi et des grands peintres montmartrois , des gouaches de Gen Paul , des phoos et des extraits de film d'époque ainsi que des archives audiovisuelles parfois inédites de Gaumont & Pathé , Loran Deutsch nous entraîne au cœur du Paris de Céline .
Références : les dossiers de presse des Editions Montparnasse qui m'ont été gentiment envoyés .
Si Vous êtes un amoureux du Paris ancien , ne manquez surtout pas vous procurer ce DVD " Paris Céline " aux Editions Montparnasse au prix de 15 euros au 12 Villa cœur de Vey dans le XIV ème arrondissement à partir du 2 mai 2012 , vous ne le regretterez pas !!!














































































































































































































































































































































































































































